Histoire du village de Villeneuve sur Cher

 

 

 

 

 

HISTOIRE DE Villeneuve sur Cher

Village du Berry

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"Atelier Sant Johan". Brouillamnon Plou. "Les cahier de Sant Johan".
cahier écrit par René Johannot le 24 octobre 2009, publié sur ce site le26 septembre 2010.


Histoire de Villeneuve sur Cher, village du Berry
Des origines à la fin du 19ème siècle

 


Généralités

    La commune de Villeneuve sur Cher à une superficie de 2533,5 hectares. Son sol est argilo calcaire auquel parfois vient se joindre des incrustations siliceuses. La plaine, où coule le Cher, est composée en majorité d'alluvions fertiles.
    La commune est traversée par une rivière « Le Cher » et par un ruisseau qui se jette dans cette dernière. Ce ruisseau intermittent, appelé « La Margelle », prend sa source sur la commune de Morthomiers.
    Depuis 1886, la rivière Cher est franchie par la route départementale n° 16 à la sortie Ouest du bourg de Villeneuve, au moyen d'un pont qui l'enjambe sur 75 mètres.
    Une source d'eau, qui, il n'y a pas si longtemps, était de grande pureté, jaillit en un lieu appelé « Fontaine Claire » qui se situe au Nord Est de la commune. A la Rairie, se trouve une source intermittente qui apparaît les années pluvieuses à intervalles très grands.
    Enfin, l'altitude la plus haute est de 158,70 mètres à la limite Sud Est de la commune ; et la moins élevée est de 118,06 mètres sur le chemin du Petit Breuil. Le bourg se situe lui, à une altitude de 125 mètres.

Le village de Villeneuve qui donne son nom à la commune se situe un peu près au centre de son territoire. Au Sud Ouest de la commune, se trouve le hameau de Châtillon qui tend aujourd'hui, vers une extension de son habitat.



Lieux d'habitat : 
    -    Rive droite :
                    o    Châtillon, Jarroy, la Rairie, le Vieux Château, Moulin Neuf, Galifard, Bouret, Plotard, Turlubin.
    -    Rive Gauche :
                    o    le bourg de Villeneuve, le Château de Villeneuve, la Madeleine, la Lande, Fontaine Claire, le Grand Bail, les Breux, les Hâtes.


Les terres de Villeneuve durant la préhistoire
    Le vestige le plus ancien, témoin du passé des terres qui forment la commune de Villeneuve, est une dent de Mammouth trouvée lors des fouilles de la villa romaine du champ de L'Ardillère. Cette dent est aujourd'hui exposée au musée de Bourges .
 
Les terres de Villeneuve au néolithique
    Le néolithique -qui a vu les migrations d'hommes venus d'Europe centrale et d'Europe du nord- a diffusé sur les territoires qui forment de nos jours la commune de Villeneuve sur Cher, l'industrie lithique Tardenoisienne et la culture céramique de Cerny.
    C'est incontestablement l'allée couverte dite « Pierre de la Roche »   au lieu dit « Les Parneaux » sous laquelle fut découvert bon nombre d'ossements humains qui témoigne prioritairement de ce peuplement.
Mais pour être complet, on se doit d'ajouter à ce témoignage, une pierre dressée de forme trapézoïdale d'environ deux mètres de hauteur de 1,20 mètre de large à sa base, qui était appelée « La Pierre qui Danse ». A l'origine ce menhir était implanté à environ 2 kilomètres au Nord du bourg actuel dans « les bois de La Lande ». Puis il fut transplanté dans un champ près de l'actuel cimetière qui se situe à 5 mètres au Sud du chemin qui va de Villeneuve à Morthomiers. Il était  encore visible, à la fin du 19ème siècle, à cet endroit.
 
    Les terres de Villeneuve durant les périodes des migrations celtiques et de l'établissement des peuples gaulois
    Comme dans toute cette partie du Berry, il y eut quatre vagues migratoires d'ethnies celtiques qui sont venues peupler les territoires qui forment aujourd'hui la commune de Villeneuve.
    Les premiers Celtes de race Indo-européenne qui arrivèrent vers 1300 ans avant J.C., et qui se nommaient « Galls », durent partager ces terres avec les hommes du néolithique qui, nous venons de le voir, nous ont laissé une emprunte monumentale de leur civilisation.
    Puis, vers 650 avant J.C., ces Galls et les descendants du peuplement néolithique, durent à leur tour partager ce territoire avec d'autres Celtes, les « Kimris » qui constituaient la deuxième vague migratoire.
Après une résistance d'usage, les Galls et les Kimris arrivèrent à vivre ensemble et formèrent le peuple des « Gallo-Kimris » qui sera progressivement appelé « Les Gaulois » d'où émergera la nation des « Bituriges Cubi ».
    Enfin, vers 350 avant J.C. ce seront les Celtes « Kimris Belges » - en deux vagues espacées de deux années- qui vont déferler sur la Gaule. D'abord maintenus au nord, progressivement la pression guerrière que vont exercer les Kimris Belges sur les Gaulois Gallo-Kimris aboutira à leur intégration sur tout le territoire de la Gaule. Ainsi se formera le grand peuple des « Gaulois » qui comprendra 62 nations :
-    Les Galls en auront 22 ;
-    Les Gallo-Kimris en compteront 17 ;
-    Les Kimris Belges en comprendront 23
    Les territoires occupés alors par ces nations vont ainsi former « la Gaule ».
    On trouve le témoignage de la présence de ces peuples celtes :
-    A « Prunay », près de « Morthomiers », où furent découverts deux tumulus. Sous le premier formé de pierres sèches, plusieurs sépultures celtes gauloises où les squelettes étaient entourés de moellon formant des sortes de cercueils. Avec ces ossements, furent découverts des bracelets et bagues de bronze. Mieux encore, et d'une richesse archéologique inestimable, au centre de ce tumulus, fut découvert un autre squelette de grande dimension ayant près de lui une aiguière de bronze ou « œnochoé »   

     Ce vase fut reconnu comme d'origine étrusque attestant les flux migratoires venant d'Europe du centre  et d'Asie occidentale via le Nord de l'Italie. A 700 mètres au Nord, un second tumulus fut mis à jour au centre duquel fut trouvé des sépultures entourées d'objets et de bijoux . (voir plan )
-    A « Saint Ambroix », près de « Peluées » aujourd'hui « Les Pluies », où une habitation souterraine gauloise fut découverte en 1882 par le docteur Pineau et où furent recueillis des fragments de poterie.
-    A « Arneuse » devenues aujourd'hui  « Renaize », sur la rive gauche de l'Arnon, entre Saint Ambroix et Saugy.

Les terres de Villeneuve pendant les périodes romaines et gallo romaines
    Les terres qui forment la commune de Villeneuve sur Cher ont vu les présences romaines et gallo-romaines. Ceci n'est guère étonnant car de tout temps cet endroit fut un lieu de passage à gué du Cher. Ce gué résulte, même encore aujourd'hui, de la configuration du lit de la rivière qui, en aval, présente une bosse géologique. Cette élévation du fond du lit, bloque les alluvions pour les faire apparaître à fleur d'eau   (sauf pendant les crues).
    Ces présences romaines puis gallo-romaines sont attestées par les vestiges :
-    d'un Vicus (site d'implantation de plusieurs habitats romains ou gallo romains).
-    D'une Villœ (Villa romaine ou gallo romaine).
Le Vicus
    Le Vicus se situe au lieudit « Les Sables », desservit par un chemin de terre qui longe la rive droite du cher en direction nord ouest. C'était un habitat domestique qui fut implanté à la fin du premier siècle après J.C. Cet habitat comporte une dizaine de bâtiments. Lors des fouilles de ce site, il fut trouvé des céramiques dont les plus anciennes datent de l'époque flavienne ; c'est à dire entre 69 et 96 après J.C. Il y fut aussi découvert des traces d'un artisanat métallurgique ou fut fabriqué et travaillé le bronze. Une amphore, identifiée comme venant de Châteaumeillant, fut également retrouvée sur ce site, elle témoigne de ce fait, d'une activité commerciale. N'oublions pas qu'à cette époque reculée,  la rivière Cher était navigable et que la voie romaine Avaricum Argentomagus passait tout près.
Le Vicus Les Sables fut sans doute le lieu originel de l'implantation humaine sur les terres de Villeneuve. Peut-être y avait-il avant, sur ce même lieu, un habitat gaulois ; mais rien n'atteste cette hypothèse. Ce lieu fut abandonné par ses habitants vers le début du 11ème  siècle pour donner naissance au bourg actuel.
La Villœ
    Cette Villa est implantée dans un champ qui, à la fin du 19ème siècle, s'appelait « Le Champ de l'Ardillère » et qui dépendait de la ferme de « La Moutière » située à gauche sur la route qui mène à La Chapelle Saint Ursin. Ce champ était à 300 mètre environ, au Nord Est du bourg de Villeneuve  . Les fouilles de cette villa -qui eurent lieu en 1867-68- firent l'objet d'un mémoire de la Société des Antiquaires du Centre  .
La description que nous fait Monsieur Buhot de Kersers de cet édifice , laisse supposer que cet habitat était d'une certaine importance car il était chauffé par un système de chauffage par le sol appelé « hypocauste ».
    L'exploration de ces vestiges a permis de retrouver les petits piliers carrés de brique de 0,20 m de côté, espacés d'environ 0,30 m et d'une hauteur de 0,70 m ; ainsi que les dalles d'environ 0,40 m qui posées sur les pilier assuraient l'assise du sol de l'habitation. (voir ci-contre le schéma d'un hypocauste ).
    Malheureusement, les fouilles sur ce site n'ont été que partielles. L'endroit du foyer (le praefurnium), composé généralement d'une chambre voûtée sans cheminée, pourvue une ouverture extérieure pour l'allumage et l'entretien du feu de bois, a été approximativement localisé, mais n'a pas été déblayé.
    Cette Villa, qu'on ne retrouve pas nommée en tant que telle, dans les textes latins, fut sans aucun doute, avec Le Vicus Les Sables, les deux implantations humaines qui ont donné naissance au village actuel.
    Quand à savoir si c'est à cette Villa -que Monsieur Buhot de Kersers et Monsieur Quartier de Saint René nomment « Villanova super carum »- que l'on doit le nominatif de Villeneuve, c'est une autre histoire !
    En général, une villa romaine ou gallo-romaine, était une entité agricole qui vivait en autarcie. Une partie de ses bâtiments était consacrée au logement de son propriétaire. L'autre partie était-elle, destinée aux logements des esclaves qui travaillaient les terres, aux abris nécessaires à l'exploitation et aux installations d'un four, d'une forge, d'une meule à grain, voire d'un pressoir. De telles implantions agricoles n'avaient donc rien de très « neuf » car depuis longtemps elles parsemaient les campagnes romaines. En Gaule, elles furent très souvent, les premières implantations humaines sur des terres vierges. Quand cela n'était pas le cas, on les trouvait cohabitant dans la proximité immédiate d'un habitat gaulois. D'autre part, il semble que les seuls habitats humains portant le nom de Villeneuve (en tant que ville neuve ou nouvelle), que nous connaissons dans l'antiquité, furent fondés avant l'empire de Rome par les Phéniciens sur le pourtour sud et ouest de la Méditerranée  (Afrique du nord, Espagne). Cette réalité historique nous éloigne de l'attribution du nom  de Villanova à  la villa du champ de l'Ardillère.
    Enfin, si on s'en tient au bon sens qui veut : qu'avant qu'il y est du neuf il faut qu'il y ait eu du vieux, (ce qui n'était pas le cas de cette Villa). Et que ce n'est pas parce que une nomination est latine, qu'elle est obligatoirement d'origine romaine. On se doit d'admettre qu'il semble y avoir beaucoup de présomptions pour que notre Villeneuve sur Cher ne tienne pas son nom de la villa romaine qui se trouve sur son territoire.
    Une autre hypothèse semble pouvoir être avancée. C'est celle d'un nominatif d'origine médiévale qui pourrait remonter au temps où fut effectué, vers le début du11ème siècle, le premier essartage au pied de la colline sur laquelle se situe la Villa romaine,  sur la rive droite du Cher, à l'endroit de son passage à gué.
    Ce fut très certainement à cet endroit fraîchement défricher que vit le jour un  village neuf qui prit le nom de Villeneuve et qui fut à l'origine de l'abandon, par ses habitants du Vicus « Les Sables » plus en aval.
    La nomination latine que nous lui connaissons, à savoir « Villanova super Cherum » et non « Villanova Carum » comme l'indiquent Messieurs Quartier de Saint René et Buhot de Kersers , est issue d'un acte en latin rédigé par le roi Richard d'Angleterre, destiné au roi Philippe Auguste, écrit après leur rencontre en mai 1195 en un lieu qui se situait entre Issoudun et Chârost .

(ci-contre, dessin de René Johannot, 2009)

La paroisse de Villeneuve
     


    La paroisse de Villeneuve s'étend de part et d'autre des eaux du Cher sur deux seigneuries et un marquisat : Les seigneuries furent celle de Villeneuve bien sur, qui occupait les terres de la rive droite de la rivière, et celle de Chârost qui comprenait les terres qui se situent sur la rive gauche. Le Marquisat était celui Castelnau qui à partir de 1709 engloba le fief de Plotard.
    A quelle époque fut créée la paroisse de Villeneuve ?
    Aucun écrit nous renseigne sur cette interrogation, néanmoins, il peut être raisonnablement pensé que la christianisation des terres  situées autour de la Villa-romaine puis gallo-romaine et autour de l'habitat « Les Sables », fut réalisée lors ou après la venue en Berry de Saint Ursin, que l'on situe entre les années 250, 300  . Cette datation est conforme aux propos d'Isabelle Fauduet,  qui situent plus généralement cette christianisation au 3ème  siècle .
    La paroisse de Villeneuve était, nous renseigne Monsieur Buhot de Kersers, dans le giron du Chapitre de Saint Ursin qui fut rétabli en 1012 en la présence de « Archembaud » prince de Bourbon et de « Eude » prince de Déols . On peut donc en déduire que cette paroisse existait déjà au moins à cette date.
    L'église de Villeneuve qui est sous le vocable de Saint Pierre, ne nous apporte que très peu de renseignement sur les origines de la paroisse. Pour certains, sa construction daterait de 10ème siècle, pour d'autres elle serait du 12ème.
    L'observation attentive du monument nous montre un portail roman plutôt harmonieux qui voudrait en quelque sorte, attester du style architectural de tout le bâtiment. Mais nous savons que ce monument fut plusieurs fois détruit puis reconstruit pour être entièrement modifié en 1869  et que le portail d'entrée et le clocher actuel étaient à l'origine à la place de l'ancienne abside ; et qu'à la place de l'actuelle abside, se situait autrefois le portail d'entrée car le clocher devait se situer au dessus de la nef actuelle. En outre,  rien n'indique que ce furent les pierres du porche originel et cintres des ouvertures qui furent utilisées pour la construction du porche actuel et des cintres actuels.
    Si ces matériaux furent ceux d'origine, alors ils valident la romanisation partielle de l'édifice en le datant du début du 12ème entre les années 1100 et 1150. Monsieur Cartier de Saint René qui l'examina en 1875 pense que l'église d'avant les travaux fut construite lors de la période de transition entre la fin de l'art roman et le début de l'art gothique. Son appréciation se base un pilastre encré au mur et qui présente un chapiteau dont la décoration statuaire pourrait bien avoir appartenu à la première église bâtie sur le site.

    Reste à savoir si cette église romano gothique fut ou non construite elle même sur des bases pré romanes. Si ce fut le cas, il est possible d'admettre que l'église primitive et la paroisse du lieu, puissent être datées aux alentours de l'an 1000, période des premiers essartages du haut Moyen Âge .
    Cette hypothèse nous semble être la bonne car une charte de 1079, du Chapitre Saint Ursin de Bourges mentionne que des seigneurs se sont appropriés des églises pour en jouir en tant que fiefs et en percevoir les revenus. Dans son contenu, cette charte les somment de restituer ces églises qu'elle nomme : il y a les églises de Vornay, d'Osmoy, de Fussy, de Saint Germain et de Villeneuve. Cette charte est signée par Richard II, 59ème archevêque de Bourges (1071 – 1093). Donc, l'église de Villeneuve existait avant ces dates.
    Monsieur Pétrus Bélicard qui fut maire de Villeneuve de 1971 à 1977, était convaincu que cette église fut élevée sous le règne du roi Robert soit entre 996 et 1031. Dans ses écrits, il décrit cette église primitive sans voûte, seulement recouverte d'une charpente apparente et il dit que la voûte n'aurait été faite que vers 1150. Nous lui devons aussi deux croquis descriptifs de cet édifice : 

L'un de l'église d'avant les travaux de 1869.                                                                                                                                                                            L'autre de celle qu'on peut encore voir aujourd'hui.
                                                                                                                                                               
     Autour de cette église flanquée de deux chapelles seigneuriales -l'une au nord attribuée aux seigneurs de Villeneuve, l'autre au sud, attribuée aux seigneurs de   Moulin Neuf- était implanté le cimetière. Ce n'est qu'en 1851 que ce cimetière fut transféré sur le chemin de Villeneuve à Morthomiers sur un terrain acheté à  Monsieur  Gourion de Saint Cyr.
    Dans le même ordre, la rue, qui passe aujourd'hui devant l'église et sa place en direction de Saint Florent Sur Cher, fut construit qu'en 1829 sous Charles Avant cette date, le chemin pour Saint Florent était plus à l'Ouest, longeant le Cher à sa boucle, puis passant un peu à l'Ouest de l'actuelle cour du château.
    Ce fut ce nouveau tracé du chemin qui induisit l'inversion de l'implantation de l'église pour qu'ainsi, le portail de l'édifice se situe directement sur la rue nouvelle.

L'Eglise de Villeneuve a possédé trois cloches :
-    La première nommée « Sancté Petri ora pro nobis » indiquant ainsi que Saint Pierre est patron de la paroisse.
-    La seconde appelée « Sancté Blaise ora pro nobis », indiquant que Saint Blaise était patron de la paroisse de Morthomiers dont l'église fut détruite à la Révolution. La paroisse de Morthomiers fut jointe à cette de Villeneuve après 1802 sous Napoléon 1er.
-    La troisième baptisée en 1734 du nom de « Marie Madeleine » et qui était depuis longtemps hors d'usage, était déposée au sol du clocher. Elle disparue de la paroisse vers 1957 pour être, soit disant, refondue et destinée à une église de mission. Gravé dans son bronze on y lisait :
 « J'AY ESTE FAITE PAR LES SOIN DE MESSIRE VINCENT SOVMARD DE VILLENEUVE & LALOEVF CONSEILLER DV ROY PRESIDAN TRESORIER DE FRANCE AV BVREAV DES FINANCES DE BOVRGES ET AY ESTE NOMMEE MARIE MADELAINE CHARLES VINCENT PAR MESSIRE CHARLES DE RIVIERES ECVYER SEIGNEUR DE RIFFARDEAV BELAIR ET AUTRES LIEVS & PAR DAME MARIE MAGDELAINE SOVMARD EPOUSE DU DIT SEIGNEUR DE VILLENEUVE EN L'AN 1734 ;
FAIT PAR MOY GOETT
A SAUMUR »
    Une de ces trois cloches, certainement le « Sancté Blaise » fut conduite à Bourges vers octobre 1793 pour être refondue en pièce d'artillerie pour la République en application de la loi du 23 juillet 1793.
    En 1793, l'église de Villeneuve sera aussi dépossédée de ses objets de culte au le profit de La République. Ainsi, un calice en vermeil, une patène, un ciboire, une custode et un soleil sans pied en argent prendront le chemin de l'hôtel des monnaies d'Orléans.
    Il semble bien que le chapitre de Saint Ursin de Bourges qui administrait depuis sa création, la paroisse de Villeneuve, ait, vers 1650,  rétrocédé cette administration à l'Abbaye de Saint Germain des Près à Paris. Car ce fut à l'abbé de saint Germain que  François de Cougny écuyer et seigneur de Moulin Neuf, demanda la permission de construire, accolée au cœur de l'église, la chapelle seigneuriale de Moulin Neuf. L'accord de l'abbé est daté du 22 mai 1654 sous la condition qu'une fois l'an, une messe soit donnée, en cette chapelle pour honorer Saint Germain évêque de Paris et une autre pour Saint Benoît.
    L'église de Villeneuve est aussi le lieu des sépultures de deux personnages qui furent importants :
  -    Etienne de Chevrier seigneur de Villeneuve, mort le jeudi 13 février 1620, dont voici l'épitaphe inscrite sur le mur de la nef :
     « CY GIST + DEFVNCT
       MESSIRE ESTIENNE + DE
       CHEVRIER VIVANT + SEIGNEVR DE
        LALANDE + ET + VILLENEUVE
        EN PARTYE PREMIER GENDARME DE LA COMPAGNIE
        DU ROY LEQUEL DECEDA
        LE JEUDI TREIZIESME DE
        FEBVRIER 1620
        PRIEZ DIEU POUR SON ÄME »   
-    et Messire Gérard de Brulaire prêtre et curé de Villeneuve qui décéda le 14 février 1702 , dont voici l'épitaphe écrite sur une dalle de la nef :
        « CY GIST      TRES
           HONNESTE      HOMME
          MESSIRE      GIRARD
          BRVLAIRE      EN SON
          VIVANT      PRESTRE
          CURE DE      VILLE
          NEVVE      LEQVEL
          DECEDA      LE 14
          FERVIER      1702.

          PRIER DIEU
      POUR SON ÄME »

    Voici énumérés les curés connus de la paroisse de Villeneuve :
- En 1510, Quantin. – En 1596, Duchesne. – En 1654, Lelièvre. – En 1656, Pipault. – De 1559 à 1669 Bouquin. – De 1670 à 1674, Macé. – De 1692 à 1702 Brulaire. – En 1711, Lebloy. – En 1736, Lelarge. – En 1756, Macary. – En 1767 Gabard. – En 1780, Bodin. – En1783, Servier. – De 1785 à 1791, Regnault. – En 1792, Degond curé assermenté, suivi de Ursin Richard lui aussi assermenté, suivi à son tour par  Jean Vitass qui acheta le presbytère pour son compte en 1791. – En 1802, Lecrec. – De 1828 à 1831, intérim assuré par le curé de Saint Florent sur Cher. – De 1834 à 1838, Demoulin. – De 1838 à 1862, Pommier. – De 1862 à 1863, Berthuel. – De 1863 à 1877, Renoir. – De 1877 à 1878, Rabatté. – De1878 à 1884, Ducroux. – De 1884 à 1903, Mallet.    

La seigneurie de Villeneuve


Histoire de La seigneurie de Villeneuve
    Le premier acte qui nous parle de la seigneurie de Villeneuve, en la désignant sous le nom de « Villanova super cherum » est un courrier de Richard Cœur de Lion roi d'Angleterre, destinée roi Philippe Auguste de France .
    Cette missive, qui expose les termes et conditions d'une paix entre les deux royaumes, fut écrite par Richard entre la rencontre des deux rois au « Gué d'Amour » près de Montierchaume, entre Issoudun et Châteauroux en mai 1195 et celle qui eut lieu entre Issoudun et Chârost en décembre 1195. De cette dernière entrevue, découlera le traité de paix dit de « Gaillon » qui sera signé entre les deux rois le 14 janvier 1196, en un lieu situé entre Gaillon et le Vaudreuil.
    Pour Thaumas de la Thaumassière, la première rencontre des  deux rois, se serait déroulée entre Issoudun et Châteauroux, au « Gué d'Amour » la veille de Saint Nicolas en mai 1195. Mais la description qu'il fait du lieu fait dire à Romain Guignard qu'il pourrait s'agir du « pont d'Amour » près de « Villerais » à la « Villa regum » dont parle le traité  en admettant que « Villa regum » se traduise par « Villa des roys » qui par extension deviendrait Ville ray puis de nos jours, Villerais.
    Quand à la seconde rencontre que l'on situe entre Issoudun et Chârost le 5 décembre 1195, il est bien difficile d'en situer le lieu exact.
    Les clauses de ce traité, qui réglaient la paix entre France et Angleterre, donnaient au roi Philippe les comtés de Vexin et d'Evreux ainsi que toutes les terres que possède le roi Richard en Auvergne. En contre partie, le Roi Richard recevait du roi Philippe les comtés d'Eu et d'Aumale, les terres que la guerre lui avait permis de conquérir ainsi que les seigneuries de Graçay et d'Issoudun  sauf, pour cette dernière, certaines seigneuries du Nord Est dont Villeneuve  que le roi de France se réservait, dans l'accord, la possibilité de fortifier. ( Si rex Francorum vellet firmare in Villanova super Cherum,firmare poterit.) (Si le roi de France voulait fortifier Villeneuve sur Cher, il le pourrait.)
    Dans cet écrit, Richard reconnaissait donc à Philippe, entre autre, le droit de fortifier Villeneuve qui se trouvait alors être sur la frontière entre le domaine royal de France du roi Philippe, en l'occurrence l'ancienne Neustrie, et l'Aquitaine d'obédience anglaise du roi Richard  .
L'a-t-il fait ?
    Nul ne le sait, car il n'existe pas de vestiges archéologiques qui pourraient témoigner d'une fortification construite en pierre. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'une telle fortification n'ait pas existé ; surtout si elle fut constituée comme nous en avons de nombreux exemples, de terre et de bois, qui le temps passant, ne laisse que très peu de traces de son existence passée .
    Si la construction de « La Tour » aussi nommée « La Grande Maison », qui remonte au 15ème  siècle, atteste d'un esprit de défense et de garde de ce lieu de passage du Cher ; Cette tour pourrait bien être aussi, le témoin d'une certaine continuité dans l'évolution du caractère défensif donné à ces lieux.
    Car autrement, pourquoi diable le roi Philippe aurait-il établi à Villeneuve une prévôté   ayant droits de justices haute, moyenne et basse, du ressort de la grosse Tour de Bourges ; si ce n'était pour défendre, contrôler, gérer et sanctionner, sur la rive droite du Cher, le franchissement de la frontière entre Neustrie et Aquitaine.
    Il n'y eut certainement pas à Villeneuve une enceinte fortifiée tout au tour du village, mais il y eut sûrement sur les bords du cher, donc à l'ouest,  des entraves à caractère militaire contrôlant le passage du gué.
    C'était le moins que pouvait faire le roi de France pour contrebalancer la  menace que pouvait représenter l'alignement -sur les pentes boisées de la rive gauche du Cher- de trois châteaux d'obédience Aquitaine : « Breuilhamenon », « Féroul » et « Font-Moreau ».. auxquels faut-il sans doute ajouter « Le Camp du Dureau » et « Le Vieux Château » Ces deux dernières défenses se situant pour la première en face du château du seigneur de Villeneuve ; pour la seconde, en face de la forteresse de Bor.
    Le lieu, que Monsieur Buhot de Kersers nomme « Le Camp du Dureau », semble, nous dit-il, avoir ses origines, soit à l'époque romaine, soit à celle du Moyen Âge. Ce Camp du Dureau, qui domine la vallée, est un fortin de terre dont l'agger  forment un carré d'environ 25 mètres de côté. En plus de ces talus de terre, au pied des côtés Nord, Sud et Ouest, est creusé un fossé d'environ 6 mètres de large.
    On aurait pu attribuer, sans le moindre doute  sa construction au romains si sa surface d'occupation avait été plus conséquente afin d'y cantonner au minimum une « centurie » (100 légionnaires plus 20 serviteurs) pour contrôler le passage du Cher. Hors, la surface occupée par le site (environ 600 m2) ne pouvait pas accueillir plus d'une « Contubernium » (10 légionnaires plus 2 serviteurs) ce qui semble dans ce cas, borner cette installation à un rôle de poste de guetteurs. Ce qui n'était guère dans les habitudes des armées romaines qui avaient leurs propres observateurs et espions au sein même des populations.
    Reste l'origine moyenâgeuse de cette installation défensive, là aussi un gros doute s'installe lorsqu'on envisage cette possibilité. Si le Camp du Dureau avait été établi par des soldats du Moyen Âge, la terre retirée des fossés Nord, Sud et Ouest, aurait formé une motte au centre de l'aire et non un agger.
    Toutefois, une troisième hypothèse qui semble répondre aux interrogations que pose ce fortin. Celle d'un camp normands ou Viking établi comme à l'habitude de ces guerriers nordiques sur une hauteur d'où ils peuvent surveiller la rivière et d'où ils partent pour leurs raids de pillages. C'est une hypothèse très plausible car on sait que les Vikings ont remontés le Cher, l'Arnon et l'Yèvre, qu'ils ont pillés Bourges par deux fois et qu'ils ont saccagé l'abbaye de Massé.
    Dans ce cas, ce fortin daterait des alentours de 857 et aurait pu être occupé par intermittence par les envahisseurs Vikings jusqu'en 867.
    Si on envisage cette troisième hypothèse, on se doit aussi d'admettre la possibilité – comme le sous-entend Monsieur Quartier de Saint René- que ce camp déserté par les Normands, ait servi plus tard de site de surveillance du passage de la rivière aux soldats aquitains du roi Richard Cœur de Lion.
    Reste à ajouter à cette ligne de bâtis défensifs aquitains sur le coteau de la rive gauche, « Le Vieux Château » aujourd'hui un habitat agricole où il y avait au Moyen Âge une construction fortifiée dont on distingue encore les fossés et la motte centrale. En ces lieux on a aussi retrouvé un très ancien four .
    Nous voyons bien que Villeneuve eut une position stratégique. Et que ce n'est pas pour rien que deux grands rois médiévaux faisant la paix, parlaient de ce village.
    L'importance de Villeneuve de tous temps, semble avoir été d'ordre commerciale dont le flux des échanges devait être protégé et défendu. Les vestiges et le mobilier retrouvés lors des fouilles du Vicus Les Sables attestent de l'existence ce courant d'échanges commerciaux qu'il fallait protéger.
    Reste à trouver un élément ou un fait historique qui attesterait que Villeneuve était un village bénéficiant d'une protection soldatesque.
    C'est en 1251, sous le règne de Saint Louis, que nous trouvons un fait historique qui atteste cette militarisation.
    A cette époque, en 1249, Saint Louis était en Egypte à la tête de la septième croisade. Le roi avait confié alors la régence du royaume à sa mère, La reine Blanche de Castille.
Il fut fait prisonnier à « Mansourah » en février 1250. Lorsque la nouvelle de sa capture   arriva à Paris, le fanatisme religieux et le patriotisme déclencha une ferveur populaire sans précédant.
Profitant de ce climat d'exaltation où tous voulaient sauver leur roi, un homme d'une soixantaine d'années, moine défroqué qui parlait le Français, l'Allemand et le latin se mit à vagabonder dans le royaume en prêchant au nom de la vierge Marie la délivrance du roi par le bon peuple car, disait-il, Dieu avait été offensé par l'orgueil des chevaliers Français lors des croisades précédentes.
    Le prêche de cet homme qui se faisait appeler « le Maître de Hongrie » ou encore « Job », donna naissance à la levée d'une armée de parias, de voleurs, d'excommuniés et de ribauds.  A cette frange se mélangèrent aussi des hommes et des femmes honnêtes qui avaient les seuls torts d'être naïfs et incrédules. S'ajoutèrent aussi à cette multitude, des mendiants et des enfants abandonnés.
    Aux dires de leur guide illuminé, tous ces gens étaient touchés par la grâce divine qui leur commandait d'aller délivrer le roi. Et ainsi, en retour de cette action de rédemption, ils seraient pardonnés de leurs méfaits, soustraient à la misère qui les accablait ou gageraient directement le paradis lorsque la mort les surprendrait.
La reine Blanche crut en l'honnêteté et en la chrétienté de ce mouvement qui se faisait appeler « Les Pastoureaux ». Elle était persuadée que leur chef allait vraiment mener cette multitude vers la terre sainte afin de délivrer son fils et ses compagnons.
    En 1251, cette troupe, armée jusqu'au dents de couteaux, d'épées, de haches, de faucilles, de fourches et bien d'autres ustensiles meurtriers, quitta Paris en direction du sud. Elle ravagea, au nom de Dieu,  toutes les provinces et tous les pays qu'elle traversa. Elle pilla Orléans en mai 1251, le jour de la Saint Barnabé, y massacrant bon nombre de gens y compris des ecclésiastiques.
    Elle dévasta la Sologne et tout le haut Berry fin mai début juin de cette même année, pour enfin se présenter devant les portes de Bourges dont elle demanda l'ouverture immédiate au nom des miracles que pouvait accomplir son guide. Malgré l'ordre de l'Archevêque de les tenir clauses, les portes furent ouvertes par les bourgeois de la ville qui crurent avidement pouvoir tirer profit des besoins d'une telle foule.
    Bourges n'était pas en capacité d'accueillir et de nourrir  toute cette troupe en haillons. Beaucoup de Pastoureaux s'installèrent alors dans les environs de la cité en pillant et volant pour ne pas dire plus, en se moquant outrageusement de ceux qui avaient cru faire du commerce avec les ribauds sans sous vaillants qu'ils étaient.
    Quand les habitants de Bourges prirent conscience que le Maître de Hongrie n'était autre qu'un imposteur, et que les soit disant miracles qu'il accomplissait n'étaient que mystifications, et qu'ils en eurent assez de se faire voler et de voir leurs femmes se faire déshonorer, ils s'insurgèrent violemment. Dans le feu des échauffourées qui suivirent, un boucher de la cité tua le Maître de Hongrie d'un coup de hache.
    La reine Blanche qui avait appris les crimes que les Pastoureaux avaient commis à Orléans avait obtenu du clergé une sentence d'excommunication envers tous ces criminels et assassins. Et des cavaliers chevauchaient dans tout le royaume pour en informer les cités et les campagnes. A Bourges, cette missive arriva en même temps que la hache du boucher tranchait la tête du Maître de Hongrie.
    Pris par la peur et la panique, les Pastoureaux,  poursuivis par le peuple berruyer en armes, fuirent de Bourges  et de ses environs immédiats. Le plus gros de cette troupe pris le chemin qui menait à La Chapelle Saint Ursin et au delà.
    Passée Morthomiers, l'avant garde des fuyards Pastoureaux se heurta aux défenses de Villeneuve qui contrôlait le passage du Cher. Bloqués et ne pouvant passer le gué sur le Cher, Les Pastoureaux furent rattrapés par les gens de Bourges et se firent massacrer dans un affrontement qui eut lieu entre les deux villages, un peu avant d'arriver à Villeneuve. Quelques rescapés de ce massacre, se dispersèrent dans les campagnes environnantes .
    Lors de travaux récents de voirie, des restes humains, dont un crâne furent découverts au bourg de Villeneuve. La datation de ce crâne -effectuée par d'imminents spécialistes à Paris- nous indique que l'homme auquel il appartenait vivait à cette époque.
    Cette histoire des Pastoureaux, représente un fait historique qui nous indique sans ambiguïté que Villeneuve possédait bien à cette époque une troupe de soldats capable d'assurer sa protection, et de mettre en déroute une bande de fuyards estimée à plusieurs centaines d'individus .
    Depuis le Moyen Âge, à partir de l'institution des parlements par le roi Philippe le Bel en 1252, Villeneuve devint un bailliage du ressort de Bourges.
Voici énumérés les Baillis connus :
- En 1579, Messire Martinet. - En1700, René Thébault.
- En 1737, François Dumont, qui y restera jusqu'en 1752.
- En 1768, Louis Bernard procureur au bailliage de Berry.
- De 1769 à 1782 François Dumont fils.
- De 1786 à 1788, Louis Toubeau de Maisonneuve avocat, juge du Présidial de Bourges .
 

Structuration féodale de la seigneurie de Villeneuve



    La seigneurie de Villeneuve comprenait sept fiefs : 
        - Six de noblesse d'épée :
                o    Le fief de « La Tour » ou de « La Grande Maison ».
                o    Le fief de « Galifard ».
                o    Le fief de « Plotard » et de « Champigny »
                o    Le fief de « Moulin Neuf ».
                o    Le fief de « La Tour de Bor » (aujourd'hui connu sous le nom de « Tour de Bau »).
                o    Le fief du « Vieux Château »
        -    Un de noblesse d'église :
                o    Le fief de « La Grange Borré » (aujourd'hui, « Bourré »).
Habitat seigneurial et les seigneurs connus de la seigneurie de Villeneuve.
    La demeure seigneuriale est implantée au Sud Ouest du bourg. Le rectangle qu'elle formait autrefois, touchait à la rive droit d'un bras de la rivière Cher qui jadis faisait tourner un Moulin adossé au pied même du mur d'enceinte.
    Le logis du seigneur occupait le côté Nord du château. Cette partie était percée par un passage voûté qui permettait d'accéder à la cour et au dessus duquel, se trouvaient les premières marches d'un escalier à vis. En 1885, ce grand bâtiment existait encore et avait au premier étage une grande salle de réception où trônait une ancienne cheminée. Les fenêtres qui éclairaient l'intérieur de la demeure sont du 16ème siècle et leurs ouvertures sont attribuées à la maison des « Chevrier » qui occupèrent les lieux de 1502 à 1609. La chapelle du château était adossée à la courtine Nord et date du 18ème siècle. Au dessus de sa porte on trouvait les armoiries de la maison des « Soumard » qui furent seigneurs de Villeneuve de 1732 à 1903.

    Maison seigneuriale des « de Villeneuve ».
        -    En 1117, Humbert de Villeneuve.
        -    En 1131, Guillaume de Villeneuve.

    Maison seigneuriale des » Barres »
        -    En 1219, Jean des Barres seigneur de Saint Florent sur Cher et de Lignières, fils de Guillaume II des Barres qui sauva le roi Philippe Auguste à la bataille de Bouvines en 1214 et petit fils de Guillaume I de Barres qui battit en tournoi, le roi Richard II d'Angleterre en 1191 à Messines .

    Maison seigneuriale des « Leroy »
        -    En 1278, Pierre Leroy acheta la seigneurie à Jean des Barres seigneur de La Guerche et de Saint Florent .
        -    Vers 1345, Gauthier Leroy, fils de Pierre précité, fut seigneur de Villeneuve.
        -    Guillaume Leroy fils de Gauthier précité, fut seigneur de Villeneuve.
        -    Jacques I Leroy, fils de Guillaume précité, fut seigneur de Villeneuve.
        -    Thierry Leroy, fils de Jacques I précité, époux de Jacquette Bastard, fut seigneur de Villeneuve.
        -    André Leroy, fils de Thierry précité, époux de N Gouges de Charpaigne,  fut seigneur de Villeneuve.
        -    Antoine Leroy, fils de André Leroy précité,  fut seigneur de Villeneuve.
        -    En 1477, Catherine Leroy, sœur de Antoine précité, épouse de Pierre Chevrier seigneur de Chouday, devint la Dame de Villeneuve.

    Maison seigneuriale des « Chevrier »
        -    En 1501, André Chevrier, fils de Catherine Leroy et de Pierre Chevrier précités, devient seigneur de Villeneuve.
        -    En 1545, Jean Chevrier, fils de André précité, devient seigneur de Villeneuve.
        -    En 1556, Louis Chevrier, fils de Jean précité, devient seigneur de Villeneuve.
        -    En 1579, Étienne de Chevrier, Christophe Chevrier son frère et Françoise Chevrier sa sœur, épouse d 'Etienne de la Marche, en furent les seigneurs jusqu'en 1609.

    Maison seigneuriale des « Chevrier de Roux »
        -    En 1609, Christophe de Chevrier lègue la seigneurie de Villeneuve à Jean du Roux sous condition qu'il porta le nom de Jean Christophe Chevrier du Roux. Il héritera de la seigneurie de Villeneuve en 1621              A cette époque une partie de la seigneurie de Villeneuve est octroyée à la famille Girard car au 18ème siècle on retrouve un Jean Girard et un Étienne Girard qui sont nommés aussi seigneurs de Villeneuve.
        -    En 1649, Pierre Chevrier du Roux, fils de Jean Christophe précité, devient seigneur de Villeneuve.
        -    En 1669, Barthelémi Chevrier du Roux, fils Pierre précité, devient seigneur de Villeneuve.
        -    En 1679, Paul Chevrier du Roux, fils de Barthelémi précité, devient seigneur de Villeneuve.

    Maison seigneuriale des « Baraton »
        -    En 1699, Pierre Baraton fut seigneur de Villeneuve .

    Maison seigneuriale des « Soumard »
        -    En 1732  Vincent Soumard fut seigneur de Villeneuve.
        -    En 1753, Claude Soumard, fils de Vincent précité, fut seigneur de Villeneuve.
        -    En 1772, René Soumard, fils de Claude précité, sera seigneur de Villeneuve jusqu'en 1792. Cette même année, René Soumard étant commissaire du roi au tribunal du district de Bourges et membre du
             Conseil général du Directoire du département fut, arrêté avec son épouse par les autorités. Ils furent tous deux relâchés en 1793. A partir de cette date, la famille Soumard restera en possession de la
             seigneurie de Villeneuve jusqu'en 1903, où elle sera vendue à Monsieur Aubrun originaire de Bourges

    Maison seigneuriale des « Couasnon Soumard »
        -    En 1885, Mr et Mme Couasnon née Soumard en sont propriétaires.


Le fief de « La Tour » ou de « La Grande Maison ».
    La demeure seigneuriale de ce fief est constituée d'une bâtisse, de base rectangulaire, aux murs épais qui date du 15ème siècle. Au niveau du sol,  se trouve un cellier. Au dessus de ce cellier, accessible par un perron, s'établit le rez-de-chaussée au dessus du quel s'élance deux étages. Ces trois niveaux communiquent au moyen d'un escalier en spirale situé à l'angle Nord. Les fenêtres de cette tour sont à appuis saillants et leurs tableaux sont chanfreinés. Le toit à deux versant est très pentu abrite un grenier qui servit de pigeonnier en 1680.
    Ce fief de la seigneurie de Villeneuve fut tenu en 1552 par « Pierre Ancel », secrétaire de la Reine et contrôleur des Aides. Ces deux charges d'Etat étaient jointes à la profession de marchand à Bourges.
Ce fief resta dans cette famille Ancel qui se trouva liée à celle des Frébaut, jusqu'en 1655.
En 1655, le fief de La Tour ou de La Grandes Maison fut vendu par Elisabeth Ancel aux Dames de la Visitation de Bourges.
En 1671, les Dames de la Visitation de Bourges mirent cette propriété en arrentement (jouissance d'un bien contre une rente annelle) au bénéfice de Paul Chevrier du Roux seigneur de Villeneuve.
 
Le fief de « Galifard ».
     La demeure seigneuriale de ce fief était constituée, encore en 1885 d'un ensemble de bâtiments que Monsieur Buhot de Kersers décrivait ainsi :
« Ce petit fief n'ayant pas subit de rénovation, a conservé son aspect ancien et un certain intérêt. La porte d'entrée voûtée de plein-cintre est surmontée d'un cartouche soutenu de rampants à volutes et couvert d'un fronton très bas ; près de cette porte est un puissant colombier rond. Des deux côtés de la cour sont des communs : au fond, à droite, un corps de logis à rez-de-chaussée élevé, éclairé de fenêtres à meneaux larges et courts, dont les appuis on pour moulure un tore.
    Une tour ronde, à l'angle interne, contient un escalier desservant un pavillon à premier étage, où se voient des cheminées à montants cannelés et rudentés du XVII e siècle. En face de l'entrée est un corps de logis à rez-de-chaussée, remanié et terminé par une tourelle sans intérêts. Ce petit manoir peut être attribué aux « Bouffet » ».

Ce fief de la seigneurie de Villeneuve appartint à :

    Maison seigneuriales des « Bochetel » 
        -    En 1537, Jacques Bochetel en fut le seigneur.
        -    En 1564, Gabrielle Guichard veuve de Jacques précité, fut Dame de Galifard.
    Maison seigneuriale des « Riglet »
        -    En 1580, Etienne Riglet fut seigneur de Galifard.
        -    En 1600, Etienne Riglet, maître des Eaux et Forêts de Bourges, fils du précédant, et Marie Riglet sa sœur, épouse de François Cougny, sont seigneur et Dame de Galifard.

    Retour de la maison seigneuriale des « Bochetel »
        -    En 1615, Pierre Bochetel, fils de Jacques Bochetel et de Gabrielle Guichard précités, fut seigneur de Galifard.

    Maison seigneuriale des « Dorssanne Bouffet »
        -    En 1647, Françoise Dorssanne, veuve de Jean Bouffet fut Dame de Galifard.
        -    En 1677, Gabriel Bouffet, fils de Françoise Dorssanne et de Jean Bouffet précités, fut seigneur de Galifard.

    Maison seigneuriale des « Lebeau »
        -    En 1688, Guillaume Lebeau fut seigneur de Galifard.

    Retour de la maison seigneuriale des « Bouffet »
        -    En 1717, Gabriel Bouffet (un autre) fut seigneur de Galifard.

Maison seigneuriale des « Gassot »
        -    Avant 1742, Pierre Gassot fut seigneur de Galifard
        -    En 1742, Gabriel Gassot de la Vienne fut seigneur de Galifard.
        -    En1789, Gabriel Gassot deuxième du nom fut seigneur de Galifard jusqu'en 1811
        -    En 1811, Charles Gassot de Champigny sera seigneur de Galifard.

  Propriété des « Girard »
        -    En 1832, Monsieur ? Girard devint propriétaire de Galifard
        -    En 1885, Léon Girard, fils du précédent, fut propriétaire de Galifard

Le fief de Plotard
    Il n'y a pas ou il n'y a plus pour ce fief de demeure seigneuriale proprement dite. Seule subsistent les restes d'une chapelle plein cintre où se trouvait encore en 1879 une statue de Sainte et une autre de Saint.
    Pour ce fief, il semble que très souvent ses propriétaires se confondaient avec ceux du fief Galifard :
        -    En 1385, on trouve Gauthier de Plotard comme maître des lieux
        -    En ? , Guillemette de Plotard, fille du précédant,  épouse de Pierre du Puy seigneur des Dames Saintes, échanson du roi Charles VI et du duc Jean de Berry, fut Dame de Plotard.
        -    En 1570, un nommé « Cathin » fut seigneur de Plotard.
        -    En 1688, Guillaume Lebeau, seigneur de Galifard, fut aussi seigneur de Plotard.
        -    Avant 1688, Jean de Sève fut seigneur de Plotard.
        -    En 1688, Claude de Sève, fille de Jean précité, veuve de Antoine Girard seigneur de Villetaneuse procureur général en la chambre des comptes, fut Dame de Plotard.
        -    Avant 1709, ce fief fut tenu par Claude Guill demeurant à Vierzon.
        -    En 1709, Charles Eléonore Aubry alors marquis de Castelnau et seigneur de Breuilhamenon acheta ce fief et le joint au marquisat.
        -    En 1720, ce fief étant inclus dans le marquisat de Castelnau, fut tenu par Gérard Aubry conjointement avec son père Charles Eléonore précité
            Il aura donc successivement comme propriétaires  :
                    o    De 1742 à 1755, Louis Jules Duvancel marquis de Castelnau.
                    o    De 1755 à 1785, Charles Joseph de Bussy marquis de Castelnau.
                    o    De 1785 à 1827, Charlotte Catherine Sophie de Bussy de Folleville marquise de Castelnau.
                    o    De 1827 à 1836, Amélie Musnier de Folleville de Boissy marquise de Castelnau, petite fille de la précédente.
 
Le fief de « Moulin Neuf ».
    La demeure seigneuriale qu'on voit aujourd'hui sur ces lieux et une habitation relativement récente qui date du temps de Léon Girard (1885).
    On peut cependant voir des vestiges d'une partie de l'ancestrale bâtisse,  en observant une vieille construction rectangulaire transformée en appartements mais qui d'antan, n'était autre que la chapelle. La corniche qu'on y  observe, est formée d'un quart de cylindre sur un mince bandeau. Cette forme de corniche, qu'on peut juger au premier abord toutefois assez banale, nous indique qu'elle est d'origine du 17ème siècle et qu'on peut ainsi l'attribuer à la maison des «  Cougny ».

    Ce fief de la seigneurie de Villeneuve appartint à :

   
 
    M
aison seigneuriale des « Leroy »
        -    En 1401, à Martin Leroy, seigneur de Saint Florent, Maître d'Hôtel du duc Jean de Berry.
        -    En 1443, Colette Leroy, épouse de Jean Bochetel, fut Dame de Moulin Neuf.

    Maison seigneuriale des « Bochetel »
        -    En 1522, Renaud Bochetel archidiacre d'Angers fut seigneur de Moulin Neuf.
        -    En 1601, Pierre Bochetel fut seigneur de Moulin Neuf.

    Retour de la maison seigneuriale des « Leroy »
        -    En 1611, Gabriel Leroy fut seigneur de Moulin Neuf.
        -    En 1611, Jean Jacques Leroy de Marmagne fut seigneur de Moulin Neuf.

    Maison seigneuriale des « Cougny »
        -    En 1619, Jean Cougny, fut seigneur de Moulin Neuf.
        -    Entre 1630 et 1703, se succéderont :
                    o    Pierre Cougny neveu de Jean précité.
                    o    François Cougny échevin à Bourges en 1670.
                    o    Joseph Cougny.
                    o    Pierre Cougny.

    Maison seigneuriale des « de la Presle, Saint Thorent, Girard »
        - En 1703, Robert de la Presle fut seigneur de Moulin Neuf .
                    o    Puis ce fief passe par l'une des filles de Robert de la Presle précité, à Messire de Saint Thorent.
                    o    Suit Juliette de Saint Thorent épouse de Philippe Girard de Villesaison
                    o    La famille Girard de Villesaison détiendra ce fief au moins jusqu'en 1885, puisqu'à cette date nous trouvons un Léon Girard comme propriétaire de Moulin Neuf. 


Le fief de « La Tour de Bor » (aujourd'hui connu sous le nom de « Tour de Bau »).
    Aujourd'hui, il ne reste rien de la demeure seigneuriale de ce fief qui se situe dans les bois entre le bourg de Villeneuve et la petite ville de Saint Florent sur Cher. C'était jadis une forteresse dont on voit encore de nos jours que les empruntes d'une enceinte quadrilatère de forme assez irrégulière dont les angles étaient arrondis. Des arbres se sont enracinés sur ce qui reste des murs. On devine l'emplacement d'un puit large d'environ deux mètres de diamètre situé au milieu des vestiges .
Une tradition orale populaire raconte que les seigneurs de Bor avaient comme ennemis jurés, ceux du Coudray .

    Ce fief de la seigneurie de Villeneuve appartint à :
        -    En 1231, Guillaume Girard chevalier, son épouse Guyonne et les héritiers de Morlac en furent co-héritiers.
        -    En 1343, Guillaume de Bor, chanoine de l'église Saint Etienne de Dun le Roi, fut seigneur de La Tour de Bor.
        -    En 1414, Jean Asselin de Bor, damoiseau fut seigneur de La Tour de Bor .

Le fief du « Vieux Château »
    La demeure seigneuriale de ce fief se trouvait un peu au Nord de l'endroit où actuellement se trouve une ferme du même nom. Sur ce lieu, on y distingue des fossés et une motte élevée de mains d'hommes. On y a retrouvé également un vieux four.
    Il ne semble pas possible de retrouver les noms des seigneurs qui furent maîtres de ce fief. On peut simplement avancer que cette terre dite du Vieux Château, fut probablement à l'origine de l'établissement du hameau de Châtillon, dont des maisons appartenaient à la paroisse de Civray .
    Il n'est donc pas déraisonnable de tenter d'attacher ce fief de celui du Coudray d'obédience aquitaine. De par ce rapprochement, le Vieux Château deviendrait un élément de la ligne défensive de la frontière avec la Neustrie.
Cette situation donnerait alors un sens à la tradition populaire qui nous parle des relations belliqueuses entre les seigneurs du Coudray et ceux de Bor, dont le fief se trouve juste en face un peu en hauteur, sur l'autre rive du Cher. En plus, cela pourrait aussi expliquer pourquoi il y a au lieudit « La Rairie », un champ qui jadis s'appelait  « Champ de bataille ».
 
Le fief de « La Grange Borré » (aujourd'hui  « Bouret »).
    Ce manoir seigneurial possédait une enceinte dont-il restait quelques vestiges fin du 19ème siècle. Parmi eux, une grande porte ogivale au coté de laquelle avait été ouverte une plus petite. On y trouvait aussi un colombier rond joliment bâti. Ces vestiges nous apprenaient que ce manoir fut construit en pierres rouges très ferrugineuses qui ne sont pas sans nous rappeler les murs de l'église de Chârost ainsi que ceux de son enceinte.
    L'origine de cette terre fut monastique. L'ordre monacal d'appartenance n'est pas connu.
    Cet établissement disparaîtra avant le 16ème siècle.

    Ce fief de la seigneurie de Villeneuve appartint à :
        -    Avant 1526, Jean Huet  fut le seigneur de La Grange Borré. Il tenait son fief de son épouse Andrée de Pigny
        -    Vers 1580, Gaston Foucheret, marchand à Issoudun acheta ce fief à jean Huet précité pour la somme de 820 Livres tournois de rente. Ainsi, il fut seigneur le La Grange Bourré.
        -    En 1604, Claude Foucheret, fils de Gaston précité, fut seigneur de La Grange Bourré.
        -    En 1615, Jean Foucheret, fils de Claude précité, fut seigneur de La Grange Bourré.
        -    Puis au 18ème siècle les Gassot seigneurs de Galifart, seront successivement les propriétaires de La Grange Bourré.

Les Breux
    Pour être complet, il existe sur les terres de Villeneuve  la propriété « Des Breux » sur laquelle est implanté un château. Ce château semble dater des environs de 1850 et fut certainement construit par Monsieur  Louis Charles Moreau qui fut Maire de la commune de 1856 à 1888 et époux de la fille de Philippe Soumard qui, à cette époque, était le propriétaire du château de Villeneuve.

Le Moulin de Cutortu
    On se doit également de signaler qu'il existait en amont du bourg de Villeneuve, un moulin à eau qui s'appelait « Le Moulin de Cutortu », à cause de la forme biscornue de sont bâtiment.. Ce moulin semble avoir disparu à l'époque de la Révolution.

Le Gué
    Avant 1886, date de la construction du premier pont sur le Cher à Villeneuve, il est à signaler que le passage du Cher par bac à Villeneuve était en septembre1770 du ressort du marquis de Castelnau. Ce passage coûtait un boisseau de froment par an pour les métairies et un boisseau de marsèche par an pour les journaliers.
Le marquis de Castelnau rétablit à la date précitée, un droit de péage en argent qui lui rapporta plus de 60 livres an, alors que l'ancien droit en nature, ne lui rapportait  que 15 livres an .
    Plus tard, les habitants de la rive gauche de la rivière ne disposérent que d'une passerelle en planche pour passer à pied sur la rive ou se situe le bourg et son église. Lors des grosses crues interdisant tous passages même en bateau, ces mêmes gens pour entendre la messe, étaient obliger d'aller à Saint Florent pour passer le pont de cette localité afin de revenir par la rive droite à leur église, et de faire le chemin inverse pour leur retour .

Organisation fiscale de Villeneuve sous la royauté
    Avant la Première République, les habitants de chaque paroisse, dont celle de Villeneuve se réunissaient en assemblée pour nommer un ou deux Syndics selon l'importance de son peuplement. C'étaient ces Syndics qui avaient la responsabilité de faire entrer les impôts.
    Pour se donner les moyens d'exécuter cette tâche, cette même assemblée des paroissiens de Villeneuve  élisait plusieurs collecteurs qui définissaient la répartition des dits impôts et qui étaient chargés de les percevoir.
    A Villeneuve, le Syndics et son greffier touchaient 3 deniers pour leurs fonctions et un sou par Livre d'impôt perçue.
    Les Collecteurs exerçaient leurs tâches moyennant une rémunération de 6 deniers plus un sou par Livre d'impôt collectée.

A Villeneuve comme dans chaque paroisse du Berry, il existait un débit de sel où il devait être obligatoirement acheté par ses habitants 1 minot et boisseaux de sel par an pour 14 personnes.
Pour donner une idée du poids de cet impôt sur la population il faut savoir que le minot de sel coûtait en 1689, 42 Livres ; en 1697, 46 Livres.

Villeneuve possédait un fermier général (perception des impôts royaux)
    Sur la seigneurie de Villeneuve existaient :
        -    le droit de traverse du bétail ;
        -    le droit de pêche sur les deux rives du Cher et tout autre cours d'eau coulant sur ses terres ;
        -    le droit de Boutage de 2 sol par pinte de vin .

Enfin tous les paroissiens de Villeneuve étaient soumis aux corvées seigneuriales :
    -    de fauchage à raison d'une journée dans les près du seigneur ;
    -    de journalier, à raison d'une journée en période de fenaison et d'une autre journée en période de vendanges ;
    -    de laboureur à raison d'une journée de voiturage en période de fenaison et une autre journée de voiturage en période de vendanges.
 


Villeneuve républicaine



    A Villeneuve, les registres paroissiaux d'état civil remontaient à 1636 et le registre des délibérations des premiers Conseils Municipaux datait de Ventôse (entre le 15 février et le 1er mars) de l'An II (1793 - 1794). Ces documents furent perdus en partie, lors d'un incendie qui eut lieu un peu avant 1909 . Cet événement explique les lacunes qu'on rencontre lors de l'exploration de cette période de l'histoire du village et de la Commune.
Vente aux enchères des biens confisqués au clergé de Villeneuve et devenus Biens Nationaux.
    Adjudication des biens du clergé sur la commune de Villeneuve se déroula du 20 décembre 1791 au 18 fructidor de l'an IV (4septembre 1796) :
        -    Le presbytère et son enclos, plus le fond de cure d'une contenance de 16 arpents  de Bois furent acheté par le curé citoyen  Jean Vitass en 1791.
        -    13 arpents de bois et 60 boisselées  de terres furent adjugés à « La Fabrique » ? 
        -    Le domaine de la Lande et une locature à Villeneuve furent adjugés aux Dames de la Visitations de Bourges.
        -    600 boisselées  de terre et 14 arpents de bois, furent adjugés au Séminaire de Bourges.
        -    2 mouhées  et 8 boisselées de terre et 300 arpents de bois furent adjugés au chapitre Saint Etienne de Bourges.
        -    Enfin, 14 arpents de Bois furent adjugés aux religieuses de Saint François de Bourges.

Installation et fonctionnement du Conseil Municipale de Villeneuve.
    Les premiers magistrats municipaux républicains de Villeneuve, appelés « Agent Municipal » furent élus en Thermidor de l'An II de la République (Juillet 1784) pour un mandat de 2 ans avec la possibilité de rééligibilité par les citoyens actifs de Villeneuve qui payaient l'impôt égal ou supérieur à 3 journées de travail.
    Pour être candidat à ces premières élections municipales, il fallait payer un impôt au moins égal à 10 journées de travail.
    Le 5 fructidor de l'An III de la République, furent instituées les Municipalités Cantonales. Villeneuve dut alors élire un Agent municipale qui siégera à la municipalité cantonale comme représentant de sa commune. Il sera sous la seule autorité du Président de la Municipalité Cantonale. Cette Municipalité Cantonale désignera pour la commune de Villeneuve un Officier Municipal garant de l'application des dispositions de la Constitution.
 Ainsi :
    -    en juillet 1784 (Thermidor de l'An II) Monsieur Fournier fut élu premier Agent Municipal de la Commune de Villeneuve.
    -    Le 22 août 1785 (5 fructidor de l'An III), Monsieur François Bauchard fut élu Agent Municipal et Agent  à la Municipalité cantonale.
    -    Monsieur Hyppolite Blin fut nommé Officier Municipal de l'Etat Civil à Villeneuve.

La loi du 17 février 1800, remplace l'appellation d'Agent Municipal par celle de Maire.
Ainsi :
    -    An IV (1796), Monsieur François Besland fut élu Maire,
    -    An V (1797), Mr François Bouchard fut élu Maire.

    Une des lacunes évoquées précédemment, consécutive à l'incendie du registre municipal, ne permet pas de connaître les dates et noms des Maires de Villeneuve de 1798 à 1815).

    Dès le 13 décembre 1799, le Maire ne fut plus élu mais nommé pour 3 ans par le pouvoir exécutif (Préfet) et les Conseillers Municipaux furent choisis sur « une liste de confiance » ou de notabilité établie par élections.
    A partir du 22 janvier 1801, le Maire administra seul la commune, les Conseillers n'eurent qu'un rôle consultatif seulement quand le Maire le jugeait utile.
    A partir de septembre 1802, les conseillers furent choisis pour 10 ans. Le Maire et ses Adjoints furent nommés pour 5 ans. Cette procédure durera jusqu'en février 1871, sauf un petit intermède entre juillet 1848 et 1851 ou le Maire fut de nouveau élu.
Ainsi  :
    -    De 1815 à 1848, Mr Philippe Semard fut nommé Maire par le pouvoir exécutif.
    -    Du 27 août 1848 au 18 octobre1852, Mr Léon Girard fut élu Maire.
    -    Du 18 octobre 1852 au 12 août 1855, Mr Hyppolite Blin fut nommé Maire par le pouvoir exécutif.
    -    Du 12 août 1855 au 17 juillet 1856, Mr Philippe Semard fut nommé Maire par le pouvoir exécutif.
    -    Du 17 juillet1856 au 20 mai 1870, Mr Louis Charles Moreau des Breux fut nommé Maire par le pouvoir exécutif.
    -    Du 1870 à 1871, Mr Germain Chirade fut nommé Maire par le pouvoir exécutif.

E
n 1871, le Maire fut élu par le Conseil Municipal.
Ainsi :
    -    De 1871 au 20 mai 1888, Mr Louis Charles Moreau des Breux, fut élu Maire  par le Conseil Municipal.
    -    Du 20 mai 1888 au 15 mai 1892, Mr Paul Girard fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 15 mai 1892 au 6 novembre 1916, Mr Paul Girard, fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 6 novembre 1916 au 6 novembre 1932, Mr André Royon Varennes fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 6 novembre 1932 au16 février 1945, Mr Gustave Goin fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du16 février 1945 au 26 novembre 1945, Mr Georges Bougault fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 26 novembre 1945 au 24 octobre 1947, Mr Marcel Tourneziot fut élu  Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 24 octobre 1947 au 5 avril 1959, Mr Abel Dupont fut élu  Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 5 avril1959 au 20 mars 1971,  Mme Odette de Gouvion Saint Cyr fut élue Mairesse par le Conseil Municipal.
    -    Du 20 mars 1971 au 20 mars 1977, Mr Pétrus Bélicard fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 20 mars 1977 au 13 mars 1983, Mr Jean Pierre Poincelet fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 13 mars 1983 au 24 mars 1989, Mr Claude Orvelin fut élu  Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 24 mars 1989 au 11 juin 1995, Mr Claude Orvelin fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 11 juin 1995 jusqu'en mars 2001, Mr Jean Pierre Poincelet fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    De mars 2001 à mars 2008, Mr Roger Boucher fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    De mars 2008 à octobre 2008, Mr Francis Ledys fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 15 décembre 2008 à aujourd'hui, Mr Michel Herault fut élu Maire par le Conseil Municipal.


Villeneuve et ses écoles
    - En 1797, Monsieur François Besland était instituteur communal il cumulait cette activité éducative avec la fonction d'Officier Municipal de l'Etat Civil.
    - En 1845, le premier instituteur de l'enseignement primaire fut Monsieur Bierge.
    - En 1872, l'école communale de Villeneuve cessa d'être mixte. De ce fait, ce furent les sœurs de Saint François de Bourges qui assumèrent l'éducation des filles.
    - En 1909, il existait à Villeneuve une école primaire pour les filles et pour les garçons, mais il se maintiendra une école privée de filles.



Villeneuve  et ses légendes, croyances et traditions populaires




La légende de « la Pierre de la Roche »
    On prétend que celui qui n'a jamais manqué un office du dimanche et qui sera présent devant l'allée couverte de la Pierre de la Roche au moment, où le curé de Villeneuve, au milieu du service, frappera à la porte de l'église, verra se lever une des dalles de pierre de l'allée couverte pour livrer un trésor. (La difficulté insurmontable pour tout candidat à la découverte du trésor, c'est que l'allée couverte de « La Pierre de la Roche se trouve au moins à deux kilomètres et demi de l'église et que pour y être au moment où le curé frappe à la porte, on est obligé d'être absent de l'office dominical.).
 
Les légendes des trésors
On prétend qu'il y a un trésor à l'endroit ou était jadis bâtie la forteresse de « La Tour de Bor ». Un autre existerait à l'endroit où s'élevait « Le Vieux Château ».Un troisième serait caché dans le souterrain qui part du pigeonnier de « Galifard ».

La croyance en l'existence du loup garou
    La légende populaire raconte que certains firent commerce de leurs âmes avec un loup garou qui n'était autre que le diable, dans le bois de La Chaume aux Lièvres entre Villeneuve et Saint Florent.
Une autre légende raconte qu'un loup garou vola le petit enfant d'une femme venu dans le bois de La Chaume aux Lièvres pour y ramasser du bois mort. L'enfant que la maman avait déposé au pied d'une grosse pierre, le temps de son ouvrage, avait disparu lorsque celle-ci s'en revint le chercher. Cette mère éplorée revint tous les jours rechercher son enfant et pleurer sur le malheur que le sort lui affligeait. Tout une année passa ainsi pour cette mère, dans les larmes et les aller et retour du bois de la Chaume. Puis un jour en arrivant comme de coutume devant la grosse pierre, elle trouva là endormi son enfant qui n'avait point pris d'âge enveloppé dans les vêtements tous propres qu'elle lui avait mis il y avait un ans. Le Loup garou avait-il eu pitié de cette mère ?

La croyance  en « La chasse à Ribaud »
    La légende populaire affirme qu'on entend passer certaines nuits, dans des bruits épouvantables et des cris d'angoisses insoutenables, une chasse ou des démons poursuivrent des âmes errantes qui ont besoin de prières pour trouver le repos éternel.

La croyance en l'existence des « Dames Blanches »
    Certains du pays, affirment avoir vu des Dames tout de blanc vêtues se promener sur les chemins des environs.

Croyance en l'existence des sorciers « jeteux de sorts » et « Passeur de secrets »
    Un jour, au village de Villeneuve, une femme cabaretière refusa de servir un mendiant. Quelque temps plus tard, le corps de la cabaretière fut infesté de mille insectes de toutes sortes qui se mirent à la morde et à la piquer sur tout le corps. Malgré ses efforts à se débarrasser de cette vermine qui ne lui laissait guère de paix, elle n'y parvint pas jusqu'au jour ou elle croisa le chemin d'un « Passeur de secrets » qui  comprit que le mendiant éconduit par cette femme, n'était autre qu'un sorcier qui lui avait jeté un sort. Aussitôt, il retourna ce sort vers celui qui l'avait jeté non sans lui avoir donné dix fois plus de force. Lorsque le sortilège toucha le sorcier mendiant, la cabaretière se sentit immédiatement soulagée de ses tourments.

Recette d'envoûtement
    Jadis, en ce pays, pour se défaire d'un ennemi, on faisait sécher un cœur de bœuf dans la cheminée en l'ayant préalablement piqué de 32 épingles. Ainsi l'ennemi dépérissait à mesure que le cœur de bœuf séchait et finissait par mourir.
 
Tradition populaire
    A Villeneuve, il y eu une confrérie très très ancienne dont le patron était Saint Fiacre. Cette confrérie était la gardienne d'une tradition populaire qui voulait que Saint Fiacre fût capable de guérir tous les enfants du pays de leurs coliques.
    Le jour de la fête de ce Saint (le 30 août), on ornait sa statue de fruits de tous genres et de toutes espèces avant de lui présenter les rejetons souffrants de maux de ventre.
    Pour prévenir de ces désagrégements de santé les enfants bien-portants, on apportait au pied de la statue du Saint, les chemises de ces mêmes enfants afin qu'elles fussent bénies pour écarter ainsi d'eux, tous ces maux.
    Et pour remercier Saint Fiacre de ses bienfaits, les habitants de Villeneuve et de ses alentours, s'assemblaient pour de grandes réjouissances  le dimanche qui suivait sa fête.


Bibliographie
AAC –CEA : AAC-CEA 91191 Gif sur Yvette. Article du 1janvier 2007.
BELICARD. (Pétrus.). : Cahier relatant les événements historiques et populaires connus de Villeneuve. Archives Mairie de Villeneuve.
BERARD. ( ). : «  Annales de géographie ». Volume 4, article 17.
BUHOT de KERSER. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher ». Edition le livre d'histoire, Paris 1996.
CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Saint-Florent-sur-Cher et ses environs » Editions : Res Universis - Collection : Monographies Des Villes Et Villages De France (1911-1912 réédition de 1991).
CHAZAUD. (A M.). : « Cartulaire de Saint Ursin ». Fol I aujourd'hui détruit in « Étude sur la chronologie des sires de Bourbon, Xe-XIIIe siècles ». Éditeur Impr. de C. Desrosiers, 1865.
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GUIGNARD. (Romain.). : « Issoudun des origines à 1850 » Edition Arts et Loisirs. Issoudun 1995.
GUYOT. (Joseph Nicolas.). : « Répertoire universel et raisonné de jurisprudence civile et criminel, canonique et bénéficiale ». en II volumes. Editions Visse. Paris 1784.
JOHANNOT. (René.). « Livre de l'histoire des terres de Plou » Atelier Sant Johan, Brouillamnon Plou 2008
JOHANNOT. (René.). : «  Les événements de tous les jours au château et sur le marquisat de Castelnau sous le gouvernement du marquis Charles Joseph Patissier de Bussy-Castelnau » Atelier Sant Johan Brouillamnon Plou novembre 2008.
MORANVLLE. (Henri.). : « Texte Latin de la chronique abrégée de Guillaume de Nangis ». Bibliothèque de l'Ecole des Chartes. 1890
NANGIS. De (Guillaume.). : « Récit sur les Pastoureaux » Chroniques de Saint Denis. Bibliothèque Nationale
NARCI. (Mr.). « La tour de Bor ». Mémoire de la Société Historique du Cher. 4ème série volume 7.
RAYNAL. (Louis Hector Chaudrude) « Histoire du Berry : Depuis les temps les plus anciens à 1789 » Volume II. Edition Librairie de Vermeil. 1844.
ROUSSEAU. (Emmanuel.). et DESIRE dit GOSSET. (Gille.). : « Le Traité de Gaillon  (1196) ». Édition critique et traduction. Archives départementales de la Manche. Saint Lô 2002.
RUAS. (Marie Pierre.). : « Science de la vie et archéologie » compte rendu de la 5ème séance du 5ème colloque de l'Association d'étude du monde rural gallo-romain. Editer dans le bulletin de liaison N° 10 de décembre 2000.
THAUMAS de la THAUMASSIERE. (Gaspard.). « Histoire de Berry » Edition de 1689.
















Derniers commentaires   

Posté le 2011-10-28 09:37:01 par santjohan
santjohanBonjour Fred ! Si vous souhaitez plus d’information sur l’histoire du village de Villeneuve sur Cher, reprenez contact avec moi par Santjohan18@gmail.com A bientôt, Sant Johan

Posté le 2011-10-25 19:12:33 par Fred
C'est vraiment très intéressant. Merci beaucoup pour cette page d'histoire car je trouve qu'il est fait que peu de cas de l'histoire de Villeneuve sur le web. A tout hasard, savez-vous quelles étaient les armoiries des de Villeneuve ?

Posté le 2011-01-30 19:03:55 par vicing
Je suis tombé par hasard sur votre site. Etant passionné d'histoire , j'ai appris énormement de choses sur mon village que j'habite depuis ma naissance. Merci à vous.