Biographie de Charles Joseph Patissier de Bussy

 

         
"Atelier Sant Johan" Brouillamnon Plou
 Article écrit par René johannot le 11 mai 2009, publié sur ce site le 24 septembre 2010.


Biographie de Charles Joseph Patissier de Bussy
Marquis de Castelnau des terres de Plou
Seigneur de Breuilhamenon
De 1756 à 1785




Généralités identitaires
    Né en Picardie soit en 1718 ou en 1720, Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau effectue l'essentielle de sa carrière militaire lors de ses deux séjours aux Indes françaises.
Le premier séjour s'écoule de 1736 à 1760 où il combat les Anglais avec Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais, puis avec Joseph François Dupleix puis plus tard, Thomas Arthur Lally Tollendal, le second se découle de 1781 à 1785 ou il collabore avec Pierre André de Suffren.
Durant ces deux périodes en outre-mer, il y acquiert successivement les distinctions de chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis en 1751, de lieutenant colonel en 1752, de Nabab des Sarkars en 1753, de brigadier des armées du roi en 1758, de maréchal de camps en 1765, de commandant en chef des forces terrestres et de mer au delà du cap de Bonne-Espérance en 1781, de commandeur de l'ordre royale et militaire de Saint Louis en 1782 et enfin la grande croix de ce même ordre de Saint Louis en 1783.
Il termine sa carrière comme Gouverneur des Etablissements français des Indes où il meurt le 7 janvier 1785.

Biographie

Origine de la famille Patissier de Bussy
    La famille de Bussy est originaire de Picardie, de l'Aine plus précisément.
Le lieu exact des terres d'où elle est issue fait l'objet d'une contre verse. Pour certains historiens, elle est établie à Buçy le Long près de Soissons, (1) pour d'autres cette famille était implantée à Ancienville (2).

Enfance et adolescence
    Charles joseph Patissier de Bussy est le fils de N. Patissier de Bussy colonel d'infanterie et de Sophie Ernestine Passaval. (3) Il naît, pour certains, le 8 février 1718 à Bucy, (4) pour d'autres le 8 février 1720 à Ancienville (5). Il a trois frères et une sœur :
- « Joseph Clément Marie », né le 9 novembre 1712 à Ancienville (Aisne) il sera tué à Rancours
- François, né le 14 août 1718 à Ancienville. Il mourut 10 jour plus tard.
- Bouchard né en 1725. Il fut lieutenant colonel. Il se maria le 15 novembre 1742 à Badonviller avec Agnès Lecomte avec laquelle eut une fille nommée Charlotte Catherine Sophie.
- Madeleine Sophie, née vers 1722. Elle resta célibataire et vivra d'abord à Paris puis au château de Castelnau en Berry propriété de son frère Charles Joseph. 

 

Carrière militaire en France et en Inde de 1733 à 1740
    Très jeune, Charles Joseph Patissier de Bussy  embrasse le métier des armes. Il y fait ses apprentissages et devient officier. Il est nommé lieutenant en 1733, puis capitaine en 1734 (6)
Après la mort de son père qui survient en 1736, alors qu'il n'est âgé que de 16 ans pour les uns ou 18 pour les autres, il prend du service dans la Compagnie française des Indes Orientales. Il débarque la même année à Port Louis sur l'Ile de France (île-Maurice) (7). Dont le gouverneur est Mahé de la Bourdonnais. Là, il participe à la protection militaire de l'île. On le retrouve en 1738 sur l'Ile Bourbon (la Réunion).

En Inde, au temps de la guerre de succession d'Autriche (1740-1748)
    Charles Joseph Patissier de Bussy arrive aux Indes en 1746 lors l'expédition militaire française entreprise pour prendre Madras (appelée Chennai depuis 1996) dans l'état du Tamil Nadu  en Inde du sud. Cette ville venait d'être prise aux Anglais par Monsieur de La Bourdonnais. (8)
    De là, il se rend à Pondichéry où il rencontre François Joseph Dupleix déjà gouverneur de Chandernagor qui avait été nommé, le 1er janvier 1740 par le roi Louis XV, gouverneur de cette ville, mais qui en avait pris réellement la fonction qu'en janvier 1742 (9).
    Le 2 novembre 1746, Charles Joseph Patissier de Bussy commande un escadron lors de la défense de Madras que les Anglais, avec l'aide de deux princes indiens Anaverdi-Kan et son fils aîné Mahufuz-Kan tentent de reprendre en l'assiégeant. Avec ses hommes, de Bussy réalise des prouesses qui participent significativement le 3 novembre à l'échec des assiégeants (10).
    Les accrochages entre les deux armées se poursuivent tout au long de l'année 1747 et une grande partie de l'année suivante. Charles Joseph Pâtissier de Bussy met ce temps à profit pour s'imprégner des mœurs et coutumes des indiens. Il apprend le tamoul l'une des quatorze langues parlées en Indes. Il est encouragé dans cette démarche par l'épouse de Dupleix Jeanne Albert appelée aussi « Bégum Joanna  » (la princesse Jeanne) qui bien que française à des origines portugaises du coté de son père et hindoues du côté de sa mère. (11)
    Comme bien d'autres jeunes officiers, de Bussy admire cette femme métisse fortunée intelligente vêtue le plus souvent à l'orientale qui parle un grand nombre de langues en cours sur les territoires de la Compagnie française de l'Inde orientale et qui est aussi tenue en haute estime par tous les Soubadars, les Rajahs et les Nababs de la péninsule indienne. Ainsi, de Bussy va baser la reconnaissance de sa future autorité par les peuples indigènes, certes sur sa renommée de courageux, impétueux et chevaleresque soldat, mais aussi, et surtout, sur sa finesse d'esprit et sur sa faculté de se fondre dans les mentalités et les pratiques des princes indiens (12).
    Dès la fin de l'été 1748, Les Anglais concentrent leurs forces navales pour mettre le cap sur Pondichéry et l'attaquer avec une armée qui comprend 3 000 fusiliers marins, 1 800 marins, plus environ 10 000 à soldats comprenant environ 200 combattants indigènes. L'escadre anglaise arrive dans la rade de Pondichéry le 18 août 1748. Les forces françaises qui défendent Pondichéry sont très inférieures en nombre à celles des attaquants. Elles se composent de 1400 combattants européens et de 2 000 combattants indiens (13). 
    Charles Joseph Patissier de Bussy fait parti de ces forces  installées dans le fort qui défend la ville Ariancoupang. Il y a là, avec lui, les officiers Latouche, Laborderie, le comte d'Auteuil, le chevalier Lew et l'ingénieur Paradis. Ces forces ont pour missions essentielles d'abord de bloquer la progression des troupes anglaises sur le chemin qui mène à Pondichéry, puis de leur infliger le plus possible de pertes, afin d'atténuer le déséquilibre des forces en présence. Les premiers engagements entre les Français d'Ariancoupang et les forces britanniques commencent le 24 août 1748 et vont durer jusqu'à la retraite organisée des français sur Pondichéry le 7 septembre.
    Durant ce temps, Charles Joseph Patissier de Bussy à la tête de ses volontaires, harcèlera les forces anglaises par des raides fulgurants et audacieux faisant des prisonniers et causant des pertes chez l'ennemi et peu dans ses rangs (14).  Rentré dans la ville, de Bussy participe activement à la défense de Pondichéry en portant, comme à son habitude, des attaques hors des murs de la cité. Le 17 octobre les Anglais lèvent le siège de Pondichéry après 56 jours de combats qui leurs ont coûté les vies de 1300 hommes (15). Le 18 octobre, l'escadre anglaise quitte la rade de Pondichéry et met le cap sur celle de Gondelour (16).
Le traité d'Aix-la- Chapelle signé le 18 octobre 1748 met fin à la guerre de succession d'Autriche et oblige Dupleix à rendre Madras aux Anglais. Mais ce dernier, dans le dessin d'étendre l'influence française dans le Dekkan (Deccan) (17). et le Karnatic (18),  prend le parti des princes indiens qui s'opposent aux prétentions territoriales d'autres princes indiens soutenus par les Britanniques. La guerre franco-anglaise arrêtée par le traité d'Aix-la-Chapelle continue donc, mais par princes indiens interposés.

En Inde, entre la guerre de succession d'Autriche (1740-1748) et la guerre de sept ans (1756- 1763)
    A la bataille d'Ambour du 1er au 3 août 1749 - où s'opposèrent  les troupes de Chanda-Cahib et de Muzzafer-Sing soutenues par les Français, à celles d'Anaverdi-Kan et de son fils aîné Mahfuz-Kan appuyées par les Anglais – Charles joseph Patissier de Bussy et ses volontaires firent des prouesses.
    Cette victoire installe durablement l'influence Française dans le Dekkan. Le 11 septembre 1750, Charles Joseph Patissier de Bussy et de Latouche aident Muzzafer-Sing à enlever la triple forteresse de Gingee (ou Gingi). En décembre de la même année, ce même Muzzafer-Sing jure fidélité à de Bussy. Le 3 février 1751 Charles Joseph Patissier de Bussy est fait chevalier de l'ordre de saint Louis.Le 6 décembre de l'année suivante, à Hyderabad, de Bussy fait sacré Muzzafer-Sing roi des rois contrôlant ainsi l'esprit du Soubadar. Muzzafer-Sing est tué d'une flèche dans la tête alors qu'il réprime une émeute. Sur les ordres de Dupleix, de Bussy installe alors sur le trône vacant Salabet-Sing frère du roi tué (19) La reconnaissance du nouveau Soubadar est sans limite et il nomme de Bussy comme grand-visir (20).
    De Bussy continuera à maintenir sans faille l'influence française dans le Dekkan de 1751à 1754. Le roi le fait Lieutenant Colonel en 1752. Il obtient en 1753 par traité émanant de Salabet-Sing le titre de Nabab des Sarkars ainsi que le don pour la France des provinces de Mustaphanagar, Elore, Rajamundrum, Gondavirl. 
    Après une trahison de Salabet-Sing, et au terme d'une retraite, de Bussy à la tête de 600 hommes affronte dans les murs de la place forte d'Hyderabad près de Golconde les 50 000 hommes du  Soubadar. Rejoint par le chevalier Law et ses 600 soldats, après une glorieuse traversée du camp ennemi, ils terrorisent tant l'adversaire que Salabet-Sing se défait et lui demande pardon pour sa trahison. De Bussy pardonne en exigeant du Soubadar qu'il expulse les Anglais des comptoirs de Madapollam, d'Ingeram, de Baudermalanka, de Vizapatam et de Masulipatam. Ce qui fut fait.
    La France se trouve alors à la tête d'un territoire indien plus grand que celui de la métropole qui est peuplé de 40 millions d'habitants (21).
    En janvier 1754, à 34 ans pour les uns ou 36 ans pour les autres, Charles Joseph Patissier de Bussy demande la main de Marie Françoise Gertrude Vincent dite « Chonchon » âgée de 16 ans et demi, fille du défunt Jacques Vincent ex conseiller au Conseil Supérieur de la Compagnie des Indes et de Jeanne Albert de Castro épouse de Dupleix. Il fait nul doute que Dupleix voit en Charles Joseph Patissier de Bussy un successeur et que c'est cette intention qui l'amène à être favorable à ses fiançailles avec sa belle-fille (22).
    Mais déjà, les dirigeants de la Compagnie des Indes Françaises pensent que les conquêtes territoriales de Dupleix secondé dans le Dekkan par de Bussy, mêmes si elles rehaussent le prestige du royaume de France, sont, de fait des troubles quelles causent,  néfastes à la prospérité du commerce entre la métropole et ses comptoirs orientaux. (23) Ils remettent donc en question la politique du gouverneur Dupleix et ils nomment Monsieur Godeheu commissaire et commandant général des Indes qui arrive à Pondichéry le 1 août 1754 avec la mission de destituer et de faire embarquer Dupleix pour la France au plutôt. Ce que Dupleix et sa famille - y compris Chonchon pourtant le fiancée à de Bussy - font le 14 octobre de la même année (24).
    Après avoir signé avec Saunders gouverneur Anglais de Madras un honteux traité de non soutient aux princes Indiens par les troupes françaises, en date du 31 décembre 1754, Godeheu s'embarque pour la France le 16 février 1755, en laissant le gouvernement des Indes françaises à Monsieur de Leyrit alors commandant de Chandernagor.
    Charles Joseph Patissier de Bussy n'étant pas homme à participer à ce qu'il juge être une infamie maintient avec difficulté mais âpreté son rôle d'appui pour sauvegarder l'influence française dans le Dekkan. C'est la guerre de sept ans, qui éclate le 29 août 1756, entre la Grande Bretagne et la France puis entre la Prusse et l'Autriche, qui va donner une légitimité à son opposition au traité Godeheu-Saunders.
    A cette époque, Charles Joseph Patissier de Bussy demande à son frère Bouchard Patissier de Bussy, de lui chercher un domaine foncier de rapport en métropole, afin de préparer son retour en France. Bouchard lui achète le 30 janvier 1756, pour la somme de 600 000 livres (environ 1 536 000 € de l'année 2000 ou 10 074 000 francs de l'année 2000) le marquisat de Castelnau des terres de Plou en Berry (25) Ce marquisat, ancienne seigneurie de Breuilhamenon (aujourd'hui, Brouillamnon), incluait les villages et paroisses de Plou, de Poisieux, de Saint Georges, de Sainte Lizaigne, et du Coudray qui comprenait lui-même les terres de Civray et de Rosière, La seigneurie de Lazenay, La seigneurie de Plotard (sur la rive gauche du Cher), La seigneurie de Champigny (sur la rive gauche du Cher), La seigneurie de Chillou (près de Sainte Thorette) (26).
    C'est ce marquisat qui donna à de Bussy, le titre de marquis de Castelnau.


En Inde, au temps de la guerre de sept ans (1756-1763)
    Pour porter la guerre contre l'Angleterre dans les Indes, le gouvernement royal et la Compagnie des Indes françaises décident de nommer Thomas Arthur comte de Lally baron de Tollendal commandant en chef en Inde Française en remplacement de Dupleix et lui donne les pleins pouvoirs.
    Lally-Tollendal est un officier courageux, mais c'est aussi malheureusement un homme orgueilleux et hautin incapable d'écouter et de se remettre en question. Sa politique pour les Indes Française est simple, contraindre l'Anglais et les princes indiens par la force, rien que par la force. La négociation et les alliances ne sont à ses yeux, qu'une inutile perte de temps (27).
    L'envoi des forces française est organisé en 3 divisions, celle commandée par Monsieur le chevalier de Soupire, celle sous les ordres du comte d'Estaing, partant toutes deux du port de Lorient le 30 décembre 1756. Enfin celle dirigée par Lally-Tollendal lui-même qui partit du port de Brest le 2 mai 1757.
    Cette Escadre transporte 4 000 hommes avec vivres artillerie et munitions (28). Après un voyage mouvementé c'est entre les mains du chevalier de Soupire qui débarque le premier, le 9 septembre 1757, que le gouverneur provisoire de Pondichéry Monsieur de Leyrit remet ses fonctions qu'il tenait du sieur Godeheu.
    Dès qu'il apprend l'arrivée du chevalier de Soupire, Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau lui demande des nouvelles de France. Ainsi il apprend le décès de Jeanne Albert l'épouse de son ami Dupleix qui eut lieu le 4 décembre 1756 à Paris. Plus tard, de Bussy-Castelnau lui expose par courrier ses difficultés à maintenir la souveraineté de la France dans le Dekkan et lui demande de lui envoyer des renforts et argent. Mais la prise de Chandernagor par les Anglais le 23 mars 1758 les rendant maître de tout le Bengale préoccupe Monsieur de Soupire tant au devenir des autres territoires.  Il ne peut pas envoyer les troupes  et les fonds demandés par de Bussy - Castelnau, mais lui envoie Monsieur d'Estrées. De Bussy-Castelnau est donc alors contraint à vendre ses chevaux, ses éléphants et ses bijoux pour assurer la solde de ses hommes et officiers. C'est le 22 mars de cette même année qu'il est nommé par le roi brigadier des armées royales. Ce grade lui sera signifié plus tard par Lally-Tollendal. C'est aussi à cette même époque qu'il apprend la mort de son frère Bouchard à la bataille de Hastembect en juillet 1757, à l'âge de 32 ans, ainsi que le mariage en France, la même année de « Chonchon » belle-fille de Dupleix sa fiancée, avec Louis Hercule marquis de Montlezun (29).
    Lorsque Lally-Tollendal arrive enfin à Pondichéry le 28 avril 1758, soit un an après son départ de France, il ignore complètement la situation des territoires et met immédiatement son plan à exécution. Le plan de Lally-Tollendal tient dans ses cinq mots qu'il qualifie de Sacramentels  « plus d'Anglais dans la péninsule ». Cela engendre les premières brouilles avec son état major sensé le conseiller mais surtout avec ceux qui sont là depuis longtemps comme Monsieur de Leyrit. Les forces armées semblent alors se diviser en deux camps celui des nouveaux arrivants et celui des anciens. Mais surtout, la méconnaissance de Lally des mœurs et traditions indiennes lui fait commettre des actes sacrilèges que les indiens ne lui pardonneront jamais, car en plus, au lieu de s'excuser auprès d'eux de son ignorance, ils eurent droit dans le mépris, à la plus sévère répression.
    Lally enlève Gondelour le 2 mai, le fort Saint Denis le 2 juin et il est victorieux à Divicottan le 5 juin où ses troupes, qui manquent de tout, pillent et brûlent trois fois la ville. Une attaque anglaise l'oblige à battre en retraite vers Pondichéry dans le plus profond dénuement. Malgré son entêtement à déloger les Anglais de Madras, ses succès militaires s'arrêteront là.
    Mais Madras devient une telle obsession chez Lally, qu'il lui la faut à tout pris, même si pour cela il doit mettre en péril les acquis territoriaux dans le Dekkan et autour de Masulipatam (Machulipatam).
    Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau pour le Dekkan, et le conseiller Morasin pour le Masulipatam sont appelés à venir avec leurs forces militaires à Pondichéry afin d'attaquer Madras. De Bussy-Castelnau dans une lettre du 17 mai 1758, qu'il adresse à Monsieur de Leyrit explique que son départ du Dekkan serait une profonde erreur d'appréciation de la situation (30).  La réponse de Lally est cinglante, par une lettre du 13 juin 1758, il somme de Bussy-Castelnau de venir le rejoindre avec argent et troupes en un lieu qui lui indiquera lorsqu'il aura connaissance de sa date de départ. Il lui envoie Monsieur de Conflans pour le remplacer dans le Dekkan (31).
    Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau doit obéir et se met en marche avec ses troupes en direction d'Arkot où Lally-Tollendal - qui vient au nom du roi de lui signifier son grade de brigadier des armées en espérant ainsi obtenir son soutien- doit le retrouver avant de continuer vers Madras. C'est donc une armée de 3 500 hommes qui arrive fin novembre 1758 sous les murs de Madras.
    La partie basse de la ville (ville noire) fut rapidement investie par les Français, elle tombe le 14 décembre 1758. Reste donc à soumettre la ville Blanche où était enfermée une force anglaise de 5000 soldats. Sans écouter de Bussy-Castelnau et ses autres officiers, Lally, dès les premiers jours de l'engagement, emploie sans discernement l'artillerie qui n'est que peut efficace. Il  résulte de cette méthode, qu'après 2 mois de siège, les munitions viennent à manquer, et c'est tout juste si on parvient à  repousser les sorties de l'ennemi et les tentatives anglaises extérieures lancées pour faire lever le siège.
    Alors que les troupes françaises se préparent à l'assaut général dans la nuit du 16 au 17 février 1759, une escadre anglaise de 6 navires parvient à approvisionner les assiégés et faire rentrée 600 soldats en renfort. Se rendant alors compte qu'il n'enlèvera jamais la place, le 17 février 1759, Lally-Tollendal lève le siège de Madras et prend la route de Pondichéry avec une armée dans un état de délabrement déplorable.
    Le 28 mars 1759, ne touchant plus de solde, bon nombre d'officiers prirent la décision de rentrer en France. Lally-Tollendal malade, demande à Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau de prendre le commandement des troupes françaises en Inde.
    Au regard des défaites de Surate et de Masulipatam, de la situation précaire des établissements français de la côte du Coromandel et de la perte total du Bengale dont étaient responsables les entêtements de Lally-Tollendal, de Bussy-Castelnau sentant qu'un tel transfert de commandement pouvait aussi lui faire porter une part des fautes de stratégie militaire contre lesquelles il s'était toujours opposées, refuse l'honneur que lui présente Lally.
    C'est à cette période que les nouvelles de France lui apprennent le décès de « Chonchon » le 17 mai 1759  à Paris (32).
    C'est lors de la bataille de Vandavahi, qui a lieu le 27 janvier 1760, que Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau, suite à la chute de son cheval, est fait prisonnier par les Anglais. Il ne participera donc pas au désastre de Pondichéry.
    La flotte anglaise (14 vaisseaux) apparaît en rade de Pondichéry le 18 mars 1760. La ville est alors peu à peu encerclée par les 17 000 hommes de la marine britannique et par les 15 000 hommes de l'armée anglaise. A l'intérieur de Pondichéry l'effectif des troupes française est d'environ 700 hommes dont au moins 650 sont malades de fièvres et de privations. Le siège et le blocus maritime dure 10 mois et le 16 janvier 1761 la cité  de Pondichéry est remise aux Britanniques par Lally-Tollendal sans reddition (33).
    Après sa capture, Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau embarque le 31 août 1760 sur « l'Ajax » pour être conduit comme prisonnier en Angleterre. Il est libéré sur parole et revient en France pour se défendre des accusations que porte contre lui Lally-Tollendal lors de l'instruction de son procès pour trahison des intérêts du roi.
    Cette même année, à Fontainebleau se négocient les conditions du traité de Paris qui mettra un terme à la guerre des Sept ans (34).


Retour et installation en France (1761- 1781)
    Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau, âgé de 41 ans ou de 43 ans, débarque libre sur parole à Lorient le 9 mars 1761.
    Il épouse le 14 mai de cette même année Élisabeth Mélanie Artémise de Choiseul Beaupré entrant ainsi en cousinage avec le duc de Choiseul alors secrétaire d'Etat à la guerre et à la marine, ainsi qu'avec le duc de Choiseul Praslin alors secrétaire d'Etat aux affaires étrangères.
    Reçu à Versailles par le roi Louis XV, de Bussy pour en obtenir ses bonnes grâces, offre à la marquise de Pompadour douze petites tabatières qui referment chacune une chemise de femme de Guinée (35).
    En été 1761, il prend physiquement possession de son marquisat de Castelnau et en organise l'administration et la gestion (36).
Après des travaux d'aménagement pour donner plus de confort au logement seigneurial du château de Castelnau, il y installe à tenir sa sœur Madeleine Sophie de Bussy dite « Mademoiselle » et sa nièce Charlotte Catherine Sophie de Bussy fille de son défunt frère Bouchard qui deviendra l'épouse d'Antoine Charles Gabriel de Folleville.
    Lorsque ses affaires et le service du roi nécessitent qu'il vive à Paris (environ six mois de l'année), ce sont sa sœur et sa nièce qui contrôle directement l'administration des biens du marquisat par l'entremise d'un régisseur.
    A Paris, Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau commence la rédaction d'un mémoire qui expose ses créances sur la Compagnie des Indes et qui est édités en 1764. C'est le 5 mars de cette même année que meurt, sans lui avoir donné d'enfant, sa jeune épouse Elisabeth Artémise de Choiseul alors âgée de 20 ans. De Bussy-Castelnau se remarie le 2 juin 1765 avec Marie Charlotte Justine de Messey.
C'est cette même année que le roi l'élève au rang de maréchal des camps.
    De Bussy-Castelnau fait paraître en 1766 un deuxième mémoire contradictoire à celui  que Lally-Tollendal présente lors de l'instruction de son procès où de Bussy-Castelnau est mis en cause lors de ses actions militaires en Inde française. Puis c'est un troisième mémoire contre le procureur général de Lally-Tollendal qu'il publie la même année (37).
     Ce procès s'achève en innocentant de Bussy-Castelnau de toutes les accusations portées à son encontre par Lally-Tollendal. Ce dernier est condamné le 5 mai 1776 à la peine capitale pour trahison des intérêts du roi de France. Il est exécuté le 6 mai 1776 (38).
    Pendant le règlement de toutes ces affaires touchant à son honneur et à sa probité, Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau s'occupe aussi activement de son domaine berrichon.
Sur ses terres de Castelnau, à l'exemple de son voisin le grand seigneur humaniste Armand Joseph duc de Béthune Chârost, il  oriente et organise l'agriculture et l'élevage  vers des productions diversifiées pouvant assurer l'autosuffisance alimentaires de ses paysans. Pour ce fait de Bussy-Castelnau introduit d'abord la charrue qui vient remplacer l'antique araire, puis il développe l'implantation des prairies artificielles. Puis encore, favorise un élevage sélectif les bêtes à laines (moutons) afin d'obtenir une race bien adaptée aux terroirs de ses propriétés foncières.
    C'est lui qui le premier, sur tout le « Baillage de la grande tour d'Issoudun », fait planter sur son domaine les premières pommes de terre le 9 avril 1771. Il veille, dans la mesure du possible, à la conservation des excédents céréaliers et fruitiers produits sur son domaine afin de réguler d'une année sur l'autre la quantité de nourriture nécessaire la demande alimentaire de son fief. Ainsi, seuls les surplus, après réserve, sont vendus (39). Cette politique de prévoyance que de Bussy-Castelnau applique dans son marquisat permet à ses habitants d'échapper à la terrible famine qui ravage le Berry lors de l'hiver 1765- 1766, et à celle de 1770 où un nombre considérable d'affamés demande et obtient l'aumône aux grilles du château (40).
    Charles Joseph de Bussy-Castelnau fait aménager l'environnement forestier de son marquisat. Des larges allées sont tracées en rayon à partir d'un point central matérialisé par un obélisque divisant ainsi la forêt en sections d'exploitation. Autour de son château, il trace et crée un parc dont les allées agrémentées de 36 statues et 95 vases de pierre et de faïence sur socle font alterner jardins d'agréments, vergers et potagers. Il fait planter plus de 850 arbres presque essentiellement fruitiers (41).
    De Bussy-Castelnau est donc pour les gens qui vivent sur son marquisat un seigneur, certes autoritaire, mais qui leurs a apporté une certaine suffisance alimentaire et de meilleures conditions d'existence.
    La mort du roi Louis XV, et sa succession par Louis XVI n'altèrent pas les relations que de Bussy-Castelnau entretient avec le pouvoir royal et la cour de Versailles. L'ancien Secrétaire d'Etat à la marine Jean Phélyppeaux comte de Maurepas et l'actuel Charles de La Croix marquis de Castries tiennent publiquement  de Bussy-Castelnau en haute estime et ne s'en cachent pas.



En Inde, au temps de la guerre d'indépendance des États Unis d'Amérique
    La participation honorable et glorieuse de la France aux combats pour l'indépendance des États Unis d'Amérique, puis la reconnaissance de cette indépendance par le roi Louis XVI le 14 mars 1778,  mettent à bas les clauses humiliantes qu'elle dut accepter lors du traité de Paris du 10 février 1763 notamment, l'abandon presque total de ses intérêts en Inde.
    C'est en fait la confiscation par les Anglais des navires hollandais dans les rades anglaises, puis les raides des corsaires britanniques contre les navires marchands venant ou allant en Inde qui déclanchent les hostilités. Par une lettre du 15 juillet 1778, Louis XVI annonce à Monsieur de Belcombe gouverneur de Pondichéry et à Monsieur de la Brillanne gouverneur de l'Ile de France la déclaration de guerre entre la France et l'Angleterre.
    Les Anglais sont les premiers à mener l'offensive sur les possessions françaises en Inde. Pondichéry résiste jusqu'au 20 août 1780, puis c'est au tour de l'Ile de France d'être menacée par les navires anglais. Devant ces attaques, malgré un appui inconditionnel du prince indien Hyder-Aly et son fils Tippoo-Saëb nabab d'Arcate maîtres d'une grande partie des territoires indiens, les Français restent dans un incompréhensible immobiliste.
    Même l'apparition des voiles de l'escadre françaises commandée par Monsieur d'Orves le 17 février 1781 ne déclanche aucune réaction française contre les petites défenses anglaises de Madras pourtant à leur portée de mains. Plus triste encore, l'alliance avec le prince Hyder-Aly est remise en question par monsieur d'Orves qui s'en retourne avec ses navires mouiller à Port Saint Louis le laissant ainsi seul face aux troupes anglaises. La situation n'a pourtant jamais été si favorable à une reconquête française des territoires perdus à cause d'actions plus mercantiles que politiques qu'avait menées  la Compagnie des Indes Françaises. En effet, d'un coté, presque la totalité des forces militaires anglaises étaient forts occupés à réprimer les insurrections indépendantistes nord américaines, donc disposaient de peu de troupes pour une action d'envergure en Inde. D'un autre coté, les princes indiens, acquis à la cause française par le souvenir de Dupleix et de de Bussy, n'avaient jamais étaient militairement aussi forts. Le prince Hyder-Aly continue seul la lutte et inflige des pertes sévères aux forces anglaises. Rien que pour le mois d'août, elles perdront près de  2500 hommes.
C'est dans se contexte géo politique, que le 11 novembre 1781, Charles Joseph Patissier de Bussy, marquis de Castelnau, est nommé par le marquis Charles Eugène Gabriel de La Croix de Castries Secrétaire d' Etat à la marine, « Commandant en chef  des forces de terre et de mer au delà du Cap de Bonne-Espérance  dans le continent et mers d'Asie » (42). Ce Secrétaire d'Etat avait auparavant nommé Monsieur Pierre André de Suffren chef de l'escadre des vaisseaux français envoyée aux Indes le 22 mars 1781 et qui se distingue avec bonheur lors de la bataille navale de Porto Praya au Cap Vert qui l'oppose aux forces navales anglaises.
    Parti de Paris le 13 novembre 1781, de Bussy-Castelnau embarque à Cadix le 4 janvier 1782 à bord des vaisseaux le « Saint Michel » et « l'Illustre » plus, trois bâtiments de transport. Il vient d'être fait par le roi, commandeur de l'ordre de Saint Louis. Il est âge de 61 ou 63 ans et déjà malade (la goutte). Il fait mettre le cap sur Ténériffe ou il doit rejoindre le convoi commandé par Monsieur de Guichen fils qui avait quitté Brest le 11 décembre. Un troisième convoi français en partance pour les Indes, commandé par Monsieur de Soulanges et Monsieur de Peynier était prévu pour un appareillage en avril.
Quand il arrive à Sainte Croix de Ténériffe, le 11 janvier, seuls deux transports chargés d'artillerie de ce convoi l'attendent. Le gros de l'escadre a été en partie capturée pas les Anglais l'autre éparpillée par une grosse tempête (43).
    De Bussy-Castelnau continue sa route vers la colonie hollandaise de Table Bay qu'il atteint les premiers jours d'avril. Il apprend là, qu'une escadre anglaise, forte de 5 à 6 000 hommes, se dirige vers cette colonie en vue de capturer son convoi, ce qui le décide à reprendre la mer non sans avoir laissé au gouverneur hollandais 650 hommes en renfort en cas d'attaque. Il quitte Table Bay le 2 mai en direction d'Ile de France où il arrive le 17 mai. Il y trouve le vicomte de Souillac préparant les renforts que lui avait demandé Monsieur de Suffren Commandant de la flotte française et qui se trouve en Inde avec le Nabab Hyder-Aly.     De Bussy-Castelnau leurs envoie alors Monsieur de Launay chargé de leurs apprendre qu'il est en Ile de France avec plus de 3000 hommes et qu'il attend d'autres renforts. Il informe de Suffren qu'il entend que les renforts qu'il lui envoie soient employés à la prise de Trinquemalay avant d'envisager un débarquement sur la côte de Coromandel. Le 23 août de Suffren appareille avec son escadre et les renforts de de Bussy-Castelnau. Le 25 ils sont dans la rade de Trinquemalay. Le 27 le siège est établi. Le 30 les Anglais se rendent et capitulent le 31 août 1782. Ainsi, de par cette victoire, de Bussy-Castelnau vient de doter la marine française d'un lieu  d'hivernage.
    Entre temps, une épidémie s'installe sur l'Ile de France et fait des ravages dans les troupes françaises, Elle  dure prés de six mois, même de Bussy-Castelnau tombe sérieusement malade le 25 novembre. C'est le 5 décembre qu'il apprend la mort du Nabab Hyder-Aly et sa succession par son fils Tippou-Saïb. Cette épidémie décime un tiers des forces françaises présente sur l'Ile de France. Ce n'est que le 16 mars 1783 que Charles Joseph Patissier de Bussy, marquis de Castelnau  foule la terre indienne avec 2227 hommes qu'il organise en deux brigades.
    La première brigade s'établie à Vilnour et la deuxième avec lui-même cantonne à Mangicoupan. Le 12 mai 1783, de Bussy demande à de Suffren de venir le rejoindre dès que possible. C'est le 24 mai que l'escadre anglaise vient menacer les deux villes de Trinquemalay et Gondelour. Face à l'avance anglaise, de Bussy-Castelnau demande à de Suffren de protéger au mieux les deux places.
    De son côté, de Bussy-Castelnau fidèle a sa tactique favorite vient avec ses forces prendre position à Bahour attirant sur lui les forces ennemies qui ainsi délaisse Gondelour. Le 6 juin les troupes anglaises fortes de  18 000 hommes avancent sur de Bussy-Castelnau qui se dérobe pour venir prendre position sur les glacis de Gondelour avec ses 5200 hommes. La bataille s'engage le 12 juin (44) et les troupes françaises contiennent au mieux les forces anglaises pourtant près de trois fois supérieures. De Bussy-Castelnau -qu'une crise de goutte ajoutée à un mauvais rétablissement des fièvres épidémiques d'Ile de France- est au milieu de ses hommes  demi allongé sur un palanquin. Il ne lui reste de sa jeunesse intrépide et fougueuse, que le courage et l'expérience. Il lui faut tenir jusqu'à l'arrivée du Bailli de Suffren qui apporte un renfort de 1200 hommes.
    Le 20 juin les forces navales françaises et anglaises sont en présence toutes deux voulant approvisionner leur camp en hommes vivres et munitions. Il y a là dans cette magnifique baie de Gondelour 15 vaisseaux français et leurs 3198 bouches à feu, sous le commandement de Pierre André de Suffren,  face à 18 navires anglais et leurs 7558 canons commandés par  Edward Hughes. Après presque deux jours de manœuvres et canonnades, le 23 juin la flotte anglaise cède devant l'ardeur et l'habilité de l'escadre française et elle bat en retraite vers le large, abandonnant la baie de Gondelour au Bailli de Suffren qui peut débarquer les 1200 hommes si nécessaires à l'engagement terrestre des Français.
    De Bussy-Castelnau compte ses morts et il y en a beaucoup. Il sait par expérience que chaque vie est précieuse et qu'il ne sert à rien d'aller les perdre dans d'étincelantes actions qu'il aurait pu entreprendre dans sa jeunesse et qui ne servent que la gloire de fringants officiers désireux de se fait un nom. Il décide donc, comme un vieil ours le ferait, de se tenir dans son antre et d'attendre l'effet du blocus qui résultait du non approvisionnement des troupes ennemis par voie de mer par leur marine empêchée par Monsieur de Suffren ; et par voie de terre à cause de l'incessant harcèlement des troupes du prince indien Tippoo-Saïb.
    Pour encore accroître la pression et le désarroi  qu'avait fait naître chez les Anglais la défaite de leur flotte, de Bussy-Castelnau, qui était lui approvisionné en munitions, fait chaque jour crépiter son artillerie sur le camp ennemi. A ce train là, la défaite des forces britanniques n'était qu'une question de jours
    Le 25 juin 1783, ayant appris que les préliminaires de paix avaient été signées le 20 janvier 1783 à Versailles par les ministres français, anglais, espagnol et américain et ratifié le 9 février, l'amiral anglais Edward Hughes, au regard de la détresse de ses troupes terrestres, s'empressa d'envoyer à Monsieur de Suffren des représentants britanniques chargés  d'une proposition de cessation des hostilité entre  leurs deux nations à partir de 9 juillet.
    Le 29 juin la frégate parlementaire « Médée » apporte la confirmation de la paix, entre la France et la Grande-Bretagne.
    C'est le 30 juin que Monsieur de Suffren conduit cette délégation auprès de Charles Joseph Patissier de Bussy, marquis de Castelnau. De Bussy-Castelnau demande un délai de réflexion afin d'examiner les conditions de ce cessé le feu. Le général Anglais des forces terrestres James Stuart adopte la même position.
    Le 2 juillet la proposition d'arrêt des hostilités est acceptée par les deux partis. De Bussy-Castelnau envoie alors Mr de Launay, commissaire de ses armées de Gondelour, à Madras informer l'amiral anglais Edward Hughes de son acceptation.
    Le 25 juillet 1783 la frégate française « La Surveillante » apporte à Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau et à Monsieur de Suffren une lettre du Secrétaire d'Etat le marquis de Castries qui confirme la signature des préliminaires d'un traité de paix entre la France et l'Angleterre. Dans cette lettre, le Secrétaire d'Etat demander aussi à Monsieur de Suffren de regagner la France avec une partie de son escadre, et apprend à de Bussy-Castelnau que le roi l'a fait Grand-Croix de l'ordre de Saint Louis.
    La paix de Versailles qui vient compléter le trait de Paris est signée le 3 septembre 1783.
    Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau devient gouverneur des Etablissements français des Indes. Il s'installe à Oulgaret en attendant la restitution de Pondichéry à la France.
Pour les uns,  c'est en cette ville qu'il mourra le 7 janvier 1785 (45). Pour d'autres c'est à cette même date qu'il meurt à Pondichéry (46). Une chose semble être sur, c'est qu'il est inhumé à Pondichéry.
    Après la mort de Charles Joseph Patissier de Bussy, en 1785, sa veuve Marie Charlotte Justine de Messey, dont il n'eut pas de descendance,  épousera, le 29 mai 1787, le vicomte Augustin Louis de Talleyrand-Périgord.
    Le château et les terres du marquisat de Castelnau des terres de Plou en Berry, constitueront l'héritage de sa nièce Charlotte Catherine Sophie de Bussy fille de Bouchard de Bussy et épouse du marquis de Folleville. Le marquisat de Castelnau, sera transmit par les femmes de la lignée de Charles Joseph Patissier de Bussy,  jusqu'en 1857.

Conclusions
    Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau a vécu une destinée hors du commun d'un grand soldat et d'un grand seigneur. Cet homme, presque à lui tout seul, a conquit pour la grandeur de son roi, un royaume oriental plus grand que le royaume de France.
    Si ses exploits militaires et ses réussites diplomatiques avec les princes indiens n'ont pas, dans l'histoire de la France, la notoriété qu'ils devraient avoir, c'est sans doute à cause de l'éloignement des territoires sur lesquels ils eurent lieux qui leurs valent d'être presque ignorés, si non oubliés.
    Une autre facette de ce grand homme est remarquable, c'est celle qui a trait à ses responsabilités familiales. Si le jeune de Bussy part en Inde à 16 ans après la mort de son père, c'est pour qu'il ne soit d'aucune charge pour sa mère à qui il reste peu de fortune et une fille à charge sans parti. C'est aussi pour que la maigre succession du père soit pleinement employée à la réussite et à l'établissement militaire de son frère cadet Bouchard.
    Alors qu'il est en Inde, dès qu'il en a eu les moyens, de Bussy achète le marquisat et le château de Castelnau, certes c'est pour s'assurer des revenus lors de son retour en France, mais aussi pour y entretenir sa sœur Madeleine Sophie qui célibataire est sans ressource financière à la mort de sa mère. Quand son frère Bouchard meurt, c'est encore de Bussy qui accueille sa nièce Charlotte Catherine Sophie au château de Castelnau et cela, même après le mariage de cette dernière avec le marquis de Folleville. Quand il rentre en France, de Bussy assure pleinement le rôle de chef de famille envers laquelle il fait preuve d'une solide affection.
    Toutefois une ombre recouvre ce tableau familial que de Bussy s'est employé à peindre, c'est celle d'avoir perdu deux de ses amours. Marie Françoise Gertrude Vincent dite « Chonchon » d'abord à qui il était fiancé aux Indes et pour laquelle il avait un grand attachement. Puis Mélanie Artémise de Choiseul a laquelle il était marié et qui l'avait aidé à se réadapter à la vie courtisane de la cour de France. Ces deux accablements, qui n'ont pu être atténués par son deuxième mariage avec Marie Charlotte Justine de Messey, auxquels on ajoute une certaine nostalgie des coutumes et usages de la vie d'outre-mer, l'ont certainement amené à entreprendre sa dernière campagne en Inde alors qu'il se savait malade.
Mourir en militaire au service de son roi dans son paradis indien après avoir mis sa famille à l'abri du besoin, avait à ses yeux,  bien plus de panache que s'éteindre au milieu des intrigues d'alcôves de Versailles.
Doit-il être blâmé pour ce choix ?



Les écrits de Charles Joseph Patissier de Bussy marquis de Castelnau
 - Bussy-Castelnau, Charles-Joseph Patissier, & Joseph-François Dupleix. Memoire pour le Sieur de Bussy,: brigadier des armées du Roi; expositif de ses créances sur la Compagnie des Indes. A Paris: de l'Imprimerie de Louis Cellot, rue Dauphine, 1764.
- Bussy-Castelnau, Charles-Joseph Patissier. Mémoire à consulter et consultation, pour le sieur de Bussy, Maréchale des camps & Armées de Roi, au sujet du Mémoire que le sieur de Lally, Lieutenant général, vient de répandre dans le public; avec les lettres que les sieurs de Bussy & de Lally se sont écrites dans l'Inde, pour servir de pièces justificatives. Paris: De l'imprimerie de M. Lambert, 1766.

Notes de références
(1) « Dictionnaire de Biographie française ». Jean Charles Roman d'Amat et Michel Provost. Editions Letouzey et Ané Paris, 1932.
(2) « Biographie universelle » Joseph François Michaud et Louis Gabriel Michaud. Editions Michaud et frères. Paris, 1812.
(3) Internet Google  http://gw5.geneanet.org/index.php3?b=samlap&lang=fr;p=charles+joseph;n=patissier+de+bussy+castelnau 
(4) « Dictionnaire de Biographie française ». Jean Charles Roman d'Amat et Michel Provost. Editions Letouzey et Ané Paris, 1932.
(5)  « Biographie universelle » Joseph François Michaud et Louis Gabriel Michaud. Editions Michaud et frères. Paris, 1812.
(6) « Histoire de l'ordre royal et militaire, de Saint Louis jusqu'en 1830 ». Alexandre Mazas, Théodore Anne. Edité en 1860. Paris. Page 158.
(7) « Les Européens et les Indes Orientales » René Favier. Editions Ophrys. Paris 1997. 160 pages, page 85.
(8) « les français en Inde ». Philippe Haudière. Editions Ouest France. Angers 2003. 143 pages. 
(9) « La vie de Dupleix ». Georges Fernand Druez. Français. Monographie rédigée en 1955-1957. Déposée aux archives de la municipalité de Landrecies en 1994. 28 pages.
(10) « Etudes diplomatiques sur le dix-huitième siècle » in « Revue des deux mondes ». Alexis de Saint-Priest. Editions du bureau de la Revue des deux mondes. Paris 1845. 1037 pages, page 389 et suivantes.
(11) « Judith Gautier: Une intellectuelle française libertaire, 1845-1917 » Bettina L. Knapp. Traduit de l'anglais et postface par Daniel Cohen. Editions L'Harmattan, Paris 2007. 413 pages, page 269.
(12)  « Les Européens et les Indes orientales » René Favier. Editions Ophrys. Paris 1997. 160 pages, page 85.
(13) « Les guerres sous Louis XV » Charles Pierre Victor Pajol. Editions Adamant Média Corporation. Paris 2001. 456 pages, page 248. 
(14) « Etudes diplomatiques sur le dix-huitième siècle » in « Revue des deux mondes ». Alexis de Saint-Priest. Editions du bureau de la Revue des deux mondes. Paris 1845. 1037 pages, page 411.
(15) Lettre de Dupleix à la direction de la compagnie des Indes orientales en date du 17 octobre 1748.
(16) « Les guerres sous Louis XV » Charles Pierre Victor Pajol. Editions Adamant Média Corporation. Paris 2001. 456 pages, page 253 et suivantes.
(17)Le Dekkan : s'étend sur toute l'Inde du sud. A cette époque, ce nom désigne les territoires qui se situent entre le Nerbudda et le Kistnab.
(18) Le Karnatic : est l'une des plus grandes provinces du Dekkan dont la capitale de l'époque est la ville de Arkot.
(19)  « Histoire maritime de France » Léon Guerin. Editions Dufour et Mulat. Paris 1885. Page 334.
(20) « Etudes diplomatiques sur le dix-huitième siècle » in « Revue des deux mondes ». Alexis de Saint-Priest. Editions du bureau de la Revue des deux mondes. Paris 1845. 1037 pages, page 432 et suivantes.
(21) « Histoire maritime de France » Léon Guerin. Editions Dufour et Mulat. Paris 1885. Page 334 et suivantes.
(22) « La vie de Dupleix ». Georges Fernand Druez. Monographie rédigée en 1955-1957. Déposée aux archives de la municipalité de Landrecies en 1994. 28 pages.
(23) « Les guerres sous Louis XV » Charles Pierre Victor Pajol. Editions Adamant Média Corporation. Paris 2001. 456 pages, page 260-261.
(24) « Les guerres sous Louis XV » Charles Pierre Victor Pajol. Editions Adamant Média Corporation. Paris 2001. 456 pages, page 262.
(25) « Dupleix et la Bourdonnais ». Michel Missoffe. Edité par Ligue maritime et coloniale. Paris 1943. 142 pages, page 103.
(26) « les terres de Plou dans la mouvance historique du Berry et de la France » René Johannot. Français. Edité par le Centre de recherches artistiques, culturelles, historiques et sociologiques. Plou 2005.
(27) « Etudes diplomatiques sur le dix-huitième siècle » in « Revue des deux mondes ». Alexis de Saint-Priest. Editions du bureau de la Revue des deux mondes. Paris 1845. 1037 pages, page 440 et suivantes.
(28) « Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours ». Jean Chrétien Ferdinand De Hoefer. Editions Firmin Didot frères et fils. Paris 1862. 960 pages. Page 18.
(29) « Les guerres sous Louis XV » Charles Pierre Victor Pajol. Editions Adamant Média Corporation. Paris 2001. 456 pages, page 269 et suivantes.
(30)  « Mémoire contre le procureur général » de Thomas-Arthur Lally Tollendal. Français. Publié par G. Despez. Paris 1766. 489 pages, page 66 lettre N°35.
(31) « Mémoire contre le procureur général » de Thomas-Arthur Lally Tollendal. Français. Publié par G. Despez. Paris 1766. 489 pages, page 66 lettre N°35.
(32) « Les guerres sous Louis XV » Charles Pierre Victor Pajol. Français. Editions Adamant Média Corporation. Paris 2001. 456 pages, page 276 et suivantes.
(33) « Dictionnaire historique et bibliographique des généraux français depuis le 11e siècle à 1820 ». Jean Baptiste Pierre Julien de Courcelle. Edité par l'auteur. Paris 1823.page 104.
(34) « Hommes et destins. Dictionnaire biographique d'outre-mer » Académie des sciences d'outre-mer. Editions Académie des sciences d'outre-mer. Française. Paris 1975. Page 62.
(35) « Histoire générale de l'Inde ancienne et moderne ».  J. Lacroix de Marlès. Français. Editions Emler frères. Paris 1828.
(36) « Discours et chansons pour l'accueil de Monsieur de Bussy  comme seigneur de Castelnau ». Archives départementales du Cher. Fond 34 F 12
(37) « Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter: avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter ». Jean Chrétien Ferdinand De Hoefer. Français. Edition Firmin Didot frères et fils et cie. Paris 1855. Page 873 et 874.
(38) « Dictionnaire historique et bibliographique des généraux français depuis le 11e siècle à 1820 ». Jean Baptiste Pierre Julien de Courcelle. Edité par l'auteur. Paris 1823.page 104.
(39) « Les événements de tous les jours au château et sur le marquisat de Castelnau sous le gouvernement du marquis Charles Joseph Patissier de Bussy-Castelnau ». René Johannot. Français. Edité par le Centre de recherches artistiques, culturelles, historiques et sociologiques. Plou 2008.
(40) « correspondance adressée au marquis de Bussy par le sieur Trébuchet (régisseur) » lettre du 4 février 1766. Archives départementales du Cher Fond F 34 257 259.
(41) « Factures de fournitures faites pour le château » Archives départementales du Cher. Fond 34 F 188 190.
(42)  « Révolution française et océan Indien »  Claude Wanquet, Benoît Jullien, Indian Ocean. Français Edition L'Harmattan. Paris.1996.526 pages, pages 41 et 42.
(43)  « Le bailli de Suffren dans l'Inde ». Joseph Siméon Roux. Français. Edition Barlatier-Feissat et Demonchy. Paris 1862. 301 pages, pages 130 et 167.
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