Légende de l'origine du village de Saint Ambroix

 
Atelier "Sant Johan" Brouillamnon Plou.
Article écrit par René Johannot le 10 octobre 2009 publié sur ce site le 15 novembre 2010.


Introduction

En Berry, dans le département du Cher, Il existe un village de la Champagne berrichonne, qui s'appellent Saint Ambroix.
L'origine de l'implantation de ce village fut vraisemblablement gallo-romaines et elle découlerait de deux implantation humaines différente
- L'une guerrière ou militaire qui devait être un fort.
- L'autre civile devait être une « villa » (village).
Le fort se situait sans doute dans la pointe nord de l'île formée par la séparation du cours de l'Arnon un peu après le lieudit « la Vallée ».
Ce lieu fortifié gardait le passage de la rivière à gué qui était un peu en aval de l'endroit ou furent construits les ponts de bois et le pont d'aujourd'hui.[1].
Pour ce qui est de l'implantation de la « Villa » (village), elle se serait faite sur la rive gauche de l'Arnon, face au village d'aujourd'hui [2].
Nous trouvons « Ernodurum »  pour le désigné par écrit pour la première fois dans l'itinéraire d'Antonin ( 460-3) vers 280 après J.C.[3]
En fait, ce nom serait la gallo romanisation du nom gaulois « Aronduro » dont l'étymologie se construirait à partir de ces deux étymons :
- « Aron » ou « arnon » ou « arnava » qui vient de «  aar » et qui nomme l'eau qui coule.
- « Duro » qui signifie une colline fortifiée ou un endroit fortifié.
Ce qui décrit la vision d'un « lieu fortifié sur une hauteur auprès duquel coule une rivière » 
La latinisation gallo romaine l'aurait transformé en Ernodurum ou Ernodorum en donnant toponymiquement alors aux deux racines du mot, une nouvelle signification.
Ainsi :
- « erno » voudrait nommer en langue celtique continentale (langue gauloise) un « aigle » (pris dans le sens sémantique de nid d'aigle, hauteur fortifiée).
- « durum » ou « dorum » voudrai désigner, toujours dans ce même langage, un carrefour, une porte, une place, un marché, un forum.[4]

Ce qui construit les nominatifs suivants :
- « Carrefour de l'aigle ».
- «  Porte de l'aigle »
- «  Place de l'aigle »
- « Forum de l'aigle »
Ce qui attribue à ces nominatifs, en plus de la connotation défensive, celle d'itinéraire, de passage, d'étape et d'échanges culturels et commerciaux.
« La table des itinéraires » dite de Peutinger, qui date du 3ème ou du 4ème siècle, que Celtis Portucius avait offert à  de Konrad Peutinger en1507, nomme ce lieu « Ernoduro »<!--[if !supportFootnotes]-->[5]<!--[endif]-->.
Elle désigne ce lieu comme seule étape d'importance sur la voie romaine « Iter magnum de calceata » [6] entre la cité d' « Argentomagus » (Argenton) et celle d'Avaricum (Bourges).
Plus tard dans une bulle du pape Calixte II, qui date entre 1119 et 1124, ce lieu est nommé « Arnotensis ».

 Histoire de Saint Ambroix

<!--[if !supportFootnotes]-->Ambroix, qui avait prouvé à maintes reprises sa vocation à servir Dieu,
avait été fait évêque de Cahors vers l'an 752, soit par le pape « Zacharie » ou soit par le pape Etienne II.
Devant l'indifférence prolongée de ses oilles  à ses prêches et à ses actions charitables, Ambroix fut si découragé des hommes qu'il alla se cacher dans une grotte située, nous dit-on, à 500 pas de la cité de Cahors, ce qui l'éloigne d'environ 165 mètres, en dehors des remparts de cette dernière.
Il vécu là cloîtré durant près de trois ans avant d'être découvert et reconnu.
Son retour au monde fut pour lui une grande déception, car il ne vit, dans le comportement de ses oilles, aucun progrès.
Très affligé par ce constat, il partit pour Rome vers 755, afin de prendre conseils auprès du Saint Père Paul 1er.
Nul ne connaît le contenu de leur entrevue, mais ce qui est sur c'est que Ambroix partit de Rome pour se rendre à Tours afin de bénéficier des apaisements de son évêque « Ostald ».
Ce serait durant ce séjour en Touraine, qu'Ambroix aurait décidé de devenir ermite.
Il reprit donc le chemin et son errance le mena sur les terres de « Ernodurum » en « Biturigas » (Berry) où il s'installa  pour sa vie de reclus au lieu  nommé « Séris » appelé aujourd'hui « les Maras » sur la rive droite de l'Arnon.
Il vécu en ce lieu jusqu'à sa mort qui survient le 16 octobre 770.
Il fut inhumé à « Ernodurum » dont le nom avait évolué à cette époque en « Ernotrum ».
Nous ne connaissons pas la date de sa canonisation à partir de laquelle Ambroix fut appelé « Saint Ambroix ».
Puis le temps passa et on oublia le lieu de sépulture du Saint homme. Ce fut au 10ème siècle que la tombe de Saint Ambroix fut retrouvée.
Pour marquer l'événement, on donna au village qui s'appelait toujours "Ernotrum" le nom de Saint Ambroix.
La dépouille mise à jour, on jugea que le village de petite réputation et de peu d'importance n'était guère digne de veiller sur elle.
Elle fut alors portée en l'église Saint Pierre et Saint Paul de Bourges qui devint une abbaye de chanoines de l'ordre de Saint Augustins qui pris le nom de Saint Ambroix.
L'abbaye abritera les reliques du Saint qui cachées, échapperont aux outrages des Vikings en 868 et des huguenots en 1562.
La Révolution de 1789, maltraitera cette abbaye au point d'en faire une ruine, mais elle ne touchera pas aux reliques du saint dont on perd la trace en 1822.[7]
Après avoir abrité une manufacture de toile pour la confection des voiles de navire qui occupa jusqu'à 800 ouvrière, aujourd'hui, après une restauration plutôt réussie, ce qui reste de cette abbaye accueille un restaurant appelé le Saint Ambroix. [8]

Notes de références :

[1] LIEVRE. (E.). : « Les chemin gaulois et romains entre la Loire et la Gironde. Les limites des cités. La lieue gauloise » Edition Clouzot. Paris. 1893.

 

[2] CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil ». Edition Alice Lyner. Issoudun 2009. 187 pages, page 59.

 

[3] « L'Itinéraire d'Antonin » a été publié par P. Wesseling sous le titre de « Vetera Romanorum Itineraria » à Amsterdam en 1735. On le trouve aussi dans «  Fortia d'Urban, Recueil des Itinéraires anciens » publié à Paris en 1845. Enfin on le trouve dans un ouvrage écrit conjointement par G. Parthey et M. Pinder sous le titre de « Itinerarium Antonini » publié à Berlin, 1848.

 

[4]  Signification avancée par QUIRET Julien pour « l'Arbre Celtique » http://www.arbre-celtique.com

 

[5] PEUTINGER. Il ne fut pas l'auteur de la carte qui porte aujourd'hui son nom. Géographe et humaniste allemand, il possédait une table traçant les itinéraires de l'Empire romain. Cette table fut plus tard, appelée « Table de Peutinger ». Cette Table des Itinéraires lui avait été offerte en 1507 par Celtis Portucius, qui le chargea charge de la faire éditer. Peutinger ne put faire publier la table, dont une partie fut finalement éditée en Italie, à Venise, chez les célèbres Alde, bien après la mort de Peutinger.
CELTIS PORTUCIUS avait trouvé, par un pur hasard cette Table  à Worms, en Allemagne. Elle a la forme d'un  rouleau de sept mètres de long, représentant les voies connues depuis l'Angleterre jusqu'au Gange.
Les moines de Colmar réalisèrent en 1265, une copie de cette Table à partir d'une carte romaine datant du IV° siècle, elle-même sans doute aussi copiée . Cette copie fut une remise à jour d'une grande carte du monde peinte sur le portique d'Agrippa à Rome vers 12 de notre ère.
.Après être passé par la maison de Savoie, le manuscrit fut finalement acheté par la bibliothèque de Vienne, en Autriche, qui le possède toujours.

 

[6] Ce nom figure dans le Mémoire de la Société des Antiquités du Centre T.III, pages de 1 à 5.

 

 [7] DE LA CROIX. (G.). : "Histoire de l'église de Cahors". In livre de RICHARD. (Charles Louis.). et GIRAUD. (Jean Joseph.). "Biliothéque Sacrée, ou, dictionnaire Universel Historique, Dogmatique". Edition Méquignon fils aîné. Paris 1822.

 [8] NARBOUX (Roland.). : "L"abbaye de Saint Ambroix et l'Hotel de Bourbon" Encyclopédie de Bourges sur site http://encyclopédie.bourges.net/bourbon.htm






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