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Touhami Moualek : Nous sommes aussi la France !

Touhami Moualek : Nous sommes aussi la France !


L'instrumentalisation de l'insécurité est décidément, en France, une fâcheuse habitude, pour ne pas dire monnaie courante. La classe politique française dans son ensemble aime à jouer avec le feu, (n'y voyez chers lecteurs aucun jeu de mots) et terrorise à sa manière une population française retranchée dans une peur irrationnelle, affolée, choquée et traumatisée de voir des images spectaculaires, triées sur le volet par des mass médias souvent complaisants, d'adolescents brûlant et saccageant des biens publics et privés. Et l'on sait bien que l'irrationnel peut conduire à des drames. La démocratie sortira-t-elle grandie de cette surenchère de la peur ? La réponse est évidemment non. Ainsi, nous vivons une étrange synergie entre une politique sécuritaire qui se durcit chaque jour un peu plus, et un pilonnage en règle effectué par de prétendus intellectuels qui n'hésitent plus à afficher leur haine des Arabes et des Noirs. Cette concomitance est si flagrante qu'elle ne saurait échapper à des experts en la matière. L'insécurité bat son plein, les effrayés vont encore frémir de peur, les nationalistes sonner le rappel des troupes. Les partisans des chemises brunes jubilent, attendant leur heure. 

Nous le savons bien, le désordre et l'anarchie servent les autoritarismes, les retours à des valeurs morales strictes, donc conduisent au fascisme ; un fascisme des temps modernes, revu et corrigé, celui qui laisserait croire à tout individu qu'il serait libre, mais lui cacherait qu'il serait, bien sûr, fiché, mis sur table d'écoute (la gauche s'est particulièrement illustrée dans cette pratique), en somme, gardé en liberté surveillée. Une liberté conditionnée à la peur des autres, de l'étranger, à une survie identitaire. André Malraux n'a-t-il pas dit :

« Le rêve secret d'une bonne partie de la France et de la plupart de ses intellectuels, c'est une guillotine sans guillotinés ». 

Faire peur aux consciences pour qu'elles se tiennent tranquilles : mort et paix. En fait, une dictature subconsciente pour asseoir une démocratie limitée au seul bulletin de vote. Car, croyez-moi, la démocratie, telle qu'elle règne en occident, s'arrête là où elle commande aux citoyens d'un pays de mandater des tierces personnes pour décider et agir à leur place. Eh oui, malgré l'intelligence supposée supérieure de nos éminentes matières grises, celles-ci n'ont pas pu trouver mieux. Pour ma part, je l'appellerais la démocratie par procuration. Sans doute faudra-t-il, un jour ou l'autre, une rupture avec ce système institutionnel vieillot et qui a fait son temps. La démocratie par procuration doit faire place à une démocratie plus proche des citoyens, plus au fait de leurs problèmes et de leurs rêves, au risque de voir le fossé, entre le citoyen et le politique, se creuser jusqu'à une irréversible cassure.

Nous sommes la France, parce que la France est le symbole de la liberté, du combat pour l'égalité des citoyens. La liberté brille de tous feux quand elle est diversement interprétée par les hommes, chacun à sa manière, selon ses inspirations, ses aspirations, ses convictions, mais elle serait mise en cage si elle était rendue uniforme, commune à l'ensemble. La pensée unique n'a pas le droit d'asile en France, patrie de Voltaire qui a dit :

"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire".

La France est un pays libre, parce que la France est la diversité, et la liberté ne peut être autre chose que diversité. Une situation dont la France peut être fière et qu'elle doit saisir comme une chance d'un nouveau départ, un nouveau regard sur notre monde. A nous, fortes minorités, d'être à la hauteur du défi qui nous attend, celui d'être des acteurs à part entière d'une France qui saura apporter un souffle nouveau au monde entier, comme elle l'a toujours démontré. Laissons les nouveaux réactionnaires à leurs idéologies haineuses. Ceux qui portent la haine en eux finissent par chanceler, puis trébucher un jour ou l'autre, car la haine est un lourd fardeau. Offrons-nous plutôt la fraternité, la solidarité et l'espérance d'une vie meilleure pour tous. 

Quant à ceux qui crachent sur l'Islam, sans aucune retenue et aucune décence, et pourquoi ne crachent-ils pas sur le judaïsme ou le christianisme, probablement parce qu'en pleutres avertis, ils préfèrent s'en prendre aux plus faibles, la lâcheté faisant partie de leur culture, je cite encore une boutade d'André Malraux :

«  La Joconde sourit parce que tous ceux qui lui ont dessiné des moustaches sont morts. »
A la société française, dans toutes ses composantes, dont je fais partie, j'aimerais adresser ce message. N'ayez aucune peur, chers concitoyens, de la minorité française de tradition et de culture musulmane, car celle-ci se sent entièrement française. Si d'aventures, devant les menaces que vous brandissent quelques hommes politiques irresponsables, et une presse à la solde des lobbies de la pensée unique, vous vous laisseriez entraîner dans des peurs fantasmagoriques et surréalistes, votre rejet de l'étranger (voilà un bien vilain vocable !) deviendrait un réflexe systématique et dangereux. Ces enfants, s'en prenant aux forces de l'ordre, vus à la télé, ne sont que des gamins appelant à l'aide une société qui jusque-là les a oubliés, laissés pour compte, abandonnés sur le bord du chemin. Une chose est sûre : soit ces enfants seront vite pris en charge par la République, car se sont des enfants de la République, et auront un avenir et une place au sein de cette même République, soit ils seront vite récupérés par des courants extrémistes, et enrôlés dans des mouvances qui se servent de la religion pour mieux les endoctriner et ainsi mieux les manipuler à des fins dont je n'ose même pas imaginer les issues. Ces mômes n'ont, finalement, qu'une envie : réussir dans la vie, comme l'a justement souligné le Premier Ministre M. De Villepin. Donnons-leur une chance, tendons-leur la main, et vous verrez, ils prouveront qu'ils sont dignes de notre confiance. Ils sont aussi la France de demain.

Touhami Moualek
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Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

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