Histoire du village de Villeneuve sur Cher

 

 

 

 

 

HISTOIRE DE Villeneuve sur Cher

Village du Berry

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"Atelier Sant Johan". Brouillamnon Plou. "Les cahier de Sant Johan".
cahier écrit par René Johannot le 24 octobre 2009, publié sur ce site le26 septembre 2010.


Histoire de Villeneuve sur Cher, village du Berry
Des origines à la fin du 19ème siècle

 


Généralités

    La commune de Villeneuve sur Cher à une superficie de 2533,5 hectares. Son sol est argilo calcaire auquel parfois vient se joindre des incrustations siliceuses. La plaine, où coule le Cher, est composée en majorité d'alluvions fertiles.
    La commune est traversée par une rivière « Le Cher » et par un ruisseau qui se jette dans cette dernière. Ce ruisseau intermittent, appelé « La Margelle », prend sa source sur la commune de Morthomiers.
    Depuis 1886, la rivière Cher est franchie par la route départementale n° 16 à la sortie Ouest du bourg de Villeneuve, au moyen d'un pont qui l'enjambe sur 75 mètres.
    Une source d'eau, qui, il n'y a pas si longtemps, était de grande pureté, jaillit en un lieu appelé « Fontaine Claire » qui se situe au Nord Est de la commune. A la Rairie, se trouve une source intermittente qui apparaît les années pluvieuses à intervalles très grands.
    Enfin, l'altitude la plus haute est de 158,70 mètres à la limite Sud Est de la commune ; et la moins élevée est de 118,06 mètres sur le chemin du Petit Breuil. Le bourg se situe lui, à une altitude de 125 mètres.

Le village de Villeneuve qui donne son nom à la commune se situe un peu près au centre de son territoire. Au Sud Ouest de la commune, se trouve le hameau de Châtillon qui tend aujourd'hui, vers une extension de son habitat.



Lieux d'habitat : 
    -    Rive droite :
                    o    Châtillon, Jarroy, la Rairie, le Vieux Château, Moulin Neuf, Galifard, Bouret, Plotard, Turlubin.
    -    Rive Gauche :
                    o    le bourg de Villeneuve, le Château de Villeneuve, la Madeleine, la Lande, Fontaine Claire, le Grand Bail, les Breux, les Hâtes.


Les terres de Villeneuve durant la préhistoire
    Le vestige le plus ancien, témoin du passé des terres qui forment la commune de Villeneuve, est une dent de Mammouth trouvée lors des fouilles de la villa romaine du champ de L'Ardillère. Cette dent est aujourd'hui exposée au musée de Bourges .
 
Les terres de Villeneuve au néolithique
    Le néolithique -qui a vu les migrations d'hommes venus d'Europe centrale et d'Europe du nord- a diffusé sur les territoires qui forment de nos jours la commune de Villeneuve sur Cher, l'industrie lithique Tardenoisienne et la culture céramique de Cerny.
    C'est incontestablement l'allée couverte dite « Pierre de la Roche »   au lieu dit « Les Parneaux » sous laquelle fut découvert bon nombre d'ossements humains qui témoigne prioritairement de ce peuplement.
Mais pour être complet, on se doit d'ajouter à ce témoignage, une pierre dressée de forme trapézoïdale d'environ deux mètres de hauteur de 1,20 mètre de large à sa base, qui était appelée « La Pierre qui Danse ». A l'origine ce menhir était implanté à environ 2 kilomètres au Nord du bourg actuel dans « les bois de La Lande ». Puis il fut transplanté dans un champ près de l'actuel cimetière qui se situe à 5 mètres au Sud du chemin qui va de Villeneuve à Morthomiers. Il était  encore visible, à la fin du 19ème siècle, à cet endroit.
 
    Les terres de Villeneuve durant les périodes des migrations celtiques et de l'établissement des peuples gaulois
    Comme dans toute cette partie du Berry, il y eut quatre vagues migratoires d'ethnies celtiques qui sont venues peupler les territoires qui forment aujourd'hui la commune de Villeneuve.
    Les premiers Celtes de race Indo-européenne qui arrivèrent vers 1300 ans avant J.C., et qui se nommaient « Galls », durent partager ces terres avec les hommes du néolithique qui, nous venons de le voir, nous ont laissé une emprunte monumentale de leur civilisation.
    Puis, vers 650 avant J.C., ces Galls et les descendants du peuplement néolithique, durent à leur tour partager ce territoire avec d'autres Celtes, les « Kimris » qui constituaient la deuxième vague migratoire.
Après une résistance d'usage, les Galls et les Kimris arrivèrent à vivre ensemble et formèrent le peuple des « Gallo-Kimris » qui sera progressivement appelé « Les Gaulois » d'où émergera la nation des « Bituriges Cubi ».
    Enfin, vers 350 avant J.C. ce seront les Celtes « Kimris Belges » - en deux vagues espacées de deux années- qui vont déferler sur la Gaule. D'abord maintenus au nord, progressivement la pression guerrière que vont exercer les Kimris Belges sur les Gaulois Gallo-Kimris aboutira à leur intégration sur tout le territoire de la Gaule. Ainsi se formera le grand peuple des « Gaulois » qui comprendra 62 nations :
-    Les Galls en auront 22 ;
-    Les Gallo-Kimris en compteront 17 ;
-    Les Kimris Belges en comprendront 23
    Les territoires occupés alors par ces nations vont ainsi former « la Gaule ».
    On trouve le témoignage de la présence de ces peuples celtes :
-    A « Prunay », près de « Morthomiers », où furent découverts deux tumulus. Sous le premier formé de pierres sèches, plusieurs sépultures celtes gauloises où les squelettes étaient entourés de moellon formant des sortes de cercueils. Avec ces ossements, furent découverts des bracelets et bagues de bronze. Mieux encore, et d'une richesse archéologique inestimable, au centre de ce tumulus, fut découvert un autre squelette de grande dimension ayant près de lui une aiguière de bronze ou « œnochoé »   

     Ce vase fut reconnu comme d'origine étrusque attestant les flux migratoires venant d'Europe du centre  et d'Asie occidentale via le Nord de l'Italie. A 700 mètres au Nord, un second tumulus fut mis à jour au centre duquel fut trouvé des sépultures entourées d'objets et de bijoux . (voir plan )
-    A « Saint Ambroix », près de « Peluées » aujourd'hui « Les Pluies », où une habitation souterraine gauloise fut découverte en 1882 par le docteur Pineau et où furent recueillis des fragments de poterie.
-    A « Arneuse » devenues aujourd'hui  « Renaize », sur la rive gauche de l'Arnon, entre Saint Ambroix et Saugy.

Les terres de Villeneuve pendant les périodes romaines et gallo romaines
    Les terres qui forment la commune de Villeneuve sur Cher ont vu les présences romaines et gallo-romaines. Ceci n'est guère étonnant car de tout temps cet endroit fut un lieu de passage à gué du Cher. Ce gué résulte, même encore aujourd'hui, de la configuration du lit de la rivière qui, en aval, présente une bosse géologique. Cette élévation du fond du lit, bloque les alluvions pour les faire apparaître à fleur d'eau   (sauf pendant les crues).
    Ces présences romaines puis gallo-romaines sont attestées par les vestiges :
-    d'un Vicus (site d'implantation de plusieurs habitats romains ou gallo romains).
-    D'une Villœ (Villa romaine ou gallo romaine).
Le Vicus
    Le Vicus se situe au lieudit « Les Sables », desservit par un chemin de terre qui longe la rive droite du cher en direction nord ouest. C'était un habitat domestique qui fut implanté à la fin du premier siècle après J.C. Cet habitat comporte une dizaine de bâtiments. Lors des fouilles de ce site, il fut trouvé des céramiques dont les plus anciennes datent de l'époque flavienne ; c'est à dire entre 69 et 96 après J.C. Il y fut aussi découvert des traces d'un artisanat métallurgique ou fut fabriqué et travaillé le bronze. Une amphore, identifiée comme venant de Châteaumeillant, fut également retrouvée sur ce site, elle témoigne de ce fait, d'une activité commerciale. N'oublions pas qu'à cette époque reculée,  la rivière Cher était navigable et que la voie romaine Avaricum Argentomagus passait tout près.
Le Vicus Les Sables fut sans doute le lieu originel de l'implantation humaine sur les terres de Villeneuve. Peut-être y avait-il avant, sur ce même lieu, un habitat gaulois ; mais rien n'atteste cette hypothèse. Ce lieu fut abandonné par ses habitants vers le début du 11ème  siècle pour donner naissance au bourg actuel.
La Villœ
    Cette Villa est implantée dans un champ qui, à la fin du 19ème siècle, s'appelait « Le Champ de l'Ardillère » et qui dépendait de la ferme de « La Moutière » située à gauche sur la route qui mène à La Chapelle Saint Ursin. Ce champ était à 300 mètre environ, au Nord Est du bourg de Villeneuve  . Les fouilles de cette villa -qui eurent lieu en 1867-68- firent l'objet d'un mémoire de la Société des Antiquaires du Centre  .
La description que nous fait Monsieur Buhot de Kersers de cet édifice , laisse supposer que cet habitat était d'une certaine importance car il était chauffé par un système de chauffage par le sol appelé « hypocauste ».
    L'exploration de ces vestiges a permis de retrouver les petits piliers carrés de brique de 0,20 m de côté, espacés d'environ 0,30 m et d'une hauteur de 0,70 m ; ainsi que les dalles d'environ 0,40 m qui posées sur les pilier assuraient l'assise du sol de l'habitation. (voir ci-contre le schéma d'un hypocauste ).
    Malheureusement, les fouilles sur ce site n'ont été que partielles. L'endroit du foyer (le praefurnium), composé généralement d'une chambre voûtée sans cheminée, pourvue une ouverture extérieure pour l'allumage et l'entretien du feu de bois, a été approximativement localisé, mais n'a pas été déblayé.
    Cette Villa, qu'on ne retrouve pas nommée en tant que telle, dans les textes latins, fut sans aucun doute, avec Le Vicus Les Sables, les deux implantations humaines qui ont donné naissance au village actuel.
    Quand à savoir si c'est à cette Villa -que Monsieur Buhot de Kersers et Monsieur Quartier de Saint René nomment « Villanova super carum »- que l'on doit le nominatif de Villeneuve, c'est une autre histoire !
    En général, une villa romaine ou gallo-romaine, était une entité agricole qui vivait en autarcie. Une partie de ses bâtiments était consacrée au logement de son propriétaire. L'autre partie était-elle, destinée aux logements des esclaves qui travaillaient les terres, aux abris nécessaires à l'exploitation et aux installations d'un four, d'une forge, d'une meule à grain, voire d'un pressoir. De telles implantions agricoles n'avaient donc rien de très « neuf » car depuis longtemps elles parsemaient les campagnes romaines. En Gaule, elles furent très souvent, les premières implantations humaines sur des terres vierges. Quand cela n'était pas le cas, on les trouvait cohabitant dans la proximité immédiate d'un habitat gaulois. D'autre part, il semble que les seuls habitats humains portant le nom de Villeneuve (en tant que ville neuve ou nouvelle), que nous connaissons dans l'antiquité, furent fondés avant l'empire de Rome par les Phéniciens sur le pourtour sud et ouest de la Méditerranée  (Afrique du nord, Espagne). Cette réalité historique nous éloigne de l'attribution du nom  de Villanova à  la villa du champ de l'Ardillère.
    Enfin, si on s'en tient au bon sens qui veut : qu'avant qu'il y est du neuf il faut qu'il y ait eu du vieux, (ce qui n'était pas le cas de cette Villa). Et que ce n'est pas parce que une nomination est latine, qu'elle est obligatoirement d'origine romaine. On se doit d'admettre qu'il semble y avoir beaucoup de présomptions pour que notre Villeneuve sur Cher ne tienne pas son nom de la villa romaine qui se trouve sur son territoire.
    Une autre hypothèse semble pouvoir être avancée. C'est celle d'un nominatif d'origine médiévale qui pourrait remonter au temps où fut effectué, vers le début du11ème siècle, le premier essartage au pied de la colline sur laquelle se situe la Villa romaine,  sur la rive droite du Cher, à l'endroit de son passage à gué.
    Ce fut très certainement à cet endroit fraîchement défricher que vit le jour un  village neuf qui prit le nom de Villeneuve et qui fut à l'origine de l'abandon, par ses habitants du Vicus « Les Sables » plus en aval.
    La nomination latine que nous lui connaissons, à savoir « Villanova super Cherum » et non « Villanova Carum » comme l'indiquent Messieurs Quartier de Saint René et Buhot de Kersers , est issue d'un acte en latin rédigé par le roi Richard d'Angleterre, destiné au roi Philippe Auguste, écrit après leur rencontre en mai 1195 en un lieu qui se situait entre Issoudun et Chârost .

(ci-contre, dessin de René Johannot, 2009)

La paroisse de Villeneuve
     


    La paroisse de Villeneuve s'étend de part et d'autre des eaux du Cher sur deux seigneuries et un marquisat : Les seigneuries furent celle de Villeneuve bien sur, qui occupait les terres de la rive droite de la rivière, et celle de Chârost qui comprenait les terres qui se situent sur la rive gauche. Le Marquisat était celui Castelnau qui à partir de 1709 engloba le fief de Plotard.
    A quelle époque fut créée la paroisse de Villeneuve ?
    Aucun écrit nous renseigne sur cette interrogation, néanmoins, il peut être raisonnablement pensé que la christianisation des terres  situées autour de la Villa-romaine puis gallo-romaine et autour de l'habitat « Les Sables », fut réalisée lors ou après la venue en Berry de Saint Ursin, que l'on situe entre les années 250, 300  . Cette datation est conforme aux propos d'Isabelle Fauduet,  qui situent plus généralement cette christianisation au 3ème  siècle .
    La paroisse de Villeneuve était, nous renseigne Monsieur Buhot de Kersers, dans le giron du Chapitre de Saint Ursin qui fut rétabli en 1012 en la présence de « Archembaud » prince de Bourbon et de « Eude » prince de Déols . On peut donc en déduire que cette paroisse existait déjà au moins à cette date.
    L'église de Villeneuve qui est sous le vocable de Saint Pierre, ne nous apporte que très peu de renseignement sur les origines de la paroisse. Pour certains, sa construction daterait de 10ème siècle, pour d'autres elle serait du 12ème.
    L'observation attentive du monument nous montre un portail roman plutôt harmonieux qui voudrait en quelque sorte, attester du style architectural de tout le bâtiment. Mais nous savons que ce monument fut plusieurs fois détruit puis reconstruit pour être entièrement modifié en 1869  et que le portail d'entrée et le clocher actuel étaient à l'origine à la place de l'ancienne abside ; et qu'à la place de l'actuelle abside, se situait autrefois le portail d'entrée car le clocher devait se situer au dessus de la nef actuelle. En outre,  rien n'indique que ce furent les pierres du porche originel et cintres des ouvertures qui furent utilisées pour la construction du porche actuel et des cintres actuels.
    Si ces matériaux furent ceux d'origine, alors ils valident la romanisation partielle de l'édifice en le datant du début du 12ème entre les années 1100 et 1150. Monsieur Cartier de Saint René qui l'examina en 1875 pense que l'église d'avant les travaux fut construite lors de la période de transition entre la fin de l'art roman et le début de l'art gothique. Son appréciation se base un pilastre encré au mur et qui présente un chapiteau dont la décoration statuaire pourrait bien avoir appartenu à la première église bâtie sur le site.

    Reste à savoir si cette église romano gothique fut ou non construite elle même sur des bases pré romanes. Si ce fut le cas, il est possible d'admettre que l'église primitive et la paroisse du lieu, puissent être datées aux alentours de l'an 1000, période des premiers essartages du haut Moyen Âge .
    Cette hypothèse nous semble être la bonne car une charte de 1079, du Chapitre Saint Ursin de Bourges mentionne que des seigneurs se sont appropriés des églises pour en jouir en tant que fiefs et en percevoir les revenus. Dans son contenu, cette charte les somment de restituer ces églises qu'elle nomme : il y a les églises de Vornay, d'Osmoy, de Fussy, de Saint Germain et de Villeneuve. Cette charte est signée par Richard II, 59ème archevêque de Bourges (1071 – 1093). Donc, l'église de Villeneuve existait avant ces dates.
    Monsieur Pétrus Bélicard qui fut maire de Villeneuve de 1971 à 1977, était convaincu que cette église fut élevée sous le règne du roi Robert soit entre 996 et 1031. Dans ses écrits, il décrit cette église primitive sans voûte, seulement recouverte d'une charpente apparente et il dit que la voûte n'aurait été faite que vers 1150. Nous lui devons aussi deux croquis descriptifs de cet édifice : 

L'un de l'église d'avant les travaux de 1869.                                                                                                                                                                            L'autre de celle qu'on peut encore voir aujourd'hui.
                                                                                                                                                               
     Autour de cette église flanquée de deux chapelles seigneuriales -l'une au nord attribuée aux seigneurs de Villeneuve, l'autre au sud, attribuée aux seigneurs de   Moulin Neuf- était implanté le cimetière. Ce n'est qu'en 1851 que ce cimetière fut transféré sur le chemin de Villeneuve à Morthomiers sur un terrain acheté à  Monsieur  Gourion de Saint Cyr.
    Dans le même ordre, la rue, qui passe aujourd'hui devant l'église et sa place en direction de Saint Florent Sur Cher, fut construit qu'en 1829 sous Charles Avant cette date, le chemin pour Saint Florent était plus à l'Ouest, longeant le Cher à sa boucle, puis passant un peu à l'Ouest de l'actuelle cour du château.
    Ce fut ce nouveau tracé du chemin qui induisit l'inversion de l'implantation de l'église pour qu'ainsi, le portail de l'édifice se situe directement sur la rue nouvelle.

L'Eglise de Villeneuve a possédé trois cloches :
-    La première nommée « Sancté Petri ora pro nobis » indiquant ainsi que Saint Pierre est patron de la paroisse.
-    La seconde appelée « Sancté Blaise ora pro nobis », indiquant que Saint Blaise était patron de la paroisse de Morthomiers dont l'église fut détruite à la Révolution. La paroisse de Morthomiers fut jointe à cette de Villeneuve après 1802 sous Napoléon 1er.
-    La troisième baptisée en 1734 du nom de « Marie Madeleine » et qui était depuis longtemps hors d'usage, était déposée au sol du clocher. Elle disparue de la paroisse vers 1957 pour être, soit disant, refondue et destinée à une église de mission. Gravé dans son bronze on y lisait :
 « J'AY ESTE FAITE PAR LES SOIN DE MESSIRE VINCENT SOVMARD DE VILLENEUVE & LALOEVF CONSEILLER DV ROY PRESIDAN TRESORIER DE FRANCE AV BVREAV DES FINANCES DE BOVRGES ET AY ESTE NOMMEE MARIE MADELAINE CHARLES VINCENT PAR MESSIRE CHARLES DE RIVIERES ECVYER SEIGNEUR DE RIFFARDEAV BELAIR ET AUTRES LIEVS & PAR DAME MARIE MAGDELAINE SOVMARD EPOUSE DU DIT SEIGNEUR DE VILLENEUVE EN L'AN 1734 ;
FAIT PAR MOY GOETT
A SAUMUR »
    Une de ces trois cloches, certainement le « Sancté Blaise » fut conduite à Bourges vers octobre 1793 pour être refondue en pièce d'artillerie pour la République en application de la loi du 23 juillet 1793.
    En 1793, l'église de Villeneuve sera aussi dépossédée de ses objets de culte au le profit de La République. Ainsi, un calice en vermeil, une patène, un ciboire, une custode et un soleil sans pied en argent prendront le chemin de l'hôtel des monnaies d'Orléans.
    Il semble bien que le chapitre de Saint Ursin de Bourges qui administrait depuis sa création, la paroisse de Villeneuve, ait, vers 1650,  rétrocédé cette administration à l'Abbaye de Saint Germain des Près à Paris. Car ce fut à l'abbé de saint Germain que  François de Cougny écuyer et seigneur de Moulin Neuf, demanda la permission de construire, accolée au cœur de l'église, la chapelle seigneuriale de Moulin Neuf. L'accord de l'abbé est daté du 22 mai 1654 sous la condition qu'une fois l'an, une messe soit donnée, en cette chapelle pour honorer Saint Germain évêque de Paris et une autre pour Saint Benoît.
    L'église de Villeneuve est aussi le lieu des sépultures de deux personnages qui furent importants :
  -    Etienne de Chevrier seigneur de Villeneuve, mort le jeudi 13 février 1620, dont voici l'épitaphe inscrite sur le mur de la nef :
     « CY GIST + DEFVNCT
       MESSIRE ESTIENNE + DE
       CHEVRIER VIVANT + SEIGNEVR DE
        LALANDE + ET + VILLENEUVE
        EN PARTYE PREMIER GENDARME DE LA COMPAGNIE
        DU ROY LEQUEL DECEDA
        LE JEUDI TREIZIESME DE
        FEBVRIER 1620
        PRIEZ DIEU POUR SON ÄME »   
-    et Messire Gérard de Brulaire prêtre et curé de Villeneuve qui décéda le 14 février 1702 , dont voici l'épitaphe écrite sur une dalle de la nef :
        « CY GIST      TRES
           HONNESTE      HOMME
          MESSIRE      GIRARD
          BRVLAIRE      EN SON
          VIVANT      PRESTRE
          CURE DE      VILLE
          NEVVE      LEQVEL
          DECEDA      LE 14
          FERVIER      1702.

          PRIER DIEU
      POUR SON ÄME »

    Voici énumérés les curés connus de la paroisse de Villeneuve :
- En 1510, Quantin. – En 1596, Duchesne. – En 1654, Lelièvre. – En 1656, Pipault. – De 1559 à 1669 Bouquin. – De 1670 à 1674, Macé. – De 1692 à 1702 Brulaire. – En 1711, Lebloy. – En 1736, Lelarge. – En 1756, Macary. – En 1767 Gabard. – En 1780, Bodin. – En1783, Servier. – De 1785 à 1791, Regnault. – En 1792, Degond curé assermenté, suivi de Ursin Richard lui aussi assermenté, suivi à son tour par  Jean Vitass qui acheta le presbytère pour son compte en 1791. – En 1802, Lecrec. – De 1828 à 1831, intérim assuré par le curé de Saint Florent sur Cher. – De 1834 à 1838, Demoulin. – De 1838 à 1862, Pommier. – De 1862 à 1863, Berthuel. – De 1863 à 1877, Renoir. – De 1877 à 1878, Rabatté. – De1878 à 1884, Ducroux. – De 1884 à 1903, Mallet.    

La seigneurie de Villeneuve


Histoire de La seigneurie de Villeneuve
    Le premier acte qui nous parle de la seigneurie de Villeneuve, en la désignant sous le nom de « Villanova super cherum » est un courrier de Richard Cœur de Lion roi d'Angleterre, destinée roi Philippe Auguste de France .
    Cette missive, qui expose les termes et conditions d'une paix entre les deux royaumes, fut écrite par Richard entre la rencontre des deux rois au « Gué d'Amour » près de Montierchaume, entre Issoudun et Châteauroux en mai 1195 et celle qui eut lieu entre Issoudun et Chârost en décembre 1195. De cette dernière entrevue, découlera le traité de paix dit de « Gaillon » qui sera signé entre les deux rois le 14 janvier 1196, en un lieu situé entre Gaillon et le Vaudreuil.
    Pour Thaumas de la Thaumassière, la première rencontre des  deux rois, se serait déroulée entre Issoudun et Châteauroux, au « Gué d'Amour » la veille de Saint Nicolas en mai 1195. Mais la description qu'il fait du lieu fait dire à Romain Guignard qu'il pourrait s'agir du « pont d'Amour » près de « Villerais » à la « Villa regum » dont parle le traité  en admettant que « Villa regum » se traduise par « Villa des roys » qui par extension deviendrait Ville ray puis de nos jours, Villerais.
    Quand à la seconde rencontre que l'on situe entre Issoudun et Chârost le 5 décembre 1195, il est bien difficile d'en situer le lieu exact.
    Les clauses de ce traité, qui réglaient la paix entre France et Angleterre, donnaient au roi Philippe les comtés de Vexin et d'Evreux ainsi que toutes les terres que possède le roi Richard en Auvergne. En contre partie, le Roi Richard recevait du roi Philippe les comtés d'Eu et d'Aumale, les terres que la guerre lui avait permis de conquérir ainsi que les seigneuries de Graçay et d'Issoudun  sauf, pour cette dernière, certaines seigneuries du Nord Est dont Villeneuve  que le roi de France se réservait, dans l'accord, la possibilité de fortifier. ( Si rex Francorum vellet firmare in Villanova super Cherum,firmare poterit.) (Si le roi de France voulait fortifier Villeneuve sur Cher, il le pourrait.)
    Dans cet écrit, Richard reconnaissait donc à Philippe, entre autre, le droit de fortifier Villeneuve qui se trouvait alors être sur la frontière entre le domaine royal de France du roi Philippe, en l'occurrence l'ancienne Neustrie, et l'Aquitaine d'obédience anglaise du roi Richard  .
L'a-t-il fait ?
    Nul ne le sait, car il n'existe pas de vestiges archéologiques qui pourraient témoigner d'une fortification construite en pierre. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'une telle fortification n'ait pas existé ; surtout si elle fut constituée comme nous en avons de nombreux exemples, de terre et de bois, qui le temps passant, ne laisse que très peu de traces de son existence passée .
    Si la construction de « La Tour » aussi nommée « La Grande Maison », qui remonte au 15ème  siècle, atteste d'un esprit de défense et de garde de ce lieu de passage du Cher ; Cette tour pourrait bien être aussi, le témoin d'une certaine continuité dans l'évolution du caractère défensif donné à ces lieux.
    Car autrement, pourquoi diable le roi Philippe aurait-il établi à Villeneuve une prévôté   ayant droits de justices haute, moyenne et basse, du ressort de la grosse Tour de Bourges ; si ce n'était pour défendre, contrôler, gérer et sanctionner, sur la rive droite du Cher, le franchissement de la frontière entre Neustrie et Aquitaine.
    Il n'y eut certainement pas à Villeneuve une enceinte fortifiée tout au tour du village, mais il y eut sûrement sur les bords du cher, donc à l'ouest,  des entraves à caractère militaire contrôlant le passage du gué.
    C'était le moins que pouvait faire le roi de France pour contrebalancer la  menace que pouvait représenter l'alignement -sur les pentes boisées de la rive gauche du Cher- de trois châteaux d'obédience Aquitaine : « Breuilhamenon », « Féroul » et « Font-Moreau ».. auxquels faut-il sans doute ajouter « Le Camp du Dureau » et « Le Vieux Château » Ces deux dernières défenses se situant pour la première en face du château du seigneur de Villeneuve ; pour la seconde, en face de la forteresse de Bor.
    Le lieu, que Monsieur Buhot de Kersers nomme « Le Camp du Dureau », semble, nous dit-il, avoir ses origines, soit à l'époque romaine, soit à celle du Moyen Âge. Ce Camp du Dureau, qui domine la vallée, est un fortin de terre dont l'agger  forment un carré d'environ 25 mètres de côté. En plus de ces talus de terre, au pied des côtés Nord, Sud et Ouest, est creusé un fossé d'environ 6 mètres de large.
    On aurait pu attribuer, sans le moindre doute  sa construction au romains si sa surface d'occupation avait été plus conséquente afin d'y cantonner au minimum une « centurie » (100 légionnaires plus 20 serviteurs) pour contrôler le passage du Cher. Hors, la surface occupée par le site (environ 600 m2) ne pouvait pas accueillir plus d'une « Contubernium » (10 légionnaires plus 2 serviteurs) ce qui semble dans ce cas, borner cette installation à un rôle de poste de guetteurs. Ce qui n'était guère dans les habitudes des armées romaines qui avaient leurs propres observateurs et espions au sein même des populations.
    Reste l'origine moyenâgeuse de cette installation défensive, là aussi un gros doute s'installe lorsqu'on envisage cette possibilité. Si le Camp du Dureau avait été établi par des soldats du Moyen Âge, la terre retirée des fossés Nord, Sud et Ouest, aurait formé une motte au centre de l'aire et non un agger.
    Toutefois, une troisième hypothèse qui semble répondre aux interrogations que pose ce fortin. Celle d'un camp normands ou Viking établi comme à l'habitude de ces guerriers nordiques sur une hauteur d'où ils peuvent surveiller la rivière et d'où ils partent pour leurs raids de pillages. C'est une hypothèse très plausible car on sait que les Vikings ont remontés le Cher, l'Arnon et l'Yèvre, qu'ils ont pillés Bourges par deux fois et qu'ils ont saccagé l'abbaye de Massé.
    Dans ce cas, ce fortin daterait des alentours de 857 et aurait pu être occupé par intermittence par les envahisseurs Vikings jusqu'en 867.
    Si on envisage cette troisième hypothèse, on se doit aussi d'admettre la possibilité – comme le sous-entend Monsieur Quartier de Saint René- que ce camp déserté par les Normands, ait servi plus tard de site de surveillance du passage de la rivière aux soldats aquitains du roi Richard Cœur de Lion.
    Reste à ajouter à cette ligne de bâtis défensifs aquitains sur le coteau de la rive gauche, « Le Vieux Château » aujourd'hui un habitat agricole où il y avait au Moyen Âge une construction fortifiée dont on distingue encore les fossés et la motte centrale. En ces lieux on a aussi retrouvé un très ancien four .
    Nous voyons bien que Villeneuve eut une position stratégique. Et que ce n'est pas pour rien que deux grands rois médiévaux faisant la paix, parlaient de ce village.
    L'importance de Villeneuve de tous temps, semble avoir été d'ordre commerciale dont le flux des échanges devait être protégé et défendu. Les vestiges et le mobilier retrouvés lors des fouilles du Vicus Les Sables attestent de l'existence ce courant d'échanges commerciaux qu'il fallait protéger.
    Reste à trouver un élément ou un fait historique qui attesterait que Villeneuve était un village bénéficiant d'une protection soldatesque.
    C'est en 1251, sous le règne de Saint Louis, que nous trouvons un fait historique qui atteste cette militarisation.
    A cette époque, en 1249, Saint Louis était en Egypte à la tête de la septième croisade. Le roi avait confié alors la régence du royaume à sa mère, La reine Blanche de Castille.
Il fut fait prisonnier à « Mansourah » en février 1250. Lorsque la nouvelle de sa capture   arriva à Paris, le fanatisme religieux et le patriotisme déclencha une ferveur populaire sans précédant.
Profitant de ce climat d'exaltation où tous voulaient sauver leur roi, un homme d'une soixantaine d'années, moine défroqué qui parlait le Français, l'Allemand et le latin se mit à vagabonder dans le royaume en prêchant au nom de la vierge Marie la délivrance du roi par le bon peuple car, disait-il, Dieu avait été offensé par l'orgueil des chevaliers Français lors des croisades précédentes.
    Le prêche de cet homme qui se faisait appeler « le Maître de Hongrie » ou encore « Job », donna naissance à la levée d'une armée de parias, de voleurs, d'excommuniés et de ribauds.  A cette frange se mélangèrent aussi des hommes et des femmes honnêtes qui avaient les seuls torts d'être naïfs et incrédules. S'ajoutèrent aussi à cette multitude, des mendiants et des enfants abandonnés.
    Aux dires de leur guide illuminé, tous ces gens étaient touchés par la grâce divine qui leur commandait d'aller délivrer le roi. Et ainsi, en retour de cette action de rédemption, ils seraient pardonnés de leurs méfaits, soustraient à la misère qui les accablait ou gageraient directement le paradis lorsque la mort les surprendrait.
La reine Blanche crut en l'honnêteté et en la chrétienté de ce mouvement qui se faisait appeler « Les Pastoureaux ». Elle était persuadée que leur chef allait vraiment mener cette multitude vers la terre sainte afin de délivrer son fils et ses compagnons.
    En 1251, cette troupe, armée jusqu'au dents de couteaux, d'épées, de haches, de faucilles, de fourches et bien d'autres ustensiles meurtriers, quitta Paris en direction du sud. Elle ravagea, au nom de Dieu,  toutes les provinces et tous les pays qu'elle traversa. Elle pilla Orléans en mai 1251, le jour de la Saint Barnabé, y massacrant bon nombre de gens y compris des ecclésiastiques.
    Elle dévasta la Sologne et tout le haut Berry fin mai début juin de cette même année, pour enfin se présenter devant les portes de Bourges dont elle demanda l'ouverture immédiate au nom des miracles que pouvait accomplir son guide. Malgré l'ordre de l'Archevêque de les tenir clauses, les portes furent ouvertes par les bourgeois de la ville qui crurent avidement pouvoir tirer profit des besoins d'une telle foule.
    Bourges n'était pas en capacité d'accueillir et de nourrir  toute cette troupe en haillons. Beaucoup de Pastoureaux s'installèrent alors dans les environs de la cité en pillant et volant pour ne pas dire plus, en se moquant outrageusement de ceux qui avaient cru faire du commerce avec les ribauds sans sous vaillants qu'ils étaient.
    Quand les habitants de Bourges prirent conscience que le Maître de Hongrie n'était autre qu'un imposteur, et que les soit disant miracles qu'il accomplissait n'étaient que mystifications, et qu'ils en eurent assez de se faire voler et de voir leurs femmes se faire déshonorer, ils s'insurgèrent violemment. Dans le feu des échauffourées qui suivirent, un boucher de la cité tua le Maître de Hongrie d'un coup de hache.
    La reine Blanche qui avait appris les crimes que les Pastoureaux avaient commis à Orléans avait obtenu du clergé une sentence d'excommunication envers tous ces criminels et assassins. Et des cavaliers chevauchaient dans tout le royaume pour en informer les cités et les campagnes. A Bourges, cette missive arriva en même temps que la hache du boucher tranchait la tête du Maître de Hongrie.
    Pris par la peur et la panique, les Pastoureaux,  poursuivis par le peuple berruyer en armes, fuirent de Bourges  et de ses environs immédiats. Le plus gros de cette troupe pris le chemin qui menait à La Chapelle Saint Ursin et au delà.
    Passée Morthomiers, l'avant garde des fuyards Pastoureaux se heurta aux défenses de Villeneuve qui contrôlait le passage du Cher. Bloqués et ne pouvant passer le gué sur le Cher, Les Pastoureaux furent rattrapés par les gens de Bourges et se firent massacrer dans un affrontement qui eut lieu entre les deux villages, un peu avant d'arriver à Villeneuve. Quelques rescapés de ce massacre, se dispersèrent dans les campagnes environnantes .
    Lors de travaux récents de voirie, des restes humains, dont un crâne furent découverts au bourg de Villeneuve. La datation de ce crâne -effectuée par d'imminents spécialistes à Paris- nous indique que l'homme auquel il appartenait vivait à cette époque.
    Cette histoire des Pastoureaux, représente un fait historique qui nous indique sans ambiguïté que Villeneuve possédait bien à cette époque une troupe de soldats capable d'assurer sa protection, et de mettre en déroute une bande de fuyards estimée à plusieurs centaines d'individus .
    Depuis le Moyen Âge, à partir de l'institution des parlements par le roi Philippe le Bel en 1252, Villeneuve devint un bailliage du ressort de Bourges.
Voici énumérés les Baillis connus :
- En 1579, Messire Martinet. - En1700, René Thébault.
- En 1737, François Dumont, qui y restera jusqu'en 1752.
- En 1768, Louis Bernard procureur au bailliage de Berry.
- De 1769 à 1782 François Dumont fils.
- De 1786 à 1788, Louis Toubeau de Maisonneuve avocat, juge du Présidial de Bourges .
 

Structuration féodale de la seigneurie de Villeneuve



    La seigneurie de Villeneuve comprenait sept fiefs : 
        - Six de noblesse d'épée :
                o    Le fief de « La Tour » ou de « La Grande Maison ».
                o    Le fief de « Galifard ».
                o    Le fief de « Plotard » et de « Champigny »
                o    Le fief de « Moulin Neuf ».
                o    Le fief de « La Tour de Bor » (aujourd'hui connu sous le nom de « Tour de Bau »).
                o    Le fief du « Vieux Château »
        -    Un de noblesse d'église :
                o    Le fief de « La Grange Borré » (aujourd'hui, « Bourré »).
Habitat seigneurial et les seigneurs connus de la seigneurie de Villeneuve.
    La demeure seigneuriale est implantée au Sud Ouest du bourg. Le rectangle qu'elle formait autrefois, touchait à la rive droit d'un bras de la rivière Cher qui jadis faisait tourner un Moulin adossé au pied même du mur d'enceinte.
    Le logis du seigneur occupait le côté Nord du château. Cette partie était percée par un passage voûté qui permettait d'accéder à la cour et au dessus duquel, se trouvaient les premières marches d'un escalier à vis. En 1885, ce grand bâtiment existait encore et avait au premier étage une grande salle de réception où trônait une ancienne cheminée. Les fenêtres qui éclairaient l'intérieur de la demeure sont du 16ème siècle et leurs ouvertures sont attribuées à la maison des « Chevrier » qui occupèrent les lieux de 1502 à 1609. La chapelle du château était adossée à la courtine Nord et date du 18ème siècle. Au dessus de sa porte on trouvait les armoiries de la maison des « Soumard » qui furent seigneurs de Villeneuve de 1732 à 1903.

    Maison seigneuriale des « de Villeneuve ».
        -    En 1117, Humbert de Villeneuve.
        -    En 1131, Guillaume de Villeneuve.

    Maison seigneuriale des » Barres »
        -    En 1219, Jean des Barres seigneur de Saint Florent sur Cher et de Lignières, fils de Guillaume II des Barres qui sauva le roi Philippe Auguste à la bataille de Bouvines en 1214 et petit fils de Guillaume I de Barres qui battit en tournoi, le roi Richard II d'Angleterre en 1191 à Messines .

    Maison seigneuriale des « Leroy »
        -    En 1278, Pierre Leroy acheta la seigneurie à Jean des Barres seigneur de La Guerche et de Saint Florent .
        -    Vers 1345, Gauthier Leroy, fils de Pierre précité, fut seigneur de Villeneuve.
        -    Guillaume Leroy fils de Gauthier précité, fut seigneur de Villeneuve.
        -    Jacques I Leroy, fils de Guillaume précité, fut seigneur de Villeneuve.
        -    Thierry Leroy, fils de Jacques I précité, époux de Jacquette Bastard, fut seigneur de Villeneuve.
        -    André Leroy, fils de Thierry précité, époux de N Gouges de Charpaigne,  fut seigneur de Villeneuve.
        -    Antoine Leroy, fils de André Leroy précité,  fut seigneur de Villeneuve.
        -    En 1477, Catherine Leroy, sœur de Antoine précité, épouse de Pierre Chevrier seigneur de Chouday, devint la Dame de Villeneuve.

    Maison seigneuriale des « Chevrier »
        -    En 1501, André Chevrier, fils de Catherine Leroy et de Pierre Chevrier précités, devient seigneur de Villeneuve.
        -    En 1545, Jean Chevrier, fils de André précité, devient seigneur de Villeneuve.
        -    En 1556, Louis Chevrier, fils de Jean précité, devient seigneur de Villeneuve.
        -    En 1579, Étienne de Chevrier, Christophe Chevrier son frère et Françoise Chevrier sa sœur, épouse d 'Etienne de la Marche, en furent les seigneurs jusqu'en 1609.

    Maison seigneuriale des « Chevrier de Roux »
        -    En 1609, Christophe de Chevrier lègue la seigneurie de Villeneuve à Jean du Roux sous condition qu'il porta le nom de Jean Christophe Chevrier du Roux. Il héritera de la seigneurie de Villeneuve en 1621              A cette époque une partie de la seigneurie de Villeneuve est octroyée à la famille Girard car au 18ème siècle on retrouve un Jean Girard et un Étienne Girard qui sont nommés aussi seigneurs de Villeneuve.
        -    En 1649, Pierre Chevrier du Roux, fils de Jean Christophe précité, devient seigneur de Villeneuve.
        -    En 1669, Barthelémi Chevrier du Roux, fils Pierre précité, devient seigneur de Villeneuve.
        -    En 1679, Paul Chevrier du Roux, fils de Barthelémi précité, devient seigneur de Villeneuve.

    Maison seigneuriale des « Baraton »
        -    En 1699, Pierre Baraton fut seigneur de Villeneuve .

    Maison seigneuriale des « Soumard »
        -    En 1732  Vincent Soumard fut seigneur de Villeneuve.
        -    En 1753, Claude Soumard, fils de Vincent précité, fut seigneur de Villeneuve.
        -    En 1772, René Soumard, fils de Claude précité, sera seigneur de Villeneuve jusqu'en 1792. Cette même année, René Soumard étant commissaire du roi au tribunal du district de Bourges et membre du
             Conseil général du Directoire du département fut, arrêté avec son épouse par les autorités. Ils furent tous deux relâchés en 1793. A partir de cette date, la famille Soumard restera en possession de la
             seigneurie de Villeneuve jusqu'en 1903, où elle sera vendue à Monsieur Aubrun originaire de Bourges

    Maison seigneuriale des « Couasnon Soumard »
        -    En 1885, Mr et Mme Couasnon née Soumard en sont propriétaires.


Le fief de « La Tour » ou de « La Grande Maison ».
    La demeure seigneuriale de ce fief est constituée d'une bâtisse, de base rectangulaire, aux murs épais qui date du 15ème siècle. Au niveau du sol,  se trouve un cellier. Au dessus de ce cellier, accessible par un perron, s'établit le rez-de-chaussée au dessus du quel s'élance deux étages. Ces trois niveaux communiquent au moyen d'un escalier en spirale situé à l'angle Nord. Les fenêtres de cette tour sont à appuis saillants et leurs tableaux sont chanfreinés. Le toit à deux versant est très pentu abrite un grenier qui servit de pigeonnier en 1680.
    Ce fief de la seigneurie de Villeneuve fut tenu en 1552 par « Pierre Ancel », secrétaire de la Reine et contrôleur des Aides. Ces deux charges d'Etat étaient jointes à la profession de marchand à Bourges.
Ce fief resta dans cette famille Ancel qui se trouva liée à celle des Frébaut, jusqu'en 1655.
En 1655, le fief de La Tour ou de La Grandes Maison fut vendu par Elisabeth Ancel aux Dames de la Visitation de Bourges.
En 1671, les Dames de la Visitation de Bourges mirent cette propriété en arrentement (jouissance d'un bien contre une rente annelle) au bénéfice de Paul Chevrier du Roux seigneur de Villeneuve.
 
Le fief de « Galifard ».
     La demeure seigneuriale de ce fief était constituée, encore en 1885 d'un ensemble de bâtiments que Monsieur Buhot de Kersers décrivait ainsi :
« Ce petit fief n'ayant pas subit de rénovation, a conservé son aspect ancien et un certain intérêt. La porte d'entrée voûtée de plein-cintre est surmontée d'un cartouche soutenu de rampants à volutes et couvert d'un fronton très bas ; près de cette porte est un puissant colombier rond. Des deux côtés de la cour sont des communs : au fond, à droite, un corps de logis à rez-de-chaussée élevé, éclairé de fenêtres à meneaux larges et courts, dont les appuis on pour moulure un tore.
    Une tour ronde, à l'angle interne, contient un escalier desservant un pavillon à premier étage, où se voient des cheminées à montants cannelés et rudentés du XVII e siècle. En face de l'entrée est un corps de logis à rez-de-chaussée, remanié et terminé par une tourelle sans intérêts. Ce petit manoir peut être attribué aux « Bouffet » ».

Ce fief de la seigneurie de Villeneuve appartint à :

    Maison seigneuriales des « Bochetel » 
        -    En 1537, Jacques Bochetel en fut le seigneur.
        -    En 1564, Gabrielle Guichard veuve de Jacques précité, fut Dame de Galifard.
    Maison seigneuriale des « Riglet »
        -    En 1580, Etienne Riglet fut seigneur de Galifard.
        -    En 1600, Etienne Riglet, maître des Eaux et Forêts de Bourges, fils du précédant, et Marie Riglet sa sœur, épouse de François Cougny, sont seigneur et Dame de Galifard.

    Retour de la maison seigneuriale des « Bochetel »
        -    En 1615, Pierre Bochetel, fils de Jacques Bochetel et de Gabrielle Guichard précités, fut seigneur de Galifard.

    Maison seigneuriale des « Dorssanne Bouffet »
        -    En 1647, Françoise Dorssanne, veuve de Jean Bouffet fut Dame de Galifard.
        -    En 1677, Gabriel Bouffet, fils de Françoise Dorssanne et de Jean Bouffet précités, fut seigneur de Galifard.

    Maison seigneuriale des « Lebeau »
        -    En 1688, Guillaume Lebeau fut seigneur de Galifard.

    Retour de la maison seigneuriale des « Bouffet »
        -    En 1717, Gabriel Bouffet (un autre) fut seigneur de Galifard.

Maison seigneuriale des « Gassot »
        -    Avant 1742, Pierre Gassot fut seigneur de Galifard
        -    En 1742, Gabriel Gassot de la Vienne fut seigneur de Galifard.
        -    En1789, Gabriel Gassot deuxième du nom fut seigneur de Galifard jusqu'en 1811
        -    En 1811, Charles Gassot de Champigny sera seigneur de Galifard.

  Propriété des « Girard »
        -    En 1832, Monsieur ? Girard devint propriétaire de Galifard
        -    En 1885, Léon Girard, fils du précédent, fut propriétaire de Galifard

Le fief de Plotard
    Il n'y a pas ou il n'y a plus pour ce fief de demeure seigneuriale proprement dite. Seule subsistent les restes d'une chapelle plein cintre où se trouvait encore en 1879 une statue de Sainte et une autre de Saint.
    Pour ce fief, il semble que très souvent ses propriétaires se confondaient avec ceux du fief Galifard :
        -    En 1385, on trouve Gauthier de Plotard comme maître des lieux
        -    En ? , Guillemette de Plotard, fille du précédant,  épouse de Pierre du Puy seigneur des Dames Saintes, échanson du roi Charles VI et du duc Jean de Berry, fut Dame de Plotard.
        -    En 1570, un nommé « Cathin » fut seigneur de Plotard.
        -    En 1688, Guillaume Lebeau, seigneur de Galifard, fut aussi seigneur de Plotard.
        -    Avant 1688, Jean de Sève fut seigneur de Plotard.
        -    En 1688, Claude de Sève, fille de Jean précité, veuve de Antoine Girard seigneur de Villetaneuse procureur général en la chambre des comptes, fut Dame de Plotard.
        -    Avant 1709, ce fief fut tenu par Claude Guill demeurant à Vierzon.
        -    En 1709, Charles Eléonore Aubry alors marquis de Castelnau et seigneur de Breuilhamenon acheta ce fief et le joint au marquisat.
        -    En 1720, ce fief étant inclus dans le marquisat de Castelnau, fut tenu par Gérard Aubry conjointement avec son père Charles Eléonore précité
            Il aura donc successivement comme propriétaires  :
                    o    De 1742 à 1755, Louis Jules Duvancel marquis de Castelnau.
                    o    De 1755 à 1785, Charles Joseph de Bussy marquis de Castelnau.
                    o    De 1785 à 1827, Charlotte Catherine Sophie de Bussy de Folleville marquise de Castelnau.
                    o    De 1827 à 1836, Amélie Musnier de Folleville de Boissy marquise de Castelnau, petite fille de la précédente.
 
Le fief de « Moulin Neuf ».
    La demeure seigneuriale qu'on voit aujourd'hui sur ces lieux et une habitation relativement récente qui date du temps de Léon Girard (1885).
    On peut cependant voir des vestiges d'une partie de l'ancestrale bâtisse,  en observant une vieille construction rectangulaire transformée en appartements mais qui d'antan, n'était autre que la chapelle. La corniche qu'on y  observe, est formée d'un quart de cylindre sur un mince bandeau. Cette forme de corniche, qu'on peut juger au premier abord toutefois assez banale, nous indique qu'elle est d'origine du 17ème siècle et qu'on peut ainsi l'attribuer à la maison des «  Cougny ».

    Ce fief de la seigneurie de Villeneuve appartint à :

   
 
    M
aison seigneuriale des « Leroy »
        -    En 1401, à Martin Leroy, seigneur de Saint Florent, Maître d'Hôtel du duc Jean de Berry.
        -    En 1443, Colette Leroy, épouse de Jean Bochetel, fut Dame de Moulin Neuf.

    Maison seigneuriale des « Bochetel »
        -    En 1522, Renaud Bochetel archidiacre d'Angers fut seigneur de Moulin Neuf.
        -    En 1601, Pierre Bochetel fut seigneur de Moulin Neuf.

    Retour de la maison seigneuriale des « Leroy »
        -    En 1611, Gabriel Leroy fut seigneur de Moulin Neuf.
        -    En 1611, Jean Jacques Leroy de Marmagne fut seigneur de Moulin Neuf.

    Maison seigneuriale des « Cougny »
        -    En 1619, Jean Cougny, fut seigneur de Moulin Neuf.
        -    Entre 1630 et 1703, se succéderont :
                    o    Pierre Cougny neveu de Jean précité.
                    o    François Cougny échevin à Bourges en 1670.
                    o    Joseph Cougny.
                    o    Pierre Cougny.

    Maison seigneuriale des « de la Presle, Saint Thorent, Girard »
        - En 1703, Robert de la Presle fut seigneur de Moulin Neuf .
                    o    Puis ce fief passe par l'une des filles de Robert de la Presle précité, à Messire de Saint Thorent.
                    o    Suit Juliette de Saint Thorent épouse de Philippe Girard de Villesaison
                    o    La famille Girard de Villesaison détiendra ce fief au moins jusqu'en 1885, puisqu'à cette date nous trouvons un Léon Girard comme propriétaire de Moulin Neuf. 


Le fief de « La Tour de Bor » (aujourd'hui connu sous le nom de « Tour de Bau »).
    Aujourd'hui, il ne reste rien de la demeure seigneuriale de ce fief qui se situe dans les bois entre le bourg de Villeneuve et la petite ville de Saint Florent sur Cher. C'était jadis une forteresse dont on voit encore de nos jours que les empruntes d'une enceinte quadrilatère de forme assez irrégulière dont les angles étaient arrondis. Des arbres se sont enracinés sur ce qui reste des murs. On devine l'emplacement d'un puit large d'environ deux mètres de diamètre situé au milieu des vestiges .
Une tradition orale populaire raconte que les seigneurs de Bor avaient comme ennemis jurés, ceux du Coudray .

    Ce fief de la seigneurie de Villeneuve appartint à :
        -    En 1231, Guillaume Girard chevalier, son épouse Guyonne et les héritiers de Morlac en furent co-héritiers.
        -    En 1343, Guillaume de Bor, chanoine de l'église Saint Etienne de Dun le Roi, fut seigneur de La Tour de Bor.
        -    En 1414, Jean Asselin de Bor, damoiseau fut seigneur de La Tour de Bor .

Le fief du « Vieux Château »
    La demeure seigneuriale de ce fief se trouvait un peu au Nord de l'endroit où actuellement se trouve une ferme du même nom. Sur ce lieu, on y distingue des fossés et une motte élevée de mains d'hommes. On y a retrouvé également un vieux four.
    Il ne semble pas possible de retrouver les noms des seigneurs qui furent maîtres de ce fief. On peut simplement avancer que cette terre dite du Vieux Château, fut probablement à l'origine de l'établissement du hameau de Châtillon, dont des maisons appartenaient à la paroisse de Civray .
    Il n'est donc pas déraisonnable de tenter d'attacher ce fief de celui du Coudray d'obédience aquitaine. De par ce rapprochement, le Vieux Château deviendrait un élément de la ligne défensive de la frontière avec la Neustrie.
Cette situation donnerait alors un sens à la tradition populaire qui nous parle des relations belliqueuses entre les seigneurs du Coudray et ceux de Bor, dont le fief se trouve juste en face un peu en hauteur, sur l'autre rive du Cher. En plus, cela pourrait aussi expliquer pourquoi il y a au lieudit « La Rairie », un champ qui jadis s'appelait  « Champ de bataille ».
 
Le fief de « La Grange Borré » (aujourd'hui  « Bouret »).
    Ce manoir seigneurial possédait une enceinte dont-il restait quelques vestiges fin du 19ème siècle. Parmi eux, une grande porte ogivale au coté de laquelle avait été ouverte une plus petite. On y trouvait aussi un colombier rond joliment bâti. Ces vestiges nous apprenaient que ce manoir fut construit en pierres rouges très ferrugineuses qui ne sont pas sans nous rappeler les murs de l'église de Chârost ainsi que ceux de son enceinte.
    L'origine de cette terre fut monastique. L'ordre monacal d'appartenance n'est pas connu.
    Cet établissement disparaîtra avant le 16ème siècle.

    Ce fief de la seigneurie de Villeneuve appartint à :
        -    Avant 1526, Jean Huet  fut le seigneur de La Grange Borré. Il tenait son fief de son épouse Andrée de Pigny
        -    Vers 1580, Gaston Foucheret, marchand à Issoudun acheta ce fief à jean Huet précité pour la somme de 820 Livres tournois de rente. Ainsi, il fut seigneur le La Grange Bourré.
        -    En 1604, Claude Foucheret, fils de Gaston précité, fut seigneur de La Grange Bourré.
        -    En 1615, Jean Foucheret, fils de Claude précité, fut seigneur de La Grange Bourré.
        -    Puis au 18ème siècle les Gassot seigneurs de Galifart, seront successivement les propriétaires de La Grange Bourré.

Les Breux
    Pour être complet, il existe sur les terres de Villeneuve  la propriété « Des Breux » sur laquelle est implanté un château. Ce château semble dater des environs de 1850 et fut certainement construit par Monsieur  Louis Charles Moreau qui fut Maire de la commune de 1856 à 1888 et époux de la fille de Philippe Soumard qui, à cette époque, était le propriétaire du château de Villeneuve.

Le Moulin de Cutortu
    On se doit également de signaler qu'il existait en amont du bourg de Villeneuve, un moulin à eau qui s'appelait « Le Moulin de Cutortu », à cause de la forme biscornue de sont bâtiment.. Ce moulin semble avoir disparu à l'époque de la Révolution.

Le Gué
    Avant 1886, date de la construction du premier pont sur le Cher à Villeneuve, il est à signaler que le passage du Cher par bac à Villeneuve était en septembre1770 du ressort du marquis de Castelnau. Ce passage coûtait un boisseau de froment par an pour les métairies et un boisseau de marsèche par an pour les journaliers.
Le marquis de Castelnau rétablit à la date précitée, un droit de péage en argent qui lui rapporta plus de 60 livres an, alors que l'ancien droit en nature, ne lui rapportait  que 15 livres an .
    Plus tard, les habitants de la rive gauche de la rivière ne disposérent que d'une passerelle en planche pour passer à pied sur la rive ou se situe le bourg et son église. Lors des grosses crues interdisant tous passages même en bateau, ces mêmes gens pour entendre la messe, étaient obliger d'aller à Saint Florent pour passer le pont de cette localité afin de revenir par la rive droite à leur église, et de faire le chemin inverse pour leur retour .

Organisation fiscale de Villeneuve sous la royauté
    Avant la Première République, les habitants de chaque paroisse, dont celle de Villeneuve se réunissaient en assemblée pour nommer un ou deux Syndics selon l'importance de son peuplement. C'étaient ces Syndics qui avaient la responsabilité de faire entrer les impôts.
    Pour se donner les moyens d'exécuter cette tâche, cette même assemblée des paroissiens de Villeneuve  élisait plusieurs collecteurs qui définissaient la répartition des dits impôts et qui étaient chargés de les percevoir.
    A Villeneuve, le Syndics et son greffier touchaient 3 deniers pour leurs fonctions et un sou par Livre d'impôt perçue.
    Les Collecteurs exerçaient leurs tâches moyennant une rémunération de 6 deniers plus un sou par Livre d'impôt collectée.

A Villeneuve comme dans chaque paroisse du Berry, il existait un débit de sel où il devait être obligatoirement acheté par ses habitants 1 minot et boisseaux de sel par an pour 14 personnes.
Pour donner une idée du poids de cet impôt sur la population il faut savoir que le minot de sel coûtait en 1689, 42 Livres ; en 1697, 46 Livres.

Villeneuve possédait un fermier général (perception des impôts royaux)
    Sur la seigneurie de Villeneuve existaient :
        -    le droit de traverse du bétail ;
        -    le droit de pêche sur les deux rives du Cher et tout autre cours d'eau coulant sur ses terres ;
        -    le droit de Boutage de 2 sol par pinte de vin .

Enfin tous les paroissiens de Villeneuve étaient soumis aux corvées seigneuriales :
    -    de fauchage à raison d'une journée dans les près du seigneur ;
    -    de journalier, à raison d'une journée en période de fenaison et d'une autre journée en période de vendanges ;
    -    de laboureur à raison d'une journée de voiturage en période de fenaison et une autre journée de voiturage en période de vendanges.
 


Villeneuve républicaine



    A Villeneuve, les registres paroissiaux d'état civil remontaient à 1636 et le registre des délibérations des premiers Conseils Municipaux datait de Ventôse (entre le 15 février et le 1er mars) de l'An II (1793 - 1794). Ces documents furent perdus en partie, lors d'un incendie qui eut lieu un peu avant 1909 . Cet événement explique les lacunes qu'on rencontre lors de l'exploration de cette période de l'histoire du village et de la Commune.
Vente aux enchères des biens confisqués au clergé de Villeneuve et devenus Biens Nationaux.
    Adjudication des biens du clergé sur la commune de Villeneuve se déroula du 20 décembre 1791 au 18 fructidor de l'an IV (4septembre 1796) :
        -    Le presbytère et son enclos, plus le fond de cure d'une contenance de 16 arpents  de Bois furent acheté par le curé citoyen  Jean Vitass en 1791.
        -    13 arpents de bois et 60 boisselées  de terres furent adjugés à « La Fabrique » ? 
        -    Le domaine de la Lande et une locature à Villeneuve furent adjugés aux Dames de la Visitations de Bourges.
        -    600 boisselées  de terre et 14 arpents de bois, furent adjugés au Séminaire de Bourges.
        -    2 mouhées  et 8 boisselées de terre et 300 arpents de bois furent adjugés au chapitre Saint Etienne de Bourges.
        -    Enfin, 14 arpents de Bois furent adjugés aux religieuses de Saint François de Bourges.

Installation et fonctionnement du Conseil Municipale de Villeneuve.
    Les premiers magistrats municipaux républicains de Villeneuve, appelés « Agent Municipal » furent élus en Thermidor de l'An II de la République (Juillet 1784) pour un mandat de 2 ans avec la possibilité de rééligibilité par les citoyens actifs de Villeneuve qui payaient l'impôt égal ou supérieur à 3 journées de travail.
    Pour être candidat à ces premières élections municipales, il fallait payer un impôt au moins égal à 10 journées de travail.
    Le 5 fructidor de l'An III de la République, furent instituées les Municipalités Cantonales. Villeneuve dut alors élire un Agent municipale qui siégera à la municipalité cantonale comme représentant de sa commune. Il sera sous la seule autorité du Président de la Municipalité Cantonale. Cette Municipalité Cantonale désignera pour la commune de Villeneuve un Officier Municipal garant de l'application des dispositions de la Constitution.
 Ainsi :
    -    en juillet 1784 (Thermidor de l'An II) Monsieur Fournier fut élu premier Agent Municipal de la Commune de Villeneuve.
    -    Le 22 août 1785 (5 fructidor de l'An III), Monsieur François Bauchard fut élu Agent Municipal et Agent  à la Municipalité cantonale.
    -    Monsieur Hyppolite Blin fut nommé Officier Municipal de l'Etat Civil à Villeneuve.

La loi du 17 février 1800, remplace l'appellation d'Agent Municipal par celle de Maire.
Ainsi :
    -    An IV (1796), Monsieur François Besland fut élu Maire,
    -    An V (1797), Mr François Bouchard fut élu Maire.

    Une des lacunes évoquées précédemment, consécutive à l'incendie du registre municipal, ne permet pas de connaître les dates et noms des Maires de Villeneuve de 1798 à 1815).

    Dès le 13 décembre 1799, le Maire ne fut plus élu mais nommé pour 3 ans par le pouvoir exécutif (Préfet) et les Conseillers Municipaux furent choisis sur « une liste de confiance » ou de notabilité établie par élections.
    A partir du 22 janvier 1801, le Maire administra seul la commune, les Conseillers n'eurent qu'un rôle consultatif seulement quand le Maire le jugeait utile.
    A partir de septembre 1802, les conseillers furent choisis pour 10 ans. Le Maire et ses Adjoints furent nommés pour 5 ans. Cette procédure durera jusqu'en février 1871, sauf un petit intermède entre juillet 1848 et 1851 ou le Maire fut de nouveau élu.
Ainsi  :
    -    De 1815 à 1848, Mr Philippe Semard fut nommé Maire par le pouvoir exécutif.
    -    Du 27 août 1848 au 18 octobre1852, Mr Léon Girard fut élu Maire.
    -    Du 18 octobre 1852 au 12 août 1855, Mr Hyppolite Blin fut nommé Maire par le pouvoir exécutif.
    -    Du 12 août 1855 au 17 juillet 1856, Mr Philippe Semard fut nommé Maire par le pouvoir exécutif.
    -    Du 17 juillet1856 au 20 mai 1870, Mr Louis Charles Moreau des Breux fut nommé Maire par le pouvoir exécutif.
    -    Du 1870 à 1871, Mr Germain Chirade fut nommé Maire par le pouvoir exécutif.

E
n 1871, le Maire fut élu par le Conseil Municipal.
Ainsi :
    -    De 1871 au 20 mai 1888, Mr Louis Charles Moreau des Breux, fut élu Maire  par le Conseil Municipal.
    -    Du 20 mai 1888 au 15 mai 1892, Mr Paul Girard fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 15 mai 1892 au 6 novembre 1916, Mr Paul Girard, fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 6 novembre 1916 au 6 novembre 1932, Mr André Royon Varennes fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 6 novembre 1932 au16 février 1945, Mr Gustave Goin fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du16 février 1945 au 26 novembre 1945, Mr Georges Bougault fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 26 novembre 1945 au 24 octobre 1947, Mr Marcel Tourneziot fut élu  Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 24 octobre 1947 au 5 avril 1959, Mr Abel Dupont fut élu  Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 5 avril1959 au 20 mars 1971,  Mme Odette de Gouvion Saint Cyr fut élue Mairesse par le Conseil Municipal.
    -    Du 20 mars 1971 au 20 mars 1977, Mr Pétrus Bélicard fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 20 mars 1977 au 13 mars 1983, Mr Jean Pierre Poincelet fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 13 mars 1983 au 24 mars 1989, Mr Claude Orvelin fut élu  Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 24 mars 1989 au 11 juin 1995, Mr Claude Orvelin fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 11 juin 1995 jusqu'en mars 2001, Mr Jean Pierre Poincelet fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    De mars 2001 à mars 2008, Mr Roger Boucher fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    De mars 2008 à octobre 2008, Mr Francis Ledys fut élu Maire par le Conseil Municipal.
    -    Du 15 décembre 2008 à aujourd'hui, Mr Michel Herault fut élu Maire par le Conseil Municipal.


Villeneuve et ses écoles
    - En 1797, Monsieur François Besland était instituteur communal il cumulait cette activité éducative avec la fonction d'Officier Municipal de l'Etat Civil.
    - En 1845, le premier instituteur de l'enseignement primaire fut Monsieur Bierge.
    - En 1872, l'école communale de Villeneuve cessa d'être mixte. De ce fait, ce furent les sœurs de Saint François de Bourges qui assumèrent l'éducation des filles.
    - En 1909, il existait à Villeneuve une école primaire pour les filles et pour les garçons, mais il se maintiendra une école privée de filles.



Villeneuve  et ses légendes, croyances et traditions populaires




La légende de « la Pierre de la Roche »
    On prétend que celui qui n'a jamais manqué un office du dimanche et qui sera présent devant l'allée couverte de la Pierre de la Roche au moment, où le curé de Villeneuve, au milieu du service, frappera à la porte de l'église, verra se lever une des dalles de pierre de l'allée couverte pour livrer un trésor. (La difficulté insurmontable pour tout candidat à la découverte du trésor, c'est que l'allée couverte de « La Pierre de la Roche se trouve au moins à deux kilomètres et demi de l'église et que pour y être au moment où le curé frappe à la porte, on est obligé d'être absent de l'office dominical.).
 
Les légendes des trésors
On prétend qu'il y a un trésor à l'endroit ou était jadis bâtie la forteresse de « La Tour de Bor ». Un autre existerait à l'endroit où s'élevait « Le Vieux Château ».Un troisième serait caché dans le souterrain qui part du pigeonnier de « Galifard ».

La croyance en l'existence du loup garou
    La légende populaire raconte que certains firent commerce de leurs âmes avec un loup garou qui n'était autre que le diable, dans le bois de La Chaume aux Lièvres entre Villeneuve et Saint Florent.
Une autre légende raconte qu'un loup garou vola le petit enfant d'une femme venu dans le bois de La Chaume aux Lièvres pour y ramasser du bois mort. L'enfant que la maman avait déposé au pied d'une grosse pierre, le temps de son ouvrage, avait disparu lorsque celle-ci s'en revint le chercher. Cette mère éplorée revint tous les jours rechercher son enfant et pleurer sur le malheur que le sort lui affligeait. Tout une année passa ainsi pour cette mère, dans les larmes et les aller et retour du bois de la Chaume. Puis un jour en arrivant comme de coutume devant la grosse pierre, elle trouva là endormi son enfant qui n'avait point pris d'âge enveloppé dans les vêtements tous propres qu'elle lui avait mis il y avait un ans. Le Loup garou avait-il eu pitié de cette mère ?

La croyance  en « La chasse à Ribaud »
    La légende populaire affirme qu'on entend passer certaines nuits, dans des bruits épouvantables et des cris d'angoisses insoutenables, une chasse ou des démons poursuivrent des âmes errantes qui ont besoin de prières pour trouver le repos éternel.

La croyance en l'existence des « Dames Blanches »
    Certains du pays, affirment avoir vu des Dames tout de blanc vêtues se promener sur les chemins des environs.

Croyance en l'existence des sorciers « jeteux de sorts » et « Passeur de secrets »
    Un jour, au village de Villeneuve, une femme cabaretière refusa de servir un mendiant. Quelque temps plus tard, le corps de la cabaretière fut infesté de mille insectes de toutes sortes qui se mirent à la morde et à la piquer sur tout le corps. Malgré ses efforts à se débarrasser de cette vermine qui ne lui laissait guère de paix, elle n'y parvint pas jusqu'au jour ou elle croisa le chemin d'un « Passeur de secrets » qui  comprit que le mendiant éconduit par cette femme, n'était autre qu'un sorcier qui lui avait jeté un sort. Aussitôt, il retourna ce sort vers celui qui l'avait jeté non sans lui avoir donné dix fois plus de force. Lorsque le sortilège toucha le sorcier mendiant, la cabaretière se sentit immédiatement soulagée de ses tourments.

Recette d'envoûtement
    Jadis, en ce pays, pour se défaire d'un ennemi, on faisait sécher un cœur de bœuf dans la cheminée en l'ayant préalablement piqué de 32 épingles. Ainsi l'ennemi dépérissait à mesure que le cœur de bœuf séchait et finissait par mourir.
 
Tradition populaire
    A Villeneuve, il y eu une confrérie très très ancienne dont le patron était Saint Fiacre. Cette confrérie était la gardienne d'une tradition populaire qui voulait que Saint Fiacre fût capable de guérir tous les enfants du pays de leurs coliques.
    Le jour de la fête de ce Saint (le 30 août), on ornait sa statue de fruits de tous genres et de toutes espèces avant de lui présenter les rejetons souffrants de maux de ventre.
    Pour prévenir de ces désagrégements de santé les enfants bien-portants, on apportait au pied de la statue du Saint, les chemises de ces mêmes enfants afin qu'elles fussent bénies pour écarter ainsi d'eux, tous ces maux.
    Et pour remercier Saint Fiacre de ses bienfaits, les habitants de Villeneuve et de ses alentours, s'assemblaient pour de grandes réjouissances  le dimanche qui suivait sa fête.


Bibliographie
AAC –CEA : AAC-CEA 91191 Gif sur Yvette. Article du 1janvier 2007.
BELICARD. (Pétrus.). : Cahier relatant les événements historiques et populaires connus de Villeneuve. Archives Mairie de Villeneuve.
BERARD. ( ). : «  Annales de géographie ». Volume 4, article 17.
BUHOT de KERSER. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher ». Edition le livre d'histoire, Paris 1996.
CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Saint-Florent-sur-Cher et ses environs » Editions : Res Universis - Collection : Monographies Des Villes Et Villages De France (1911-1912 réédition de 1991).
CHAZAUD. (A M.). : « Cartulaire de Saint Ursin ». Fol I aujourd'hui détruit in « Étude sur la chronologie des sires de Bourbon, Xe-XIIIe siècles ». Éditeur Impr. de C. Desrosiers, 1865.
DELABORDE. François.). : « La vraie histoire du religieux de Saint Denis ». Bibliothèque de l'Ecole des Chartes. 1890
FAUCHERE (N.). : « Places fortes. Bastion du pouvoir ». Edition Rempart - Desclée De Brouwer (coll. Patrimoine vivant), Paris: 2000.
FAUDUET. (I.). « La vie religieuse chez les Bituriges » in « Le Cher » de Jacques TROADEC et de Michel
PROVOT. Editions MSH, 1992.
GUIGNARD. (Romain.). : « Issoudun des origines à 1850 » Edition Arts et Loisirs. Issoudun 1995.
GUYOT. (Joseph Nicolas.). : « Répertoire universel et raisonné de jurisprudence civile et criminel, canonique et bénéficiale ». en II volumes. Editions Visse. Paris 1784.
JOHANNOT. (René.). « Livre de l'histoire des terres de Plou » Atelier Sant Johan, Brouillamnon Plou 2008
JOHANNOT. (René.). : «  Les événements de tous les jours au château et sur le marquisat de Castelnau sous le gouvernement du marquis Charles Joseph Patissier de Bussy-Castelnau » Atelier Sant Johan Brouillamnon Plou novembre 2008.
MORANVLLE. (Henri.). : « Texte Latin de la chronique abrégée de Guillaume de Nangis ». Bibliothèque de l'Ecole des Chartes. 1890
NANGIS. De (Guillaume.). : « Récit sur les Pastoureaux » Chroniques de Saint Denis. Bibliothèque Nationale
NARCI. (Mr.). « La tour de Bor ». Mémoire de la Société Historique du Cher. 4ème série volume 7.
RAYNAL. (Louis Hector Chaudrude) « Histoire du Berry : Depuis les temps les plus anciens à 1789 » Volume II. Edition Librairie de Vermeil. 1844.
ROUSSEAU. (Emmanuel.). et DESIRE dit GOSSET. (Gille.). : « Le Traité de Gaillon  (1196) ». Édition critique et traduction. Archives départementales de la Manche. Saint Lô 2002.
RUAS. (Marie Pierre.). : « Science de la vie et archéologie » compte rendu de la 5ème séance du 5ème colloque de l'Association d'étude du monde rural gallo-romain. Editer dans le bulletin de liaison N° 10 de décembre 2000.
THAUMAS de la THAUMASSIERE. (Gaspard.). « Histoire de Berry » Edition de 1689.
















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Histoire de Primelles des origines à la Révolution

       

"Atelier Sant Johan". Brouillamnon Plou. "
  Article écrit par René Johannot le 24 octobre 2009, publié sur ce site le 15 juin 2012.

 


Généralités

La commune de Primelles se situe dans le département du Cher qui fait lui-même parti de la région Centre.
Sa position territoriale est de 46° 55' 45'' Latitude Nord et de 2 ° 12' 50'' de Longitude Est. Sa superficie est de 26, 57 km2, dont le tiers est occupé par une surface boisée.
L'altitude la plus élevée de cette Commune est de 173 mètres et la moins élevée de 133 mètres.
Cette commune rurale, qui fait pleinement partie de la Champagne berrichonne, voit sa population répartie sur trois bourgs : l' « Echalusse », « Le Grand Malleray » et « Le bourg Primelles » où est implantée une église romane pour une partie du 11ème siècle, et pour le reste du 12ème siècle, dotée de fresques et de vitraux de toute beauté.
Enfin, la Commune qui est traversée par le GR 41 (chemin de grande randonnée) reliant les Monts Dore à la Sologne. Elle a une densité de peuplement de 9 habitants au km2 qui est actuellement en progression significative.


Les terres de Primelles durant la préhistoire

Sans doute, les terres qui seront plus tard attachées à la paroisse de Primelles, ont vu s'installer, sur les lieux qu'elles recouvraient, le chasseur du néolithique dont les origines étaient métissées par des ancêtres étant venus d'Europe centrale et d'Europe du Nord, des Balkans et de la vallée du Danube.
Sa civilisation incluait la culture lithique de l'industrie Tardenoisienne, et la culture céramique de l'industrie de Cerny.
Cette présence néolithique est attestée par les ruines d'un menhir, qui se trouvaient dans la forêt de « Belais », dans une coupe appelée « le bois de la pierre qui danse » (1) .


Les terres de Primelles pendant l'antiquité

Puis arrivèrent des hommes de race Indo-européenne d'ethnie celtique qui venaient d'Asie occidentale, qui se nommaient les « Galls ».
On trouve le témoignage de leur présence sur la rive gauche de l'Arnon, entre Saint Ambroix et Saugy  (Saugy s'appelait avant 1885, « Dames Saintes »), sur « les terres d'Arneuse », devenues aujourd'hui  « les terres de Renaize » (2).
Vers la première moitié du 7 e siècle av J.C., ces terres ont vu arriver une autre migration des Celtes, celle du peuple des « Kimris ».


Les terres de Primelles pendant la période gauloise

Les « Gallo Kimris » (3) vont êtres nommés  « Gaulois » et le territoire que forme la « Galatie », va peu à peu changer d'appellation pour devenir la « Gaule ». Les terres de Pimelles accueillirent les Gaulois « Bituriges Cubi.
Plusieurs sites environnants ces terres de Primelles, attestent de cette présence gauloise.
A « Civray » d'abord où a été trouvé sous la voie romaine (chaussée de César) un bracelet en fils de bronze plein de forme ovale, orné de stries transversales et obliques. Ce bracelet était passé dans un tibia..
A « Saint Ambroix », ensuite, près de « Peluées » où une habitation souterraine gauloise fut découverte en 1882 par le docteur Pineau et où furent recueillis des fragments de poterie.


Les terres de Primelles pendant les périodes, romaine et gallo romaine

Les présences romaines, puis gallo romaine sur le territoire que forment ces terres sont attestées par de nombreux vestiges dont le plus important et le plus riche, se situe au lieu appelé aujourd'hui « La Coudray ».
En 1866, le 17 avril, deux ouvriers de Primelles, Monsieur Chéverin et Monsieur Déchiron, qui travaillaient à extraire des pierres à la carrière de ce lieu, ont découvert, après un léger éboulement 2 jarres à anses ou amphores de 2,90 mètres de long, enterrées à une profondeur de 3 mètres.
Puis huit jours plus tard, ces deux mêmes ouvriers découvrirent encore 2 autres amphores du même type que les premières. Sur ce lieu, d'autres découvertes furent faites notamment divers vases, gobelets, plateaux et poteries auxquels il faut ajouter 2 agrafes de bronze finement travaillées.
Tous ces objets ont été datés de la période romaine et gallo romaine.
 

Naissance de la paroisse de Primelles

*

 
*
Il nous faut rechercher les origines de la paroisse de Primelles à l'époque gallo-romaine où, sur ce lieu aujourd'hui appelé Primelles, était implantée une « Villa romaine » puis sans doute gallo romaine nommée : « Villa de Primellis » (4) .
La légende de Saint Firmin qui eut court en ce lieu pendant très longtemps, semble nous indiquer que la christianisation de la « Villa de Primellis » par ce Saint, pourrait remonter vers 287 après J.C.
Saint Firmin, de son vrai nom Firmin, naquit à Pampelune en Navarre vers 256.
Fils du sénateur romain « Firmus » et de son épouse « Eugénie », il fut l'aîné d'une fratrie de trois enfants : Il y eut lui-même, son frère Fauste et sa sœur Eusébie.,
Encore enfant, Firmin rencontra  Honeste (futur saint Honeste) qui venait de Toulouse envoyé à Pampelune par Saturnin de Toulouse (futur saint Saturnin) pour prêcher l'Evangile.
Honeste sut convaincre les membres de la famille du sénateur Firmus de devenir chrétiens.
Peu de temps après, Firmin fut baptisé et dès lors, il suivit assidûment  les enseignements d'Honeste.
Firmin fut ordonné prête à 24 ans à Toulouse, par Honorat (futur saint Honorat) successeur de Saturnin.
Honorat le chargea alors d'aller prêcher en Gaule romaine la parole chrétienne.
Il partit donc de Toulouse vers le nord  en direction du Beauvaisis en passant par l'Auvergne et le Berry.
Après avoir été martyrisé à Beauvais pour avoir converti bon nombre de païens, il s'en vint à Amiens dont il fut le premier évêque.
Ce fut en cette cité, et à cause des multiples conversions qu'il générera, qu'il fut de nouveau martyrisé  puis décapité le 25 septembre 287.
Il était alors âgé au alentour de 31 ans (5) .


La Légende

La légende nous dit que Saint Firmin serait venu en Biturienci (Berry)  vers 287.
L'histoire relève des traces de sa présence à Avaricum (Bourges) où il aurait fait apparaître une source dont l'eau qui y jaillissait avait de grandes vertus de guérison (6) .
Cette fontaine fut longtemps appelée « la fontaine saint Firmin » en souvenir de celui qui avait accompli ce miracle (7) .
Suite à cet événement, Saint Firmin aurait converti tant de gens qu'il aurait provoqué le courroux des autorités romaines de la ville qui s'apprêtaient à le faire arrêter puis martyriser.
Pour échapper à cette première persécution, il aurait dû s'enfuir d'Avaricum pour se cacher dans les campagnes
Ce fut lors de sa fuite, qu'il aurait rencontré près de la Villa Primellis, le maître seigneur de Thou  qui l'aurait accueilli, hébergé et protégé.
A sa demande, il se serait retiré dans la forêt de Primellis où il aurait créé un ermitage à l'endroit où s'élevait encore en 1879 et toujours de nos jours, « la croix dite de Saint Firmin ».
Le danger passé, Saint Firmin serait parti vers le Beauvaisis.
Mais il aurait fait tant de bien durant son séjour en cette partie du Biturienci, que les habitants de Primellis pour en garder le souvenir aurait mis une statut représentant le Saint dans la petite chapelle de son ermitage et y seraient venus en pèlerinage.
Le temps passa ruinant cette chapelle au milieu des bois et la statue qu'elle abritait.
Il y a trois siècles et demi de cela (vers 1650), un bœuf perdu dans le bois où s'était ruinée la chapelle, se serait mis à mugir et à gratter du sabot la terre d'où serait peu à peu sortie la statue que l'on croyait détruite par l'usure du temps.
On aurait donc installé alors cette statue dans l'église de Primellis qu'on appelait alors Primelles depuis 1212, puis on aurait refermé le trou creusé par le bœuf.
Le lendemain, le trou se serait ré ouvert de lui-même sans que nul vivant n'intervienne et il en aurait été ainsi à chaque tentative de comblement de l'excavation.
Cette nouvelle extraordinaire aurait attiré à Primelles bon nombre de pèlerins qui venaient  d'au moins 25 km à la ronde pour  guérir de leurs douleurs et emporter dans leur foyer un peu de cette terre miraculeuse.
Depuis ce temps,  le 25 septembre chaque année se serait tenue une assemblée au lieu dit « la Chaume ».
Plus tard, un crime de sang ayant été commis en ce lieu, l'assemblée des pèlerins se transporta à Primelles.
En 1793, la statue de saint Firmin fut dérobée dans l'église, mais quelques années plus tard elle réapparut ornée de rubans, dans la forêt au pied de la croix de Saint Firmin.
Pourtant, Saint Firmin qui avait dû marquer profondément le lieu, comme nous venons de le voir, ne fut pas le patron de la paroisse de Primelles.
Saint Laurent, dont le martyre eut lieu en août 258 donc avant celui de Saint Firmin, lui fut préféré.
Ce choix patronyme n'est pas sans raison. Car, à Pampelune, c'est  l'église Saint Laurent qui abrite l'endroit exacte où serait né  Saint Firmin (8) ; tout comme à Primelles, c'est aussi dans l'église Saint Laurent qu'est abritée la statue du Saint.
Pour désigner la paroisse, nous l'avons vu, le nom de « Primelles » apparaît en 1212, puis usité plus régulièrement en 1230.
Cette paroisse, qui nous le savons, avait pour patron Saint Laurent possédait en plus de son église un prieuré dépendant de Notre Dame de Sales.
La paroisse de Primelles (De Primellis) faisait partie de l'archiprêtré de Châteauneuf sur Cher.
Elle était aussi étroitement liée à Notre Dames de Salles de Bourges.
Les abbayes de La Prée et de Saint Sulpice de Bourges y avaient aussi des biens

Le territoire de la paroisse de Primelles comprenait :

o    Bois-Jaffier ;
o    Les terres du Grand-Proux ;
o    Les près et les tailles des Tires ; de la Luquette et de Champroy ; 
o    La métairie du Crézay le tout atteignait une superficie de 800 hectares ;
o     Thou ;
o    Les bois et la métairie du vieux château de Thou ;
o    Les métairies de Chaumeret ;
o    Le village de Gouez aujourd'hui disparus.
o    Le fief du le Grand Malleray ;
o    La Coudraie ;
o    Et une partie de la seigneurie de L'Echalusse.
 

L'Eglise de Primelles

L'église romane de Primelles est généralement datée du 12ème siècle par certains historiens tel que Monsieur Cartier de Saint René (9) .
Toutefois, il ne fait aucun doute comme le pense Monsieur Buhot de Kersers (10) , qu'une partie de ce lieu de culte soit plus âgé et remonte au milieu du 11ème siècle.
L'édifice comprend une nef rectangulaire couverte d'une voûte en bois qui soutien le charpentage de la toiture de tuiles.
Cette nef est prolongée par un chœur  voûtée d'une travée de berceau plein cintre très surbaissé.
Ce choeur est lui-même  prolongé d'une abside semi circulaire percée de trois ouvertures à cintre roman. Toute la construction est renforcée par des contreforts extérieurs peu saillants.

Aspect extérieur
Le plus remarquable dans l'aspect extérieur de cette architecture pro clunisienne, c'est la forme de son clocher qui rappelle plus une tour fortifiée surmontée de quatre clochetons en pierre, qu'un lieu qui abrite des cloches.
La couverture conique de ce clocher était jadis faite de dalles de pierre que l'on a remplacées vers la seconde moitié du 19ème siècle par du ciment.
Le coté Ouest de ce clocher conserve des trace d'un incendie que Monsieur Cartier de Saint René attribut aux huguenots.

Aspect intérieur
Intérieurement, l'église fut enduite d'une couche de plâtre sous laquelle, on a récemment découvert des fresques magnifiques représentant l'histoire d'Adam et Eve.
Les représentations des personnages à la fois naïf et figuratif de pure facture pré romane donne raison à Monsieur Buhot de Kersers lorsqu'il datait cette église du 11ème siècle.
Devant ces peintures et après leur examen attentif, nous  serions tentés de penser que nous sommes là,  en présence des premières expressions picturales chrétiennes.
Enfin près du cœur, sur une pierre on voit gravé un écusson fascé accompagné de trois besans.
Il indique certainement la sépulture de Jean Sebize de la Motte Turlin fermier général de la seigneurie de Mareuil, qui mourut le jour de la Saint Médard de l'an 1656.
L'épouse de ce seigneur devait déjà reposer à cet emplacement, car dans son testament, ou il recommande à son fils aîné Philibert de prendre bien soin de ses frères et sœurs, il écrit « je désire être inhumé dans l'église de Primelles, à côté de feu ma femme ».


La seigneurie de Primelles
*

 

*

*Primelles seigneurie indépendante vassale de la principauté d'Issoudun de 950 à 1018.

Avant 1320, Primelles était une seigneurie indépendante relevant directement de la suzeraineté des princes et seigneurs d'Issoudun.
Ce qui situe sa création vers 950 avec le gouvernement conjoint d'Emenon et son fils Foulques, princes d'Issoudun (11).  .
Nous trouvons ensuite comme suzerains directs de cette seigneurie de Primelles,  Ebrard du Four, fils de Foulques précité (1000 à 1012). Il fut suivi par son fils Eudes (10012 à 1018).

*Primelles seigneurie indépendante vassale de la principauté de Déols de 1018 à 1037

A partir de cette époque, la seigneurie de Primelles suivit celle d'Issoudun et passa à la maison de Déols sous la gouvernance d'Eudes l'Ancien (1018 à 1037).
Lorsqu'Eudes l'Ancien partagea la seigneurie de Déols entre ces deux fils, Raoul III le prudent eut Déols ; et Eudes le puîné eut Issoudun.
 
*Primelles seigneurie indépendante, redevient vassale de la principauté d'Issoudun de 1037 à 1220.

Ainsi, en devenant seigneur d'Issoudun, Eudes devint naturellement seigneur de Primelles (1037 à 1085).
Puis suvirent :
-    Raoul I, fils d'Eudes précité (1085 à 1092) ;
-     Godefroy, frère de Raoul I précité (1092 à 1127) ;
-    Raoul II, fils de Godefroy précité (1127 à 1164) ;
-    Eudes II, fils de Raoul II précité (1164 à 1167) ;
-    Eudes III, fils d'Eudes II précité (1167 à 1199) ;
-    Raoul III, fils d'Eudes III précité (1199 à 1212) ;
-    Mahaud, sœur de Raoul III précité, épouse de Guillaume de Chauvigny, seigneur de Déols (1212 à 1220) (12) .
-    Mahaud d'Issoudun étant décédée sans enfants, sa succession issoldunoise passa à Etienne de Saint Palais et aux enfants du sir Renoul de Culan.

*Primelles seigneurie indépendante vassale  directe du roi de France de 1220 à 1320.

En 1220, le roi de France Philippe Auguste, acheta à Paris, les droits issoldunois des héritiers de Saint Palais.
Puis l'année suivante, en 1221 à Saint Germain en Laye, ce même roi en fit de même avec les droits issoldunois des héritiers de Culan.
En échange de ce rachat, le roi Philippe donna aux familles de Culan et de Saint Palais : la seigneurie de Châteauneuf sur Cher ; celle de Mareuil sur Arnon ; celle de Vatan et le château de Buxiel  auquel fut ajouté 1000 livres parisis (environ 38 580 € de 2006).
Ces biens compensatoires des possessions issoldunoises de ces deux familles, resteront  dans l'indivisibilité jusqu'en 1270.
Cette indivisibilité s'établissait dans les proportions suivantes : deux tiers pour la maison de Culan ; un tiers pour la maison de Saint Palais.
La seigneurie de Primelles, de par sa vassalité à Issoudun, entra donc aussi dans le domaine royal et eut comme suzerain direct, la reine « Blanche de Castille » puis en 1240, son fils « Louis IX » (Saint Louis).

Le premier seigneur de Primelles connu est Girard de Prumellis, damoiseau (13). Il apparaît dans les actes de l'église de Notre Dame de Sales de Bourges en 1247 puis en 1266.
Il fut probablement investi dans sa fonction de seigneur de Primelles par le roi Louis IX, qui devint son suzerain
Malgré son annexion à la seigneurie de Mareuil en 1320, cette maison seigneuriale des Prumillis,  se maintiendra en possession de la seigneurie de Primelles jusqu'en 1347, où les actes de l'abbaye de La Prée atteste la présence d'un Perrin ou Pierre de Prumillis (14) .  (lat. Perrinus de Prumellis) (Perrin ou Pierre de Primelles).

Ce fut en date du mercredi 30 avril 1270 que se fit le partage de l'indivisibilité des biens entre la famille de Culan et celle de Saint Palais. Cette indivisibilité comprenait alors les seigneuries de Mareuil, de Châteauneuf, de Vatan, Buxeil, de Beauvoir, Ineuil, Ceossey (15).

Pierre de Saint Palais reçut :
o    La seigneurie de Mareuil ;
o    La seigneurie le château et la tour de Vatan.

Renoul de Culan reçut :
o    La seigneurie de Châteauneuf ;
o    La seigneurie de Buxeil
o    La seigneurie d'Ineuil
o    Le manoir de Beauvoir

En 1395, dans un acte des cures et fabriques, concernant la cure de Condé, il est attribué le titre de seigneur de la Motte Primelles à Guillaume Merlin qui porte son hommage à  Lignières (16) .
Pourquoi l'hommage lige du fief de Primelles, fut-il rendu à Lignières?
A cette date, la seigneurie de Lignières appartenait à Philippe de Lignières dont l'épouse était Margueritte de Chauvigny
Ce nom de « La Motte Primelles » ne pouvait à cette époque que correspondre à l'endroit ou avait été élevé sur « motte » le premier château féodal.
Localiser ce lieu c'est donc aussi établir le siège d'origine de la seigneurie de Primelles.
D'après Buhot de Kersers, il y a de fortes probabilités pour de que la Motte-Turlin soit la Motte- Primelles et donc le lieu de genèse de la seigneurie de Primelles (17).
Car l'usage moyenâgeux voulait qu'il ne fût pas rare à cette époque, qu'un nom de lieu fût changé lors de la prise de pouvoir par une autre noble lignée seigneuriale.
Ce qui fut d'ailleurs le cas   pour la seigneurie de Primelles, lorsque plus tard, elle fut annexée à celle de Mareuil, et deviendra le fief de Primelles de la seigneurie de Mareuil.
Comme souvent, il faut distinguer  les territoires que recouvre la seigneurie de Primelles de ceux qui forment la paroisse de Primelles.
Ici, à quelques exceptions près, ce sont les mêmes, si on admet que la seigneurie de Primelles Vassale du prince d'Issoudun fut elle même suzeraine des fiefs des alentours.

La seigneurie de Primelles au premiers temps de son établissement semblait comprendre :

-    Le fief de La Motte-Turlin qui fut « domaine seigneurial », fut aussi le siège de la seigneurie. Il englobait :
o    Les terres de la Lunerette

-    Le fief de Bois-Jaffier qui englobait :
o    Les terres du Grand-Proux ;
o    Les près et les tailles des Tires ; de la Luquette et de Champroy ; 
o    La métairie du Crézay le tout atteignait une superficie de 800 hectares.

-    Le fief de Thou, qui englobait :
o     Les bois et la métairie du vieux château de Thou ;
o    Les métairies de Chaumeret ;
o    Le village de Gouez aujourd'hui disparus.


-    Le fief de La Croisette, qui englobait :
o     La Coudraie
o    Le Grand-Malleray


-    Une partie du fief de L'Echalusse qui était de la mouvance de Châteauneuf sur Cher.

Pour ces cinq fiefs, nous ne connaissons pas les noms des seigneurs qui en étaient propriétaires avant 1320.
En 1320, la seigneurie de Primelles est jointe à celle de Mareuil et ce fut Pierre III, le fils « d'Alaiz ou Alaipdnis de Neuvy » Dame douairière de Saint Palais, Dame de Mareuil (18)  qui devint seigneur de Primelles.
La seigneurie de Pimelles perdit ainsi son statut de vassalique direct du roi de France et devint un fief vassal de la seigneurie de Mareuil.

*La seigneurie de Primelles dans la seigneurie de Mareuil, de 1320 à 1789.

La Motte-Turlin, appelée aussi La Motte-Primelles ou encore plus généralement le domaine seigneurial de Primelles,  devint un fief qui fit partie de la seigneurie  de Mareuil tout comme, à des dates différentes ceux de : Bois-Jaffier,  l'Echalusse  La Croisette Lunerette La Motte-Turlin, La Motte-Gallard Semelles Le Grand Malleray le Petit Malleray Dampierre, Saint Ambroix, Ségry Chézal-Benoit le prieuré de Semur, La Roize, Mesmin.
Une partie du fief de Primelles fut annexé au domaine réservé du seigneur de Mareuil, comme La métairie de Primelles qui avait une superficie de 9000 arpents.
On y trouvait aussi des métairies de la Perrière, de Saint Domain, de Sermelles, du Parc de Challiou, Mazière, du Moulind'Orléans, de Mesmin de Massoeuvre de Houet, de Lunerette.
Etaient inclus également dans ce domaine seigneurial de Mareuil, les forêts de Châtin, de Balais, des Gours, de Bois-Jaffier et l'Echalusse des Forges et leurs dépendances.
Enfin les étangs de la Duchesse, des Moulins, de Nohan, de la Croisette et de la vieille Forges faisaient partie de ce domaine seigneurial (19) .
L'appartenance de la seigneurie de Primelles à la seigneurie de Mareuil, plaça ce territoire dans la même suzeraineté que les autres fiefs jusqu'à lors possédés par lui, mais qui ne furent forcément inclus tout de suite dans la propriété de Mareuil.
Il nous semble donc intéressant de nouveau de les citer et d'essayer de retrouver, pour chacun d'entre eux, les maisons seigneuriales qui s'y sont succédées.

* Le fief de La Motte-Primelles ou aussi La Motte-Turlin
Le berceau de ce fief semble donc avoir été la Motte-Primelles qui serait aussi celui de « La Motte-Turlin ».
Les deux tours du château datent du XVI e siècle, mais comme en témoigne une petite chapelle qui s'y trouve, le château d'origine, entouré de larges fossés était lui du XII e siècle.
Les seigneurs connus qui ont possédé ce fief étaient :
-    En 1481, Jacques de la Marche ;
-    En 1549, Jean Robert, qui possédait aussi « Lunerette » ;
-    En 1587, Guillaume Robert, fils du précédent ;  
-    En 1619, François Robert, fils du précédent, bourgeois d'Issoudun -    En 1627, Jean Sébize qui était fermier de la seigneurie de Mareuil et qui possédait aussi « Lunerette ». Il mourut à Bourges en 1656 et demanda à être inhumé dans l'église de Primelles au coté de son feu son épouse ;
-    En 1656, Philibert de Sébize, fils du précédent ;
-    En 1762, Antoine de Bonnault ;
-    En 1789 à Monsieur Fouquet, régisseur de Mareuil pendant la Révolution ;
Puis nous trouvons successivement, sans date :
-    Le marquis de Travanet ;
-    Monsieur de Longchamp ;
-    En 1879, Monsieur Barre.

*Le fief de Boisjaffier

Bien qu'il dépendait de sa justice, ce fief entra dans la propriété de la seigneurie de Mareuil en 1670.
Il se composait d'une métairie et de la forêt de son nom.
Il faut y ajouter les terres du « Grand-Proux », ainsi que des près des « Tires », des tailles de la « Luquette et de Champoy.
Il s'étendait sur environ 800 hectares.
De nos jours, la métairie de Boisjaffier n'existe plus.
Les ruines du Château de Boisjaffier se trouvent dans les bois de ce nom. Son enceinte forme un polygone irrégulier qui s'inscrit dans un cercle de 150 mètres de diamètre.
Les seigneurs connus qui ont possédé ce fief étaient : 
-    En 1469, Jean Alabat, fils de Pierre Alabat et de Perette Ronsart ;
-    En 1525, Pierre II Alabat, fils du précédent, procureur de la fabrique de Saint-Pierre-le-Marché à Bourges, époux de Collette Gassot ;
-    En 1541, Guillaume Alabat, fils du précédent, échevin de Bourges ; -    En 1542, Jeanne de Fontenay, veuve de Robert Dumas, seigneur d'Ivoy et de Lisle, près Touchay. Elle acheta Boisjaffier pour 1300 livres tournois et le revendit un an après 3500 livres tournois ;
-    En 1543, Claude d'Urfé baron de Saint Just ; En 1580, Guillaume de Laubépine, baron de Châteauneuf, chancelier du roi qui en passa bail à François Defleury marchand à Issoudun ;
-    En 1590, Claude de Laubépine, fils du précédent, maréchal de camp, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi mort en 1619 ;
-    En 1587, Firmin Lelarge, procureur fiscal de Châteauneuf sur Cher. En accord avec François Defleury fermier du lieu, ils adcensèrent Boisjaffier à Pierre Moreau demeurant à Colombes paroisse de Saint Baudel ;
-    En 1614, Louis Lelarge, fils du précédent, sieur de Malsac, procureur fiscal de Châteauneuf sur Cher et de Beauvoir. Il adcensa la métairie de Boisjaffier à Philibert Tosin, sieur de la Roize, En 1652, il adcensa de nouveau la métairie de Boisjaffier à Martin Gaillard laboureur demeurant Primelles.
-    En 1626, Jean Tullier, sieur de Ripierre, qui, en épousant la fille de Louis Lelarge, devient seigneur de Boisjaffier ;
-    En 1658, Louis Tullier, fils du précédent ;
-    En 1670, Anne Angélique d'Allogny, veuve de messire Claude Brichanteau, marquise de Mareuil. Ainsi le fief de Boisjaffier entra en propriété de la seigneurie de Mareuil ;
-    En 1715, Pierre d'Entraigues, seigneur de Mareuil, La Croisette, Meillant, Charenton, secrétaire et conseiller du roi.

*Le fief de Thou

C'est certainement en ce lieu que s'établit la toute première implantation féodale de la seigneurie de Primelles, bien avant la suzeraineté d'Emenon d' Issoudun (950) (20).
Ce fief de Thou qui se nommait encore « Tos » en 1228, comprenait les bois et la métairie du même nom ainsi que « la métairie de Chaumeret » et le village de « Gouez » qui aujourd'hui ont disparus.
Le vieux Château de Thou était à l'origine, une forteresse mérovingienne (entre le Ve siècle et le VIII e siècle).
Il est moins important que celui de Boisjaffier.
Il comprend une plateforme circulaire entourée de fossés et d'une avant cour servant d'entrée.
La configuration du sol du cite nous amène à penser qu'il y eut à l'origine, une enceinte  élevée avec la terre retirée par le creusement des fossés (21) .
Les seigneurs connus qui ont possédé ce fief étaient :
-    A la fin XIV e siècle, Perrot de Veillat ;
-    En 1402, Jehan de Veillat, fils du précédent ;
-    En 1438, Guillaume de Vie, qui obtient en 1440, de Charles de Culan, l'autorisation de fortifier le château ;
-    En 1538, Guichard de Thou, sieur de Porteaux et du Bois de Vèvre ;
-    En 1575, François Regnier, conseillé au Présidial de Bourges, époux de Jehanne Gassot. Il mourut en 1612 laissant douze enfants ;
-    En 1640, Robert Heurtault ;
-    En 1667 Philippe Bonnet du Gennetoy, conseiller au Présidial de Bourges.
-    En 1680 Colbert, marquis de Châteauneuf sur Cher, ministre du roi.
-    En 1879, Madame la duchesse de Maillé.

*Le fief de La Croisette

L'implantation de base de ce fief fut le Château qui dominait toute la vallée.
Ce château est d'implantation carrée, Il date du XVI e siècle mais bâti sur les fondements d'une forteresse du XIV e siècle.
Le domaine seigneurial de ce fief comprenait la forêt de Châtain, les métairies de la Perrière, Saint Domain et les moulins de Nohant, de la Croisette, de Grouers, de la Forge et de Trompe Souris. Il faut y ajouter les étangs de Loup et de Beugnon.
Ce fief devint d'appartenance de la seigneurie de Mareuil quand son seigneur acheta en 1565 puis en 1583 la seigneurie de Mareuil.
Les seigneurs connus qui ont possédé ce fief étaient :
-    En 1243, Hervet d'Artenay ;
-    Puis à ses enfants dont nous n'avons pas pu trouver les noms ;
-    En 1323, Jeanne d'Artenay ;
-    En 1326 Faucon de Passac époux de la précédente ;
-    En 1348 Philippe de Passac, fils du précédent ;
-    En 1386, Gaucher de Passac, époux de Jeanne de Châtillon. Il acheta le village du Grand-Malleray à guillaume Baston bourgeois d'Issoudun, ce dernier le tenait de Huguet De Laigue, dit Turpin, et de Jeanne Raine, son épouse. Gaucher bâtit le château de la Croisette en 1391 ;
-    En 1422, Louis de Culan, époux de Jeanne de Châtillon, veuve de Gaucher de Passac, amiral de France ;
-    En 1444, Philippe de Culan, neveu du précédent, lui aussi amiral de France ;
-    En 1446, Marie de Culan dame de la Croisette, fille du précédent, épouse de Jean de Castelnau fils d'Antoine de Castelnau et Gaumont, autre branche que celle des Castelnau de la seigneurie de Breuilhamenon des terres de Plou).
-    Avant 1466, Jean de Castelnau époux de Marie de Culan ;
-    En 1492, Jacques de Castelnau, fils du précédent, époux de Françoise de La Tour, fille d'Agne de la Tour vicomte de Turenne ;
-    En 1519, Françoise de La Tour, veuve du précédent ; François III de La Tour, vicomte de Turenne, neveu de la précédente, époux de Catherine d'Amboise, puis Anne de Boulogne ;
-    En 1545, François de La Tour, fils du précédent, époux de Eléonore de Montmorency ;
-    En 1554, Jean de Rochefort, époux de la fille du sieur de Châteauneuf sur Cher puis en 1541 époux en secondes noces de Margueritte Du Puy Coudray ;
-    Vers 1560, René de Rochefort, fils du précédent, qui acheta en 1565 une partie des terres de la seigneurie de Mareuil, puis en 1572, l'autre partie. Ainsi le fief de la Croisette se fondit avec la seigneurie de Mareuil ; À partir de 1601, le château de La Croisette devint la résidence de Madame de Rochefort, mère de René de Rochefort précité.

*Une partie du fief de l'Echalusse

Cette ancienne seigneurie était située sur les paroisses de Lunery et Primelles.
Elle était pour partie de la mouvance de Château neuf sur Cher.
Son territoire d'environ 900 hectares, se composait de la forêt et une métairie qui portent son nom, auxquels il nous faut ajouter le sous fief des Rimberts.
Les seigneurs connus qui ont possédé ce fief étaient :
-    En 1440, Jehan Pin, seigneur d'Aiguemorte et de l'Echalusse, Il était l'époux de Margueritte de Moussy. Sa fille Perenelle avait épousé Antoine de Saint-Avit, fils de Bertrand de Saint-Avit sénéchal de la Marche ;
-    En, Antoine de Saint-Avit, précité. Il avait reçu le fief de l'Echalusse de sa femme Perenelle ;
-    En, Jean de Saint-Avit, fils du précédent, époux de Jeanne de Gaucourt ;
-    Avant 1540, Jeanne de Gaucourt, veuve de Jean de Saint Avis précité, administra ce fief en tant que tutrice de ses enfant François et Antoine de Saint-Avit ;
-    En   ? , Antoine de Saint-Avit. Il était le fils de la précédente. Il avait épousé Louise Trousseau, fille de Louis de Trousseau seigneur de Bois-Trousseau ;
-    En, Jean de Saint-Avit, fils du précédent ;
-    En 1586 Jean Duchesne seigneur de la Grange-Saint-Jean ;
-    En 1587, Anne de Rochefort, seigneur de Mareuil qui avait acheté le fief pour 3200 écus  soleil (l'écu soleil vaut 1livre et13 sols tournois) qui ne paya point à la date convenu. Il en garde la propriété en condition de verser à Jean Duchesne une rente annuelle de 266 écus et douze livres en écu sol, (l'écu sol vaut 3 livres tournois). Ce qu'il ne versa point au jour d'échéance. Jean Duchesne céda alors son titre de rente à Claude Gassot sieur de Deffans qui se fit verser en 1627 le capital par Nicolas Brichanteau gendre de Anne Rochefort par son mariage avec sa fille Edmée Françoise de Rochefort. Ainsi le fief de L'Echalusse entra dans la seigneurie de Mareuil.

*Les sous fiefs des alentours de Primelles

*Les Rimberts
Ce fut une propriété détachée de celle d'Echalusse en 1614.
Le premier acheteur fut Jean de Culon seigneur de Champroy.
Puis vont se succéder :
-    En 1670 Jean Gallus, conseiller au présidial de Bourges. Il avait épousé Claude Tullier ;
-    En 1680, Jacques LeBloy, premier lieutenant de la Maréchaussée générale du Berry ;
-    Puis suivirent ses héritiers dont nous n'avons pas trouvé les noms ;
-    En 1776, Monsieur de Trumeau ;
-    Suivi de Monsieur Séguin ;
-    Suivi de Monsieur de Marcillac.

*Houet
La terre d'Houey comprenait un manoir, une grande métairie et 250 hectares de bois.
Son premier propriétaire connu fut René de Rochefort seigneur de la Croisette et de Mareuil.
Cette terre fut vendue en 1555 à Nicolas Riglet receveur général des finances en Berry.
Lui succéderont son fils Daniel Riglet et son petit fils Etienne Riglet.

*Champroy
Ce fief dépendait de Vierzon.
Les seigneurs connus qui ont possédé ce fief étaient :
En 1200, Hugonin du Verdier ;
En 1250, Guillaume Pot, seigneur de la Prune-au-Pot qui épousa Catherine du Verdier ; En 1389, Régnier Pot, dont les héritiers dont nous n'avons pas trouvé les noms vont se succéder jusqu'en 1590 ; En 1590, Jean de Culon époux d'Antoinette de Blosset ;
-    En 1625, Jean II de Culon, fils du précédent, époux de Suzanne de Bochetel ;
-    En 1640 Jean Jacques d'Ivoy ;
-    En 1656, Catherine d'Ivoy, qui transmet le fief à Denis Catherinot son époux ;
-    En 1694, René Catherinot ;
-    En 1704, Nicolas Catherinot
-    En 1732 René de Sauzay ; En 1740, François de Sauzay, chanoine de Bourges ; Vers 1760, Robert de Sauzay, fils de Robert de Sauzay, neveu du précédent
-    En 1791, Monsieur de Mellony ;
-    Suivi du comte de Lanet, petit gendre du précédent.

*La lignée des seigneurs de Mareuil avant et après la réunion de la seigneurie de Primelles à celle de Mareuil

Nous avons déjà dit qu'en 1320, la seigneurie de Primelles fut jointe à celle de Mareuil et que ce fut Pierre III, le fils « d'Alaiz ou Alaipdnis de Neuvy » Dame douairière de Saint Palais, Dame de Mareuil (22)   qui devint seigneur de Primelles.
Au risque de nous répéter, pour une bonne compréhension de l'évolution statutaire de la seigneurie de Primelles, il nous semble donc indispensable et profitable de connaître les lignées des seigneur de Mareuil, bien sur après l'annexion du domaine seigneurial de Primelles à la seigneurie de Mareuil ; mais aussi avant ce rattachement.

Avant la réunion, les seigneurs de Mareuil n'avait aucuns pouvoirs et droits sur la seigneurie de Primelles qui ne dépendaient uniquement par vassalité que des princes d'Issoudun, puis directement du roi de France.

A ces époques les seigneurs de Mareuil furent :

*Maisons conjointes de Culan et de Saint Palais :
-    Avant 1270, dans l'indivisibilité, Renoul de Culan et Pierre de Saint Palais ;

*Maison De Saint Palais :
-    Le 30 avril 1270, en propriété propre, Pierre I de Saint Palais, époux d'Alix de Mery avec qui il eut trois enfants : Pierre, Jehanne et Margueritte. Pierre I mourut en 1300 ;
-    En 1300, en tant que tutrice des enfants Alix de Mery, veuve du précédant. Elle maria sa fille Jehanne à Barthélemy de l'Isle le 27 octobre 1305. puis elle fit épouser à sa fille Margueritte Pierre III de Graçay en 1310 ;
-    Vers 1310, Pierre II de Saint Palais fils du précédent et de la précédente. Il fut l'époux d'Alaipdis ou Alaipdnis de Neuvy dont il eut deux enfants : Pierre et Marie qui sera marié d'abord à Jean de Thienges, puis en seconde noce à Jean de Crux ;
-    Vers 1320, en tant que tutrice des enfants, Alaipdis de Neuvy, veuve du précédent ;

1320 - La seigneurie de Primelles fut annexée à celle de Mareuil

-    Vers 1328, Pierre III de Saint Palais. Il fut l'époux de Jehanne de Mont-Rose, de qui il eut un fils Jean ;
-    En 1379, Jean I, fils du précédent. Il fut l'époux de Jeanne de Rochechouart, de qui il eut deux enfants : Jean et Philibert ;
-    Vers 1400, Jean II de Saint Palais, fils du précédent. Il fut l'époux de Margueritte de Giac, de qui il eut deux enfants : Charles et Marie qui épousera Arthaut-Trousseau seigneur de Bois-Sir-Amé ;
-    Vers 1426, en tant que tutrice des enfants, Margueritte de Giac, veuve du précédent ;
-    Vers 1430, Philibert de Saint Palais, frère de Jean II. il fut l'époux de Jehanne de Thienges ;
-    En 1434, en tant qu'usufruitière, Jehanne de Thienges, veuve du précédent ;

*Maison Trousseau – Maison Le Groing
-    Vers 1438, en tant qu'héritiers,
o    1°) Charles de Saint Palais dit « Trousseau » (23)  époux de Anne Damas, de qui il eut deux enfants : Marie qui épousera Jean Le Groing et Jeanne ;
o    2°) Marie de Saint Palais épouse de Athaut-Trousseau ;
-    En 1494, Anne de Damas veuve en premier de Charles de Saint Palais, en second de Guérin Le Groing.
-    En1496, Jean Groing et son épouse Marie de Saint Palais ;

*Maison de Damas de Digoine
-    Vers 1522, en tant qu'héritier, Jean de Damas, qui à un frère nommé Philippe Ce Philippe aura un fils nommé Antoine qui épousera et divorcera de Jacqueline de Levy ;
-    En 1565, Jacqueline Levy femme divorcée d'Antoine fils de Philippe de Damas ;

*Maison de Rochefort 
-    En 1572, René de Rochefort, par achat de la seigneurie aux Damas de Digoine. Il fut l'époux de Jeanne Hurault dont il eut trois fils : Jean, Anne et François et une fille Madeleine ;
-    Vers 1585, Jean de Rochefort, frère du précédent, époux de Anne de Sautour ;
-   Vers1587, Anne de Rochefort, époux de Charlotte de Sautour belle sœur du  précédent, dont il eut deux filles : Edmée François qui épousera Nicolas de Brichanteau marquis de Nangis et Madeleine qui s'unira avec Charles de Bouilly, seigneur de Mesvilliers ;

*Maison de Brichanteau – Nangis
-    Vers 1610, de par son épouse Edmée de Rochefort, Nicolas Brichanteau, marquis de Nangis ;
-    Vers 1655, Claude Alphonse Brichanteau, fils du précédent, époux de Anne Angélique d'Allogny de Rochefort ;
-    En 1658, comme tutrice de son fils, Anne Angélique d'Allogny de Rochefort, veuve du précédent ;
-    Vers 1670, Louis Fauste de Brichanteau, fils de la précédente, Il fut l'époux de sa cousine germaine une demoiselle d'Allogny de Rochefort, dont il eut Trois enfants : Louis-Armand ; Pierre-César ; Marie-Thérèse ; En 1690, Louis-Armand de Brichanteau fils du précédent.
-     En 1710, Louis-Armand de Brichanteau, son frère Pierre-César et sa fille Madeleine-Thérèse-Louise Vendirent les terres de Mareuil à Pierre Gorge d'Entraigues

*Maison d'Entraigues 
-    En 1710, Pierre Gorge d'Entraigues, époux en premier d'une demoiselle d'Estampes-Valençay, dont il eut un fils Chrétien-François qui sera marquis de Roize ; en second de Margueritte du Molley dont il eut un fils Pierre François duc de Falary  et une fille Julie Christine Régine qui sera l'épouse du duc Béthune Chârost;
-    En 1723, Chrétien François d'Entraigues, fils du précédent ;
-    En 1737, Christine Régine duchesse de Chârost, sœur du précédent.
Ainsi cette terre de Mareuil passa à la propriété des ducs de Chârost.


Traditions populaires sur les terres de Primelles encore en cours vers 1700

* Droit seigneurial sur les mariages
En la seigneurie de Primelles, ceux qui s'étaient mariés pour la première fois, donnaient à leur seigneur -qui pour la circonstance- prenait le nom de « roi des bacheliers » un éteuf  (24) .
Ceux qui s'étaient mariés en seconde noces donnaient au seigneur « un billard de deux pied et demi compris la masse qui devait être de un pied et demi et chacun deux billes neuves (25) .
Ceux qui s'étaient mariés en troisième noces ou plus, étaient soumis aux mêmes exigences que ceux qui se mariaient pour la deuxième fois et devaient payer en plus à leur seigneur deux oisons ou roibry et vingt deniers.

Ces obligations se payaient le jour de la trinité (26)  qui suivait le mariage.

* L'aumône de la bûche ou Truffeau ou aussi Trouffiau
Les habitants pauvres de Primelles allaient, la veille de Noël, au château, chercher une bûche (trouffiau) que leur donnait le seigneur.
Le soir, le chef de famille aspergeait le trouffiau d'eau bénite et le mettait à brûler dans l'âtre.
Le lendemain, il récupérait la cendre qui devait le protéger toute l'année suivante de l'incendie et du feu du ciel.
Dans d'autres endroits du Berry, le paysan même pauvre, devait porter à son seigneur, le soir du réveillon une bûche pour la cheminée du château.



Notes de Références

(1)   CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil » Edition Alice Lyner. Issoudun, 2009, page57.

(2)   BUHOT DE KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 150.

(3) THIERRY. (Amédée.). : « Histoire des Gaulois ». Editions Hachette. Paris 1835. 415 pages, .p.10

(4) Archives Notre Dame de Sales, liasse 17, in BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher ». Edition le livre d'histoire, Paris 1996, page 160.

(5) SALMON. (Charles.). : « Histoire de Saint Firmin, martyr, premier évêque d'Amiens, patron de la Navarre et des diocèses d'Amiens et de Pampelune ». Publié par Rousseau-Leroy, 1861, 523 pages.

(6) SALMON. (Charles.). : « Histoire de Saint Firmin, martyr, premier évêque d'Amiens, patron de la Navarre et des diocèses d'Amiens et de Pampelune ». Publié par Rousseau-Leroy, 1861, 523 pages.

(7) CHENU. : « Recueil des antiquités et privilèges de la ville de Bourges ». Edité par Robert Foüet à Paris en 1621. Pages de 99 à 103.   
Extrait : « selon la coutume loüable du temps passé qui célébroit les lieux rares, et où il faisoit quelques miracles et choses dignes de remarques par le nom de quelque Saint afin de leur donner plus d'autorité. »

(8) SALMON. (Charles.). : « Histoire de Saint Firmin, martyr, premier évêque d'Amiens, patron de la Navarre et des diocèses d'Amiens et de Pampelune ». Publié par Rousseau-Leroy, 1861, 523 pages

(9 )CARTIER DE SAINT RENE. (Louis.). « Histoire de la seigneurie de Mareuil » Edition  Alice Lyner. Issoudun 2009.

(10 )BUHOT de KERSER. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher ». Edition le livre d'histoire, Paris 1996, page 161.

(11) THAUMAS DE LA THAUMASSIERE. (Gaspard.). : « Histoire du Berry » Edition de François b Toubeau de 1689, Bourges. Réédité en 4 volumes en 1863-1871.

(12)   Cette lignée de seigneurs d'Issoudun apparaît dans le livre de GUIGNARD. (Romain.). : «  Issoudun des origines à 1850. Editions Arts et Loisirs, Issoudun 1995.
Elle a également fait l'objet d'une recherche dans le travail de JOHANNOT (René.). : « Les Terres de Plou dans la mouvance historique du Berry et de la France » disponible sur CD Rom à l'Atelier Sant Johan, le Tourniquet Brouillamnon  18290 Plou.

(13)  Ce seigneur est attesté dans les archives de Notre Dame de Sales, liasse 17. Il figure en tant que tel dans l'ouvrage de BUHOT de KERSER. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher ». Edition le livre d'histoire, Paris 1996, page 161.

(14) Ce seigneur est signalé dans les archives de l'abbaye de La Prée, liasse 9. . Il figure en tant que tel dans l'ouvrage de BUHOT de KERSER. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher ». Edition le livre d'histoire, Paris 1996, page 161.

(15) CARTIER DE SAINT RENE. (L.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil » Editions Alice Lyner Issoudun 2009. annexe 5, page 166.

(16) Archives : Fond Cures et fabriques. Cure de Condé, par. De Lignières. Il est fait état de cette référence par BUHOT de KERSER. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher ». Edition le livre d'histoire, Paris 1996, page 161.

(17) BUHOT de KERSER. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher ». Edition le livre d'histoire, Paris 1996, page 164.

(18) Bulletin : Par Académie du Centre, Châteauroux. Publié par Imprimerie P. Lanogis et cie. 1899, page 50.

(19) CARTIER de SAINT RENE. (L.). « Histoire de la seigneurie de Mareuil ». Editions Alice Lyner. Issoudun, 2009, page 104 et suivantes.

(20) De NICOLAY. (Nicolas.). : « Description du Berry ». Editions Aupetit. 1883. (Nicolas Nicolay vécut de 1517 à 1583).

(21) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher ». Edition le livre d'histoire, Paris 1996, page 164.

(22) CARTIER de SAINT RENE. (L.). « Histoire de la seigneurie de Mareuil ». Editions Alice Lyner. Issoudun, 2009, page 120 .

(23) CARTIER de SAINT RENE. (L.). « Histoire de la seigneurie de Mareuil ». Editions Alice Lyner. Issoudun, 2009, page 120 .

(24) Un éteuf = balle de paume de trente deux carreaux et de neuf couleurs.

(25) Billard = un bâton qui servait de manche à une masse. Les deux réunis, formaient une espèce de maillet avec lequel on poussait les billes ou boules au jeu de mail.

(26) Pentecôte : du grec Penthkosth (hmera) : cinquantième (jour). Dans l'Ancien Testament, cette fête commémorait le jour où Dieu remit à Moïse les Tables de la Loi, cinquante jours après le départ d'Egypte du Peuple élu, la Pâque de l'Exode.


Bibliographie


 BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher ». Edition le livre d'histoire, Paris 1996, page 164.


CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil » Edition Alice Lyner. Issoudun, 2009, page57.

 CHENU. : « Recueil des antiquités et privilèges de la ville de Bourges ». Edité par Robert Foüet à Paris en 1621. Pages de 99 à 103.   

De NICOLAY. (Nicolas.). : « Description du Berry ». Editions Aupetit. 1883.

JOHANNOT (René.). : « Les Terres de Plou dans la mouvance historique du Berry et de la France » disponible sur CD Rom à l'Atelier Sant Johan, le Tourniquet Brouillamnon  18290 Plou.

 SALMON. (Charles.). : « Histoire de Saint Firmin, martyr, premier évêque d'Amiens, patron de la Navarre et des diocèses d'Amiens et de Pampelune ». Publié par Rousseau-Leroy, 1861, 523 pages

 THAUMAS DE LA THAUMASSIERE. (Gaspard.). : « Histoire du Berry » Edition de François b Toubeau de 1689, Bourges. Réédité en 4 volumes en 1863-1871.
 
THIERRY. (Amédée.). : « Histoire des Gaulois ». Editions Hachette. Paris 1835. 415 pages, .p.10
 

Annexe I :

Charte sur Primelles de 1270 concernant
le Grand Malleray.
*

A tous ceux qui verrons ces présentes lettres, moi Pierre de Saint Palais, chevalier et sir de Vatan et de Mareuil mettant mon salut en notre seigneur Jésus Christ ; fait savoir à tous comment  j'ai eu fait convenance avec les  « nonains » (nonnes)  de Buissière, c'est à dire avec l'Abbesse et le couvent du même lieu, à l'endroit (=concernant) une maison que l'on nomme Maleray (aujourd'hui Le Grand Malleray)  de la paroisse de Prumeles (aujourd'hui Primelles) et de Luneri (aujourd'hui Lunery). La dite maison me fut remise en ma main de droit pour raison de terme trépassé (= bail échu).
J'ai décidé pour devant les dites Dames, qu'elles quittent la dite maison pour toujours ou qu'elles me donne foi de la tenir ou de la garder comme la leur pour quinze livres de monnaie courante payées à la fête de Saint Johan prochainement à venir, et je promet comme j'ai le droit, que je ne vendrai pas cette convenance ni moi ou d'autres et je tiendrai mes héritiers de tous mes biens à ce que ce soit chose ferme et établie par cette présente lettre scellées de mon sceau
Tout fut fait en l'an de grâce 1270 au mois de mai.    

Pierre de Saint Palais   *                 
                                                                                                   
Traduite par R. JOHANNOT du texte originel publié en annexe du livre « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher » de BUHOT de KERSERS.



Annexe II :


Charte sur Primelles de 1320
concernant une donation sous la protection royale
*

Nous « De Fay », chevalier du roi notre seigneur, bailli de Bourges,
à
« Le Retif » sergent de messire le roi, ou au premier autre sergent du roi du bailliage de Bourges, à qui ce mandat sera remis,
Salut.

Dans une Lettre scellée du seau de la prévôté d'Issoudun et, entre autre chose, ayant vu son contenu où il est dit :
Dame « Douce », veuve de du feu « Johan Blondeau de Primelles » qui nous a quitté pour toujours,   fait un Don solennellement à « Etienne Blondeau » son fils présent et recevant en ses mains par grand amour et affection qu'elle avait envers le dit « Etienne », et pour que soit assuré ses nécessités en vêtures et vivres et en toutes autre choses nécessaires comme qu'en elle vivait selon l'état de sa personne.
Sauf 10 livres tournois que la dite « Douce » a retenu pour accomplir et pour faire les choses contenues en son testament ou dernières volontés. Lesquels 10 livres en cause seront par le dit « Etienne » payées rendues et distribuées après le décès de la dite « Douce » de la manière que la dite « Douce » aura ordonnée en son dit testament ou en sa dernière volonté.
Tous ses biens, meubles et héritages alors présents et à venir, acquis ou à acquérir de quelques sortes qu'elle les ai acquis ou puisse acquérir à l'avenir de par père ou de par mère ou pour raison de conquête ou d'autres causes qui puissent être, sont les choses données, dont la dite « Douce » se dessaisit et en revêt le dit « Etienne Blondeau » son fils et ses héritiers pour bail et respect des Lettres dictées au dessus (ci-dessus).
En plus, la dite « Douce » veut que le dit « Etienne » et ses fils prennent en leurs possessions et se saisissent de l'administration de tous les biens meubles et héritages qu'elle lui a donnés sans qu'ils en requièrent à nul personne (sans qu'il n'en rende compte à personne) et que le dit « Etienne » et les siens les possèdent et les tiennent en leur garde perpétuelle et qu'ils en fassent et puissent en faire leurs volontés comme promis à la dite « Douce » par stipulations (déclarations) solennelles et par conventions attachées, cessions et quittances des dites choses données et toutes autres choses de la manière décrite dessus (ci-dessus), en les tenant fermement sans corruptions et sans jamais venir contre les promesses, de les livrer, défendre et garantir en jugement et hors jugement par le dit « Etienne », ses fils et à ses héritiers envers et contre tout. Et a se tenir et garder fermement comme l'oblige la dite « Douce » à la juridiction du dit seau, ses biens meubles et non meubles présents et à venir, comme il est plus pleinement  contenu dans ces dites Lettres dictées dessus (ci-dessus).
Lequel Don, bail, cession et quittances et toutes autres choses en la manière dont elles sont écrites dessus (ci-dessus) seront exposées à la noble dame « Alaiz de Mareuil, Dame de Saint Palais » et au noble « Pierre » son fils sir de Saint Palais, comme (en qualité de) seigneurs de la dite Dame « Douce » ; pour qu'ils veulent bien octroyer, approuvé et ratifier et consentir comme (dans les termes qu') il est contenu dans les dites Lettres dessus (ci-dessus).
Le dit « Etienne », reçoit les dites choses données par la cause(raison) dite au dessus (ci-dessus), qu'il possède et tient jusqu'à sa mort. Lesquelles choses et la possession d'icelles (de ces choses), si il vient à mourir seront avenues et transportées (iront) aux enfants qu'il laissera comme il est de raisons et d'usages et comme de coutumes notoires en notre pays.
D'autre part : Il est donné à entendre aux  honorables hommes et sages, le prieur et le chapitre de Notre Dame de Sales de Bourges que si les dits enfants sont mineur ou de moindre âge, ils seront, par non devis (sans contestations possibles) pour moitié leurs hommes de condition (tuteurs) pour ce qui leurs revient du dit « Etienne leur père qui était homme de condition (tuteur) des dits enfants bourgeois du roi.
Ainsi que pour moitié par non devis (sans contestations possibles) de ce qui leurs revient de leur mère bourgeoise du roi.
Ainsi les dits enfants bourgeois du roi, sont et doivent être avec leurs biens et pour la temps qui sont mineurs d'âge, pour la moitié sous bonne garde et la protection de notre seigneur le roi et pour l'autre moitié pour laquelle ils sont hommes de condition (tuteurs) les dits honorables et leur église sous la garde du roi.
C'est pourquoi nous (le chevalier de Fay bailli de Bourges), à la requête des dits honorables, comme nous le sommes tenu de notre office pour le roi notre seigneur, déclarons les dits enfants et tous leurs biens de la teneur (décrits dans) de ces Lettres, quelque part où ils soient,  mis en bonne garde et protection du roi notre seigneur, jusqu'à tant qu'il soit ordonné autrement.
Nous vous demandons à chacun de vous (sergents du baillage de Bourges) et commandons que vous fassiez savoir à la dite « Dame » et au dit « Pierre » que les dits enfants et leurs biens sont et les avons mis en bonne garde et protection du roi et que le roi défend à la dite « Dame de Mareuil » et à « Pierre » son fils, seigneur de Saint Palais et à tous autres que vous verrez, que les dits enfants mineurs soient empêcher (privés ou spoliés)de leurs biens par molestement (force)ou dénuement (confiscation ou appropriation), car la dite « Douce » n'a nuls biens car ses biens présents et à venir, elle les a donné au dit « Etienne » et de raison (de par la loi) ne lui appartiennent plus maintenant.
Aux dits enfants, nous leurs faisons savoir que nous avons mis, en la garde et protection du roi, leurs personnes et tous leurs biens meubles et non meubles durant leurs minorités jusqu'à tant qu'il en soit autrement ordonné.
Et nous disons à la dite « Dame de Mareuil » et « Pierre » et ses fils, seigneurs de Primelles ou à d'autre personnes qui tenteraient d'empêcher ou troubleraient la possession des dits enfants, qu'ils seraient amonestés (admonestés = sermonnés, réprimandes, punis) de ces empêchements par le Roi, et qu'ils ôtent ou fasse ôter ces empêchements et rendre nulle la mise en leurs biens (restituent se qu'ils se sont déjà appropriés).
Si ces empêcheurs veulent alléguer  (dire, exposer, argumenter ou mettre en avant) leurs causes et leurs raisons, qu'ils viennent par devant nous le jour compétent à notre prochaine assise d'Issoudun. Ils pourront alléguer (dire, exposer, argumenter ou mettre en avant) ce qu'ils voudront selon la raison (la loi) et, pendant la dilacion (l'audience ou la tenue de l'assise) faire recréance (restituer) des choses prises comme main souveraine selon la coutume du pays.
Il vous (sergents du baillage de Bourges) appartient de mettre sous votre garde les dits enfants et de les garder de la force et  les soustraire à l'injure et à l'oppression.
Il vous est due obligation de les tenir et les garder en leurs justes possessions et saisines comme il se doit de raison (comme le veut la loi).
De ce fait nous (le chevalier de Fay bailli de Bourges) vous (les sergents du baillage de Bourges) donnons pour cela le commandement spécial et à chacun d'entre vous un mandat de commandement sur tous les sujets et autres requérants pour qu'ils vous obéissent et vous entendent diligemment.

Fait à Bourges le XIV jour d'août en l'an de grâce mille trois cent vingt.

Data vero istitus transcripti anno die jouis post festum beali ludovici.  (daté et écrit en cette année dix jours avant la fête de Saint Louis).

De Fay. chevalier du roy Bailly de Bourges





Acte provenant des Archives Notre Dame de Sales, I. 19,
Traduite par R. JOHANNOT du texte originel publié en annexe du livre « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher » de BUHOT de KERSERS.






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Saint Ambroix /Arnon des origines à la Révolution

 

"Atelier Sant Johan". Brouillamnon Plou. "
  Article écrit par René Johannot le 24 octobre 2009, publié sur ce site le 15 juin 2012.


HISTOIRE DE SAINT AMBROIX

sur Arnon

Village du Berry

des origines à la Révolution

*

Généralités


Saint Ambroix est un village et une commune situé dans le département du Cher, faisant partie lui-même de la Région Centre.
Plus exactement, la commune et le village de Saint Ambroix  sont dans la partie du Berry appelée « Champagne Berrichonne ».
Sa Position géographique est de :
46°55'57'' latitude Nord
2°07'16'' longitude Est
La commune s 'étend sur 32,22 km2.
Son sous-sol est fait de calcaires marneux du jurassique recouverts des sables et des argiles du miocène.
Son point le plus élevé est à 166 mètres et le moins haut à 125 mètres.
Elle est traversée du Sud au Nord par la rivière Arnon.
Sa population est d'environ 374 habitants, ce qui donne une densité de 11 habitants au km2.
Enfin elle est traversée du Nord Est au Sud Ouest par la voix romaine qui rejoignait Avaricum (Bourges) à Argentomagus (Argenton sur Creuse).      
 

Les terres de Saint Ambroix durant la préhistoire

Tout comme beaucoup d'autres villages en « Champagne berrichonne », le territoire qui englobera plus tard la paroisse, puis la commune de Saint Ambroix, a accueilli le chasseur cueilleur du néolithique.
Les origines métissées de cet homme étaient la résultante de plusieurs vagues de migrations venues d'Europe centrale et d'Europe du Nord, des Balkans et de la vallée du Danube.
Les racines de sa culture civilisationnelle,  incluaient la culture lithique de l'industrie Tardenoisienne, et la culture céramique de l'industrie de Cerny.
Cette présence néolithique est attestée par les ruines de deux menhirs, qui se trouvaient :
-        Pour l'une, dans la forêt de « Belais », sur la paroisse de Primelles, dans une coupe appelée « le bois de la pierre qui danse » (1).
-      Pour l'autre, surnommée la « Pierre Large », sur les terres de Civray sur la voie romaine à la limite des seigneuries de Chârost et de Mareuil, près de la ferme de « Galard » (2).
 

Les terres de Saint Ambroix pendant l'Antiquité

Ces hommes du néolithique, semi-nomades, qui se déplaçaient dans la vallée de l'Arnon, sur les terres qui aujourd'hui forme la paroisse et la commune de Saint Ambroix, ont vu l'arriver des hommes de race Indo-européenne d'ethnie celtique. Ils venaient d'Asie occidentale, et ils se nommaient les « Galls ».
On trouve le témoignage de leur présence sur la rive gauche de l'Arnon, entre les villages de Saint Ambroix et Saugy  (la commune de Saugy s'appelait avant 1885, « Dames Saintes »), sur « les terres d'Arneuse » qui plus tard se sont appelées « Arnaize », devenues aujourd'hui  « les terres de « Renaize » (3).
Vers la première moitié du 7 e siècle av J.C., les Galls, qui s'étaient installés sur ces terres, ont vu, à leur tour, arriver une autre migration de même ethnie celtique que la leur, celle du peuple des « Kimris ».


Les terres de Saint Ambroix pendant la période gauloise

Les Galls ont résistés à cette invasion migratrice des Kimris mais le temps passant, ces deux peuples de même culture se sont réunis pour former celui des « Gallo Kimris » (4).
Les Gallo Kimris vont êtres nommés  « Gaulois » et le territoire que forme la « Galatie », va peu à peu changer d'appellation pour devenir la « Gaule ».
Les terres de Saint Ambroix furent l'un des territoires d'un peuple Gaulois nommé « Bituriges Cubi » qui allait occuper un territoire qui s'étendait sur les plateaux du Limousin et d'Orléans, sur une partie de la Bourgogne, et sur le nord-est de l'Aquitaine.
Les terres de Saint Ambroix, et d'autres des alentours, attestent de cette présence gauloise :
-    D'abord près de « Peluées » aujourd'hui nommée « Peluyres » où une habitation souterraine gauloise fut découverte en 1882 par le docteur Pineau et où furent recueillis des fragments de poterie noire, façonnée à la mains décorée de points blancs (5).
-       Ensuite à « Civray » où fut trouvé sous la voie romaine (chaussée de César) un bracelet en fils de bronze plein de forme ovale, orné de stries transversales et obliques.
Ce bracelet était passé dans un tibia (6).

Les terres de Saint Ambroix pendant les périodes romaines et gallo romaines

La présence romaine, puis gallo romaine sur le territoire que forment ces terres de Saint Ambroix est attestée par de nombreux vestiges :

 -    Celui de nombreuses sépultures qui se situaient sur la rive gauche de l'Arnon, près de la voie romaine sur les terres d'Arnaize (aujourd'hui Renaisze) et qui furent fouillées par Monsieur Dumoutet à la fin des années 1880.
    o      On y découvrit plusieurs salles qui contenaient des urnes remplies d'ossements humains calcinés qui attestent de leurs finalités funéraires.
    o       On y mit à jour aussi des sépultures formées de pierres trouées superposées afin que des urnes puissent y être déposées. (voir ci-dessous gravures de Georges Garense 1885)
    o      D'autres sépultures étaient simplement formées de pierre taillées en cylindre recouvertes de demie sphères dans lesquelles étaient déposés les ossements restant de la crémation (7).
 
-   
Georges Garense 1885

Celui aussi de plusieurs stèles
    o      Deux grandes d'environ 1,410 m de haut où apparaît sculptée :
Sur l'une une figure féminine et une inscription « VINIOLA ».
Et sur l'autre un couple de personnages. (actuellement au musée Bertrand de Châteauroux).  
Ces deux stèles furent découvertes au lieudit « Saint Hilaire » non loin de la rive gauche de l'Arnon  en face du bourg actuel de Saint Ambroix. (8).

 
(photos : Gérard Coulon) 


    o      Une autre de forme parallélépipédique divisée en deux tableaux entre deux pilastres sur le fronton de laquelle on lit « RI MANIRII VMBRA ».
o      Un autre encore représentant un portail surmonté d'un fronton triangulaire. Dans ce portail est gravé verticalement « GALII DA » (9).

 


gravures Georges Garense 1885

-      Celui enfin de nombreux objets usuels tels que :

    o      Des clefs, des anneaux, des boucles, de la poterie et des urnes.
Toutes ces précieuses découvertes archéologiques se sont faites aux lieudits «  le carroir d'Airain », dans « le bois de Lucus » aujourd'hui « le bois de Luc » et « Arnaize » aujourd'hui « Renaize ».


 

Origines du village primitif nommé « Ernodorum » ou « Erdodurum »

Durant ces époques romaines et gallo-romaines, le lieu où se trouve aujourd'hui Saint Ambroix, était appelé « Ernodorum » ou « Ernodurum ». 
Sur ce lieu, il semblerait que deux implantations humaines étaient à distinguer.
L'une guerrière ou militaire qui devait être un fort.
L'autre civile devait être une « villa » (village).
Le fort se situait sans doute dans la pointe nord de l'île formée par la séparation du cours de l'Arnon un peu après le lieudit « la Vallée ».
Ce lieu fortifié gardait le passage de la rivière à gué qui était un peu en aval de l'endroit ou furent construits les ponts de bois et le pont d'aujourd'hui (10).
Pour ce qui est de l'implantation de la « Villa » (village), elle se serait faite sur la rive gauche de l'Arnon, face au village d'aujourd'hui (11).
Nous trouvons « Ernodurum »  désigné par écrit pour la première fois dans l'itinéraire d'Antonin ( 460-3) vers 280 après J.C. (12).
En fait, ce nom serait la gallo romanisation du nom gaulois « Aronduro » dont l'étymologie se construirait à partir de ces deux étymons :
    -  « aron » ou « arnon » ou « arnava » qui vient de «  aar » et qui nomme l'eau qui coule.
    -  « duro » qui signifie une colline fortifiée ou un endroit fortifié.
Ce qui décrit la vision d'un « lieu fortifié sur une hauteur auprès duquel coule une rivière ».
La latinisation gallo romaine l'aurait transformé en Ernodurum ou Ernodorum en donnant toponymiquement alors aux deux racines du mot, une nouvelle signification.
Ainsi :
    - « erno » voudrait nommer en langue celtique continentale (langue gauloise) un « aigle » (pris dans le sens sémantique de nid d'aigle, hauteur fortifiée).
    - « durum » ou « dorum » voudrai désigner, toujours dans ce même langage, un carrefour, une porte, une place, un marché, un forum (13).
Ce qui construit les nominatifs suivants :
-  « carrefour de l'aigle ».
-  «  porte de l'aigle »
-  «  place de l'aigle »
-  « forum de l'aigle »
Ce qui attribue à ces nominatifs, en plus de la connotation défensive, celle d'itinéraire, de passage, d'étape et d'échanges culturels et commerciaux.
« La table des itinéraires » dite de Peutinger, qui date du 3ème ou du 4ème siècle, que Celtis Portucius avait offert à  de Konrad Peutinger en1507, nomme ce lieu « Ernoduro » (14).
Elle désigne ce lieu comme seule étape d'importance sur la voie romaine « Iter magnum de calceata » (15), entre la cité d' « Argentomagus » (Argenton) et celle d'Avaricum (Bourges).
Plus tard dans une bulle du pape Calixte II, qui date entre 1119 et 1124, ce lieu est nommé « Arnotensis ».
 

Circonstances qui ont changé le vocable du village primitif nommé « Ernodorum » ou « Erdodurum » en « Saint Ambroix »

Ce changement de nominatif eut pour cause la découverte au Xème siècle des restes de la dépouille de l'ermite « Ambroise » ou « Ambroix, qui plus tard, fut canonisé.
Ambroix, qui avait prouvé à maintes reprises sa vocation à servir Dieu, avait été fait évêque de Cahors vers l'an 752, soit par le pape « Zacharie » ou soit par le pape Etienne II.
Devant l'indifférence prolongée de ses oilles  à ses prêches et à ses actions charitables, Ambroix fut si découragé des hommes qu'il alla se cacher dans une grotte située, nous dit-on, à 500 pas de la cité de Cahors, ce qui l'éloigne d'environ 165 mètres, en dehors des remparts de cette dernière.
Il vécu là cloîtré durant près de trois ans avant d'être découvert et reconnu.
Son retour au monde fut pour lui une grande déception, car il ne vit, dans le comportement de ses oilles, aucun progrès.
Très affligé par ce constat, il partit pour Rome vers 755, afin de prendre conseils auprès du Saint Père Paul 1er.
Nul ne connaît le contenu de leur entrevue, mais ce qui est sur c'est que Ambroix partit de Rome pour se rendre à Tours afin de bénéficier des apaisements de son évêque « Ostald ».
Ce serait durant ce séjour tourangeau, qu'Ambroix aurait décidé de devenir ermite.
Il reprit donc le chemin, et son errance le mena sur les terres de « Ernodurum » en « Biturigas » (Berry) où il s'installa  pour sa vie de reclus au lieu  nommé « Séris » appelé aujourd'hui « les Maras » sur la rive droite de l'Arnon.
Il vécu en ce lieu jusqu'à sa mort qui survient le 16 octobre 770.
Il fut inhumé à « Ernodurum » dont le nom avait évolué à cette époque en « Ernotrum ».
Nous ne connaissons pas la date de sa canonisation à partir de laquelle Ambroix fut appelé « Saint Ambroix ».

Ce fut au 10ème siècle, que la sépulture de Saint Ambroix fut retrouvée et qu'il donna son nom au lieu, en remplacement de « Ernotrum ».
Toutefois cet ancien nom se retrouve partiellement dans le lieu proche de Saint Ambroix qui se nommera successivement  « Arneuse », « Arnaize », aujourd'hui « Renaize ».
La dépouille retrouvée de Saint Ambroix fut transportée dans l'église Saint Pierre et Saint Paul de Bourges qui devint une abbaye de chanoines de Saint augustins et qui, elle aussi tout comme l'ancien village de Ernodurum, prendra le nom de Saint Ambroix.
L'abbaye abritera les reliques du Saint -qui échapperont à la fureur protestantes du 16ème siècle- jusqu'en 1822 ; après cette date leurs traces se perdent (16).
Cette abbaye subira les outrages des invasions normandes en 868 ; les exactions des Huguenots en 1562 ; et les destructions des grands incendies qui embrasèrent à plusieurs époques la cité de Bourges.
La Révolution de 1789 la maltraitera au point d'en faire une ruine.
Elle sera rachetée par  Monsieur « Butet » qui y installa une fabrique de toile pour confectionner des voiles de navires ou travaillèrent 800 ouvrières.
Cet atelier fermé, cette abbaye reliquaire de Saint Ambroix, tomba en désuétude.
Aujourd'hui, après une restauration plutôt réussie, l'ancienne abbaye Saint Ambroix abrite depuis 1991, un restaurant (17).


Origines de la paroisse de Saint Ambroix

Il nous faut rechercher les origines de la paroisse de Saint Ambroix dans celle qui composait le « Chapitre du Château lès Bourges ».
En effet, ce Chapitre avait la particularité d'être composé d'un prieuré de dix chanoines, dont l'un d'eux administrait une paroisse qui étendait son autorité sur le faubourg du Château lès Bourges à laquelle il fallait ajouter à cette gestion, celles des paroisses extérieures, comme il en fut pour celle de Saint Ambroix.
En fait, il semblerait que la paroisse de Saint Ambroix fut une extension externe de la paroisse de ce chapitre voué à Saint Austrille (18).
Une bulle du pape Calixte II, nous permet de fixer la naissance de la paroisse de Saint Ambroix par le « Chapitre du Château les Bourges », avant 1123.
Puis le Chapitre du Château lès Bourges fut annexé à celui de la « Sainte Chapelle de Bourges » créée par le duc Jean de Berry en 1400. Ainsi la paroisse de Saint Ambroix tomba sous le patronage de la Sainte Chapelle qui a son tour, plus tard, dépendra directement de l'Archevêque de Bourges.

 

L'église Saint Loup de Saint Ambroix

Pour L. Cartier de Saint René (19), « l'église Saint Loup de Saint Ambroix » daterait du XIIème siècle et la chapelle à droite du cœur  du XVème.
L'apparence extérieure de l'église que l'on voit aujourd'hui date d'entre 1885 et du le début du XXème siècle.
L'édifice d'avant ne possédait pas le fronton d'entrée qui fut ajouté au XXème. Il était entouré du cimetière comme le voulait l'usage.

 église d'aujourd'hui

église en 1885 (gravure de Georges Garense)


Il est à remarquer dans cette église  les sculptures qui servent de terminaisons basses aux travées ; ainsi qu'une clef de voûte composée d'un écusson et d'un collier d'ordre tenu par deux griffons.
La chapelle du 15ème se distingue par une fenêtre à meneaux d'une assez grande élégance. 


Enfin, en 1879, Cartier de Saint René nous dit que la cloche de cette église portait les inscriptions suivantes. « Deum laudo,vivos voco, mortus lugeo.     
Marraine et parrain Delle S ….. et messire de Bagnoux capitaine du chasteau et grosse tour d'Yssoudun. Chapuzet lieutenant des terres de Mareuil, la Croizette, Saint Ambroix, etc. Louis PROvr St Dic L Roucet 1688 J Gourru. ».

On peut donc en déduire que ce fut cette cloche qui échappa à la réquisition révolutionnaire du bronze découlant de la loi du 23 juillet 1793 et qui fut effectuée sur le canton de Chârost fin octobre de la même année (20).

Ce fut aussi à cette époque, que cette église servit de salpêtrière.

 

 Les territoires formant la paroisse de

Saint Ambroix

 L'étendue de la paroisse de Saint Ambroix comprenait : 
  o      « Les Grandes Peluées, qui aujourd'hui s'appellent « Les Grandes Peluyes » ;
  o      « Les Petites Peluées », qui de nos jours se nomment « Les petites Peluyes » ;
  o      Les terres des « Lachons » ;
  o      Les terres du domaine de  « La Buissonnière » aujourd'hui « La Brissonnerie » ;
  o      Les terres d' « Arneuse », puis d'« Arnaize », aujourd'hui « Renaize » ;
  o      Les terres du « prieuré de Semur » (aujourd'hui « Petit Semur » et « Grand Semur »).


Les seigneurs de Saint Ambroix

Saint Ambroix et ses terres dépendaient de la seigneurie de la Croisette.
Mais ce fut à Saint Ambroix que fut fixé le siége de sa justice.
Il y avait donc un bailli qui rendait sentence en ce lieu.

Les seigneurs connus qui ont possédé ce fief étaient :

-        En 1243, Hervet d'Artenay ;
-        Puis à ses enfants dont nous n'avons pas pu trouver les noms ;
-        En 1323, Jeanne d'Artenay ;
-        En 1326 Faucon de Passac époux de la précédente ;
-        En 1348 Philippe de Passac, fils du précédent ;
-        En 1386, Gaucher de Passac, époux de Jeanne de Châtillon. Il acheta le village du Grand-Malleray à guillaume Baston bourgeois d'Issoudun, ce dernier le tenait de Huguet De Laigue, dit Turpin, et de Jeanne Raine, son épouse. Gaucher bâtit le château de la Croisette en 1391 ;
-        En 1422, Louis de Culan, époux de Jeanne de Châtillon, veuve de Gaucher de Passac, amiral de France ;
-        En 1444, Philippe de Culan, neveu du précédent, lui aussi amiral de France ;
-        En 1446, Marie de Culan dame de la Croisette, fille du précédent épouse de Jean de Castelnau fils d'Antoine de Castelnau et Gaumont, autre branche que celle des Castelnau de la seigneurie de Breuilhamenon des terres de Plou).
-        Avant 1466, Jean de Castelnau époux de Marie de Culan ;
-        En 1492, Jacques de Castelnau, fils du précédent, époux de Françoise de La Tour, fille d'Agne de la Tour vicomte de Turenne ;
-        En 1519, Françoise de La Tour, veuve du précédent ; François III de La Tour, vicomte de Turenne, neveu de la précédente, époux de Catherine d'Amboise, puis Anne de Boulogne ;
-        En 1545, François de La Tour, fils du précédent, époux de Eléonore de Montmorency ;
-        En 1554, Jean de Rochefort, époux de la fille du sieur de Châteauneuf sur Cher puis en 1541 époux en seconde noce de Margueritte Du Puy Coudray ;
-       Vers 1560, René de Rochefort, fils du précédent, qui acheta en 1565 une partie des terres de la seigneurie de Mareuil, puis en 1572, l'autre partie.
Ainsi le fief de saint Ambroix dépendant de la seigneurie de la Croisette, se fondit avec la seigneurie de Mareuil.
 

Seigneurs de Saint Ambroix après l'annexion de la seigneurie de La Croisette à celle de Mareuil sur Arnon. 

-        En 1572, René de Rochefort, par achat de la seigneurie aux Damas de Digoine. Il fut l'époux de Jeanne Hurault dont il eut trois fils : Jean, Anne et François et une fille Madeleine ;
-        Vers 1585, Jean de Rochefort, frère du précédent, époux de Anne de Sautour ; Vers1587, Anne de Rochefort, époux de Charlotte de Sautour belle sœur du  précédent, dont il eut deux filles : Edmée François qui épousera Nicolas de Brichanteau marquis de Nangis et Madeleine qui s'unira avec Charles de Bouilly, seigneur de Mesvilliers ;
-        Vers 1610, de par son épouse Edmée de Rochefort, Nicolas Brichanteau, marquis de Nangis ;
-       Vers 1655, Claude Alphonse Brichanteau, fils du précédent, époux de Anne Angélique d'Allogny de Rochefort ;
-          En 1658, comme tutrice de son fils, Anne Angélique d'Allogny de Rochefort, veuve du précédent ;
-          Vers 1670, Louis Fauste de Brichanteau, fils de la précédente, Il fut l'époux de sa cousine germaine une demoiselle d'Allogny de Rochefort, dont il eut Trois enfants : Louis-Armand ; Pierre-César ; Marie-Thérèse ;
-         En 1690, Louis-Armand de Brichanteau fils du précédent.
-        En 1710, Louis-Armand de Brichanteau, son frère Pierre-César et sa fille Madeleine-Thérèse-Louise Vendirent les terres de Mareuil à Pierre Gorge d'Entraigues 
-        En 1710, Pierre Gorge d'Entraigues, époux en premier d'une demoiselle d'Estampes-Valençay, dont il eut un fils Chrétien-François qui sera marquis de Roize ; en second de Margueritte du Molley dont il eut un fils Pierre François duc de Falary  et une fille Julie Christine Régine qui sera l'épouse du duc Béthune Chârost;
-        En 1723, Chrétien François d'Entraigues, fils du précédent ;
-        En 1737, Christine Régine duchesse de Chârost, sœur du précédent.
Ainsi les terres de Saint Ambroix sur Arnon passeront à la propriété des ducs de Chârost.


Féodalité des terres incluses dans la Paroisse de Saint Ambroix

Les Peluées (Grandes et Petites)

Le plus ancien écrit connu les nomment « Espeluis » du nom de leur seigneur d'origine en 1224 et en 1332.
En 1237, le seigneur du fief des « Espeluis », fut Arnaud d'Espeluis qui fit don d'un près à l'abbaye de La Prée.
Plus tard, en 1351, elles sont désignées par le nom de « Peluis »
En 1489, un acte les appelle « Pelluets ».
Puis en 1544, elles sont de nouveau nommées « Peluis ».
Au XVIIème, XVIIIème, et XIXème Siècles elles sont connues sous les noms de « Pluies » (1879) puis de « Peluées » (1885).
Aujourd'hui, Elles figurent sur nos cartes sous le nom de « Peluyes ».
Les Peluées ou Peluyes (Grandes et Petites), après le XVIIème siècle, constituaient un fief dit « en l'air ».
C'est à dire que sur ce fief, il n'y avait plus de seigneur, car les seigneurs précédents avaient concédé à autrui l'exploitation de leurs terres,  moyennant le paiement d'un droit dit « de terrage ».
L'entité territoriale qu'est le fief,  n'existait donc que par la perception  des redevances.

 Les Grandes Peluées (Les Grandes Peluyes)
  - Le premier aveu connu pour le fief des terres Des Grandes Peluées fut fait en la cité royale d'Issoudun au représentant du roi Charles le sixième par « Jean Gémichat » écuyer, en 1380.
- Il semble que ce fut à la même époque vers 1400 que Jean Gémichat vendit ce fief à « Gilles ou guillaume Baston ou Baton » d'Issoudun(21).
- On retrouve ce fief comme appartenant au seigneur de Chârost Geoffroy de Rochechouart en 1462, puis à Jacques de Rochechouart son fils en 1482 (22).
- Au XVIIIème siècle, ce fief devint la propriété de la famille « Chalons ».
- Au 19ème siècle, en 1885, ces terres appartenaient à Monsieur Pineau des Forêts

Les Petites Peluées (Les Petites Peluyes)
 Les fouilles archéologiques sur ce lieu, de la fin du XIXème siècle, ont fait apparaître :
- Un souterrain qui a révélé une présence gauloise.
- Des sépultures qui peuvent datées de la période de la christianisation de la contrée au IIIème siècle
Sur ces terres, et sûrement à une époque reculée (V ou VIème siècle), fut établi un prieuré dont l'abbaye de Saint Sulpice de Bourges et celle de la Prée avaient des droits (23).
Il semble que ce fief d'église, existait encore en 1332 puis plus tard en1422.
Il redevint laïc avant 1680 où il appartenait à Pierre La Care.
Pierre La Care le vendit en 1680 aux « Visitandines » d'Issoudun qui le gardèrent jusqu'à la Révolution de 1789.


Les terres des « Lanchons » (aujourd'hui Lachon).
Ces terres furent attachées au prieuré de Saint Martial de Semur, ainsi que son moulin.


Les terres du domaine de  « La Buissonnière » (aujourd'hui « La Brissonnerie »)
Sans doute ce domaine était-il attaché au fief des « Petites Peluées « (Les Petites Peluyes), mais nous en avons pas la certitude.
Ces terres sont intéressantes car à la fin du 19ème siècle, elles possédaient à une centaine de mètres de la chaussée de César (voie romaine), des vestiges d'un ancien poste de garde gallo-romain.
Plus loin, il fut trouvé plusieurs tumulus funéraires contenant des ossements humains et un matériel (pièce de monnaie) qui peut être daté du temps de l'Empereur Commode qui prit le pouvoir en180.


Les terres d' « Arneuse », (puis d'« Arnaize », aujourd'hui « Renaize »)
Ces terres constituées un fief dont le premier seigneur connu fut Macé d'Orléans que l'on voit apparaître dans un écrit qui date de 1462, et dont la fille aurait été Dame de Breuilhamenon épouse d'un de Courtois.
En 1503 ce fut Pierre d'Orléans qui en était seigneur.
Puis on trouve Claude de Preuille qui en fut seigneur pour moitié en 1530.
De 1658 à 1668 ce fief fut propriété de Jean Chappus.
A la mort de Jean Chappus, sa fille Catherine veuve de Jacques Heurtault hérita du fief. Ainsi nous la trouvons châtelaine des terres d'Arneuse en 1681.
En 1702, Françoise Heurtault héritière testamentaire de Catherine reçut les terres d'Arneuse.
En 1879, c'était la baronne Duquesne, descendante des Heurtault, demeurant à Issoudun, qui était propriétaires d'Arnaize.


 

Les terres du « prieuré Saint Martial de Semur » (aujourd'hui « Petit Semur » et « Grand Semur »).

Au plus loin qu'on puisse remonter, c'est à l'abbaye de Massay que nous devons la création du prieuré de Semur. Cette création peut être datée d'avant l'an 1000.
En ces temps, les possessions de ce prieuré étaient importantes. Il y avait :
-        Bien sur les métairies de Semur.
-        Les métairies du Petit Boc
-        Les métairies de Saint Chevrais
-        Les métairies de la vallée d'Herpé (aujourd'hui vallée de Harpé)
-        Les terres et le moulin de Lanchon (aujourd'hui Lachon)
-        Les terres et le moulin de Foye
-        Les bois de Saint Martin.
-        Les Bois et les vignes de la Coudraie (aujourd'hui Coudras)
-        2 arpents de bois dit des terres de Massay
-        Une terre aux Beauces de Chouday.
-        Une terre à Mareuil.

Chronologie de la constitution des biens fonciers du prieuré :

-       1016, affranchissement du prieuré par Eudes d'Issoudun et son fils Raoul
-     
1040, abandon des taxes et impôts perçus sur le prieuré, par Eudes d'Issoudun à Etienne abbé de Massay.

-       1072, abandon par Eudes d'Issoudun des hommes et habitants des terres de Semur au profit du prieuré moyennant une redevance symbolique.
-        1326 échange entre Faucon de Passac seigneur de la Croisette et Jean de Calme prieure de Semur. Le seigneur de la Croisette abandonne au prieuré des terres sises à Boc contre un pré sur le bord de l'Arnon
-        1466, le 1é novembre, réduction des prélèvements de l'abbaye de Massé sur les revenus du prieuré
-        1467 abandon par Philippe Dumas seigneur de Bois-ratier des droits de lainage de blé et de charnage qu'il avait sur le prieuré.
-        1491, le 16 février, abandon par procès, des prétentions de l'abbaye sur le moulin d'Herpé (aujourd'hui Harpé) et sur la pêche au dit lieu.

Chronologie du passage du prieuré de Semur de la dépendance de l'abbaye de Massé à celle de l'abbaye de Saint Sulpice de Bourges :

-        En 1713, Léonard Brunier prieur de Saint Sulpice de Bouges être pourvu du prieuré de Semur.

-        En 1714, reconnaissance de la dépendance du prieuré de Semur à l'abbaye de Saint Sulpice de Bourges par Claude Baraton seigneur de Chouday pour le moulin d'Herpé.


Prieurs connus du prieuré Saint Martial de Semur :

-        En 1326, Jean de Calme.
-        De 1466 à 1467 Pierre Regnault
-        En 1491, Guillaume Vouilly
-        De 1492 à 1497, Philippe de Chamborrant
-        En 1531, Mathurin Rochereau
-        De 1539 à 1551, Mathurin Voigibeau
-        En 1554, Gilbert de Fougères
-        En 1579, Joseph Boulholle chanoine de l'église de Montermoyen de Bourges
-        En 1593, Guillaume Boulholle
-        En 1605, Pierre Bridard
-        De 1610 à 1623, Philibert Thomas
-        De 1642 à 1648, Alexandre de Symone docteur de la faculté de médecine
-        De 1653 à 1655 René Mignon, chanoine de la Sainte Chapelle de Bourges
-        De 1662 à 1695, René Bécuan, docteur de la faculté de la Sorbonne
-        En 1675, Henri Delfant, prêtre de l'Oratoire de Paris demeurant à Soisson
-        De 1700 à 1710, Jean Alabat de Lonvert ou Louvert
-        De 1713 à 1743, Léonard Brunier, religieux bénédictin de la congrégation de Saint Maur
-        De 1745 à 1783, Don Cyr Jolly, religieux bénédictin de la congrégation de Saint Maur (24).


Histoire des événements qui se sont produit au prieuré saint Martial de Semur.

En 1141, suite à de nombreux désaccords avec l'abbaye de Massay, « Gimon de Mehun » s'en vint piller et brûler le prieuré Saint Martial de Semur.
L'archevêque de Bourges Pierre de la Châtre intervint alors pour que ce seigneur impulsif indemnise le prieuré des dommages causés par son raide guerrier en ce lieu.
Il y eut très certainement mort d'hommes, car on a retrouvé en la fin des années 1870, non loin de là, un petit monticule de terre sous lequel ont été découvert douze squelettes d'hommes qui pourraient être de cette époque.
En plus des promesses de non agression de tous les lieux dépendants de l'abbaye de Massay, Gimon de Mehun et son fils aîné Robert, donnèrent au prieuré de Saint Martial de Semur tous leurs droits de péage et pacage sur toutes leurs terres.
Cet accord fit l'objet d'une charte datée de 1164 et confirmé par une lettre de Pierre de la Châtre au roi Louis VII le jeune (25).


Saint Ambroix au temps de La Fronde

Pour finir cette histoire de Saint Ambroix sur Arnon, il nous faut aussi  rapporter un événement qui s'est produit au temps de la Fronde.
En mai 1653, une petite troupe d'avant garde du camp du grand Condé, commandée par Monsieur de La Fortillesse se rependit sur la paroisse de Saint Ambroix en volant les chevaux et en rançonnant les habitants.
Au mois de juin, la veille de la Trinité de cette même année, ce sont près de 200 hommes qui vinrent rejoindre les premiers.
Ils s'installèrent sur les paroisse de Saint Ambroix, Ségry et Chouday. Ils étaient presque tous du régiment italien de Broglio.
Ils se mirent à vivre sur le pays volant et rapinant tout ce qui se mangeait et tout ce qui avait valeur marchande,
Ils allèrent même jusqu'à fondre les cloches de l'église de Ségry brûlant cette dernière avec le presbytère (26).

 

Notes de Références

(1) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil » Edition Alice Lyner. Issoudun, 2009, page57.

 (2)  CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire du duché pairie de Chârost » Edition Alice Lyner. Issoudun, 2009, page 43.

(3) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. pages 167 et 168.

 (4) THIERRY. (Amédée.). : « Histoire des Gaulois ». Editions Hachette. Paris 1835. 415 pages, .p.10.

(5) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 169.

(6) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 125.

(7) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 167.
(8) http://gerardcoulon.chez-alice.fr/projets.htm

(9)BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 168.

(10) LIEVRE. (E.). : « Les chemin gaulois et romains entre la Loire et la Gironde. Les limites des cités. La lieue gauloise » Edition Clouzot. Paris. 1893.

(11) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil ». Edition Alice Lyner. Issoudun 2009. 187 pages, page 59.

(12) « L'Itinéraire d'Antonin » a été publié par P. Wesseling sous le titre de « Vetera Romanorum Itineraria » à Amsterdam en 1735. On le trouve aussi dans «  Fortia d'Urban, Recueil des Itinéraires anciens » publié à Paris en 1845. Enfin on le trouve dans un ouvrage écrit conjointement par G. Parthey et M. Pinder sous le titre de « Itinerarium Antonini » publié à Berlin, 1848.

(13)  Signification avancée par QUIRET Julien pour « l'Arbre Celtique » http://www.arbre-celtique.com

(14) PEUTINGER. Il ne fut pas l'auteur de la carte qui porte aujourd'hui son nom. Géographe et humaniste allemand, il possédait une table traçant les itinéraires de l'Empire romain. Cette table fut plus tard, appelée « Table de Peutinger ». Cette Table des Itinéraires lui avait été offerte en 1507 par Celtis Portucius, qui le chargea charge de la faire éditer. Peutinger ne put faire publier la table, dont une partie fut finalement éditée en Italie, à Venise, chez les célèbres Alde, bien après la mort de Peutinger.
CELTIS PORTUCIUS avait trouvé, par un pur hasard cette Table  à Worms, en Allemagne. Elle a la forme d'un  rouleau de sept mètres de long, représentant les voies connues depuis l'Angleterre jusqu'au Gange.

Les moines de Colmar réalisèrent en 1265, une copie de cette Table à partir d'une carte romaine datant du IV° siècle, elle-même sans doute aussi copiée . Cette copie fut une remise à jour d'une grande carte du monde peinte sur le portique d'Agrippa à Rome vers 12 de notre ère.
.Après être passé par la maison de Savoie, le manuscrit fut finalement acheté par la bibliothèque de Vienne, en Autriche, qui le possède toujours.

(15) Ce nom figure dans le Mémoire de la Société des Antiquités du Centre T.III, pages de 1 à 5.

(16) DE LA CROIX. (G.). : «  Histoire de l'église de Cahors. »« Bibliothèque Sacrée, ou, dictionnaire Universel Historique, Dogmatique » . In livre de RICHARD. (Charles Louis.). et GIRAUD. (Jean Joseph.). Edition Méquignon fils aîné Paris 1822.

(17) NARBOUX. (Roland.). : «  l'abbaye de Saint Ambroix et l'hôtel de Bourbon ». Encyclopédie de Bourges sur le site http://encyclopedie.bourges.net/bourbon.htm

(18) ) PALLET. (Félix.). : « Nouvelle histoire du Berry » Volume 4. Publié en 1785 Bibliothèque cantonale . et universitaire de Lausanne.

(19) Charles Louis André de Saint René : Il fut propriétaire à Lury sur Arnon. Il devint Député du cher district de Vierzon en 1791, puis Administrateur du Directoire du département du Cher, enfin membre de la Société des Antiquaires du Centre.

(20) Cette loi du 23 juillet 1793 stipule qu'il ne sera laissé qu'une seule cloche dans chaque paroisse.

(21) Voir Archives départementales du Cher, C. 811.

(22) Voir Archives départementales du Cher, C. 813

(23) Voir Archives départementales du Cher, archives de Saint Sulpice, liasse de Civray et Sérigny.

(24) Archives de L'Indre et archives de Saint Sulpice de Bourges.

(25) Gaspard Thaumas de la Thaumassière mentionne ce fait dans son « Histoire du Berry » de 1689.

(26) ) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil ». Edition Alice Lyner. Issoudun 2009. 187 pages, page 61.

 

Bibliographie

BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996.

CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil » Edition Alice Lyner. Issoudun, 2009.

CHENU. : « Recueil des antiquités et privilèges de la ville de Bourges ». Edité par Robert Foüet à Paris en 1621.    

DE LA CROIX la Croix. (G.). : «  Histoire de l'église de Cahors. » . In livre de RICHARD. (Charles Louis.). et GIRAUD. (Jean Joseph.). « Bibliothèque Sacrée, ou, dictionnaire Universel Historique, Dogmatique » Edition Méquignon fils aîné Paris 1822.

LIEVRE. (E.). : « Les chemin gaulois et romains entre la Loire et la Gironde. Les limites des cités. La lieue gauloise » Edition Clouzot. Paris. 1893.

NARBOUX. (Roland.). : «  l'abbaye de Saint Ambroix et l'hôtel de Bourbon ». Encyclopédie de Bourges sur le site http://encyclopedie.bourges.net/bourbon.htm

De NICOLAY. (Nicolas.). : « Description du Berry ». Editions Aupetit. 1883.

PALLET. (Félix.). : « Nouvelle histoire du Berry » Volume 4. Publié en 1785 Bibliothèque cantonale . et universitaire de Lausanne.

THAUMAS DE LA THAUMASSIERE. (Gaspard.). : « Histoire du Berry » Edition de François b Toubeau de 1689, Bourges. Réédité en 4 volumes en 1863-1871.

THIERRY. (Amédée.). : « Histoire des Gaulois ». Editions Hachette. Paris 1835. 415 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 


 



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Histoire de Civray en Champagne Berrichonne

"Atelier Sant Johan". Brouillamnon Plou. "
  Article écrit par René Johannot le 12 novembre 2009, publié sur ce site le 17 juin 2012.


HISTOIRE DE CIVRAY

Village du Berry

Des origines à la Révolution

*


La commune de Civray, qui porte le nom de son principal village, se situe dans le département du Cher qui, lui-même fait partie de la région Centre.



Sa position exacte sur le globe terrestre est de :
-        46°58'05'' de latitude Nord.
-        2°10'30'' de longitude Est.
Elle a une superficie de 40,87 km2.
Son altitude minimum est de 125 mètres et la maximum est de 162 mètres.
Le dernier recensement (2006)nous indique une population de 1023 habitants, ce qui donne une densité  de 24 habitants au km2.
Les Principaux hameaux qui s'étendent sur son territoire sont :
-        Le village de « Civray » qui donne son nom à la commune
-         Puis au Nord, Le Grand Entrevin ; le Petit Entrevin ; Les Quatres Maisons.
-        Au Nord Est, le « Coudray » ; « Le Château du Coudray » ; « Le Coin de l'Enfer » ; « La Chaume ».
-         A l'Est, « Bois Ratier ».
-       Au Sud Est, « La Chapelle du Puits » ( très ancienement Sérigny); « Le Bois Bourbon ».
-        Au Sud, « La Coudras » ; « Le Colombier ».
-        Au sud Ouest, « Galard ».
-        A l'Ouest, « Sérille » ; « Le Pontet » ; « Les Rondeaux ».

Sa partie Nord est coupée par l'ex nationale 151 devenue aujourd'hui départementale
Enfin, à ses limites Sud Ouest puis Ouest, s'écoule du sud au nord, un petit cours d'eau nommé « Le ruisseau du Pontet.


Les terres de Civray  à la préhistoire

Tout comme les autres territoires de cette partie de Champagne Berrichonne, ce lieu, qui englobera plus tard la paroisse, puis la commune de Civray, a accueilli le chasseur cueilleur du néolithique (1).
Les origines métissées de cet homme étaient la résultante de plusieurs vagues de migrations venues d'Europe centrale et d'Europe du Nord, des Balkans et de la vallée du Danube.
Les racines de sa culture civilisationnelle,  incluaient la culture lithique de l'industrie Tardenoisienne, et la culture céramique de l'industrie de Cerny (2).
Ce fut près de l'actuelle ferme de « Galard » qu'on trouva les vestiges de la présence des hommes du néolithique.
Il y avait là, fin 19ème siècle, sur la voie romaine appelée dans la région « Chaussée de César » « une pierre large » qui servit plus tard de borne de justice (3).


Les terres de Civray pendant l'Antiquité

 Ces hommes du néolithique, semi-nomades, qui se déplaçaient dans les vallées du Cher et de l'Arnon, en coupant par les terres qui aujourd'hui forme la commune de Civray, ont vu l'arrivée des hommes de race Indo-européenne d'ethnie celtique.
Ils venaient d'Asie occidentale, et ils se nommaient les « Galls » (4).
On trouve le témoignage de leur présence :

- D'abord à Civray même, où fut retrouvée, lors du remembrement de 1969 – 1970, une épée de bronze (5).      - -Puis ensuite, sur la rive gauche de l'Arnon, entre les villages de Saint Ambroix et Saugy  (la commune de Saugy s'appelait avant 1885, « Dames Saintes »), sur « les terres d'Arneuse » qui plus tard se sont appelées « Arnaize », devenues aujourd'hui  « les terres de « Renaize » (6).

Vers la première moitié du 7 e siècle av J.C., les Galls, qui s'étaient installés sur ces terres, ont vu, à leur tour, arriver une autre migration de même ethnie celtique que la leur, celle du peuple des « Kimris » (7).
La présence de ces Celtes est révélées par la découverte, sous la voie romaine d'une bague en bronze qui représentait un serpent dont la tête manquait La queue du reptile s'enroule afin de fermer le chaton
De récentes fouilles (1987 et 1988) ont mis à jour un mobilier qui atteste d'une activité humaine datant de la fin de l'age du Bronze.


Les terres de Civray pendant la période gauloise

Les Galls ont résistés à cette invasion migratrice des Kimris mais le temps passant, ces deux peuples de même culture se sont réunis pour former celui des « Gallo Kimris » (8). Les Gallo Kimris vont êtres nommés  « Gaulois » et le territoire que forme la « Galatie », va peu à peu changer d'appellation pour devenir la « Gaule ».
Les terres de Civray furent l'un des territoires d'un peuple Gaulois nommé « Bituriges Cubi » qui allait occuper un territoire qui s'étendait sur les plateaux du Limousin, sur celui d'Orléans et sur, une partie de la Bourgogne et du nord-est de l'Aquitaine (9).
Les terres de Civray, et d'autres étendues des alentours, attestent de cette présence gauloise :
-     D'abord ce fut sur le territoire même de la commune de  Civray que fut trouvé sous la voie romaine (chaussée de César) un bracelet en fils de bronze plein de forme ovale, orné de stries transversales et obliques. Ce bracelet était passé dans un tibia (10).
-       Puis près de « Peluées » aujourd'hui nommée « Peluyres » fut découverte en 1882 par le docteur Pineau  une habitation souterraine gauloise à l'intérieur de laquelle furent recueillis des fragments de poterie noire, façonnée à la mains décorée de points blancs (11).
 

Les terres de Civray pendant les périodes romaines et gallo romaines

L'établissement humain aux époques romaines et gallo-romaines sur les terres de Civray est incontestable.
La présence de la voie romaine en est à elle seule un témoignage irréfutable.
Cette voie romaine -dont le tracé apparaît sur « La table des itinéraires » dite de Peutinger, qui date du 3ème ou du 4ème siècle, que Celtis Portucius avait offert à  de Konrad Peutinger en1507- nomme ce lieu « De Civrayo » (12).
Elle désigne ce lieu comme proche de Ernodurum ou Ernodorum (aujourd'hui Saint Ambroix sur Arnon ») qui était la seule étape d'importance sur la voie romaine « Iter magnum de calceata » (13) entre la cité d' « Argentomagus » (Argenton) et celle d'Avaricum (Bourges).
Mais ce ne sont pas là les seuls témoins de cette période !

Il faut y ajouter à Civray, au domaine « Du Puits » , la découverte en 1867 de pièces de monnaies romaines :
-        L'une datant de la gens Antonia sous l'Empire entre 23 avant J. C. et 244 après J. C.
-        L'autre étant un sesterce d'Alexandre Sévère qui peut être daté entre 200 et 241après J. C. (14)  (15).
A Bois Ratier, au lieu nommé « Poirler Molet », il fut découvert, en 1976, par Mr Holmgren, une villa romaine, puis deux ans plus tard des traces de bâtiments (16).
(voir croquis ci-dessous).
 


Au Coudray, près de l'ancien château qui porte le même nom, ce fut là aussi, en 1976, la découverte aérienne de l'implantation  d'une villa romaine.  (voir croquis ci-dessous).


Origines du prieuré et de la paroisse de Civray

 Les terres qui deviendront de nos jours la commune de Civray semblent s'être nommées du nom de Civrayo lors de la christianisation du lieu par les émissaires de Saint Sulpice qui fut premier évêque de Bourges de 626 à 646.
Nous situons cette christianisation vers le 10ème siècle, à l'époque mérovingienne.
Cette période de l'histoire est attestée sur ce territoire, par un retranchement de terre près de du domaine de la Coudraie connu sous le nom de « La Butte des Thusiaux » ou « Thureaux » (17).
Sur ce lieu de Civrayo l'abbaye de Saint Sulpice de Bourges établit un Prieuré dont dépendit la cure. Une paroisse sera aussi créée qui elle, fit partie de l'archiprêtré d'Issoudun. Le plus ancien prieur connu de ce Prieuré, en 1235,  fut un dénommé Gilon (18). Jean Artuys chanoine de Saint Cyr d'Issoudun en fut le prieur en 1507. En 1686 nous trouverons dans cette fonction Pierre Baudry.

L
e Nom de Civrayo se transforma au fil du temps :

-
Ainsi, en 1163, dans ses actes administratifs, l'abbaye de Saint Sulpice de Bourges nomma ce lieu « Sivraico » (19) .
- P
uis en 1228 il fut appelé « Seurai le Champennois » (20).
- P
uis enfin en 1464 Civray le Champennois » (21).

Ce fut en 1764 que le prieuré de Civray se confondit avec la paroisse qui est sous le vocable de Saint Pierre (22).

 

Histoire du prieuré des terres de Civray

La première date que nous ayons concernant ce prieuré, est celle de la restitution en 1166, des revenus provenant de la taille et de la coutume de « Sérigny », aujourd'hui La Chapelle du Puit, par le seigneur Eudes II prince d'Issoudun époux de Mahaut de Bourgogne.
Ce ne fut qu'en 1203 que Raoul III prince d'Issoudun fit don au prieuré des terres de Sérigny.
On voit, en 1228, le prieuré acheter, pour le compte de l'abbaye Saint Sulpice de Bourges, des vignes sur les terres de Seurai le Champennois (Civray).
Puis il acquit  des héritages à Sérigny en 1235.

En 1251 un particulier lui fera don d'un pré.
Nous verrons le prieuré, toujours pour le compte de l'abbaye de Saint Sulpice, augmenter ses biens par des acquisitions en 1283, 1404, 1435, 1448, 1466, 1484, 1499.

La tuilerie implantée à Civray était aussi propriété du prieuré
Pour tous ces biens, le prieuré, pour le compte de Saint Sulpice, baillait au procureur du roi d'Issoudun une somme :
- De 1350 livres en 1639,
- De 1500 livres en 1664,
- De 1400 livres en 1724.
- De 1800 livres en 1733.
De ce prieuré, il nous reste un superbe bâtiment qui date du 15ème siècle appelé « La Grange des Dîmes » dont la forme rappelle un peu celle d'une église (23).


La paroisse des terres de Civray


A sa création, le territoire de cette paroisse s'étendait sur une partie de la seigneurie de Chârost, sur celle du Coudray et sur une partie de celle de Primelles.

L'église
L
'église de cette paroisse date de plusieurs époques.
Son implantation résulte du jointement de deux rectangles et d'un carré.
A l'Est, le chœur occupe l'aire déterminée par le petit rectangle.
Il est voûté en deux travées à nervures dont les bases reposent sur des corbeaux de pierre grossièrement sculptés représentant un homme avec un tonnelet, un ange, un animal à carapace.
Son chevet est éclairé par une fenêtre murée à sa base et dont la partie haute est séparée en trois par des meneaux délimitant des vitraux qui semble pouvoir être daté fin du 16ème 
En  direction de l'Ouest, ce choeur est suivit par la nef voûtée en bois qui occupe le second rectangle plus grand et dont les murs sont renforcés par des contreforts peu saillants. La lumière y entre par de hautes mais petites fenêtres Ces deux parties communiquent par une baie.
Enfin, s'élève sur l'aire carrée, la partie la plus ancienne et la plus remarquable, une tour qui d'antan fut surmontée d'un haut clocher que la foudre fit tomber sur la nef vers 1689.
Cette tour, qui peut être datée du 11ème siècle, est anglée de contreforts de pierre.
Avant 1686, après son écroulement par un violent orage, le clocher fut médiocrement restauré, ce qui donne à cette élévation une allure étriquée.
Pour venir à décharge de l'exécution de cette désharmonie architecturale, il faut dire que l'abbaye de Saint Sulpice de Bourges, à qui l'église appartenait, laissa seuls les habitants de Civray financer les travaux. La restauration du clocher fut donc à la hauteur des moyens financiers de ces derniers. C'est à dire pas bien hauts.

Cette église fut le lieu de deux événements :
-        Dans cette église, au pied de l'autel consacré à la vierge, le 9 mai 1665, fut inhumé les intestins et d'autres partie du corps de Charles de Saint Gelais de Lusignan du Puy seigneur du Coudray (24).
-        Le 10 janvier 1759, fut retrouvé, sur la voûte du porche le corps sans vie d'un jeune homme qui avait chuté du clocher  (25) .


Le Coudray, la seigneurie des Terres de Civray

Les terres de Civray ne furent jamais une seigneurie.
Le territoire qu'elles couvrent, tout comme celles de Boisratier (aujourd'hui Bois Ratier) ; de Sérigny (aujourd'hui La Chapelle du Puits) faisait partie de la seigneurie du Coudray, elle même vassal de Châteauneuf sur Cher.

ci-dessous ruines du chateau du Coudray
Gravure de Georges Garense 1885

Nous savons qu'en ce lieu du Coudray, fut construit par les Romains ou les Gallo-romains, une Villa, tout près de l'ancien château dont il reste peu de chose de nos jours.
Le nom de cette seigneurie évolua avec le temps :,

- Ainsi en 1101 et 1163 (26)(27) elle est citée sous le nom de « Capella de Coldrayo ».
- Puis en 1332 on la trouve nommée « Codray ».
- Puis « Coudray Monin » lorsqu'elle fut acquise vers 1400 par Geoffroy du Puy seigneur des Dames dit « Monin ».

Bien que nous soyons sur qu'il y eut des seigneurs au Couderay depuis fort longtemps, le premier nom qui nous est tenu de connaître est celui de Johannes de Colday en 1101. Puis nous trouvons :
-       En 1332, Jean de Châteauneuf et Mathilde de Diors son épouse fille de Pierre Chevalier (28).
-        Avant 1400, Thibaud Portier qui céda vers 1400, cette seigneurie à Geoffroy du Puit.
-      Après 1400, Geoffroy du Puy seigneur de Dames, dit Monin, qui fut chambellan du duc Jean de Berry (29) puis du roi Charles VI (30). Ce seigneur épousa Jeanne de Pèrebuffière (31). Il fut fait prisonnier par les Anglais à Azincourt et mené en Angleterre. (32).
 -       De 1416 à 1430, Jean du Puy fut seigneur du Coudray.
-        De 1452 à 1487, Louis du Puy fut seigneur du Coudray, il épousa  Catherine de Prie.
-        De 1487 à 1519, Jean du Puy, fils du précédant fut seigneur du Coudray, il épousa Philippe de Bellay dame d'honneur de la reine Anne de Bretagne.
-        De 1519 à 1545, Georges du Puy, fils du précédant, épousa Jeanne Raffin. Ayant livré quelques huguenots à la justice d'Issoudun, ce seigneur fut attaqué par le capitaine d'Ivoy à la tête des troupes catholiques de Bourges. L'attaque fut si violente qu'il en mourut deux jours plus tard de frayeur à son refuge de Rosière.
-       De 1545 à 1575, Claude du Puy fut seigneur du Coudray.
-       De 1575 à 1614, Jeanne du Puy, fille du précédant et épouse de Louis de Saint Gelais Lusignan fut Dame du Coudray.
-        De 1614 à 1686, nous trouvons successivement comme seigneurs :
- Josué de Saint Gelais Lusignan ;
- Charles de Saint Gelais Lusignan dont une partie de son corps est inhumé dans l'église de Civray le 9 mai 1665;
-       De 1686 à ????,  Charlotte de La Loë, veuve du précédant fut Dame du Coudray.
-      De ???? à vers1712, Charles de Saint Gelais Lusignan du Puy, fils des précédents.
 
Vers 1712, la seigneurie du Coudray, comprenant celle de Massoeuvre et de Rosière, fut vendue par la famille Saint Gelais Lusignan du Puy à Charles Eléonor Aubry marquis de Castelnau des terres de Plou, pour la somme de 130 000 écus. Dorénavant, la seigneurie du Coudray fera partie du marquisat de Castelnau et, en tant que telle, elle aura comme seigneurs et propriétaire ceux de ce même marquisat.
-     De 1708 à 1742, Charles Eléonor Aubry et son fils Gérard.
-     De 1742 à 1755, Louis Jules Duvancel.
Le 30 janvier1756 Charles Joseph de Bussy acheta la marquisat de Castelnau des terres de Plou dans lequel étaient inclues les terres de Civray pour la somme de 600 000 Livres. A sa mort, en 1785, ce fut sa nièce Charlotte Catherine Sophie de Bussy épouse Folleville qui hérita du marquisat.
En 1793 Les Communes furent instituée sur tout le territoire français.

 

Sérigny, aujourd'hui La Chapelle du Puit

L'implantation originelle en ce lieu, fut celle d'une villa romaine.
Des textes de 1166, nous parlent d'une villa Sérigny nommée « Séiniaco » appartenant à Eude d'Issoudun.
Ce seigneur y fait don à l'abbaye de Saint Sulpice de Bourges des revenus de la taille et des coutumes.
Plus tard en 1203, ce fut les terres de « Sérny » (Sérigny) qui furent données à cette abbaye.
L'abbaye de Saint Sulpice de Bourges construisit en ce lieu une chapelle pour la sanctification des âmes et qu'on trouve nommée en 1447, « Chapelle de Serigny ».
Cette même abbaye de Saint Sulpice de Bourges y creusa aussi un  puits pour y rafraîchir les corps.
En 1449, apparaît dans la nomination du lieu, la notion de village « Villagium Capelle » (village de la Chapelle).
Puis trois ans plus tard, en 1450 l'appellation fut « Capella Beate Marie de Seriniaco » (chapelle Sainte Marie de Serigny), mais aussi « Puteus Villagi Capelle » (Le Puit du village de la Chapelle).
Ce fut en 1477 qu'apparu le nominatif « Villagium de Capelle de Cerigni » (village de la chapelle de Sérigny) ; ainsi que celui de « Puits de la Chapelle » qu'on retrouve en 1567et 1609.
Mais la difficulté ne s'arrête pas là, car à partir du 15ème siècle, deux entités de groupement d'habitats distinctes vont apparaître :
-       Celle qui dépendait de Saint Sulpice sera nommée « Le Puits de la Chapelle »  de nos jour « La Chapelle du Puits ». -        Et l'autre qui appartenait à l'abbaye de Saint Laurent sera appelée « Le Puits de Sérigny » qui aujourd'hui serait « Le Bois Bourbon » où il fut découvert, en 1978, par Monsieur J. Holmgren des traces d'un bâtiment en pierre ainsi que celles d'un enclos. (33).
Enfin ce lieu fut appelé globalement en 1761 « Métairie du Puy au village de la Chapelle ». 
La Chapelle de Sérigny était toujours visible en 1885, Monsieur Buhot de Kersers nous la décrivez ainsi : « Elle est à chevet carré percé d'une fenêtre ogivale. Le pignon est à ramperolles légèrement ondulés, disposition rare. A l 'Est, attiennent les anciens bâtiments monastiques où se voient une porte à accolade et une autre plein cintre ».

 

Boiratier, aujourd'hui Bois Ratier,


 

Ce sont les traces d'implantation d'une villa romaine découvertes en 1976 par Monsieur Holmgren au lieu dit « Poirler Molet » qui nous indiquent qu'il y eut là une exploitation agricole romaine ou gallo-romaine.
(voir croquis ci-contre ).


Le premier nom connu de ce lieu est « Boscum Rater » en 1230 lorsque Humbaud de la Fleur (de Florae), fit dont à l'abbaye de La Prée de ses possessions en cens et terrages.
A cette époque, l'abbaye de Saint Sulpice de Bourges y avait aussi des biens.
Ce nom évoluera en « Nemoris Ratyer » et nommera la terre d'origine d'un grand archevêque de Bourges Guillaume de Bois Ratier qui exercera sa fonction de 1409 à 1421. Cet homme fut un grand diplomate du royaume de France auprès du roi Henri V d'Angleterre.
Il jouera aussi un rôle non négligeable au conclave de 1417 à Rome.
Il avait avec le duc Jean de Berry une très grande passion des livres et manuscrits.
   

Quelques faits divers de la vie quotidienne à Civray au 17ème siècle

Ces récits sont des actes manuscrits écrits à l'époque de leur datation. Les orthographes  employées sont celles des écrivains qui les ont rédigés.
Les transcriptions faites du vieux Français manuscrit en caractères d'imprimerie d'aujourd'hui  sont fidéles aux textes originaux.

***
Le 3 septembre 1664   « Les siamoises baptisées à Civray » (34)

"Aujourdhuy 3 septembre 1664 mont este presentee Estiennette et Thomasse fille de Vincent Gaudichet et de Mathurine Lamy son espouse de la parroisse de primelles lesquelle Estiennette et Thomasse sont née et veneue au monde jumelles et attachée inseparablement lune a lautre par le costé de la teste et lesquelle voyant en danger manifeste de mort prochaine accause dun tel deffaut de nature jay baptisee separement et soubs condition apres avoir esté ondoyee ala maison par françoise Regnaulde matronne ce qui me sembloit douteux. ont este leurs parrains et marrainnes pierre pyrot et estiennette lavot et Leonard Labé et Thomasse Desprez lesqueles nont sceu signer.
faict jour et an que dessus. (signé) PBaudry.

***


Le18 décembre 1672  « Civray : mémento de la parfaite ondoyeuse » (35)

 

"Bapt(ême) de Jeanne Pottin

Lan milsix cent soixante douze le dixhuitiesme (décembre) par moy Curé soussig(né) a esté receue aux ceremonyes de baptesme seulment Jeanne fille de Jean Potin lab(oureur) et de Clemance Pigeat son espouse apres avoir estee ondoyee ala maison en naissant estant en peril de (mort) par Claude Navet matronne laquelle ma asseuré (de) vifve voix quelle avoit deuement ondoye le dict (enfant) suivant l intention de lesglize luy versant de l eau (pure?) et naturelle sur la teste laquelle seulle estoit extante et paraissoit hors le cloistre maternel disant ces parolles enfant je te baptise au nom du pere et du fils et du st esprit ce qui nous a (semblé) bon et nous a esté confirme par le tesmoignage de jeanne baudin tante du dict enfant et sa marraine et de jean potin son oncle et de jean potin  pere de l' enfant.
fust son parrain Jean Latronche cardeur et sa marraine jeanne baudin susdicte laquelle na sceu signé"


***
 Le 6 mars  1676  « Civray : un ondoiement bien fait » (36)

Lan mil six cent soixante seize le sixiesme mars a esté aporté a l eglise Un fils de Jean Mizon et de françoise Jollivet son espouse né Le mesme jour pour recepvoir les ceremonies du baptesme lesquelles luy ont esté faites et administrees par moy Curé soussig(né) ayant esté auparavant baptisé a la maison en peril de mort par françoise masle matronne lequelle nous a asseuré avoir deuement fait et selon l intention de l eglise et nous a esté confirmé par Jeanne Sabourot ayeule du dict enfant et gratienne bachellier sa marrainne a ce presentes dans les dictes ceremonies on luy a imposé le nom de andré et le parrain a esté andré baudin et sa marrainne gratienne bachellier susdicte qui ont seulment assisté aux ceremonies et non pas au sacrement et ont dict ne scavoir signer. (signé :)Baudry.

 

***

  Le 9 octobre 1678  « Blessé à coups d'Epée » (37)A CIVRAY, l'an 1678 le neuf octobre par moy curé soussigné a été inhumé dans le cimetière, le corps d'un pauvre garçon en âge d'environ vingt cinq ans de poil noir ayant les cheveux assez longs deux bras tordus et semblait (ressemblait) aux gens qui fréquentent les lieux publiques pour mandier l'aumône lequel vint en ce bourg blessé à la tête de plusieurs coups d'épée ou couteau, lequel mourut quelques jours après sans avoir voulu dire son nom ni le lieu de sa naissance ni qui l'avait blessé et n'en a pu tirer un mot de raison. Signé BAUDRY Curé.

 

***
Le 17 février 1682   « Une bohémienne de grand chemin » (38)

A Civray le 17 février 1682 a été inhumée dans le cimetière le corps d'une vieille fille faisant métier de bohémienne et nommée Marie MORON laquelle mourut le jour précédent au village de bois ratier dans un grand chemin sans assistance d'aucune personne ni sacrements que de François Delahaye et Louis MORON sa femme et soeur de la déffunte lesquels me l'ont présenté pour lui donner sa sépulture ce que j'ai fait après avoir diligement examiné leur profession de foy catholique appliqué et romaine et ce ....procureur seigneurial en datte du même jour.

 *** Le 9 avril 1694 « Mort d'un bon paroissien de Malicornay à Civray » (39)

Civray:
L'an 1694 le vingt neuf apvril a esté inhumé dans le cimetière un pauvre homme aagé environ de 90 ans mort en ce bourg auquel j'ai trouvé un certificat de monsieur le curé de Montierchaume ou il avoit fait son devoir paschal au dos d'une permission de Mr le Curé de malicornet ou ledict parroissien pierre gaillard avoit esté sacristain.

 

***

Aujourdhuy 9 may 1665 ont esté inhumé dans l' Eglise de Civray dessoub la tombe qui est devant l' autel de la vierge les intestins et autres parties nobles du corps de feu hault et puissant Seigneur Messire Charle de St Gelais de Lusignan du Puy.

***

« Civray : L'an Mil Sept Cent Cinquante neuf le dix du mois de janvier le Corps de jean agé de dix neuf ans fils de defunt Pierre Fabri et de vivante Jeanne Pericho épouse de Pierre Sotereau sacristain decedé d'hier d'une chute du clocher sur la voute du porche de l'eglise qui occasionna une visitte de la part de la justice de Civray qui se transporta en datte du même jour et an sur le lieu et qui en conséquence de son acte nous pria d'inhumé le corps dans le cimetierre avec les Ceremonies prescrittes par la Ste eglise ce que nous avons fait présence pierre et etienne Sotereau charles baraché et plusieurs autres de cette paroisse qui ont dit ne scavoir signer de ce interpellés. Nicolas curé de Civray.

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 Notes de Références et Bibliographie

(1) LOUBOUTIN. (Catherine.).  : « Au néolithique les premier paysans du monde ». Editions Gallimard, Paris 1990.

(2) MARCHAND. (Pierre.). et PASQUET. (Hedwige.). : « Le Guide de la France préhistorique » Edition Gallimard /Nouveaux Loisirs. Caisse Nationale des Monuments historiques et des sites/Edition du Patrimoine. Paris 1997. 159 pages, . p. 21-39-40.

(3) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de du duché-pairie de Chârost » Editions Alice Lyner. Issoudun 2009. 120 pages, p 31.

(4) DIODE DE SICILE : (v.90av.J.C. – 21 av. J.C.) historien Grec. Les livres I à V consacrés aux origines de monde, à l'histoire de l'Egypte et de la Chaldée, les livres XI à XX consacrés aux événements de 480 av. J.C. à 302 av. J.C.. in « Histoire de Berry » de Jean Chaumeau seigneur de Lassay. Editions Antoine Gryphius. Lyon. 1566.

(5) CHEVROT. (Jean François.). & TROBIAC. (Jacques.). : « Carte Archéologique de la Gaule » Edition M S H 1992, 370 pages, page 161.

(6) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. pages 167 et 168.

(7) PELLOUTIER. (Simon .). : « Histoire des Celtes, et particulièrement des Gaulois et des Germains depuis les tems fabuleux, jusqu'à la prise de Rome par les Gaulois ». [Livres I-II] Publié par I. Beauregard, 1740. 120 pages. p.22.

(8) THIERRY. (Amédée.). : « Histoire des Gaulois ». Editions Hachette. Paris 1835. 415 pages, .p.10.

(9) HUGOT. (Abel.). : « France historique et monumentale: Histoire générale de France depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours ... » Editions  H.L. Delloye, 1836 page 13

(10) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 125.

(11) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 169.

(12) PEUTINGER. Il ne fut pas l'auteur de la carte qui porte aujourd'hui son nom. Géographe et humaniste allemand, il possédait une table traçant les itinéraires de l'Empire romain. Cette table fut plus tard, appelée « Table de Peutinger ». Cette Table des Itinéraires lui avait été offerte en 1507 par Celtis Portucius, qui le chargea charge de la faire éditer. Peutinger ne put faire publier la table, dont une partie fut finalement éditée en Italie, à Venise, chez les célèbres Alde, bien après la mort de Peutinger.

CELTIS PORTUCIUS avait trouvé, par un pur hasard cette Table  à Worms, en Allemagne. Elle a la forme d'un  rouleau de sept mètres de long, représentant les voies connues depuis l'Angleterre jusqu'au Gange.

Les moines de Colmar réalisèrent en 1265, une copie de cette Table à partir d'une carte romaine datant du IV° siècle, elle-même sans doute aussi copiée . Cette copie fut une remise à jour d'une grande carte du monde peinte sur le portique d'Agrippa à Rome vers 12 de notre ère.
.Après être passé par la maison de Savoie, le manuscrit fut finalement acheté par la bibliothèque de Vienne, en Autriche, qui le possède toujours.

(13) Ce nom figure dans le Mémoire de la Société des Antiquités du Centre T.III, pages de 1 à 5. In BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996.

(14) FAVIERE. (J.). : in Bulletin du Comité d'Histoire et d'Archéologie du diocéce de Bourges 1867 – 1875. 20 décembre 1867. page 76.

(15) HUVELIN.  (Hélène.).  DURAND.( Marc.). AMANIEUX. (Françoise.). «  Le dépôt monétaire gallo-romain de Nery » . In: Revue archéologique de l'Oise. N°11, 1978 fascicule 1. pp. 5-7.

(16) LEDAY. (A.). : « La Campagne » Pages 52 ; 64 ; 81 ; 85 ; 112. Edition ?, 1980.

(17) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de du duché-pairie de Chârost » Editions Alice Lyner. Issoudun 2009. 120 pages, p 43.

(18) Archives de Saint Sulpice. Liasse 1 cote 3. in  BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996.

(19) Archives de Saint Sulpice. Liasse1ère  des bulles. In BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996.

(20) Archives de Saint Sulpice. Liasse 10 cote 1. . In BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996.

(21) Archives de Saint Sulpice. Liasse 1 cote 3. . In BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996.

(22) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 125. 

(23) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de du duché-pairie de Chârost » Editions Alice Lyner. Issoudun 2009. 120 pages, p 44.

(24) ROUSSEAU. (Didier.). : « Civray : Noblesse cachée » article du 24 juin 2007. publié par Généalogie en Champagne berrichonne.

(25) ROUSSEAU. (Didier.). : « Chute de clocher et de l'art d'en rendre compte » mis en ligne sur Généalogie-en-champagne-berrichonne.com actes rares le 9 février 2008.

(26)Archives de Saint Sulpice de Bourges, liasse Fougerolles. In BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996.

(27) Archives de Saint Sulpice de Bourges ,liasse 1, bulle. In BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996.

(28) Archives de Saint Etienne, paroisse de Mehun. In BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996.

(29) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de du duché-pairie de Chârost » Editions Alice Lyner. Issoudun 2009. 120 pages, p 44.

(30) CARTIER de SAINT RENE. (L.). : « Histoire de du duché-pairie de Chârost » Editions Alice Lyner. Issoudun 2009. 120 pages, p 44.

(31) Archives de Saint Sulpice de Bourges, liasse 5 de Civray.


(32) BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 128.

(33) CHEVROT. (Jean François.). & TROADEC. (Jacques.). : « Carte Archéologique de la Gaule ». Editions M. S. H. 1992. 370 pages. page 161.

(34) Transcription de l'acte : Didier Rousseau le 24/06/2007

(35) Transcription de l'acte : Didier Rousseau le 18/07/2007

(36) Transcription de l'acte : Didier Rousseau le 22/03/2007

(37) Transcription de l'acte :Huguette Deshayes le 14/01/2009

(38) Transcription de l'acte :Huguette Deshayes le 31/12/2008


(39) Transcription de l'acte : Didier Rousseau le 22/03/2007


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Histoire de Lunery, village du Berry

"Atelier Sant Johan". Brouillamnon Plou. "
  Article écrit par René Johannot le 30 juillet 2012, publié sur ce site le 8 août 2012.


HISTOIRE DE LUNERY

Village et Commune du Berry

Des origines à la Révolution

 

Généralités

Les terres de Lunery, qui portent le nom de son principal village, se situent dans le département du Cher qui, lui-même fait partie de la région Centre.
La position exacte du village de Lunery sur le globe terrestre est de :

-        46°56'10'' de latitude Nord.
-        2°16'19'' de longitude Est.

Ces terres ont une superficie de 32,87 km2.

Leur altitude minimum est de 121 mètres et la maximum est de 173 mètres.

Le dernier recensement (2006) nous indique que ces terres sont peuplées de 1564 habitants, ce qui donne une densité  de 45 habitants au km2.

Les  habitants du village de Lunery  sont des Lunérois

 Les Principaux hameaux qui s'étendent sur son territoire sont :
Bellechaume, Champroi, Chanteloup, Germigny, La Brosse, La Bruère, Houet d'en haut, La Montapeine, La Pompe, La Vallée Du Moulin, La Vergne, L'Echalusse, Le Four A Chaux, Le Grand Rosières, Les Clapières, Les Rimberts, Lunerette, Lunery et Rosières.

 

Ces terres de Lunery sont desservies :
Du nord au sud par deux routes parallèles aux deux rives du cours du Cher : La D 24 reliant Saint Florent /Cher à Lapan (rive droite) ; la D 35 reliant Saint Florent /Cher à Châteauneuf /Cher (rive gauche).
Du Nord-ouest à l'Est par la route départementale 88 reliant Chârost à Levet
Du Sud-ouest au Nord-est par les routes départementales D 87 et D 103 reliant Mareuil /Arnon au Subdray
Enfin, s'écoule du sud au nord,  la rivière Cher.


Introduction à l'histoire des terres de Lunery

 Il nous semble indispensable de donner ici la vision de l'étendue territoriale que recouvrent ce que nous appelons « Les terres de Lunery ».
A l'origine, les diverses implantations humaines qui se sont succédées sur ces lieux ont surtout été à l'origine de leurs nominations, et non à celle de leur regroupement en tant qu'entité territoriale.
Au mieux, lors de la période gallo-romaine nous pouvons  trouver comme entités territoriales des « Villa »  qui n'était autre que de grosses fermes sur des territoires délimités dont la surface d'exploitation  permettait leurs vies en autarcie , et un Vicus qui était un regroupement d'habitats pouvant être comparé, pour faire court, à un de nos bourgs ou villages d'aujourd'hui.
Sous les mérovingiens, les nobles gallo-romains ou francs, mais aussi les institutions ecclésiastique naissantes, se délimitèrent souvent par les armes pour les uns, et par la crainte de Dieu pour les autres, des territoires sur lesquels nuls autres qu'eux même avait droit de propriété et de justice.
Il apparu alors une mosaïque d'entités territoriales dont la surface était fort variable, mais qui toutes, avaient comme propriétaire un seigneur d'épée ou de robe et qui furent nommées «  seigneurie ».
Plus tard, la structuration sociétale féodale donnera à ces seigneuries une organisation hiérarchique basée sur la vassalité et la suzeraineté des unes envers les autres.
La première délimitation territoriale globale de ce que nous appelons ici les terres de Lunery sera la paroisse.(1)
La paroisse est entité ecclésiastique de base, qui désignera une aire géographique précise et un groupe de personnes constituant une communauté.
Quand la paroisse de Lunery apparut, les terres qu'elle englobait avaient déjà leurs seigneuries.
Ce fut ainsi que la paroisse de Lunery comprit 5 seigneuries.
Quand nous parlerons donc des « terres de Lunery », nous parlerons des terres comprises dans l'air géographique que recouvrait la paroisse de Lunery, et qui un peu près celle que recouvre l'actuelle Commune de Lunery, car très souvent des limites des paroisses établies par l'Ancien Régime furent utilisées par  l'administration républicaines.(2)

 

Les terres de Lunery  à la préhistoire

Tout comme les autres territoires de cette partie de la vallée du cher, ce lieu,  a accueilli le chasseur cueilleur du néolithique(3).
Les origines métissées de cet homme étaient la résultante de plusieurs vagues de migrations venues d'Europe centrale et d'Europe du Nord, des Balkans et de la vallée du Danube.
Les racines de sa culture civilisationnelle,  incluaient la culture lithique de l'industrie Tardenoisienne, et la culture céramique de l'industrie de Cerny(4).

Sur les terres mêmes de Lunery, on trouve des témoignages de la présence de l'homme du néolithique :
*A Rosière où seront trouvés vers 1912, dans une sablière, à 10 mètres de profondeur, des ossements mélangés résultants de nombreuse chasses, de petits carnivores,
en particulier le cuon alpinus (genre de chien sauvage) et l'acinonyx (genre de guépard) et d'herbivores comme le cheval, buffle, le cerf mégacéros, l'éléphant et le rhinocéros. Ces ossements furent datés d'environ d'un million d'années.(5)
*Au Sablons, terres situées en sortie de Rosières à droite, en direction du village de Lunery où,en 1984, furent répertorié un outillage lithique de silex taillés datant lui aussi, d'environ un million d'années. (6)


 

Les terres de Lunery pendant la protohistoire

(premier et second âge du fer)

Les Galls ; les Kimris ; Les Gallo-Kimris ; Les Gaulois.

Ces hommes de la protohistoire, semi-nomades, qui se déplaçaient dans les vallées du Cher et de l'Arnon, en coupant par les terres qui aujourd'hui forment, entre autre, la commune de Lunery, ont vu l'arriver des hommes de race Indo-européenne d'ethnie celtique. Ils venaient d'Asie occidentale, et ils se nommaient les « Galls »(7).
Vers la première moitié du 7 e siècle av J.C., les Galls, qui s'étaient installés sur ces terres, ont vu, à leur tour, arriver une autre migration de même ethnie celtique que la leur, celle du peuple des « Kimris »(8).
Les Galls ont résisté à cette invasion migratrice des Kimris mais le temps passant, ces deux peuples de même culture se sont réunis pour former celui des « Gallo Kimris »(9).
Les Gallo Kimris vont êtres nommés  « Gaulois » et le territoire que forme la « Galatie », va peu à peu changer d'appellation pour devenir la « Gaule ». Les terres de Lunery furent l'un des territoires d'un peuple Gaulois nommé « Bituriges Cubi » qui allait occuper un territoire qui s'étendait sur les plateaux du Limousin, sur le sud de l'Orléanais, sur une partie de la Bourgogne et sur le nord-est de l'Aquitaine(10).

La présence de ces Celtes nommés Gaulois, nous est révélée  sur les terres même de Lunery :
* A Chanteloup, sera découvert, en 1857,  un tumulus daté du Hallstatt (moins 1 300 à moins 400) dont le mobilier se composait d'une épée en fer, d'un rasoir, d'un bracelet en bronze. (11)
* A La Vergne, en 1873, ce seront quatre tumulus datés de La Tène (moins 400 à moins 30) qui seront découverts. Dans ces sépultures on a trouvé : 3 fibules provenant du deuxième âge du fer ; 2 bracelets et deux épées. (12)

 


 * A la Vergne toujours, au carrefour de la D 87 et de la D 27, dans une sablière,  on trouva, en novembre 1872, une épée dans son fourreau ; un fragment de casque ; une chainette en fer et six anneaux de cuivre qui peuvent être attribués à la période gauloise.
* A Germigny, en 1983, on découvrit un cercle attestant de l'implantation d'une construction datant de la protohistoire.(13)
* A Germigny, toujours, au sud de cette empreinte circulaire, on trouvera également l'emprunte au sol d'une construction carrée pouvant certainement être attribuée à cette même époque.(14)

Les terres de Lunery pendant les périodes romaines et gallo romaines

Après la conquête de la Gaule par César, en 52 av J.C., les terres de Lunery seront occupées, puis coloniser par les romains
Elles auront successivement, comme administrateurs entre le deuxième siècle et le quatrième siècle :
-  Un certain « Lucius » fils de « Zenebrun » premier Celte (Gaulois) reconnu par « César » comme sénateur d'Aquitaine,
-  Puis son fils « Locadius » ou « Leocade » qui, après avoir été converti au christianisme par « saint Ursin », deviendra « saint Leocade ». Nommé par « Tibère », « Leocade » se maria avec « Suzanne » fille de « Manlius Corentus » gouverneur de « Biturigum ») (Bourges). Ce « Leocade » serait le fondateur du Vicus Dolensis, appelé aussi plus tard, « Bourg Dieu » connu de nos jours sous le nom de « Déols » près de « Châteauroux ».
-  Et enfin son petit fils « Lucilus » ou « Lusor » qui deviendra « saint Ludre »(15)
La poursuite de l'implantation humaine aux époques romaines et gallo-romaines sur les terres de Lunery est donc incontestable.
Mais il serait un peu réducteur de penser, comme on le lit quelquefois, que ce furent les paysages harmonieux de la vallée du Cher à cet endroit, qui incitèrent les colonisateurs Romains fortunés de Bourges à y venir construire de belles résidences.
Une telle argumentation, aussi poétique qu'elle se veut être, ne peut être issue que de l'ignorance de la réalité politico-psychosociologique qui enveloppait cette époque.
Cette réalité nous amène à entrevoir la raison de cette implantation sous un jour plus rationnel, dictée par les nécessités vitales qui s'imposaient à l'empire romain.
Autre que la gloire de ses empereurs et celle de ses généraux, Rome et ses territoires surpeuplés, avaient pour assurer leurs autonomies alimentaires, de plus en plus besoin du rendement des terres agricoles gauloises.
Les guerres des Gaules ne furent pas seulement engagées, comme certains le pense, pour que Jules César révèle ses talents militaires ; Elles étaient avant tout le seul moyen d'augmenter la possession romaine en nouvelles terres agricoles et de par la colonisation faire migrer les citoyens romains vers les terres conquises et  pallier ainsi au problème de la sur population
Les « Villas »(16) que les colons romains implantaient en Gaulle, avaient toutes une vocation économique et commerciale, et permettaient d'assurer les revenus des familles des notables romains et des nobles gaulois  proches du pouvoir, tout en assurant une certaine suffisance alimentaire aux états romains.
Pour que cela puisse être, les développements des « Vicus »(17)se faisaient en général a proximité de voies de communications terrestres et fluviales.
L'implantation de Luneriacum (Lunery) dans la vallée de la rivière Cher, au point de son intersection avec une ligne qui joint Ernodurum (Saint Ambroix) à Lavatum (Levet),  n'est donc pas le fait du hasard, mais bien au contraire, elle résulte de la logique de développement des Vicus à cette époque.
En effet :
-  Au nord-ouest du Vicus Luneriacum, on rencontre à Ernodurum (Saint Ambroix), la voie romaine Avaricum – Argentomagus (Bourges – Saint marcel Lès Argenton).
- A l'Est de ce même Vicus Luneriacum,  on rencontre à Lavatum (Levet), la voie romaine Avaricum – Augustonemetum (Bourges – Clermont) via Nériomagos (Neris).
Ces deux voies romaines importantes sont à peu près à égale distance du Vicus Luneriacum (Lunery).
Elles apparaissent sur « La table des itinéraires » dite de Peutinger, qui date du 3ème ou du 4ème siècle, que Celtis Portucius avait offert à  de Konrad Peutinger en1507.(18)
A ces deux voies de communication terrestres, il faut ajouter la voie fluviale que représente le Cher navigable à cette époque et qui permet de circuler vers le sud où on trouve le Vicus Alvea (Allichamps – Allii campus))  et de et vers le nord où on trouve le Vicus Aurius ou aureus (Saint Florent sur Cher)
Nous avons là  une explication sociologique rationnelle répondant à la logique sociologique de l'époque, de l'implantation par les colons romains en ce lieu du Vicus de Luneriacum – Lunery.

 


 

Vestiges archéologiques témoignant de cette implantation romaine et gallo-romaine.

 Sur plusieurs lieux des terres de Lunery ont été retrouvé des vestiges de la présence romaine, puis gallo-romaine :

* En 1863, lors de la construction d'une habitation dans le bourg même, tout près de l'église, à son sud-ouest, fut trouvée une importante mosaïque.(19)


Reconstitution de la mosaïque de Lunery exposée au musée de Bourges.


 

* Sous la nef de l'église, en 1890,  on découvrit l'existence d'une piscine romaine. Les fouilles mirent à jour une salle de 1mètre sur 1,80 mètres mosaïquée sur trois de ses cotés, ainsi qu'un morceau de tuyau de plomb. Dans les remblais de ces fouilles, fut également trouvé un stuc (sorte d'enduit imitant le marbre) représentant un poisson et une monnaie un Antoninianus de  posthume.(20)

* Enfin en 1977, à 500 mètres à l'Est du bourg de Lunery,  fut découvert un fanum (petit temple gallo-romain), ainsi que les vestiges de petits bâtiment datés de la même époque.(21)

_____

* A Champroy qui à l'origine devait être le lieu de l'implantation d'une Villa romaine, furent trouvés :
- Au sud de l'actuel château, un carrelage romain de briques rouges et des pièces de monnaie d'Auguste, de Cripus et de Maxance.(22)
- Dans une propriété privée (Mr Sinniger) fut trouvée une statuette en calcaire de Mercure assis, de 48 cm de hauteur, sans tête et sans main droite.(23)

 _____

* A Rosières, en 1976, à la limité du plateau et de la plaine du Cher, on découvrit l'implantation d'une Villa. (24)

_____ 

* A La Vergne, en 1872, dans le vallon en direction du Cher, furent découvertes :
- Des implantations de bâtiments gallo-romains de 50 mètres long sur 3,50 mètres de large, avec à chaque extrémité deux habitations comprenant chacune trois petites pièces très étroites
- Le fût d'une colonne de  ainsi que des fragments de céramique commune,
- Une urne funéraire en verre de teinte verdâtre contenant des cendres et des débris d'os,
- Des amphores, des briques et des tuiles à rebord.
- Le tout accompagné de pièces de monnaies datant de Marc Aurel, de Tetricus jeune  et de Constantin.(25)

Mais là encore, il ne faut pas en tirer des conclusions hâtives. ce n'est pas parce qu'une piscine fut trouvée là, ainsi que vestiges qui font penser à des thermes à La Vergnes, qu'on puisse en déduire, comme on le lit parfois, que Lunery fut, pour l'aristocratie gallo-romaine, une sorte de station balnéaire.
Un oiseau ne fait pas le printemps dit-on !
Alors au regard des habitudes romaines avancées en matière d'hygiène corporelle, on ne peut absolument pas, au regard de deux vestiges de ce qui peuvent avoir été des thermes particulières, donner une vocation thermale collective à tout un Vicus.


Les terres de Lunery durant la christianisation.

 Il semble bien que l'arrivée de la religion chrétienne sur les terres de Lunery date de l'époque de la conversion, par Saint Ursin, du sénateur Gallo-romain, « Leocarde » (Locadius)  gendre du gouverneur de Bourges qui avait été nommé à ce poste par l'empereur Tibère.
Ce sénateur d'Aquitaine Leocarde sera aussi le fondateur du Vicus Dolensis (Déols).(26)
Sachant que Saint Ursin, qui est reconnu par tous comme l'évangélisateur du Haut Berry, mourut au alentour de 300, on peut donc raisonnablement penser que le tout début de l'évangélisation  des terres de Lunery date de la deuxième moitié du III ème siècle, époque des baptêmes de Leocarde et de son fils Lucilus, et se poursuivit durant tout le IV ème siècle.

 

Les terres de Lunery sous les Mérovingiens

 Ce fut à La Brosse qu'on trouva les nombreux cercueils de pierre de forme trapézoïdale et taillés grossièrement   qui attestent de la présence des Francs de la dynastie mérovingienne sur les terres de Lunery.
Cette présence peut-être fixée à l'époque des querelles entre les rois frères Chilpéric et Gontran. (Autour de 583). (27)

 

Les terres de Lunery et les incursions vikings (normandes)

 Nous savons que les Vikings ont remonté la rivière Cher à plusieurs reprises en 857 et 867et ont lancé de ses rives, entre Vierzon et Châteauneuf, leurs attaques sur Bourges.
De cette époque, on n'a pas trouvé vraiment de vestige archéologique sur les terres de Lunery qui nous indiquerait la présence normande.
Mais il peut-être envisagé que l'inféodation  du fief de Champroy à la seigneurie de Vierzon (28)  fut le prolongement logique de liens qui reliaient entre eux les camps d'observation que les Vikings établissaient sur les  hauteurs surplombant les rives des cours d'eau (29).

 

La Paroisse de Lunery

Il est bien difficile, aujourd'hui, d'énumérer quels furent les lieux qui étaient englobés dans le territoire que recouvrait la paroisse de Lunery.
Toutefois en général, lorsque furent crées les communes, on se servit très souvent des limites des paroisses établies par l'Ancien Régime pour fixer celles des ces nouvelles entités administratives républicaines. (30)
Sans grand risque de se tromper, La paroisse de Lunery comprenait les lieux suivants :
Bellechaume - Champroi,- Chanteloup – Germigny -La Brosse - La Bruère – Houet d'en haut _ Houet d'en bas - La Montapeine - La Pompe - La Vallée Du Moulin - La Vergne,- La Guerne – Le bois Quillery - L'Echalusse - Le Four A Chaux - Le Grand Rosières –  Les Clapières - Les Rimberts – Lunerette - Lunery et Rosières auxquels il  nous faut ajouter Marseuvre (Massoeuvre à partir de 1800)

 

Origines de l'Eglise de La paroisse de Lunery 

Lieu d'implantation

Le fait qu'il fut retrouvé, en 1890,  une piscine romaine sous la nef de l'actuelle église, nous indique que le lieu primaire du culte chrétien fut construit sur des vestiges d'une construction gallo-romaine importante.

Comme souvent d'ailleurs à cette époque, ce premier lieu de culte chrétien de Lunery semble avoir été élevé comme sanctuaire pour abriter la sépulture d'un serviteur de Dieu dont les actions durant sa vie méritaient d'être vénérées.
Ce qui donnerait une explication possible à la sépulture découverte en 1891 sous le dallage de l'église dont les monnaies, qui y furent aussi trouvées, sont datées de 258 (règne de Valérien).
On ne peut alors que faire le rapprochement entre cette sépulture et cette date qui fut celle du début de la seconde persécution des chrétiens, ordonnée par Valérien, où les clercs avaient ordre de sacrifier des chrétiens aux Dieux païens.


Église primitive

De cette église primitive, il ne reste rien, mis à part l'endroit qu'elle occupait. Cet endroit sera celui où s'élèveront successivement les autres églises jusqu'à celle d'aujourd'hui.
On doit donc admettre que cette église primitive de Lunery fut élevée après la bataille du Vicus Dolensis (Déols) entre les 12 000 guerriers du roi breton brittonique Riothame (Ambroise Aurèle) et ceux du roi des Wisigoths Euric en 469.


Église médiévale

Les textes nous disent que la paroisse de Lunery, ainsi que l'église s'appelèrent « Saint Aubin de Lunery » en  
Glorification d'Aubin, abbé de Tincillac,  évêque d'Angers mort entre 565 et 580. (31) et qu'elles dépendaient du chapitre de Saint Ursin de Bourges.
Cette information peut permettre de fixer la construction de la seconde église de Lunery dans la deuxième moitié » du VI ème siècle, où elle prit, comme la paroisse, le patronyme de Saint Aubin.

Ce Saint fut connu surtout pour sa grande charité.
Il visitait les malades, consolait les souffrants, rachetait les prisonniers et les esclaves pour les libérer.
Il avait dit-on  une grande compassion pour les veuves qui avaient des enfants à charge et les aidait. Dieu lui accorda de nombreuses guérisons et la résurrection de deux morts.
Il eut un certain crédit auprès du roi mérovingien Childebert.
Cette appellation sous le vocable de Saint Aubin perdurera jusqu' après 1741. Car il est fait état dans un ouvrage écrit cette même année par le jésuite Pierre de Mareuil (32) qu'une paroissienne de Saint Aubin de Lunery fut guérie en 1508 d'une épilepsie grave, après avoir visité le tombeau de Jehanne de France.
Au XIème siècle, il fut construit, sur un soubassement dont il est difficile d'en définir l'origine, une tour massive en grand appareillage. Nul ne sait si cette tour était attenante en transept à droite de la nef, comme elle l'est aujourd'hui.
Au XIIIème siècle, cette tour  se vit rehausser d'un étage dont  les côtés sont percés de Deux petites fenêtres  plein cintre, séparée par un montant comprenant trois colonnettes. Le tout fut couvert d'une charpente pyramidale et couverte aujourd'hui d'ardoises, mais surement à l'époque de tuiles.


Église à la Renaissance et de nos jours

Dans cette tour il fut trouvé des traces d'incendies qui pourraient être consécutives aux exactions huguenotes de 1562.(33)
Vers 1885, cette église possède une voute ogivale en bois qui semble dater du 16ème siècle.(34)
Nous ne connaissons pas la date exacte où cette église passa sous le vocable de Saint Privé ou Saint Priva
Cette église fut restaurée au 19ème siècle Et resta dans les formes que nous voyons aujourd'hui.

 

Structuration féodale des terres de Lunery

 La paroisse de Lunery comprenait cinq seigneuries :

I - La seigneurie de Lunery

II - La seigneurie d'Echalusse

III - La seigneurie de Champroy

IV - La seigneurie de Rosières

V - La seigneurie de Marseuvre (Massœuvre à partir de1800)

 

I - La Seigneurie de Lunery

Nous trouvons ces terres déclinées en : Lunarie en 1202, Lunare en 1227 (35) Luneriaco 1258, Lunery 1450.

Ces appellations rassemblent : Les terres de Germigny ; de  La Brosse ; de La Bruère ; de La Montapeine ; de La Pompe ; de La Vallée Du Moulin ; du  Four A Chaux ; des Clapières ; de Lunerette ; de Bellechaume, qui était une métairie de bornage de la seigneurie de Mareuil en 1765
Les terres  de Lunery s'étendaient sur deux autres seigneuries limitrophes, Une grande partie sur celle de Mareuil et une moindre sur celle de Châteauneuf.

 

Les seigneurs de Lunery 

 

Il est difficile de situer la demeure de ces seigneurs, mais il semble qu'il existait près du bourg, une tour appelée « Les Renaudes ».
Les fondations de cette tour étaient en pierres et on y trouvait des tuiles percées destinées à être fixées à l'aide de chevilles de bois comme le voulait l'usage médiéval.
On a longtemps pensé aussi que ces seigneurs pouvaient être établis au Sud Est de l'église où aujourd'hui se trouvent les vestiges d'un fort bâtiment rectangulaire dont les murs, d'appareillage moyen, sont épais d'un mètre et peu percés d'ouverture.
En fait ces vestiges sont ceux d'un ancien moulin dépendant de la seigneurie de Massoeuvre et mentionné dans des anciens aveux. Ce moulin est appelé aujourd'hui « le moulin de Rosiau ».

Dominant le bourg du village de Lunery il existe une maison prénommée « Le Grand Bayet ». En 1507, cette bâtisse fut habitée par  Guillaume Desvaux dont la fille fut guérie de sa sévère épilepsie par une visite du tombeau de sainte Jeanne de France duchesse du Berry.
Après la famille Desvaux, ce fut la famille Tillery qui l'occupa et qui la vendit plus tard à la famille des Sauzay, seigneur de Champroy.

Ce sont succédés comme seigneurs de Lunery :

 - Avant 1229, Hugot de Lunare chevalier et son épouse Emélissenz de cette union naquirent Radulfus, Allis et Arnulfe ou Renulfus.

- En 1229 et 1235, nous trouvons Arnulfe ou Renulfus  chevalier seigneur de Lunare.

- En  1258 et 1270, nous trouvons un Guyonne Sénescal comme Damoiseau seigneur de Lunery.

- En 1270, lors du partage de l'indivision qui liait Renoul de Culan et Pierre de Saint Palais, la seigneurie de Mareuil fut attribuée à Pierre de Saint Palais.
En effet, la charte qui établit ce partage spécifie que les fiefs et hommages qu'elle n'a pas dénommés seront attribués a celui qui en possédait la plus grande partie.  
La seigneurie de Lunery ne fut pas dénommée dans cette charte. Comme elle avait la plus grande partie de ses terres sur
la seigneurie de Mareuil, elle fut donc attribuée à Pierre 1er de Saint Palais.

- Pierre 1er de Saint Palais avait épousée Alix de Mery avec qui il eut trois enfants : Pierre, Jehanne et Margueritte. Pierre I mourut en 1300 ;

- En 1300, en tant que tutrice des enfants, Alix de Mery, veuve du précédant, fut entre autre, Dame de Lunery en attendant la majorité de son fils Pierre II.
Elle maria sa fille Jehanne à Barthélemy de l'Isle le 27 octobre 1305.
Puis elle fit épouser à sa fille Margueritte Pierre III de Graçay en 1310 ;

- Vers 1310, Pierre II de Saint Palais fils du précédent et de la précédente, devint seigneur de Lunery. Il épousa Alaipdis ou Alaipdnis de Neuvy dont il eut deux enfants : Pierre et Marie. Cette dernière sera marié d'abord à Jean de Thienges, puis en seconde noce à Jean de Crux ;

- En 1315, Pierre II de Saint Palais octroie comme douaire à sa mère Alix de Méry la seigneurie de Lunery

-Vers 1320, en tant que tutrice des enfants, Alaipdis de Neuvy, veuve du précédent, fut Dame de Lunery ;

-Vers 1328, Pierre III de Saint Palais devint seigneur de Lunery. Il épousa Jehanne de Mont-Rose, de qui il eut un fils Jean ;

-En 1379, Jean I, fils du précédent hérita de la seigneurie de Lunery. Il épousa de Jeanne de Rochechouart, de qui il eut deux enfants : Jean et Philibert ;

-Vers 1400, Jean II de Saint Palais, fils du précédent, devint seigneur de Lunery. Il épousa Margueritte de Giac, de qui il eut deux enfants : Charles et Marie. Cette dernière épousera Arthaut-Trousseau seigneur de Bois-Sir-Amé ;

-Vers 1426, en tant que tutrice des enfants, Margueritte de Giac, veuve du précédent sera Dame de Lunery

-Vers 1430, à la mort de Jean II, son frère Philibert de Saint Palais, devint seigneur de Lunery. Philibert épousa Jehanne de Thienges ;

-En 1434, en tant qu'usufruitière, Jehanne de Thienges, veuve du précédent, devint Dame de Lunery.

-En ????, Au décès de Jehanne de Thienges, ce fut Charles fils de Jean II de Saint Palais et sa sœur Marie qui devinrent seigneur et Dame de Lunery. Charles épousa Anne de Damas avec qui il eut deux garçons Philippe et Louis et deux filles Marie et Jeanne de Saint Palais.

A la mort de Charles, Anne de Damas sa veuve se remaria avec Guérin de Groing chambellan de roi Louis XI et bailli de saint Pierre le Moustier ; et fille épouser à sa fille Marie Jean de Groing fils de Guérin son nouvel époux.

Il y eut alors un très long procès pour le partage des biens que laissait Charles de Saint Palais entre  Anne de Damas et son époux Guérin de Groing  en tant que tuteurs de Marie et de Jeanne ses filles et  Philippe et Louis Trousseau dis Trousseau fils d'Anne de Damas et frères de Marie et Jeanne mineures. Ce procès durait encore en 1487.

- En 1434 jusqu'en 1453, on trouve Arthaut Trousseau et Marie de Saint Palais comme seigneur et Dame de Lunery/.

- En1455 un Jean Damas apparaît comme seigneur de Lunery

- En 1474 on trouve Marie de Saint Palais et Jean Trousseau (petit fils d'Arthaut) seigneur de Lunery.

- En 1476 ce furent Jeanne de Saint Palais et sa sœur Marie de Saint Palais et l'époux de cette dernière Jean Le Groing qui étaient maître de la seigneurie de Lunery.

- En 1481seuls Marie de Saint Palais et son époux  Jean Le Groing semblent être Dame et seigneur de Lunery

- En 1483,  Louis Trousseau était seigneur de Lunery.

- En 1494  ce fut Anne de Damas qui fut Dame de Lunery grâce à un accord passé avec Jean Trousseau segneur de Bois-Sir-Armé.

- En 1503, on trouve Marie de Saint Palais et son époux Jean Le Groing de nouveau dame et seigneur de Lunery.

- En 1505, messire Jean Du Puy seigneur du Couderay et son épouse Philippa de Baissey achetèrent la seigneurie de Lunery à Jean Groing et à son épouse Marie de Saint Palais.

-En 1554, Jean Du Puy décéda,  et ce fut son fils Georges Du Puy époux de Jeanne Rassin, qui fut seigneur de Lunery.

- En 1562, Georges Du Puy mourut dans sons fief de Rosières suite à la frayeur que lui fit l'attaque et la mise à sac de son château du Coudray par le capitaine Ivoy du parti des huguenots de Bourges.

- De 1562 à 1575, Claude Du Puy époux de Jeanne des Ligneris, fils du précédent, fut seigneur de Lunery.

- De 1575 à 1614, Jeanne du Puy, fille du précédant et épouse de Louis de Saint Gelais Lusignan fut Dame de Lunery.

- De 1614 à 1686, nous trouvons successivement comme seigneurs de Lunery mais aussi Rosières et Massoeuvre :

- Josué de Saint Gelais Lusignan ;

- Charles de Saint Gelais Lusignan dont une partie de son corps est inhumé dans l'église de Civray le 9 mai 1665;

- De 1686 à ????,  Charlotte de La Loë, veuve du précédant fut Dame du Coudray de Rosières et de Lunery.

- De ???? à vers1712, Charles de Saint Gelais Lusignan du Puy, fils des précédents.

- Vers 1712, la seigneurie du Coudray, comprenant celle de Massoeuvre et de Rosière et de Lunery, fut vendue par la famille Saint Gelais Lusignan du Puy à Charles Eléonor Aubry marquis de Castelnau des terres de Plou, pour la somme de 130 000 écus.
Nous avons toutefois un doute pour la seigneurie de Lunery. Faisait-elle ou non partie de cette vente ?

Dorénavant, la seigneurie du Coudray qui comprenait Massoeuvre et Rosières fera partie du marquisat de Castelnau et en tant que tel aura comme seigneurs et propriétaire ceux de ce même marquisat

Le 30 janvier1756 Charles Joseph de Bussy acheta le marquisat de Castelnau des terres de Plou dans lequel étaient inclues le terres du Coudray et de Civray pour la somme de 600 000 Livres. A sa mort, en 1785, ce fut sa nièce Charlotte Catherine Sophie de Bussy épouse Folleville qui hérita du marquisat.
En 1793 Les Communes furent instituée sur tout le territoire français.

 

II La seigneurie de L'Echalusse

C'est une seigneurie à part entière d'environ 900 ha, vassale de la seigneurie de Châteauneuf.
Ses terres se situent sur les seigneuries de Lunery et Primelles.
Elle comprenait les bois de l'Echalusse et la métairie de l'Echalusse, ainsi qu'un fief « Les Rimberts »
On peut aussi attribuer à cette seigneurie, le lieu de « La Guerne » qui se composait d'un bois  situé près de l'Echalusse où fut trouvée une enceinte pentagonale de 30 mètres de diamètre probablement d'origine féodale.
Cette enceinte est entourée de fossés d'une quinzaine de mètres de large, dont les terres résiduelles du creusement se trouvent déposées au-dedans formant ainsi un parapet interrompu à l'ouest pour y permettre l'accès.
Sans oublier  le lieu « Le Bois Quillery » où se trouvait aussi une autre enceinte de forme carré de 100 mètres de côté, entouré elle aussi de fossés sur trois de ses côtés.

Ces défenses semblent pouvoir être le lieu d'établissement des premiers seigneurs d'Echalusse, les Aiguemorte puis les Sant Avit. Ces lieux furent vendus en1587 aux Rochefort seigneurs de  Mareuil.(36) (37)

Des légendes populaires sont attachées à ces lieux.
L'une nous raconte l'apparition d'une fée blanche sur le rempart.
- Une autre nous dit qu'un homme à longue barbe poursuit tous ceux qui s'approchent du lieu.
- Une autre encore affirme que dans l'enceinte, un coq y chant la nuit.

Le fief « Les Rimberts »  de la seigneurie de L'Echalusse
Il fit partie de la seigneurie d'Echalusse qui était vassale à celle de Mareuil.
- En 1614 Les Rimberts furent acheté par Jean de Coulon seigneur de Champroy.
- En 1670, Les Rimberts appartiennent à Jean Gallus Conseiller au présidial de Bourges et à son épouse Claude de Tullier.
- En 1680, ce fut Jacques Lebloy, premier lieutenant de la Maréchaussée générale de Bourges, qui en était le seigneur. Puis ses héritiers se succéderont jusqu'en 1776.
- Ensuite nous trouvons Le sieur de Trumeau, suivit du sieur Séguin, puis suivit encore du sieur Marcillac vers 1880.

Les seigneurs de l'Echalusse

- En 1440, on trouve Jean du Pin seigneur d'Aiguemorte et son épouse Marguerite Moussy.

- Puis Perronelle du Pin, fille du précédent, et son époux Antoine de Saint Avit, fils du sénéchal de la Marche, Bertrand de Saint Avit.

- Puis Jean de Pin, fils des précédents et son épouse Jehanne de Gaucourt.

- En 1540, François et Antoine de Saint Avit fils des précédents.

- En 1549, Antoine de Saint Avit  et son épouse Louise Trousseau.

- Puis Jean de Saint Avit fils des précédents

- En 1587 le 12 aout, Anne de Rochefort seigneur de Mareuil et de la Croisette acheta, pour 300 écus soleil payable au 1er novembre, la seigneurie de L'Echalusse à Jean de Saint Avit.
Anne de Rochefort ne paya pas à la date et fut contraint à payer à Jean de Saint Avit, puis à son fil Etienne Duchesne sieur de la Grange Saint Jean, une rente de 266 écus, 12 livres d'escu sol.

- Le Ier septembre 1614, Etienne Duchesne céda la rente et le titre à Claude Gassot sieur de Deffens.

- Le 25 novembre 1627, Claude Cassot sieur de Deffens, céda à son tour la rente et le titre à Nicolas Bichanteau seigneur de Mareuil et gendre d'Anne de Rochefort.

- En 1636 Nicolas Bichanteau et son épouse Edmée Françoise de Rochefort étaient toujours seigneur et dame de la seigneurie de L'Echalusse.

 

 

III La seigneurie de Champroy

La seigneurie de Champroy s'était établie à partir d'une ancienne villa romaine qui semble avoir occupée les lieux où s'élève aujourd'hui le château mainte fois transformé. Par exemple, la chapelle actuelle du château n'est pas celle d'origine elle fut construite avant  1885.
Les seigneurs de Champroy faisaient aveux de vassalité aux seigneurs de Vierzon.
Cette vassalité semble s'être établie à l'époque des raides des Vikings.
La seigneurie de Champroy avait sur ses terres deux fiefs :
- « La vergne »
- « Chappet »

Les seigneurs de Champroy

La seigneurie de Champroy eut comme seigneurs :

- En1200, Hugonin du Verdier.

- En1250, Guillaume Pot seigneur de la Prune au Pot, qui avait épousé Catherine du Verdier

- En 1389, Régnier Pot, dont les héritiers seront seigneur jusqu'à la fin du XVI ème siècle.

- En 1590, Jean de Coulon et son épouse Antoinette de Bosselet

- En 1625, Jean de Coulon fils des précédents, qui avait épousé Suzanne Bochetel.

- En 1649, Jean Jacques d'Ivoy

- Puis la seigneurie passa à la famille Sauzay jusqu'en 1790.

- Puis à la famille Mellony – Lanet jusqu'à 1879 qui en était encore propriétaire.

Le fief de « La Vergne » de la seigneurie de Champroy.

Ce fief fut établi en continuité de l'implantation des occupations gallo-romaine dont nous avons vu les riches vestiges.
Au Moyen-Âge, il semble que ce fut un manoir qui régissait ses terres aux alentours.

Les seigneurs du fief de La Vergne

Les seigneur de La Vergue furent :

- En 1670 jusqu'à 1675, Sylvain de la Cube. (38)

- En 1681, Claude de la Cube. (39)

- Puis suivit François de la Cube, fils du précédent.

-  Puis Pierre Moreau et sa fille Catherine Moreau. (40)     

- En 1684, on trouve un Lavergne,

- De 1757 à 1780, un Margot sieur de la Vergne.

- En 1769, à Joseph Souffrain. (41)

- Après vient un Poubeau.

- Puis en 1885 à  un Jacquier.

Le fief « Le Chappet » de la seigneurie de Champroy:

Le nom de ce lieu évolua on trouve « Coypet » en 1218 ; « Chapet » en 1495 ; puis « Fraschet » nommé « Chappet » en 1508 ; enfin « Chapes « en 1656.
Tout comme La Vergne, Chappet semble avoir été un fief de Champroy.


Les seigneurs de Chappet, fief de la seigneurie de Champroy

Ce fief de Chappet fut donné en 1270 par Eude ou Odon Bardon au prieuré de La Prée.

- En 1491 Jean d'Orange et son épouse Jeanne Gamaches sont seigneur et Dame de Chappet et le Grand Bayet dépendait alors de Chappet. (42).

- En 1507 Sieur Desvaux  fermier de La Prée en fut fermier et propriétaire d'une partie de cette seigneurie qu'il vendit en 1508, au chapitre du château de Bourges.(43)  (Archives du Cher)

- En 1656, « Chappet » appartient à Pierre Bengy.



IV La seigneurie de Rosières

Rosières était une seigneurie.
En 1102 on y trouve comme seigneur Normannus de Rosarie. (44)
Cette seigneurie fut donnée en 1194 à l'abbaye de La Prée.(45)
Le lieu seigneurial s'appelait le Grand Rosière qui existe encore aujourd'hui.
Sur ces terres on trouve aussi un moulin qui était où se trouvaient les anciennes forges de Mazières( 46) et une métairie qui se trouvait au lieu dit la Grange-brulée. 
Dans le vocabulaire médiéval, le mot grange s'employait très souvent pour indiquer des possessions rurales des abbayes.
A cet endroit fut trouvée, en 1870, une salle voutée qui fut une chapelle. Ce fut en cette chapelle que mourut de frayeur Georges du Puy seigneur du Coudray après la dévastation de son château du Coudray en 1572 pas le capitaine d'Ivoy

Certains disent et écrivent que la seigneurie de Rosières fut la propriété de l'Abbaye de La Prée jusqu'à la Révolution !
Cette affirmation semble être une inexacte !
En effet la seigneurie fut achetée vers 1712, par Charles Eléonor Aubry, marquis de Castelnau à Louis de Saint Gelais seigneur du Coudray qui la possédait.
Monsieur Aubry marquis de Castelnau acheta en même temps les seigneuries du Couderay et de Massoeuvre. Il paya le tout 130 000 écus.
Puis la seigneurie passera en 1742 à Louis Jules Duvaucel  qui acheta le marquisat de Castelnau.
Le 30 janvier 1756, cette même seigneurie devint la propriété de Charles Joseph de Bussy qui acheta le marquisat de Castelnau pour une somme globale de 600 000 Livres.
Un courrier du 19 Janvier 1768, de Mr Trébucher régisseur du marquisat de Castelnau atteste que le moulin de la chaise de la seigneurie de Massoeuvre, et le  moulin de Rosières sont bien la propriété de Monsieur De Bussy, marquis de Castelnau. (47)
En 1785, Charlotte Catherine Sophie de Bussy de Folleville » hérite de tous les biens de son oncle, Charles Joseph de Bussy marquis de Castelnau, dont de la seigneurie de rosière et de son moulin.
Charlotte Catherine Sophie de Bussy » fut une maîtresse femme qui gérait le marquisat de Castelnau depuis que son oncle était reparti pour les Indes française en 1781.
Ce fut ainsi, que dès 1784, au regard de ses forêts qui produisaient déjà du charbon de bois et des nombreuses extractions de minerais de fer sur ses terres, qu'elle eut le projet d'établir en son moulin de Rosières en bordure du Cher, un haut fourneau afin d'y produire de la fonte. (47 bis)
Ce projet souleva bon nombre de contestations fondées et non fondées. Les plus virulentes vinrent des nobles des alentours qui, jusqu'à lors seuls donneurs d'ouvrage, imposaient le prix de la main d'œuvre.
Un tel projet remettaient entre autre, en cause leur monopole d'employabilité puisqu'il permettrait à un journalier d'abandonner le travail de la terre pour celui de la fonderie et ainsi ne plus être subordonné à leur autorité seigneuriale.
En plus, l'éventuel attrait que pourrait exercer cette fonderie sur la main d'œuvre locale, rendrait, par raréfaction, plus difficile le recrutement des journaliers pour les travaux des champs.
Elle dut donc renoncer à ce projet qui verra le jour 70 ans plus tard sur l'initiative du mari de sa petite fille Monsieur de Boissy.(48)
Contrairement à l'idée reçue et à ce qu'on trouve quelquefois écrit, Monsieur de Boissy, en 1836, n'eut jamais à acheter le moulin de Rosières et ses terres pour y établir à proximité les premiers haut-fourneaux. Ce moulin et ses terres faisaient partie des biens du marquisat de Castelnau que son épouse Amélie Musnier de Folleville avait reçu, en 1827 de sa grand-mère Charlotte Catherine Sophie de Bussy de Folleville.

 

Les seigneurs de Rosières

- En 1102 on y trouve comme seigneur Normannus de Rosarie. (49)

- En 1194, cette seigneurie fut donnée à l'abbaye de La Prée.(50)

- En 1562, Georges Du Puy qui en était seigneur, y mourut, suite à la frayeur que lui firent l'attaque et la mise à sac de son château du Coudray par le capitaine Ivoy du parti des huguenots de Bourges.

- De 1562 à 1575, Claude Du Puy époux, de Jeanne des Ligneris, fils du précédent, fut seigneur de Rosières.

- De 1575 à 1614, Jeanne du Puy, fille du précédant et épouse de Louis de Saint Gelais Lusignan fut Dame de Rosières.

- De 1614 à 1686, nous trouvons successivement comme seigneurs de Rosières et aussi de Marseuvre :

- Josué de Saint Gelais Lusignan ;

- Charles de Saint Gelais Lusignan dont une partie de son corps est inhumé dans l'église de Civray le 9 mai 1665;

- De 1686 à ????,  Charlotte de La Loë, veuve du précédant fut Dame de Rosières, du Coudray  et de Marseuvre.

- De ???? à vers1712, Charles de Saint Gelais Lusignan du Puy, fils des précédents.

- Vers 1712, la seigneurie du Coudray, comprenant celle de Marseuvre et de Rosière et de Lunery, fut vendue par la famille Saint Gelais Lusignan du Puy à Charles à Eléonor Aubry marquis de Castelnau des terres de Plou, pour la somme de 130 000 écus.
Dorénavant, la seigneurie de Rosières, mais aussi du Coudray et de Marseuvre, feront partie du marquisat de Castelnau et en tant que tel aura comme seigneurs et propriétaire ceux de ce même marquisat

- Le 30 janvier 1756, Charles Joseph de Bussy acheta le marquisat de Castelnau des terres de Plou dans lequel étaient inclues les terres de Rosières, de Marseuvre, du Coudray et de Civray pour la somme de 600 000 Livres. A sa mort, en 1785, ce fut sa nièce Charlotte Catherine Sophie de Bussy épouse Folleville qui hérita du marquisat.

- En 1793 Les Communes furent instituées sur tout le territoire français et Rosières fut rattachée à la commune de Lunery. Ce qui n'empêcha pas que la majorité des terres de l'ancienne seigneurie soient toujours sous la propriété des héritiers de Charlotte Catherine Sophie de Bussy épouse Folleville.

- En 1827, Amélie Musnier de Folleville, épouse de Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy,  petite fille de la précédente, devint propriétaire de terres à Rosières notamment du  moulin sur la rive gauche du Cher.

- En 1830, Amélie Musnier de Folleville décédera le 16 juillet (51) laissant la gestion des ses propriétés de Castelnau à son époux Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy en tant que tuteur de sa fille héritière, Octavie Etiennette Catherine Adèle Rouillé de Boissy, âgée alors de 6 ans.

- En 1837, Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy en tant que tuteur de sa fille héritière, Octavie Etiennette Catherine Adèle Rouillé de Boissy, âgée alors de 13 ans. Etablit sur les terres près du moulin de Rosières  les premières forges.

 

 V La seigneurie de Marseuvre (Massœuvre à partir de 1800)


 

La seigneurie de Massoeuvre  fut aussi décliné Marsoure en 1229.(52)
Elle s'étendait sur celles de Lunery et du Coudray.


Les Seigneurs de Marseuvre

 - En 1217 à Eudes Barduns ou Bardons, en était le seigneur.

- Puis ce fut  jean Bardons fils du précédent qui en fut seigneur

- Elle passa en 1272, lors du partage de l'indivision Culan – Saint Palais à la seigneurie de Mareuil.(53)
De ce fait Marseuvre dépendra du baillage d'Issoudun.

- En 1505, Marie de Saint Palais Dame de Mareuil et son époux Jean Groing vendit la seigneurie de Marseuvre avec celles de Lunery et rosières, à Jean Dupuis seigneur du Coudray et son épouse Philippa de Baissey.

-En 1554, Jean Du Puy décéda,  et ce fut son fils Georges Du Puy époux de Jeanne Rassin, qui fut seigneur de Marseuvre.

- En 1562, Georges Du Puy mourut dans son fief de Rosières suite à la frayeur découlant de l'attaque et la mise à sac de son château du Coudray par le capitaine Ivoy du parti des huguenots de Bourges.

- De 1562 à 1575, Claude Du Puy époux de Jeanne des Ligneris, fils du précédent, fut seigneur de Marseuvre.

- De 1575 à 1614, Jeanne du Puy, fille du précédant et épouse de Louis de Saint Gelais Lusignan fut Dame de Marseuvre.

- De 1614 à 1686, nous trouvons successivement comme seigneurs de Marseuvre, mais aussi Rosières et Lunery :

- Josué de Saint Gelais Lusignan ;

- Charles de Saint Gelais Lusignan dont une partie de son corps est inhumé dans l'église de Civray le 9 mai 1665;

- De 1686 à ????,  Charlotte de La Loë, veuve du précédant fut Dame du Coudray de Marseuvre, Rosières et de Lunery.

- De ???? à vers1712, Charles de Saint Gelais Lusignan du Puy, fils des précédents.

- Vers 1712, la seigneurie du Coudray, comprenant celle de Massoeuvre et de Rosière et de Lunery, fut vendue par la famille Saint Gelais Lusignan du Puy à Charles Eléonor Aubry marquis de Castelnau des terres de Plou, pour la somme de 130 000 écus.
Nous avons toutefois un doute pour la seigneurie de Lunery. Faisait-elle ou non partie de cette vente ?

Dorénavant, la seigneurie du Coudray qui comprenait Massoeuvre et Rosières fera partie du marquisat de Castelnau et en tant que tel, aura comme seigneurs et propriétaire ceux de ce même marquisat

- Le 30 janvier1756 Charles Joseph de Bussy acheta le marquisat de Castelnau des terres de Plou dans lequel étaient inclues le terres du Coudray et de Civray pour la somme de 600 000 Livres.

- En 1779, De Bussy y ajouta la seigneurie de Saint Florent.

- En 1785, ce fut sa nièce Charlotte Catherine Sophie de Bussy épouse Folleville qui hérita du marquisat.

- En 1793 Les Communes furent instituée sur tout le territoire français, les terres de Marseuvre seront alors rattachées à la Commune de Saint Florent sur Cher. Ce qui n'empêcha pas que la majorité des terres de l'ancienne seigneurie soient toujours sous la propriété des héritiers de Charlotte Catherine Sophie de Bussy épouse Folleville.

- En 1827, Amélie Musnier de Folleville, épouse d'Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy,  petite fille de la précédente, devint propriétaire de terres à Massœuvre.

- En 1830, Amélie Musnier de Folleville décédera le 16 juillet (54) laissant la gestion des ses propriétés de Castelnau à son époux Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy en tant que tuteur de sa fille héritière, Octavie Etiennette Catherine Adèle Rouillé de Boissy, âgée alors de 6 ans.

- En 1837, Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy en tant que tuteur de sa fille héritière, Octavie Etiennette Catherine Adèle Rouillé de Boissy, âgée alors de 13 ans.

 

Nous reste deux lieux de la paroisse de Lunery qui n'appartenaient pas à l'une des cinq seigneuries qui se trouvaient sur les terres de Lunery :

Le fief de Chanteloup 

Qui faisait partie de la seigneurie de Saint Florent qui appartient à Jean le Roy seigneur de Contres, puis à la famille Charlemagne.

Le fief de Houet

Qui dépendait de la seigneurie de Mareuil,.
Sur ce lieu était implanté un petit manoir et d'une métairie d'environ 250 hectares.
Il appartenait avant 1555, à René de Rochefort seigneur de la Croisette et de Mareuil.
Puis après 1555, ce fut à Nicolas Riglet receveur général des finances du Berry qui en fut le possesseur.
Puis à Daniel Riglet fils du précédant en hérita.
Puis à Etienne Riglet fils du précédent.


Passage des terres de Lunery  de l'ère agricole à l'ère de l'industrie métallurgique.

 

En 1785, Charlotte Catherine Sophie de Bussy de Folleville » hérite de tous les biens de son oncle, Charles Joseph de Bussy marquis de Castelnau, dont de la seigneurie de rosière et de son moulin.
Charlotte Catherine Sophie de Bussy » était une maîtresse femme qui gérait le marquisat de Castelnau depuis que son oncle était reparti pour les Indes française en 1781.
Ce fut ainsi, que dès 1784, au regard de ses forêts qui produisaient déjà du charbon de bois et des nombreuses extractions de minerais de fer sur ses terres, elle eut le projet d'établir en son moulin de Rosières en bordure du Cher, un haut fourneau afin d'y produire de la fonte.
Ce projet souleva bon nombre de contestations fondées et non fondées. Les plus virulentes vinrent des nobles des alentours qui, jusqu'à lors seuls donneurs d'ouvrages agricoles, imposaient le prix de la main d'œuvre.
Un tel projet remettaient entre autre, en cause leur monopole d'employabilité puisqu'il permettrait à un journalier d'abandonner le travail de la terre pour celui de la fonderie et ainsi ne plus être subordonné à leur autorité seigneuriale.
En plus, l'éventuel attrait que pourrait exercer cette fonderie sur la main d'œuvre locale, rendrait, par raréfaction, plus difficile le recrutement des journaliers pour les travaux des champs.
Elle dut donc renoncer à ce projet qui verra le jour 70 ans plus tard sur l'initiative du mari de sa petite fille Monsieur Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy.

En 1836,  Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy, héritier de  Charlotte Catherine Sophie de Bussy de Folleville  marquise de Castelnau via son épouse Amélie Musnier de Folleville, installa une forge à l'endroit où il possédait déjà un moulin qui jadis avait été établi par les moines de l'abbaye de La Prée. Puis il  adjoignit à cette installation une fonderie et un haut fourneau.
En 1837, le marquis de Boissy fit installer un deuxième haut fourneau. La motricité que nécessitaient les installations fut alors assurée par deux roues hydrauliques mues par les eaux de Cher.
En 1840, le marquis de Boissy, fit mettre en place les machines à vapeur chargées d'actionner les souffleries nécessaires aux deux hauts fourneaux.

Un décret  de Napoléon III en date du 6 juin 1857 autorisa l'établissement d'une « l'Usine à fer » de Rosières sur la commune de Lunery.
En 1844, le marquis de Boissy obtient des autorités, le droit de construire un troisième haut fourneau et d'agrandir l'espace d'usinage (usine). L'activité métallurgique de ces équipements fut prospère et employait environ 1200 personnes.
Ces installations comprenaient alors : deux hauts fourneaux d'une capacité de production annuelle de 1800 tonnes de fonte ; deux machines à vapeur haute pression dont les chaudières sont placées au-dessus des hauts fourneaux et chauffées par les gaz des gueulards. Il y avait aussi une grosse forge de 6 feux d'affinerie avec 2 gros marteaux, une petite forge à 2 feux, un four à réverbère et des laminoirs. Et plusieurs fours à puddler.
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En 1848,  le marquis de Boissy vendit l'Usine au Marquis de Vogüe.  L'instabilité du contexte politique national ralentit la demande en produit ferreux, et l'Usine de Rosières vit ses commandes se raréfier.
En 1855, les ouvriers furent mis au chômage et les salaires dus peinèrent à être honorés.

En 1861 fut inauguré la ligne de chemin de fer Bourges Montluçon avec un embranchement desservant l'Usine


En 1869, l'Usine fut achetée par Jules Roussel, industriel parisien qui va moderniser l'usine et lui donner une renommée nationale. Une Société anonyme fut alors créée par les héritiers de la famille Roussel.


En 1877, à la mort de Jules Roussel,  les héritiers Roussel tiennent le conseil d'administration de l'Usine et Léon Dupuis, notable local et caissier de l'Usine, prit la tête d'une usine en pleine prospérité.

En 1884, Léon Dupuis se fera élire Maire de Lunery.

En 1892, surgit le premier conflit social qui coutera aux ouvriers « meneurs » leurs revois.

En 1893, un deuxième conflit social apparaît. Cette fois Léon Dupuis accorde une augmentation de salaire apès avoir licencié 20 ouvriers syndicalistes.


En 1896 : Il y avait alors 600 ouvriers dont 380 mouleurs, et l'usine produisait 9000 tonnes de fonte par an.


En 1906, Un grève éclata, elle durera près de 6 mois. Il y aura de sévères affrontements entre les grévistes des les représentants de la force publique qui tentaient de faire entrer des ouvriers nouvellement embauchés afin de casser la grève. Léon Dupuis accordera alors une augmentation de salaire, et il reconnaitra la légitimité du syndicat dans l'Usine.
En 1907 : les hauts fourneaux furent arrêtés et. L'usine devint exclusivement une fonderie de deuxième fusion.

<!--[if !supportLineBreakNewLine]-->En 1909, à la mort de Léon Dupuis, ce fut Monsieur Henri Magdélenat qui prit la direction de l'Usine et là réorienta  vers une nouvelle activité, l'émaillage de la fonte dans la fabrication des cuisinières, poêles à bois et à charbon. La direction de Henri Magdelénat fut suivie par celles de ses descendants Etienne Magdelénat et Philippe Magdelénat.

 En 1920, le besoin de main d'œuvre de l'Usine nécessita la venue d'émigrés polonais avec leurs responsables et portes parole afin de les différencier  pour qu'ils ne renforcent  pas l'organisation ouvrière existante.

En 1929, l'Usine comptait un effectif de 943 ouvriers polonais et de 924 ouvriers français.

 

Démographie  des terres de Lunery à cette époque d'industrialisation

 Entre 1846 et 1861, la commune de Lunery (qui comprend Rosières) passe de 1181 habitants à 925 habitants cette décroissance est due à une faillite de l'Usine qui provoquera une phase de chômage importante.

Entre 1861 et 1872, la commune de Lunery passera de 925 habitants à 1064 habitants, dont 227 à Rosières. Cette nouvelle population venait de Mayenne (40%), de l'Indre (20%), de la Sarthe (8%) et d'autres départements (5%)
En fait elle suivait Mr Léon Roussel dans les différents lieux où il exerçait son activité d'industriel.

 

 

Nous arrêterons là l'histoire des terres de Lunery, mais il y a encore beaucoup à dire pour la période qui va de 1909 à aujourd'hui, notamment en ce qui concerne l'histoire ouvrière de ces lieux.
D'autres  s'attacheront surement à ce travail de recherche qui est d'un grand intérêt.

Pour ma part il m'a semblé nécessaire de rechercher quelles étaient les structurations et les gouvernances des terres de Lunery sous l'ancien régime afin que l'éparpillement de ces réalités ne fasse disparaitre.


 

 Notes de Références


[1] Le droit canonique définit la paroisse comme "la communauté précise de fidèles constituée d'une manière stable dans l'Eglise diocésaine et dont la charge pastorale est confiée à un curé, comme pasteur propre, sous l'autorité de l'évêque diocésain"

[2] Loi du 1er  décembre 1790, promulguée le 14 décembre 1790.

[3] LOUBOUTIN. (Catherine.).  : « Au néolithique les premier paysans du monde ». Editions Gallimard, Paris 1990.

[4] MARCHAND. (Pierre.). et PASQUET. (Hedwige.). : « Le Guide de la France préhistorique » Edition Gallimard /Nouveaux Loisirs. Caisse Nationale des Monuments historiques et des sites/Edition du Patrimoine. Paris 1997. 159 pages, . p. 21-39-40.

[5] de GROSSOUVRE.,(A.). & STEHLIN. (H.G.). : « Les sables de Rosières, près de Saint-Florent (Cher) ». Bulletin de la Société géologique de France (4) 12, 194212. 1912.

 [6] DESPRIEE. (J.). & DUVIALARD. (J.). : « Les premiers hommes ». In : « La Préhistoire en région Centre (France) », (I). Centre Départemental de Documentation Pédagogique, Blois 1994.

[7] DIODE DE SICILE : (v.90av.J.C. – 21 av. J.C.) Historien Grec. Les livres I à V consacrés aux origines de monde, à l'histoire de l'Egypte et de la Chaldée, les livres XI à XX consacrés aux événements de 480 av. J.C. à 302 av. J.C.. in « Histoire de Berry » de Jean Chaumeau seigneur de Lassay. Editions Antoine Gryphius. Lyon. 1566.

[8] PELLOUTIER. (Simon.). : « Histoire des Celtes, et particulièrement des Gaulois et des Germains depuis les tems fabuleux, jusqu'à la prise de Rome par les Gaulois ». [Livres I-II] Publié par I. Beauregard, 1740. 120 pages. p.22.

 [9] THIERRY. (Amédée.). : « Histoire des Gaulois ». Editions Hachette. Paris 1835. 415 pages, .p.10.

[10] HUGOT. (Abel.). : « France historique et monumentale: Histoire générale de France depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours ... » Editions  H.L. Delloye, 1836 page 13

 [11] BUHOT de KERSERS   : Mémoire de la Société des Antiquaires du Centre des pages 29 à 35. 1887.

 [12] MORNET. (A.). : mémoire SH Cher pages de 277 à 291. 1876.

 [13] Référencié sous : Site 1119 -  J. Holmgren.

 [14] Référencié sous : Site 1120 – J. Holmgren

 [15] Société des études historiques : « revue des études historiques ». Publiée par Société des études historiques Paris. 1838. page 53

 [16] Une « Villa » était un ensemble rural formé par un bâtiment résidentiel principal et une série de bâtiments secondaires. Elle constituait alors le centre depuis lequel on administrait une exploitation agricole. Avec l'apparition des grandes propriétés gallo-romaines, la Villa s'est transformée en centre administratif de plusieurs exploitations agricoles.

 [17] Le terme de « Vicus » désignait pour les Romains, un groupement d'habitats que nous qualifierons aujourd'hui « de bourg » ou « de hameau » ou de village.
C'était une entité politique et judiciaire qui avait ses propres institutions et ses propres magistrats.
Un Vicus avait souvent pour origine un village gaulois d'avant la conquête.

 [18] PEUTINGER. Il ne fut pas l'auteur de la carte qui porte aujourd'hui son nom. Géographe et humaniste allemand, il possédait une table traçant les itinéraires de l'Empire romain. Cette table fut plus tard, appelée « Table de Peutinger ». Cette Table des Itinéraires lui avait été offerte en 1507 par Celtis Portucius, qui le chargea charge de la faire éditer. Peutinger ne put faire publier la table, dont une partie fut finalement éditée en Italie, à Venise, chez les célèbres Alde, bien après la mort de Peutinger.

CELTIS PORTUCIUS avait trouvé, par un pur hasard cette Table  à Worms, en Allemagne. Elle a la forme d'un  rouleau de sept mètres de long, représentant les voies connues depuis l'Angleterre jusqu'au Gange.
Les moines de Colmar réalisèrent en 1265, une copie de cette Table à partir d'une carte romaine datant du IV° siècle, elle-même sans doute aussi copiée. Cette copie fut une remise à jour d'une grande carte du monde peinte sur le portique d'Agrippa à Rome vers 12 de notre ère.
.Après être passé par la maison de Savoie, le manuscrit fut finalement acheté par la bibliothèque de Vienne, en Autriche, qui le possède toujours.

 [19] ARCHIVES DEPARTEMENTAL DU CHER : 1 F2.  « Bulletin des Antiquaires de Centre ». Pages 65 et 66.

Ibid 8.05. 1863, page 77.
CARTIER de SAINT RENE. (Louis.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil » Edition Alice Lyner. Issoudun 2009. Page 101.

[20] MELOIZES Des. (A.). : Mémoire de la Société des Antiquaires du Centre n°XVIII. 1899, pages 33 et 37.
CARTIER de SAINT RENE. (Louis.). : Mémoire de la Société Historique du Cher n°XXVII. 1913, page 5.

[21] LEDAY. (A.). : « La campagne 1980 » page 347.

HOLMEGREN. (J.). : site 373.

[22] BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher » Editions Livres d'Histoire. Paris. 1996. Page 137.

[23] FAVIERE. (J.). : « Cahiers du Berry » n° XVI. 1969. Page 60. (Statuette visible au musée du Berry de Bourges).

[24] LEDAY. (A.). : « La Campagne » Pages 53. Edition ?, 1980.

[25] MORNET. (A.). : « Mémoire Société Historique du Cher ». 2ème série, 3ème volume. 1876

 [26] « Locadius » ou « Leocade » :

-        Il fut le fils de « Zenebrun » premier Gaulois reconnu comme sénateur par César.

-        Il se maria avec « Suzanne » fille de « Manlius Corentus » gouverneur de « Biturigum ») (Bourges).

-        Il sera le fondateur du Vicus Dolensis, appelé aussi plus tard, « Bourg Dieu » connu de nos jours sous le nom de « Déols » près de « Châteauroux ».

-        et enfin son fils « Lucilus » ou « Lusor » deviendra « saint Ludre »

 

[27] BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher » Editions Livres d'Histoire. Paris. 1996. Page 140.

 

[28] BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher » Editions Livres d'Histoire. Paris. 1996. Page 137.

[29] JOHANNOT. (René.). : « Histoire de Villeneuve ». Les Cahiers de Sant Johan. Plou 2009. page 14.

[30] Loi du 1er  décembre 1790, promulguée le 14 décembre 1790.

[31] CARTIER de SAINT RENE. (Louis.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil » Edition Alice Lyner. Issoudun 2009. Page 99.

[32] MAREUIL. De (Pierre.). : « La Vie de Jeanne de Valois, reine de France, fondatrice de l'ordre des religieuses de l'annonciade » Bibliothèque de Lyon 1741

[33] CARTIER de SAINT RENE. (Louis.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil » Edition Alice Lyner. Issoudun 2009. Page 99.

[34] CARTIER de SAINT RENE. (Louis.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil » Edition Alice Lyner. Issoudun 2009. Page 99.

[35] Archives de Noirlac, liasse de Châteauneuf.

[36] CARTIER de SAINT RENE. (Louis.). : « Histoire de la seigneurie de Mareuil » Edition Alice Lyner. Issoudun 2009. Page 99.

[37] BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher » Editions Livres d'Histoire. Paris. 1996. Page 139.

[38] THAUMASSIERE. (Thaumas.). : « Histoire du Berry ».

[39] RIFFE : dictionnaire des fiefs.

[40] Archives du Cher, Cures et fabrique de Lunery

[41] RIFFE : dictionnaire des fiefs.

[42] THAUMASSIERE. (Thaumas.). : « Histoire du Berry »

[43]  BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher » Editions Livres d'Histoire. Paris. 1996. Page 140.

[44] Raynal «  Histoire du Berry » tome II p 522.

[45] Archives de l'Indre H 394.

[46] BUHOT de KERSERS. (Alphonse Louis Marie.). : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher » Editions Livres d'Histoire. Paris. 1996. Page 139.

[47] JOHANNOT. (René.). : « Les événements de tous les jours au château et sur le marquisat de Castelnau sous le gouvernement du marquis Charles Joseph Patissier de Bussy-Castelnau. Centre de recherches artistiques, culturelles, historiques et sociologiques. Atelier Sant Johan Plou 2008.

(47 bis)  A.D. Cher B 2426 (20 septembre 1784)

48 www.Gene-Champagne-berrichonne.com/dossiers/dossiers.php?val=45

_les+usines+rosieres+lunery+1)

[49] Raynal «  Histoire du Berry » tome II p 522.

[50] Archives de l'Indre H 394.

[51] PILLET. (Antoine.). FAUCHILLE. (Paul.). : « Revue générale de droit international public: droit des gens-histoire diplomatique-droit pénal-droit fiscal-droit administratif » Publié par A. Pedone., 1917

[52] Archives de Noirlac, liasse Châteauneuf.

[53] Archives de l'Indre H 392

[54] PILLET. (Antoine.). FAUCHILLE. (Paul.). : « Revue générale de droit international public: droit des gens-histoire diplomatique-droit pénal-droit fiscal-droit administratif » Publié par A. Pedone., 1917


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Histoire de l'église Saint Michel de Chârost


 
"Atelier Sant Johan" Brouillamnon Plou. Article écrit par R. Johannot en septembre 2009, publié sur ce site le 8 décembre 2012.


Il semble que l'église Saint Michel de Chârost ait des fondations monastiques.
Une bulle du Pape Adrien IV de 1154, la nomme « Monasterium Sancti-Micharlis de Carrofio ».
Pourtant, il semble bien aussi, qu'elle fut depuis toujours l'église paroissiale.
Cette même bulle confirme clairement que cette église faisait partie des possessions de Notre Dame d'Issoudun. Elle était desservie par des chanoines.
L'église que l'on voit aujourd'hui, n'est que partiellement celle originale élevée au commencement du 12ème siècle. (1)
Le fait qu'elle soit implantée hors du bourg, signifie qu'elle fut bâtie avant que le dit bourg soit ceint de remparts.
Elle est sans doute avec la vieille tour féodale du château  à l'origine du développement du bourg.
Cette église fut élevée à partir d'un plan d'implantation traditionnel à la construction des églises fin du 11ème début du 12ème siècle.
Cette église Saint Michel a la forme d'une croix latine avec une abside ronde, un chœur au devant et des bas côtés terminés par des absidioles, une nef immense et nue.
Les murs du monument ont été élevés dans une alternance d'appareillages de pierres calcaires blanches et rouges (calcaire ferrugineux), qui donne à cette église un cachet très particulier.
Ces calcaires de couleurs bancs et rouges sont des alentours de Chârost où la présence du minerai de fer est omniprésente.
Mais il semblerait bien qu'à Charost, on ait voulu donner à cette église des dimensions trop importantes et que cette générosité dans les volumes, fragilisa l'ensemble de la construction.
On ne peut pas savoir les origines des sévisses qu'a subit ce monument, ils peuvent être dus à des incendies, des guerres, des tremblements de terre etc. Mais il est très visible à partir des descriptions originelles de l'édifice, que le chœur, la coupole centrale, les bas côtés et les transepts de cette église furent détruits ; que les murs du chœur furent refait complètement ; et un clocher fut bâti au sud.
Des fouilles réalisées en 1851 par Monsieur Roger, architecte diocésain, a permis de reconstituer avec grande précision le plan des transepts et des absidioles.
La nef de cette église de 31mètres de Longueur ; de 11,60 mètre de largeur ; et de 13 à 13,50 mètres de hauteur en est la partie qui témoigne de l'époque de sa construction.
Pour ses autres parties refaites de cette église, on peut penser qu'elles datent du 15ème siècle, car comme le fait très justement remarquer Buhot de Kersers, au 16ème et plus, les rhabillages sont, en général, plus grossiers. Le clocher actuel lui est daté par Louis Cartier de Saint René du 16ème siècle. Il fait partie d'une restauration plus générale de l'église qui fut réalisé par la famille Rochechouart qui détenait alors la seigneurie de Chârost. L'écusson à ses armes qui se trouve sous le clocher à l'entrée du chœur en Témoigne.
Mais cette église eut à subirent bien d'autres outrages de la part des hommes, et nul doute qu'elle dut être restaurée plusieurs fois encore, notamment après 1591, vers 1731, puis au 19ème siècle.
Il peut y avoir un rapprochement à faire entre les délabrements de l'église Saint Michel de Chârost et les combats qui eurent lieux dans et autour de cette ville, entre Catholiques et Protestants lors des guerres de religions en août 1562, et ceux qui eurent lieux entre les Royaliste de Chârost et les ligueurs de Claude de La Châtre en 1589.  
Les textes qui relatent ces événements parlent de pillages, de destructions et de graves exactions. D'autant que l'église étant hors murs fut la première à être sous les tirs des canons destinés à faire des brèches dans les murailles de la cité.
Enfin pour être plus complet,  il faut mentionner la sépulture de Guy de Rochechouart seigneur de Chârost, mort en 1051devant le maître autel de cette église.
Avant la Révolution de 1789, l'église possédée trois cloches dont une parrainée par le duc François de Béthune Chârost et Christine d'Entraigues son épouse. Cette colche fut la seule gardée, lorsqu'en octobre 1793, la jeune République demanda du bronze pour en faire ses canons.
Les deux autres cloches furent conduites à bourges et payées 29 livres.
Durant ces temps révolutionnaires et républicains, une partie de l'église Saint Michel servit de salle pour les réunions publiques ; l'autre partie servit à la fabrication de salpêtre.
Cette église fut rendue au culte dans un très mauvais état.
Au 19ème siècle elle fut petit à petit restaurée pour être ce qu'elle est de nos jours.
Le premier classement en tant que Monument Historique eut lieu en 1852 par le préfet du Cher qui demanda un rapport descriptif à Monsieur Tarlier architecte. Ce rapport fut publié en 1853
Ce fut en 1903 que fut attribué le classement Monument Historique en vigueur actuellement.

 © « Atelier Sant Johan » Les Cahiers de Sant Johan 18290 Plou.

© Reproduction interdite sans autorisation


(1) CARTIER de SAINT RENE. (Louis.).
 BUHOT de KERSERS.



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Eglise Saint Denis de Condé (La Celle Condé)

"Atelier Sant Johan" Brouillamnon Plou .Article écrit par R. Johannot en mai 2016, publié sur ce site le 6 juin 2016.

Eglise Saint Denis de Condé sur Lignières (La Celle –Condé) dans le Cher

Histoire du lieu
En ce lieu, nous sommes là dans la partie du Berry qui est appelée « le Boischaut ».
Nous sommes plus précisément sur la commune de « La Celle-Condé » située dans la vallée de la rivière Arnon.
En voulant désigner cet endroit, pourquoi parle-t-on aujourd'hui, du Village de « La Celle –Condé » ?
A l'origine, le village de Celle-Condé n'existait donc pas ! Il existait alors à sa place, deux entités territoriales :
*  - L'une nommée, depuis sa création et durant toute la durée de l'ancien régime, puis jusqu'en 1844, « La Celle ». Puis  à la Révolution on la nomma « La Celle sur Arnon ». En l'an II de la République  puis on l'appela « La Celle sous Condé ». Enfin, en 1801, elle fut de nouveau appelée « La Celle ».
L'étymologie de ce nom vient du latin « Cella » qui signifie chambre ou cellule d'ermite ou de moine. A La Celle, les textes de l'archevêché de Bourges, datant de 1229, nous indiquent qu'il existait un prieuré qui portait le nom de « Saint Germain » et qui dépendait l'abbaye de Massay.
*  - L'autre nommée « Condé » depuis sa création  et durant toute la durée de l'ancien régime, puis jusqu'en 1844. Ce nom de « Condé » nous vient du gaulois « condate » qui signifie « confluent de deux cours d'eau », en l'occurrence ici, la rencontre de « la rivière Arnon » et « du ruisseau de Villier ». Condé était alors une paroisse dont l'étendue empiétait sur les territoires de « La Celle », de « Lignières » et de « Montlouis ».
Que ce soit la paroisse de « La Celle » ou la paroisse de « Condé », elles appartenaient toutes les deux à la « Baronnie de Linières » (aujourd'hui Lignières). Elles dépendaient, toujours sous l'ancien régime, toutes deux du ressort du baillage d' « Issoudun ».
Ce ne fut qu'en 1844, que les deux entités territoriales  de La Celle et de Condé furent réunies en un seul territoire administratif qui prit le nom de La Celle-Condé. Et ce fut également à cette date, que fut décidé que l'église Saint Denis de Condé ne serait plus le siège de la paroisse comme elle l'était jusqu'à lors, mais que le lieu de culte paroissial serait l'église Saint Germain sise au bourg de La Celle.

Description et évolution historique géopolitique du lieu
Aujourd'hui :

Ce qu'on remarque en arrivant à l'église Saint Denis de Condé, qui se situe sur le bord de la route départementale n°29, rejoignant le village de La Celle-Condé à celui de Saint Baudel, c'est que cet édifice religieux de style roman naissant, bien qu'apparaissant modeste, est, en réalité, bien loin de l'être.
Ce lieu se trouve relativement isolé non loin d'un petit nombre d'habitations éparses qui forment le hameau de Condé.
Hier :
Bien que le premier document du Cartulaire de Déols qui mentionne cette église en la nommant « Ecclesia de Condé », date de 1212 (1), on peut estimer que la construction de cette église sise à Condé, prit fin durant le troisième quart du 11ème siècle (2).
A l'époque ou fut écrit ce premier document, le lieu où fut élevée cette église, dépendait du sire « Seguin » puis de son fils « Giraud » seigneurs de Linières, localité qu'on appelle aujourd'hui Lignières.
Ces seigneurs rendaient eux-mêmes hommage à Eudes de Déols, prince d'Issoudun puîné de la maison de Déols.
Une charte datée de 1040, qui fut signée par lui, nous apprend qu'Eudes de Déols prince d'Issoudun était vivant en 1040 et que Etienne moine à l'abbaye de Massay faisait parti de son entourage proche tout comme l'étaient aussi Seguin seigneur de Linières et son fils Giraud qui lui succéda.
Cet environnement relationnel d'Eudes de Déols prince d'Issoudun, qui mourut en 1085 (3), notamment sa proximité avec le moine Étienne, peut nous permettre de comprendre pourquoi cette église de Condé fut d'abord dépendante de l'abbaye de Massay, avant de devenir dépendante du chapitre de la cathédrale Saint Étienne de Bourges vers 1256 (4).
En effet, il est intéressant d'apprendre que même si, depuis Charlemagne, c'était le roi de France qui désignait l'abbé de Massay, ce n'était là que le bon vouloir du duc d'Aquitaine dont le vassal, le seigneur de Déols, avait l'autorité totale sur les terres sur lesquelles se situaient l'abbaye et ses dépendances, dont l'église de Condé.
L'organisation féodale de cette époque était celle-ci (5)
1) Le seigneur de Linières sur les terres duquel est située l'église de Condé, rendait son hommage vassalique à son suzerain le prince d'Issoudun.
2) A son tour, le prince d'Issoudun rendait son hommage vassalique à son suzerain le prince de Déols.
3) Ce prince de Déols rendait hommage vassalique à son suzerain le duc d'Aquitaine.
4) Malgré qu'il soit souvent plus puissant que lui, le duc d'Aquitaine se devait de rendre hommage au roi de France.
Cette allégeance ducale, souvent évincée, fut à l'origine de nombreux litiges et conflits entre les deux antagonistes.
En voici un exemple :
En 1026, le roi Robert II le Pieux cru pouvoir, du fait qu'il venait d'y nommer deux abbés, (Ingon et Aznaire), s'approprier l'abbaye de Massay et ses revenus.
Mal lui en prit, il se trouva alors face au seigneur Eudes de Déols qui lui contesta, les armes à la main, cette tentative d'usurpation.
Devant la force de l'ost de Déols, le roi Robert et ses troupes durent se retirer des terres de Déols sans rien obtenir.
Mais revenons à notre église !
Certains auteurs locaux disent que cette église de Condé fut élevée durant le règne du roi Louis VI le gros. C'est-à-dire entre 1108 et 1137.
C'est en partie vrai, si on ne considère que les travaux les plus tardifs exécutés sur cet édifice. Pour ceux qui furent exécutés avant ce règne, certains traits architecturaux de l'édifice nous obligent à remonter encore le temps.
Il serait peut-être plus réaliste d'avancer que cette construction fut menée successivement sous Les règnes de Louis VI le gros, entre 1108 et 1137, certes, mais aussi sous celui de son père Philippe 1er, entre 1060 et 1108, voire, aussi sous celui de son grand-père Henri 1er, entre 1031 et 1060, sans oublier celui de son arrière grand-père, le roi Robert le Pieux entre 996 et 1031.
Car, à n'en pas douter, la construction cet édifice tel que nous le voyons aujourd'hui, résulte d'une évolution discontinue dans le temps.

Durée de la construction de l'église chrétienne de Condé

Si on peut raisonnablement supposer que l'édifice originel pouvait être gallo-romain voire gaulois, on se doit donc d'admettre que son antériorité au troisième quart du 11ème siècle qui est donné comme datation de l'achèvement de la construction de cette église.
Ce qui semble confirmer cette hypothèse d'antériorité, ce sont, en plus de la base d'une colonne antique retrouvée dans les fondations du mur latéral nord de l'édifice, les façonnages naïfs des sculptures des chapiteaux des quatre colonnes de son portail qui peuvent situer le travail sculptural réalisés sur ces pierres aux 9ème ou 10ème siècles (6).
Dès lors, pour ce qui concerne l'époque de la christianisation du bâti de ce lieu, on peut envisager qu'il va évoluer, avec des arrêts et des reprises, vers l'église romane définitive, entre le règne de Charlemagne roi des Francs qui commence en 768, et la fin de celui de Louis VI le gros, qui finit en 1137, en même temps qu'apparait l'art architectural  du gotique primitif (1130 – 1150).
Ce qui représente un laps de temps d'évolution des transformations architecturales de 369 ans.
R
este à connaître la raison du vocable Saint Denis de cette église alors que principaux saints qui évangelisèrent le Berry furent Saint Léocard, Saint Ludre, Saint Ursin et Saint Martin !

D'où vient son vocable de Saint Denis
Nous savons que cette église de Condé dépendait de l'abbaye de Massay fondée en 738 par Egon comte d'Aquitaine.
Cette abbaye de Massay, depuis sa fondation, est dédiée à « Saint Martin » et à « Saint Paxent » (tient, un diciple de Saint Denis) .
Charlemagne, lors d'un séjour en cette abbaye, lui fit don d'un richissime trésor pour assurer sa pérennité (7).  Ce trésor sera volé plus tard à l'abbaye de Massay par les Vikings lors de leurs invasions du Berry en 873.
Il semble bien, qu'à cette époque du séjour de Charlemagne, qu'on peut situer vers l'an 800, les terres de Condé, où s'élevait peu à peu l'église, dépendaient déjà de l'abbaye de Massay, ainsi qu'un prieuré fondé lui, sur les terres de La Celle (8).
Mais qu'elle fut donc le lien qui fit que le vocable Saint Denis fut donné à cette église de Condé ?
Nous connaissons l'histoire de Saint Denis qui, venu d'Italie vers 250 après J.C., fut martyrisé puis décapité au mont des martyrs près de Lutèce (aujourd'hui Montmartre) d'où, il chemina avec sa tête dans ses mains, jusqu'à l'endroit où fut construite la première église qui porte son nom et qui est à l'origine de la ville de Saint Denis au nord de Paris.
Nous savons aussi que ce fut Dagobert 1er, qui vers l'an 630, en fondant l'abbaye de Saint Denis au nord de Lutèce, donna aux religieux de cette abbaye, la cité et le prieuré de Reuilly ainsi que 22 villages du Berry avec leurs appartenances et biens (9).
Mis à part celui de Reuilly non loin de l'abbaye de Massay, il est bien dommage que Thaumas de la Thaumassière ne nous donne pas les noms de ces villages.
Malgré tout, en nous indiquant cette donation de Dagobert 1er, faite en 630, il établit sans contestation possible le lien qui réunit Saint Denis au Berry.
Lors du règne de  Charlemagne, Reuilly et son prieuré, ainsi que les 22 villages berrichons et les revenus qui en dépendent, étaient toujours sous la dépendance et du bénéfice des religieux de l'abbaye de Saint Denis (10).
Pour Charlemagne, Saint Denis n'était pas un inconnu, bien au contraire, il le vénérait. Il disait de ce Saint, qu'il était le protecteur de l'empire qu'il gouvernait avec l'aide de Dieu. N'était-ce pas à la porte de la basilique Saint Denis près de Lutèce, que son père Pépin reposait pour l'éternité.
Ce lien entre Saint Denis et le Berry, que constituait la dépendance de Reuilly et ces 22 villages aux religieux de Saint Denis, fut rompu lors de l'invasion des Hongrois en Berry en 935. La victoire qu'Eudes de Déols remporta sur les envahisseurs hongrois à Orléans, favorisa une spoliation des biens berrichons de l'abbaye de Saint Denis près de Lutèce, au profit des divers seigneurs du bas Berry et autres laïques possesseurs des terres où se situaient ces biens.
Il faudra attendre le règne du roi Philippe 1er (1059 et 1108) pour que la procédure de restituions des biens berrichons de l'abbaye de Saint Denis, près de Lutèce, soit engagée via l'autorité papale.
Cette procédure traina, car ceux qui avaient spoliés ces biens,  n'étaient pas en clin à les restituer Ce qui eut pour effet de renouer que très lentement le lien entre Saint Denis et le Berry.

Ainsi, en 1082, après bien des vicissitudes avec l'autorité papale qui l'accusait de négligence et de passivité dans cette affaire, l'archevêque de Bourges Richard II, réunit en l'abbaye de Massay, les abbés des principaux autres monastères et abbayes. Furent présents à se rassemblement, Warmond abbé de Déols, Gautier abbé de Meobec, Sulpice abbé de Massay, Giraud abbé d'Issoudun et Himbaud abbé de Vierzon.Ils eurent la charge d'établir l'inventaire des biens spoliés par les seigneurs et les laïques.
En 1092, l'Archevêque de Bourges, Richard II, prononça une excommunication générale à l'encontre de tous les laïques et nobles qui refusaient de restituer les biens donnés, en 630 par Dagobert 1er aux religieux de Saint Denis.
En 1093, Reuilly et les 22 villages berrichons dépendant de Saint Denis, devinrent dépendant du prieuré de « La Chapelle d'Aude » du Diocèse de Bourges,(11) prieuré qui lui aussi dépendait de l'abbaye de Saint Denis.
Ainsi le lien entre Saint Denis et le Berry fut enfin de nouveau établi.  
Et comme le prieuré de « La Chapelle d'Aude » tenu par des moines de l'abbaye de Saint Denis, était dépendant du diocèse de Bourges, il n'est pas étonnant que l'église de Condé dédiée à Saint Denis, passa après cette restitution de 1093, de la dépendance de l'abbaye de Massay dont un des deux patrons fut Saint Paxent, disciple reconnu de Saint Denis, à celle du chapitre de la cathédrale Saint Étienne de Bourges, donc bien avant les dates de 1220 et de 1256, des premiers documents qui relatent cette dépendance.
Alors ce lien entre Saint Denis et le Berry ainsi identifié et établi, pose immanquablement l'interrogation suivante :
Ne serait-ce pas Charlemagne, lors de son séjour, qui aurait demandé à l'abbaye de Massay, qui était son obligée de par le trésor qu'il lui avait donné, d'octroyer à sa dépendance, qu'était l'église de Condé, le vocable de Saint Denis ?
Certes, rien ne peut affirmer cette possibilité !
Mais rien ne peut, non plus l'exclure !
Ce qui, dans ce cas,  situerait l'attribution du vocable Saint Denis à l'église de Condé, vers 800.
D'autre part, il semble devoir être écarté une certaine croyance populaire qui veut que ce soit les vignerons de ces terres de Condé et de ses environs qui auraient été à l'origine du vocable de Saint Denis de cette église parce que le prénom Denis a pour origine le prénom grec Dionysos Dieu de la vigne, du vin et des ivresses.
Mais comme en Berry, durant un long passé qui dura depuis la nuit des temps, jusqu'à une époque relativement ressente, la superstition, la sorcellerie, la légende et la religion s'enchevêtraient étroitement, il n'est pas exclus qu'un édifice primitif de l'époque gauloise puis gallo-romain situé à l'emplacement de l'église, ait été élevé et dédié à Dionysos que les Romain nommaient Bacchus.
Dans ce cas, il n'est pas à exclure que ce put être alors l'abbaye de Massay qui vit dans l'attribution du vocable Saint Denis à l'église de Condé, l'opportunité d'englober, pour mieux en neutraliser l'origine païenne, une pratique populaire.
D'autant qu'en faisant cela, elle exauçait  le vœu de Charlemagne leur bienfaiteur, qui vénérait tant Saint Denis.
Ce qui expliquerait pourquoi il était de pratique traditionnelle, pour les vignerons de Condé et de ses environs, de venir faire rouler en cette église des tonneaux emplis de vin le jour où était fêté Saint Denis.
Comme on vient de le voir, ce fut très certainement au 11ème siècle que l'église Saint Denis de Condé passa de la dépendance de l'abbaye de Massay à celle du chapitre de la cathédrale Saint Étienne de Bourges.

Description de l'église Saint Denis de Condé

Généralité :
L'église qui nous intéresse ici est connue pour s'appeler  « Église Saint Denis de Condé en Lignières. »
Son orientation est assez spécifique aux églises romanes du Berry et d'ailleurs.
* Le chevet et le chœur sont orientés à l'Est au soleil levant.
* Le porche se situe à l'Ouest au soleil couchant.
* L'un des deux murs latéraux clos l'édifice au nord.
* L'autre mur latéral le clos au sud et est percé d'une porte.

Spécificité identitaire :
Plusieurs spécificités dans l'architecture de cette église lui donnent son identité (12) :

L'implantation et la forme :
Cette église n'a pas de transept  sa surface d'implantation au sol est donc un simple rectangle allongé.

Le chevet et le chœur :
Son chevet plat et le chœur, devant lequel ce dernier se situe, sont en surélévation de 1,70 m par rapport au sol de sa nef.
On y accède par un escalier central de 10 marches de 17cm de hauteur et entre 30 à 32 cm de giron (largeur) ce qui correspond approximativement à la formule G + 2H = 640 mm utilisée par François Blondel en 1675. Formule dont on ne connait pas la provenance originelle.
Toutefois la valeur du giron des 10 marches de cet escalier, qui se situe entre 30 et 32 cm, peut être rapprochée des valeurs d'une coudée (entre 37 et 50 cm) utilisée par les premiers Maîtres maçons en Berry.
Ce qui ne semble pas, ici, être sans importance, quand on sait qu'on peut inclure dans cette fourchette de valeurs (entre 30 et 32 cm) :
* La valeur du pied celtique utilisé par les Gaulois, qui est de 32,40 cm (13) ;
* Celle du pied romain qui est de 29,63 ;
* Celle du pied de Charlemagne d'une valeur de 32, 36 cm ;
* Celle du pied médiéval ou de roi, d'une valeur de 32,48 cm.
Cette constatation renforce l'hypothèse qu'on ne peut pas écarter le fait qu'il pouvait exister, à cet endroit, avant la construction de cette église, un lieu de culte gallo-romain, voire gaulois.
D'autant qu'il semble bien établi, qu'en Berry, certains lieux de culte primitifs chrétiens se soient élevés sur  l'emplacement d'édifices religieux gallo- romains où de Villa, comme l'a révélé certains sites archéologiques.
Par exemple, citons les églises : d'Allichamps, de Preuilly et de Sainte Thorette qui furent bâties sur les emplacements de cultes païens.
Puis celles de Levet, Lunery, Bourges, Marigny et Nérondes (14) qui s'élevèrent sur les lieux où avaient bâties de grandes Villas gallo-romaines.
En plus, pour venir confirmer l'hypothèse d'une antériorité païenne à cette église Saint Denis de Condé, on ne peut ignorer qu'il fut découvert dans les fondations du mur latéral nord, un bloc de pierre réemployé, ayant la forme d'une base de colonne antique.
Ce chœur surélevé, accueille le maître autel qui est surmonté d'un d'un grand retable de bois, aux colonnes corinthiennes cannelées et dont l'encombrement comble l'espace qui devait être le chevet.
Ce retable semble dater du 16ème ou du 15ème siècle.
On trouve aussi des pierres tombales marquées de croix gravées et dont la datation est plutôt récente.(15)

Le clocher :
Son clocher charpenté est central qui abrite une vieille cloche qui date de la seconde moitié du 14ème siècle (16) et dont on accède, au moyen d'une simple échelle, à la plateforme de bois,  à partir de la surélévation du chevet et du chœur.

La nef :
La nef est entièrement nue. Elle est couverte d'une charpente apparente qui a été restaurée en 1780,  comme l'atteste la date qui y fut gravée. Ce fut en 1997, que la voute lambrissée fut rénovée en chêne.
La lumière y pénètre, à droite et à gauche, par quatre baies en plein cintre percées dans chacun des murs latéraux nord et sud.
Une voute sur toute la largeur de la nef, en appui sur des saillies des murs latéraux, la sépare du chœur non voûté qui n'est éclairé que par deux fenêtres.
Au-dessous de ces fenêtres, les murs latéraux sont décorés chacun d'une arcade (plusieurs arcs) montée sur de petits supports rectangulaires.
Enfin la façade ouest où se trouve le portail d'entrée est aussi percé d'une fenêtre centrale de même facture que celles des murs latéraux nord et sud.
Les murs latéraux sont décorés de fresques murales qui datent du 15ème siècle.(17)
On accède à cette nef par le portail d'entrée ainsi que par une petite porte aménagée dans le mur latéral sud.

La crypte :
Cette église possède une crypte sous le chœur et sous le chevet à laquelle dont on accède en descendant par deux  passages voutés en plans inclinés disposés à gauche et à droite  de la base de ce chœur. Ces deux passages sont maçonnés en matériaux de moyen appareil et couverts d'un berceau en plein cintre. Mais on remarque, au milieu de leur parcours, un décrochement dans la construction, ce qui laisse supposer qu'il y eut un temps une porte au milieu de chaque couloir.
La crypte par elle-même est divisée en trois parties voûtées.
Les voutes du centre sont portées par deux alignements de quatre colonnes, tandis que celles de chaque côté s'appuient sur une de leurs extrémités sur des dosserets appliqués contre les murs latéraux.
Les colonnes sont monolithes, galbées et annelées, dont les bases sont presque toutes cerclées de petits tores décoratifs (torsades) ; une d'elles est cependant revêtue d'un champ orné de lignes brisées entre deux tores.
Au-dessus d'un fin astragale (anneau), les chapiteaux sont composés de deux parties : l'une est circulaire et lisse, sans doute destinée à être gravée ; l'autre est restée à l'état d'épannelage (préparation), sans doute en vue d'y sculpter des masques d'angles (têtes de personnages) ou des volutes.
Les murs latéraux sont doublés par des arcades en plein cintre dont les deux premières, à droite et à gauche, sont chacune percée d'une petite fenêtre cintrée, comme les trois baies percées dans le mur du chevet.
Dans cette crypte on trouve un autel de pierre, qui semble très anciens et sur lequel repose une statue de Saint Denis décapité, tenant sa tête dans ses mains.
Au fond de cette crypte, on y voit aussi un petit sarcophage de pierre positionné en portique prenant appui d'un côté sur un large corbeau de pierre en saillie de la première arcade du mur latéral nord, et de l'autre sur deux colonnes jumelées.
Ces deux appuis sont à une hauteur permettant de laisser les fidèles passer dessous le sarcophage.
Ce sarcophage recouvert d'une bâtière (sorte de couvercle à deux pentes) était sensé contenir, ou du moins avoir contenu, une relique de Saint Denis.
C'était sous ce sarcophage ainsi surélevé, que les vignerons du lieu, et des alentours, le 8 octobre jour de la fête du Saint, faisaient traditionnellement rouler, encore jusqu'au milieu du 19ème siècle, le plus petit de leur tonneau afin que Saint Denis protège leurs vendanges et la conservation de leurs vins.

Le portail (vu de l'extérieur) :
En façade ouest, le portail est surmonté de deux rangs de claveaux (pierres de voute), décrivant une courbe en plein cintre et qui reposent, de chaque côté, sur deux colonnettes annelées (décorées d'anneaux).
Au dessus est placée une archivolte (bandeau de pierre sculpté) ornée de billettes (petits cylindres sculptés) qui, après avoir épousé la forme du plein cintre, va, à droite et à gauche, rejoindre les contreforts d'angles de la façade.
Les colonnettes annelées qui forment les tableaux gauche et droit du portail, sont surmontés de chapiteaux, à l'épannelage (forme sculpturale) archaïque. Ils forment un cône inférieur orné de feuillages de faible relief.
La partie supérieure des chapiteaux met en saillie des têtes, des animaux et des fruits.
On y reconnaît le travail de préparation qu'on voit dans la crypte, mais qui ici est abouti.
On remarque l'originalité des sculptures d'un de ces chapiteaux qui représente un personnage assailli par deux monstres.
Pour un auteur qui s'intéresse au coté ésotérique de cette église,(18), la sculpture de ce chapiteau représente un personnage dont la main gauche est avalée par la gueule d'un dragon et dont la main droite tient la patte d'un pélican.
Au dessus du pélican, et à droite de la tête du personnage se trouve un poisson.
Cette sculpture représentant donc un homme et trois animaux, serait très symbolique de l'interaction des croyances durant la longue période d'élévation de cette église Saint Denis de Condé.
* Le dragon attesterait d'influences celtiques (Gauloises).
* Le pélican symboliserait le sacrifice du Christ. 
* Et le poisson attesterait de l'influence chrétienne naissante.
Quoiqu'il en soit ces chapiteaux peuvent être datés des 8ème ou 9ème siècles.
Ces corbeilles (parties sculptées des chapiteaux) sont placées entre un astragale (moulure arrondie de base du chapiteau) plutôt épais et un tailloir (frise supérieure d'un chapiteau) allégé.
Les bases des colonnettes ont été rehaussées de stries (rayures).
Au-dessus du portail, s'établit un bandeau, joignant le contrefort gauche au contrefort droit. Il est posé sur de très jolis modillons (petites pierres en saillies) ornés de masques et de têtes.
Au dessus de ce bandeau qui lui sert d'appui et en son milieu est percée une fenêtre en plein  cintre nue.
Cette fenêtre est surmontée, comme l'est aussi d'ailleurs, le portail d'entrée, d'une archivolte (arcade) de billettes, qu'un cordon prolonge, d'un côté comme de l'autre, jusqu'aux contreforts.

Le chevet (vu de l'extérieur)*








Déclinaison des nominations dans le temps de cette église Saint Denis de Condé classée comme monument historique en 1862.

1212 Ecclesia de Condé, (B.N.-Ms Latin 12.820. Cartulaire de Déols).
1250 (vers) Condé, (A.D. 18-1 G 3, Pouillé de Bourges, p. 142).
1256 Ecclesia de Condeyo, (A.D. 18-8 G, chapitre Saint-Étienne de Bourges).
1327 Capellanus de Condé, (Pouillé de Bourges, p. 51).
1327 Capellanus de Condos, (Pouillé de Bourges, p. 56).
1351 Capellanus de Condeyo, (Pouillé de Bourges, p. 61).
1648 Parochia de Condeyo, patronus Capitulum Ecclesie Bituricensis, (Pouillé de Bourges, p. 121).
1691 Ecclesia parrochialis de Condé en Lignières, (A.D. 18-8 G, chapitre Saint-Étienne de Bourges).
1720 Condé en Lignières, de Condayo, église Saint Denys, évêque et martyr, patron : le Chapitre Saint-Étienne de Bourges, (A.D. 18-J 1199, fol. 21).
1766, le 5 septembre, Paroisse Saint Denys, évêque et martyr, de Condé en Linières, de Condeyo, patron : le Chapitre Saint-Étienne de Bourges, (A.D. 18-2 F 147, fol. 28).
1772 Paroisse Saint Denis de Condé, patron : Chapitre de Saint Étienne, (Pouillé de Bourges, t. 1, fol. 59 v°). Église paroissiale de Condé-en-Linières. A.D. 18-120 G 1.

Notes de références

(1) B.N.-Ms Latin 12.820. Cartulaire de Déols

(2)DESHOUILLERE. « Saint Denis de Condé » Gallica.

(3) GUIGNARD. (Romain.). : « Issoudun des origines à 1850 ». Librairie Arts et Loisirs. Issoudun 1995. 175 pages, page 142.

(4) A.D. 18-8 G, chapitre Saint-Étienne de Bourges.

(5) JOHANNOT. (René.). : « A l'époque médiévale en Berry ou ailleurs ». Atelier Sant Johan. 2008.

(6) CELUI DU PAYS DE L'OURS. : « Le sanctuaire des Druides » Edition LuLu.com. 2011. Page 179.

(7) L'Abbaye de Massay fut pillée par les Vikings en 873.

(8) Archives Archevêché de Bourges. Prieuré de Saint Germain.

(9) THAUMASSIERE. De la (Thaumas.). : « Histoire du Berry » édition François Toubeau. 1689.  page 676.

(10) Ils le furent jusqu'à l'invasion des Hongrois vers 902 sous le règne de Charles le simple (898 à 922).

(11) CHENON. (Emile.). : « Le Prieuré de La Chapelle d'Aude ». Librairie de la société du Recueil Sirey. Paris 1915. 250 pages. Pour Linières pages 16 – 55 – 56 – 186. Pour Reuilly pages 7 – 8 – 39 – 40 - 46 – 47 – 86. Pour Massay page 38.

(12) DESHOUILLERE. « Saint Denis de Condé » Gallica.

(13) DUVAL. (P.-M.). : « La Gaule pendant la paix romaine ». Collection. "La vie quotidienne", éd. Hachette, p. 133.

(14) PROVOST. (Michel.).CHEVROT. (Jean-François.). TROADEC. (Jacques.). : « Carte archéologique de la Gaule: 18. Cher ».Les Editions de la MSH, 1992, 370 pages. Page 46.

(15) DESHOUILLERE. « Saint Denis de Condé » Gallica.

(16) Cette cloche fut classée par la Direction  du Patrimoine le 21 juin 1943, sous le N° 18000163.

(17) Ces fresques furent classées par la Direction du Patrimoine le 1er septembre 1978, sous le N° 18000164.

(18) CELUI DU PAYS DE L'OURS. : « Le sanctuaire des Druides » Edition LuLu.com. 2011. Page 179 et 178.

Bibliographie :
CELUI DU PAYS DE L'OURS. : « Le sanctuaire des Druides » Edition LuLu.com. 2011.
CHENON. (Emile.). : « Le Prieuré de La Chapelle d'Aude ». Librairie de la société du Recueil Sirey. Paris 1915. 250 pages.
DUVAL. (P.-M.). : « La Gaule pendant la paix romaine ». Collection. " la vie quotidienne", éd. Hachette.
DESHOUILLERE. « Saint Denis de Condé » Gallica.

GUIGNARD. (Romain.). : « Issoudun des origines à 1850 ». Librairie Arts et Loisirs. Issoudun 1995. 175 pages.
JOHANNOT. (René.). : « A l'époque médiévale en Berry ou ailleurs ». Atelier Sant Johan. 2008.
PROVOST. (Michel.).CHEVROT. (Jean-François.). TROADEC. (Jacques.). : « Carte archéologique de la Gaule: 18. Cher ». Les Editions de la MSH, 1992, 370 pages.
THAUMASSIERE. De la (Thaumas.). : « Histoire du Berry » édition François Toubeau. 1689.

Fond d'images
Par Maniac Parisien — Travail personnel.
Par Emonnier 48 – Travail personnel.
Par AD du cher.

Article écrit entre le 23 et le 31 mai 2016 par René Johannot.

© « Atelier Sant Johan ». Reproduction interdite sans autorisation.


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