la France médiévale- Le Haut Moyen-Âge


Atelier "Sant Johan" Brouillamnon Plou.
Article écrit par René Johannot le 2 février 2007 publié sur ce site le 22 octobre 2010.




 Sommaire

 I) - La chute de l'Empire Romain

 II) - Les invasions dites « barbares »

 III) - Les Francs Mérovingiens 

 IV) - Les Francs Pippinides ou Pépinides 

 V) – Les Francs Carolingiens

 VI) - Sociétés Mérovingienne et Carolingienne  du Haut Moyen Âge :

V  - I) - Classes sociales

V  - II) - La noblesse

V – III) - Le clergé

V – IV) - Le peuple

 VII) - Organisation des royautés Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

 VIII) - Administration des royautés Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

 IX) - Les finances des royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

 X) - La justice dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

 XI) - Economie dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

 XII) - L'Eglise dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

 XIII) - L'Art dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

 XIV) - Emergence des « Robertiens » géniteurs de la dynastie Capétienne du Haut Moyen Âge

 XV) - Les royautés franques capétiennes du Haut Moyen Âge

 XVI) – l'origine et la naissance d'un nouvel ordre nobiliaire « La Chevalerie »

 

 1) - La chute de l'Empire Romain

     L'Empire de Rome est une réalité historique  durant laquelle l'Etat Romain et ses possessions méditerranéennes et d'Europe de l'Ouest, sont sous la souveraineté d'un Empereur. Cette réalité historique appelée aussi « Rome Antique » couvre une période de presque 4 siècles qui se déroule entre :
D'une part : - La victoire d'Octave, fils adoptif de Jules César et qui reçu le titre d' Auguste, sur Marc Antoine lors de la bataille d'Actium  en septembre 31 av J.C.
D'autre part : - La destitution du dernier Empereur Romulus Auguste par Odoacre chef des Hérule qui se proclame Roi d'Italie en 476 après J.C.
    Cette longue période voit en 286 après J.C. l'Empereur Dioclétien mettre en place un gouvernement qui institut deux Empereurs, lui-même et Maximilien ainsi que 2 césars adjoints Galère et Constance 1er Chlore.
    L'Empire se partage donc ainsi : - Dioclétien gouverne directement la Thrace,  l'Egypte et l'Asie et par l'intermédiaire de Galère toutes les provinces du Danube. - Maximilien lui règne directement sur l'Italie et l'Afrique et par l'entremise de Constance 1er Chlore sur la Gaule,  l'Espagne et la Bretagne (actuelle Angleterre).
    Ce système de gouvernement renforce l'administration de l'Empire, mais accroît aussi la bureaucratie qui freine l'application des décisions. Il crée également 4 cours impériales qui multiplient entre elles les divergences et les conflits de pouvoir.
    En 324 après J.C. lorsque l'Empereur Constantin se convertit au Christianisme et déclare son Empire chrétien, cette période voit aussi s'éteindre les anciennes pratiques religieuses polythéistes romaines le Paganisme allumant ainsi des foyers de révoltes religieuses et de guerres de soumissions.
    Enfin, cette longue période est celle où l'architecture, les arts et la culture atteignent un niveau élevés portant les sociétés dépendantes du gouvernement de l'Empire de Rome à un degré de civilisation assez remarquable.
    Comment expliquer alors, qu'une telle civilisation ait pu décliner au point de s'éteindre en grande partie ?
    L'instabilité des gouvernements successifs due aux rivalités entre les grandes familles prétendantes au titre d'empereur en est une première raison.
    L'organisation gouvernementale de l'Empire et en particulier l'organisation productive agricole en est une seconde raison. Par exemple lorsque en 439 après J.C., sous le règne de l'Empereur Valentinien III, le roi des Vandales Genséric conquière Carthage et sa province qui est le plus important grenier de Rome, il affame du même coup une grande partie de la péninsule Italienne obligeant l'Empire à plier le genou et à se soumettre à ses exigences.
    Enfin la troisième raison est un élément extérieur à l'Empire qui, accentuant et profitant des faiblesses gouvernementales qui vienne d'être décrites, va précipiter sa chute. Cet élément extérieur c'est la pression conquérante et guerrière qu'exercent un peuple d'Asie centrale, les Huns, sur les autres peuples germaniques occupant l'espace territorial entre les monts de l'Oural et le Rhin, et le Danube, frontières nord Est de l'Empire de Rome. Cette poussée des Huns est si forte que, par un phénomène de ricoché, elle pousse vers l'ouest « les Ostrogoths » qui, à leur tour fuyant, poussent les Vandales, les Alamans et les Burgondes. Les Wisigoths quand à eux sont poussés vers le sud et envahissent la Grèce, les Balkans, la péninsule Italienne, puis, occupent et s'installent au sud de la Gaule, en Provence, en Languedoc, en Roussillon, en Catalane, ainsi que dans tout le centre Est de l'Espagne jusqu'à Tolède. Ainsi les Wisigoths prennent et pillent la capitale de l'Empire Rome le 24 août 410 après J.C.
Les Huns, continuant leur avancée, franchissent le Rhin et se répandent en Gaule jusqu'à Orléans. Ils sont arrêtés près de Troyes en 451 par une armée composée de soldats romains, de guerriers Alains et Wisigoths, lors de la bataille « des champs Catalauniques ». Attila à la tête de ses Huns se détourne alors vers le sud et envahit, en 452 l'Italie du nord. Puis Il menace directement Rome qu'il épargne en échange d'un considérable trésor qui lui est versé par Valentinien III empereur de Rome
    Devant un tel déferlement guerrier et sur tous les fronts, les soldats de l'Empire de Rome ne peuvent plus contenir de telles forces. D'autant qu'il faut ajouter à ces invasions, celles des Angles et des Scots sur la Grande Bretagne, qui occasionnent celle des Bretons sur l'Armorique province de la Gaule.
    De 451 après J.C. à 476 après J.C. une succession d'Empereurs peu valeureux va accentuer la chute du l'Empire jusqu'à la destitution du dernier Empereur de Rome « Romulus Auguste » en 476.


11) - Les invasions dites "barbares"[1]

     Pour certains, il n'y eu rien de pire, pour l'évolution de la civilisation humaine d'Europe occidentale, que l'invasion par les peuples germains des territoires qui constituaient l'Empire Romain  d'occident[2], dont la Gaule gallo romaine faisait partie.
    Les reproches faits aux "Barbares" comme certains les appellent communément[3], sont sévères !  Pour les résumer : « ce seraient eux, ces Barbares, qui auraient fait sombrer la société gallo romaine dans l'obscurantisme  de la féodalité ». Et pour preuves de cette régression, sont, entre autres, avancés les constats suivants :
        - Ce sont eux qui sont à l'origine de la dégradation civilisationnelle du peuple gallo romain qui aboutit à sa servitude.
        - Ce sont eux qui sont à l'origine de la destruction du pouvoir unitaire et central de l'Empire Romain d'occident, au profit d'une multitude de petits royaumes despotiques et désordonnés,
        - Ce sont eux aussi qui sont à l'origine de l'introduction en Gaule gallo romaine, de peuples d'origine, de langage et de mœurs différents, formant souvent des nations rivales (Wisigoths, Vandales, Alamans,
           Francs, Burgondes), incapables d'envisager et concevoir la moindre unité durable absolument nécessaire à la fondation d'un royaume multi-éthnique,
        - Ce sont eux encore qui sont à l'origine d'une inclinaison quasi innée pour la violence et la cruauté, où prime la raison du plus fort.
        - Ce sont eux enfin qui sont à l'origine d'une négation du principe d'égalité, au profit de celui de la supériorité dont découlent les principes fondateurs de la société féodale qui s'installera plus tard.
    Que la féodalité vienne après la régression civilisationnelle (soit disant causée par les Barbares), des  civilisations Athénienne et Romaine qui imprégnaient la Gaule gallo romaine, c'est une réalité évidente, pour ne pas dire historique. Mais cette régression -qui n'est qu'un trou noir socioculturel stérile à toute greffe sociale- ne contient en elle même, aucun embryon du moindre élément fondateur du système féodal.
Dire que cette régression est à l'origine de la féodalité n'est pas une vérité. La féodalité naît de l'organisation sociologique de l'agglomérat des modes de vie des peuples nomades qui ont envahi l'Europe occidentale, et non pas du remplacement des valeurs civilisationnelles et sociétales gréco-romaines effacées par le déferlement guerriers de ces peuples.
    Il faut donc nuancer un peu cette position négative assez répandue découlant des « grandes invasions ». Et pour cela, il suffit de regarder ce même événement d'un point de vue sociologique en reprenant les constats qui viennent d'être énumérées et qui se voudraient être des preuves.  
    D'abord au premier constat qui rend les "Barbares" responsables d'être la cause de " la dégringolade du peuple gallo romain dans la servitude" : On ne peut que constater que l'esclavage est la plus contraignante des formes de servitude humaine. Il est basé sur le plus abjecte des préjugés qu'est celui de la supériorité d'un individu sur un autre, d'une communauté ethnique sur une autre, d'une race sur une autre. Et bien que l'esclavage prenne ses racines dans la préhistoire[4], et qu'il se soit établi en tant que condition sociale à cause du besoin en bras qu'a nécessité le développement de l'agriculture[5] ;  il en demeure pas moins vrai que ce sont les sociétés antiques – dont découle l'Empire de Rome – qui ont fait de l'esclavage une institution essentielle à l'économie et au développement de leurs sociétés dites civilisées, dont fait partie la Gaule gallo romaine. On ne peut donc pas accuser les Barbares d'avoir apporter un mal qui existait déjà en Gaule gallo romaine en tant qu'institution sociale!
    Concernant le deuxième constat qui rend les Barbares responsables de « la destruction du pouvoir unitaire et central de l'Empire de Rome,  au profit d'une multitude de petits royaumes despotiques et désordonnés » : Là aussi, on ne peut que constater dans quel état de corruption, de délabrement et de décadence est déjà l'Empire de Rome lorsque arrive la vague déferlante dite barbare. Le pouvoir unitaire et central de l'Empire est depuis longtemps mis à mal par des conflits entre les familles de l'aristocratie romaine, prétendantes au titre d'Empereur. L'organisation gouvernementale centralisée de l'Empire s'effondre. En particulier son organisation productive agricole, ce qui accentue la crise politique qui mènera le pouvoir à sa perte. Car la spécialisation territoriale romaine, qu'elle soit agricole ou industrielle, est une chose rentable et efficace pour le pouvoir, tant que Rome a disposé d'une armée efficace assurant une protection infaillible des transports sur tout le territoire. Ce qui n'était plus le cas pour l'Empire romain au temps des grandes invasions[6]. Lorsque l'Empire romain d'occident, pour intégrer les envahisseurs, leur accorde le statut de fédéré, en leur permettant de conserver leurs lois en échange d'un service militaire dans l'armée impériale, il fait ainsi entrée le ver dans la pomme. Il résulte de ce fait, qu'à partir de 400, une grande partie des armées occidentales romaines se trouve composée de ces "barbares fédérés" qui, bien souvent, ont accédé à des postes de commandement. Honorius[7], qui règne de 395 à 423, de par sa faiblesse gouvernementale, n'a pratiquement plus de pouvoir. Ce pouvoir est en réalité aux mains de chefs militaires d'origine germanique, comme « Stilicon »[8] (v. 360-408). Partout dans l'empire d'Occident, l'autorité impériale recule. Les « Barbares » n'ont pas eu à détruire le pouvoir unitaire de l'Empire romain, qui s'auto-détruisait lui-même dans une rupture de ses systèmes politiques, militaires et organisationnels. Ils ont, au plus, accéléré le phénomène de déchéance en se trouvant là au bon moment.
Les « Barbares » [9] sont des guerriers nomades dont la plus importante organisation sociale est le clan ou la tribu qui rassemble plusieurs familles dont l'une commande aux autres. A l'intérieur même de cette famille dominante, les rivalités de pouvoir entre membres sont constantes. La grande affaire de tous ces peuples germains, c'est la guerre. Ils ont fait d'elle, un mode de vie, voire une raison de vivre…et de mourir. Leur organisation sociale, elle même, est issue des pratiques guerrières où le plus faible dépend du faible, le faible du moins fort, le moins fort du plus fort et le plus fort du chef ou du roi La notion de nation n'existe pas. Seule la notion de peuple a une signification pour eux. Le clan ou la tribu  appartient à un peuple formé d'une seule et même ethnie. Lorsque les dits Barbares sont arrivés en Gaule gallo romaines, poussés par la faim et par les « Huns », ils ont amené avec eux leur modèle social qui est, somme toute, pour des nomades, pas si désordonné que cela, d'autant que, pour la majorité d'entre eux, ils avaient été convertis aux christianisme arianisme par Ulfilas[10] vers 350, ce qui laisse à penser qu'ils n'étaient pas totalement dépourvus de moralité[11].
Il est donc étonnant de leur voir reprocher la destruction d'un empire qui était déjà en pleine décomposition et, sur cet empire devenu militairement incapable qu'ils venaient de conquérir, d'y avoir continué à vivre suivant leurs coutumes ancestrales.
    A propos du troisième constat qui rend les dits « Barbares » responsables de « l'introduction en Gaule gallo romaine de peuples d'origine, de langage et de mœurs différents, formant souvent des nations rivales (Wisigoths, Vandales, Alamans, Francs, Burgondes), incapables d'envisager et concevoir la moindre unité durable absolument nécessaire à la fondation d'un royaume multi-ethnique » :  Là encore on ne peut que constater (mis à part les Burgondes et les Alamans qui venait de Scandinavie) que tous ces peuples, donc toutes ces ethnies -qui avaient dans leur grande majorité leurs origines en Europe centrale, appelées génériquement « germains »- sont venus s'agglutiner sur la rive droite du Rhin que parce qu'ils y étaient poussés par les Huns d'origine turco mongole qui eux venaient d'Asie centrale[12].
Tant que l'armée Romaine fut forte sur la frontière Est et Nord-Est de l'Empire, les peuples germains furent contenus. Mais lorsque la faiblesse politique de l'Empire entraîna l'affaiblissement militaire de cette frontière et lorsque les Huns déferlèrent sur l'Europe de l'Ouest, exerçant ainsi une poussée irrésistible, ces peuples germains traversèrent le Rhin, envahirent la Gaule gallo romaine et pour certains, occupèrent par la force les territoires gallo romains sur lesquels ils s'installèrent[13]. Les Romains n'avaient pas fait autre chose lorsqu'ils conquirent et occupèrent la Gaule pour en faire la société Gallo romaine. Mais si l'invasion par Rome de la Gaule et l'invasion de la Gaule Gallo romaine par les Barbares sont des actes de conquête et d'occupation de même nature, les motivations étaient bien différentes. Pour les Romains, asservir les Gaulois et occuper leurs territoires c'était certes, s'emparer de leurs richesses agricoles mais c'était avant tout pour assouvir leurs désirs de gloire et de conquête. César a mené la campagne des Gaules parce que la gloire qu'il y retirait et accessoirement l'argent qu'il y gagnait, lui permettait d'être au premier rang de l'aristocratie et du gouvernement de Rome. Pour les Barbares conquérir les terres gallo-romaines était une nécessité vitale, car les ressources alimentaires des territoires germaniques étaient épuisées. Etant des nomades, donc incapables de régénérer les ressources d'un territoire par la culture des terres,  la seule chose qu'ils savaient faire c'était en recherche un autre et de se l'approprier. D'autant, pour ne pas dire en plus, les Huns exerçaient une énorme pression sur leur flan Est.
Il est donc surprenant de reprocher aux peuples germains d'être ce qu'ils sont, de parler chacun leur langue naturelle, et, contraint et forcé par la faiblesse de l'un et la puissance de l'autre, de rivaliser dans le choix du territoire sur lequel chacun a la nécessité vitale de s'installer.
    Le quatrième constat reproche à ces Barbares
une inclinaison quasi innée pour la violence et la cruauté, où prime la raison du plus fort : Ce griéffe ne peut que provenir d'une analyse faite d'un point de vue de sédentaire. Il est donc inexacte et inadéquate lorsqu'elle s'adresse à des peuples nomades comme le sont les germains. Chez les sédentaires, on cultive et on élève pour produire de la nourriture sur un même territoire. Ces activités ne peuvent exister et se dérouler que dans un mode de vie est paisible. Chez  les nomades on conquière sans cesse de nouveaux territoires dont on pille les ressources afin de se nourrir. Le mode de vie est alors fondé sur attitude guerrière naturelle faite de force et d'agressivité dénuées de toutes compassions. On ne peut donc là encore, difficilement reprocher aux Barbares d'être se qu'ils sont c'est à dire des nomades et de ce fait d'en avoir les qualités et les travers.
    Le cinquième constat reproché au « Barbares », c'est d'avoir introduit « Une négation du principe d'égalité au profit de celui de supériorité » :  Allons donc ! Comme si, même de nos jours, les choses  avaient changé ! Aujourd'hui comme hier, le principe égalitaire entre les individus n'a jamais fait parti de l'inné humain. Lorsqu'il apparaît quelque part comme une réalité, il n'est que la résultante d'une grande maturité sociale qui n'a rien à voir avec le degré de civilisation d'une société. Et même quand une nation moderne comme la France d'aujourd'hui, inscrit ce principe dans sa devise républicaine, la prépondérance de l'économie libérale pour ne pas dire libertaire qui s'y pratique, non régulée par le pouvoir politique, met à mal le principe égalitaire. Principe quelle devrait pourtant engendrer si la  répartition entre les classes sociales qu'elle opérait était moins ségrégationniste. Les sociétés des Barbares n'étaient pas moins égalitaires que celles des Grecs, des Romains et des Gallo romains et ça, malgré leurs hauts niveaux artistiques, littéraires et scientifiques. Comment alors reprocher à un peuple fut-il barbare, d'être de même nature que ceux qui l'entourent et qui se veulent être des modèles.
    Sociologiquement, on ne pas dire que "les Barbares" ont fait sombrer la société Gallo romaine dans l'obscurantisme de la féodalité. On peut seulement dire qu'ils ont précipité la dégénérescence de l'Empire Romain d'occident jusqu'à sa ruine culturelle et sociale qui serait, de toute façon, arrivée sans eux.
    On peut aussi dire qu'ils ont orienté, de par leurs coutumes et leurs traditions de nomades, une inévitable reconstruction sociétale qui a trouvé sa synthèse et sa finalité dans la féodalité. Féodalité où on retrouve dans un de ses fondements « la vassalité » cette dépendance individuelle de la base au sommet de l'édifice social, qui de nos jours existe encore, même si l'acquisition de la liberté de l'individu l'a transformé au dix-neuvième siècle en classes sociales et le vingtième siècle en hiérarchie économique des revenus.


  111) Les Francs Mérovingiens

    Lors de l'invasion franque[14] de la Gaule gallo romaine, une branche de ce peuple s'installe dans la région de « Tournai » en Belgique, entre le fleuve Rhin et le fleuve Escaut. Cette tribu de "Francs Saliens" a alors à sa tête, entre 448 et 457, Clodion le chevelu[15] qui occupe toute la Belgique seconde (cours supérieur du fleuve l'Escaut) et qui s'allie au général romain Aetius[16] lors de la bataille des champs Catalauniques [17] où furent battus Attila et ses Huns[18].
    Le fils ou le neveu de ce « Clodion le chevelu » est appelé « Mérovée »[19], c'est lui qui donne son nom à la dynastie des Mérovingiens. Ce « Mérovée », a  à son tour à un fils, qu'il appelle Childéric[20]
Childéric I règne de 458 à 481, lui aussi s'allie aux Romains. A Egidius[21] puis à son fils Syagrius[22] pour combattre les Wisigoths, les Alamans et les saxons.
    C'est son fils Clovis 1er[23] [24]qui unie l'ensemble des tribus franques à la tête desquelles il s'empare du territoire du dernier roi romain Syagrius qu'il dépossède de son titre de roi de Gaule à la bataille de Soissons en 486. Il est vainqueur des Thuringiens[25] en 491, des Alamans en 496. Il conquit ainsi tout le nord de la Gaule Gallo romaine. La tribu salienne dont est issue Clovis 1er, ne s'est pas convertie au christianisme arianisme. Clovis est donc un païen qui comprend très vite l'importance d'une alliance avec l'Eglise de Rome. Il concrétise sa première approche en épousant la princesse Clotilde[26] nièce du roi des Burgondes fervente catholique. Puis se convertit au christianisme en se faisant baptiser à Reims par Rémi[27] archevêque de Reims en 498. Dès lors la royauté franque sera toujours attachée à la religion catholique de l'Eglise de Rome.
    A part quelques exceptions, les différents rois Mérovingiens n'ont  laissés de leurs règnes qu'une impression de querelles intestines, de cruautés et de désorganisations qui, mettant cette dynastie dans une logique de déclin, ont favorisé la prise progressive du pouvoir royal par les " Maires du Palais ".


1V) - Les Francs Pippinides ou Pépinides

     La dynastie Carolingienne ne succède pas directement à la dynastie Mérovingienne. Il y a entre les deux, l'époque "des Pippinides ou Pépinides ". Sous ce terme, est désignée une puissante famille franque salique dont l'emprise s'étend dans toute la vallée du fleuve Meuse.
    Cette famille a pour chef Pépin de Landen[28] (580 – 639) aussi connu sous le nom de Pépin le vieux ou l'ancien. L'influence de cette lignée grandit encore lorsque la fille de Pépin le vieux, Bégga[29] se marie avec Ansegisel[30] fils de Arnoul[31] évêque laïc de Metz. Pépin le vieux est Maire du Palais du royaume  d 'Austrasie[32] sous le règne de la reine Brunehaut[33] (550 – 613)  qui est veuve du roi mérovingien Sigebert 1er[34] assassiné en 575. Sa fonction de Maire du Palais va se poursuivre sous les règnes de Clotaire II[35] fils de Sigebert 1er puis de Dagobert 1er[36] fils de Clotaire II.
    Lorsque Pépin le vieux meure en 639, son petit fils Pépin de Herstal[37] appelé aussi Pépin le jeune (637-714) lui succède dans la fonction de Maire du Palais. C'est un grand guerrier dont la victoire à la bataille de Tertry en 687, en fait le vrai Maître incontesté des royaumes d'Austrasie, de Neustrie[38] et de la Bourgogne[39]. Malgré son pouvoir qui lui permettrait de régner, Pépin le jeune maintient le roi mérovingien Thierry III[40] sur le trône de ce grand royaume.
    Le fils légitime de Pépin le jeune étant assassiné, c'est son fils illégitime Charles Martel[41] qui s'impose à la succession de son père comme Maire du Palais au détriment de ses petits fils. Une guerre civile découle de cette usurpation d'héritage qui oblige Charles Martel, à la tête de l'armée "d'Austrasie" qui lui est acquise, a reconquérir la "Neustrie". C'est à partir de 712, que le royaume est de nouveau réunifié ce qui vaut à Charles Martel de prendre le titre de "Prince des Francs" tout en continuant à reconnaître les Mérovingiens Chilpéric II[42] puis Thierry IV[43] comme rois légitimes. Après avoir arrêté les Arabes à Poitiers en 732, Charles Martel se lance alors dans une politique de conquête qui va lui permettre d'affirmer son autorité en Germanie à partir de 720 et  d'annexer au royaume : l'Aquitaine en 736, la Bourgogne et la Provence en 739.
    Le roi mérovingien Thierry IV étant mort en 737, Charles Martel dirige en Maître absolu le royaume Franc, qu'il partage avant de mourir entre ses deux fils Carloman[44] et Pépin le bref[45] en 741.
Cependant, la légitimité encore forte et reconnue de la dynastie Mérovingienne oblige les deux frères à placer sur le trône Childéric III[46] en 74


V) - Les Francs Carolingiens

     Lorsque Carloman se retire du pouvoir pour entrer en religion, son frère Pépin le bref, alors seul Maire du Palais - avec l'accord préalable du Pape Zacharie - dépose le roi Childéric III en 751 et envoie ce dernier roi Mérovingien finir ses jours au monastère de Saint Bertin à Sithiu (aujourd'hui Saint-Omer dans le pas de Calais). Il se fait alors dans un premier temps, élire roi des Francs au champ de mai de Soisson en 752, puis dans un second temps, sacré roi de par la grâce de Dieu, avec ses fils « Carolus Magnus »[47] et Carloman[48] par le Pape Étienne II en 754.
    Ainsi prend naissance le règne de la dynastie Carolingienne dont le fils aîné de Pépin le bref et de Bertrade de Laon [49], Charles 1er le grand, en latin « Carolus Magnus » mieux connu sous le nom de Charlemagne roi des Franc en 768, puis de Lombardie en 774, enfin Empereur d'Occident en 800, est incontestablement le plus illustre personnage de cette lignée.
    Charlemagne a trois fils avec sa deuxième épouse Hildegarde de Souabe[50] : Pépin, Charles et Louis. Il prévoit sa succession par le partage de son empire entre eux. Mais la mort de Pépin en 810, puis de Charles en 811, laisse Louis seul et unique héritier. Charlemagne fait alors couronné Louis Empereur d'Occident en 813, un an avant sa propre mort, sous le nom de Louis 1er le pieux[51].
    A la mort de Charlemagne, son héritier « Louis 1er  le pieux » maintien difficilement l'unité de l'Empire d'Occident qui vole en éclats à cause de ses quatre fils Lothaire[52], Louis II[53], Pépin[54], « Charles le chauve »[55] qui se partagent dans la discorde l'Empire à sa mort en 840.
    Après bien des trahisons des uns et des autres, par le traité de Verdun en 843, Lothaire reçoit la Lotharingie[56]. Louis se voit attribuer la Germanie[57]. Pépin devient maître de l'Aquitaine[58]. Enfin Charles dit le chauve hérite du royaume Franc Occidental[59], qu'on peut alors appeler d'abord « Francie » puis « France » et dont les frontières ne bougeront plus jusqu'au XIV e siècle.
Charles le chauve s'attache l'Aquitaine en 848 en imposant comme roi son fils Charles dit l'Enfant[60]. Il acquit la Lotharingie Occidentale[61] en 875. Puis il devient roi d'Italie en 876. Mais il doit contraint et forcé, reconnaître l'indépendance de la Bretagne.
    Pour combatte efficacement les envahisseurs Vikings, Charles le chauve crée sur le territoire du royaume de France, d'imposantes principautés territoriales qui exercent de grands commandements militaires. Lorsqu'il meure dans les Alpes, en 877, lors de son retour d'une expédition guerrière en Italie, il laisse, comme héritier de la couronne son fils Louis II dit le bègue[62].
    Louis II le bègue a de grosses difficultés pour imposer son autorité aux grands seigneurs auxquels il accorde sans cesse des faveurs et des privilèges. D'une santé précaire, il laisse à sa mort qui survient en 879, trois fils de deux lits différents : Louis l'aîné, et Carloman qui ont pour mère la reine Ansgarde et Charles dont est enceinte la reine Adélaïde de Frioul .
    Louis hérite du trône sous le nom de Louis III de France[63] qu'il partage avec son frère Carloman. Lorsque « Louis III » meure en 882, Carloman[64] assure seul la charge jusqu'en 884, date de son décès. Sur le trône alors vacant, c'est Charles III le gros[65] son cousin de Germanie qui assure la régence, avant que Eudes[66] comte de Paris, qui avait défendu victorieusement Paris contre les Vikings, y accède en 887. A sa mort, en 898, Eudes désigne Charles III le simple[67], fils de Louis II le bègue et de la reine Adélaïde de Frioul, comme héritier du trône de France.
    En 922, Charles le simple est déposé par Robert 1er[68]  frère du défunt roi Eudes. Robert 1er  règne un an jusqu'en 923, où il est tué à la bataille de Soissons lors du différent qui l'oppose à Charles le simple qu'il avait destitué. C'est son gendre Raoul de Bourgogne[69] qui est alors élu roi de France et qui le reste jusqu'à sa mort en 936. La couronne revient alors au le fils de Charles le simple, Louis IV d'Outre mer[70] qui meure en 954 et laisse le trône de France à son fils Lothaire III[71] qui règne jusqu'en 986.
    En réalité, sous les règnes de ces deux derniers rois, le vrai pouvoir royal est dans les mains du comte de Paris et duc de France Hugues le grand[72] jusqu'en 956.
    A la mort du roi Lothaire en 986 son fils Louis V dit le fainéant[73] monte sur le trône de France. C'est le dernier roi de la dynastie carolingienne qui s'éteint pour faire place à la dynastie des Capétiens.


V1) - Société Mérovingienne puis Carolingienne  du Haut Moyen Âge 

 V1 – 1 - Classes sociales.
    Au sommet des sociétés Mérovingienne puis Carolingienne, se trouve le roi qui en est le chef suprême. Ces sociétés sont composées : de la noblesse qui est née de l'élite guerrière franque mais aussi gallo romaine ; du Clergé qui rassemble sous cette appellation tous les gens qui appartiennent à l'Eglise ; et du  Peuple qui réuni sous cette nomination tous les autres gens, qui ne sont ni noble, ni d'Eglise.

 V1 – 11 - La noblesse.
    Les noblesses Mérovingienne, puis Carolingienne sont pour l'essentiel composées : des  "Barons"[74] qui dépendent comme vassaux directement du roi ; des "Princes"[75] qui détiennent depuis l'Empire de Rome une souveraineté sur un territoire ; des "Ducs"[76] qui détiennent une fonction militaire sur des territoires non fixés ; des "Comtes"[77] nommés par le roi qu'ils représentent. Ils exercent, par délégation, le pouvoir royal dans les comtés ; des "Vicomtes" qui suppléent les Comtes ; des "Vassaux"[78] des "Barons" qui sont des hommes libres avec terres ; des Vassaux des Vassaux et des Barons appelés aussi "Vavasseaux"[79] ; des hommes de guerre libres sans terre dépendants directement du roi.
Tous ces personnages sont en majorité des Francs Saliens, et en minorité des aristocrates d'origine Gallo romaine dont les familles avaient pris l'option de servir l'envahisseur Franc.

V1 – 111 - Le clergé.
    Les clergés Mérovingien, puis Carolingien comprennent : le clergé séculier et le clergé régulier.
        Le clergé séculier est composé : Des "évêques" nommés par le roi sur proposition pontificale ; des "Prêtes" ordonnés par l'évêque ; des "Diacres" qui servent les prêtes et qui sont ordonnés par l'évêque.
        Le clergé régulier est lui constituer : Des "Abbés" et des "Abbesses" qui dirigent les abbayes et monastères et les couvents. Ils et elles sont nommés par le ro,i sur proposition pontificale ou des évêques ; des "Moines" et des "Nonnes" qui  composent les communautés des ordres crées par le Pape.

V1 – 1V - Le Peuple.
Les "Hommes libres".
    Le peuple rassemble : Les hommes libres qui sont sous l'autorité du roi, ou sous autorité de l'Eglise ; ainsi que les "hommes libres"[80] qui ont une terre et qui vivent sur cette dernière, ou qui ont une terre qu'il prête à autrui, moyennant  pension d'argent.
    Le peuple rassemble aussi les hommes libresqui prennent une terre avec bail ou qui se mettent au service d'autrui sans être en servitude ni aliéné au sol qu'ils occupent.
    Le peuple comprend encore, les hommes libres qui s'établissent sur une terre étrangère et qui vivent sous la puissance d'autrui. Dans ce dernier cas, ils sont aliénés à la terre qu'ils occupent, et en cas de vente, ils passent avec la terre dans le domaine du nouveau propriétaire. Il peut même arriver qu'ils soient donnés ou échangés isolément de la terre qu'ils occupent. Enfin ces mêmes hommes peuvent vendre leur liberté et la racheter en remboursant le prix de vente majoré d'un cinquième.
Les "Colons".
    Le Peuple est formé aussi par les Colons. Ce sont des gens attachés à l'exploitation d'une terre qui leur est étrangère, mais dont les fruits leur appartiennent sous condition d'une redevance fixe payée au propriétaire. Ils sont en servitude par rapport à la terre, mais libres par rapports aux personnes. C'est la servitude terrienne qui les soumet à la corvée. Les Colons ont le droit de poursuivre en justice, de servir de témoin lors de l'établissement d'un contrat, ainsi que d'acquérir et de posséder à titre perpétuel et héréditaire. Ils peuvent posséder des « Serfs » sur lesquels ils exercent l'autorité d'un Maître. Ils possèdent leurs habitations avec une certaine surface de terre qu'ils exploitent pour leurs comptes mais pour laquelle ils paient une redevance et sont soumis à des servitudes. Ces propriétés sont appelées  "Mances", elles sont d'une surface moyenne de dix hectares, et quand elle est plus étendue, la Mance accueille alors plusieurs familles de Colon.
    La redevance est en principe acquittée en nature. Les services sont eux rendus par l'exécution de travaux agricoles pour le seigneur ou le Maître et hors salaire pendant trois jours par semaine. Ils peuvent aussi être de natures différentes, par exemple, conduire ou escorter un convoi, porter des messages ou aller faire des courses, construire et entretenir le château seigneurial ou la manoir du Maître, recueillir un essaim d'abeilles sauvages dans les bois pour les ruchers du seigneur ou du Maître, etc.
Les "Lides".
    Le Peuple comprend aussi les "Lides". Ce sont des gens qui sont dans l'entière dépendance d'un seigneur ou d'un Maître sans toutefois tomber dans la servitude. Les Lides servent à la fois la terre et l'homme qui la possède. Ils sont donc paysans et valets à la fois. Ils ont le droit de posséder une terre et de la défendre, de poursuivre en justice et d'avoir des liens familiaux de solidarité entre membres de leur famille. Ils peuvent acheter leur liberté dont le prix est fixé par le seigneur ou le Maître.
Les "Serfs".
    Le Peuple est aussi composé par les "Serfs". Ce sont les successeurs des esclaves donc au plus bas niveau de l'échelle sociale, avec toutefois une petite lueur d'espoir de liberté, alors que les esclaves n'en avaient aucune. Ce sont des gens qui vivent dans la dépendance absolue du Maître. Alors que les esclaves étaient rabaissés au rang d'animaux, les Serfs eux sont replacés dans la condition d'humains par le christianisme. Cette condition est reconnue sans réserve par les églises Mérovingienne, puis Carolingienne. Il n'en est pas de même des Maîtres et seigneurs pour qui, cette reconnaissance d'homme attribuée à leurs « Serfs », fut beaucoup plus timorée et graduelle. Les Serfs n'ont pas droit à la propriété terrienne et personnelle. Ils ne peuvent rien posséder en propre. Ils n'ont pas droit à la justice. Ils ne peuvent pas entretenir de liens familiaux.
Les "Esclaves".
    Enfin, presque hors du Peuple, comme ils existaient au temps de la Gaule Gallo romaine, les "Esclaves" existent encore dans la société Mérovingienne. Ce sont souvent des prisonniers faisant parie des butins reçus lors des guerres. Un peu au dessus de l'animal,  l'Esclave n'a strictement aucun droit. Ne lui reconnaissant pas la condition d'homme, sa vie n'a pas d'autre importance que celle du travail que ses bras peuvent fournir. On lui attribut qu'une valeur d'argent, celle qu'il faut donner ou recevoir dans le cas de son achat ou de sa vente. Mais vers la fin de l'époque Mérovingienne, sous l'impulsion de l'Eglise, l'esclavage tend à disparaître pour ce transformer peu à peu en Servage, qui est un état un tout petit peu plus enviable.


V11) - Organisation des royautés Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

     Pour ces deux dynasties, le "roi" impose sa volonté à tous ses sujets, soit par son autorité, soit par sa force. L'obéissance à sa personne est exercée par les "Bans"  (ordres). Elle est inconditionnelle, nul ne peut s'y soustraire sous peine d'amandes, de bannissement ou de mort.
    Le "Palais" du roi est l'institution gouvernementale du royaume. Il est itinérant sous les Mérovingiens, puis se fixe dans une capitale sous les Carolingiens (Aix La Chapelle).
    Le Palais mérovingien comprend un service de cour dirigé par de grands dignitaires du royaume qui ont les charges suivantes :
        - En premier lieu il y a "le Majordomus" (en latin), ou "le Majordome" (en français), il est le grand responsable de la cour. Il a autorité sur tous après le roi. Cette fonction est certainement à l'origine de celle de  Maire du Palais qui apparaît chez les Carolingiens.
        - En second vient le "Comes Palatinus" (en latin), ou "Comte du Palais" (en français), lui il préside le tribunal du Palais lorsque le roi est absent. C'est un "Leude" c'est à dire un homme important lié au roi par un serment d'allégeance comme le sera plus tard le vassal à son suzerain. Le Palais carolingien, préserve cette fonction.
        - En troisième se trouve le "Siniskalk" (en langue franque) ou "Sénéchal" (en français), il est le responsable de la discipline du Palais. Il dirige l'ensemble du personnel domestique. Cette fonction est elle aussi maintenue par les Carolingiens.
        - En quatrième se situe le "Pincernae" (en latin) ou "Grand Echanson" (en français), il commande à toute la domesticité qui sert à la table du roi. Là encore, cette fonction est conservée par les Carolingiens.
        - En cinquième se place Le "Comes Stabuli" (en latin) ou "Connétable" (en français), il commande les écuries royales. Il dirige l'ensemble des "Maréchaux " (valets des chevaux). Cette fonction est elle aussi maintenue par les Carolingiens.
        - Enfin, pour terminer cette énumération, il y a le "Cupicularius" (en latin) ou "Chambellan" (en français), il dirige la chambre du roi. Il a en charge la garde du trésor royal qui se trouve dans un chambre (Caméra en latin) attenante à la chambre à coucher du roi. Il commande aussi à tous les "Camerarii" (en latin) ou "Camériers" (en français), qui ne sont autres que des valets et femmes de chambre.
Sous les Carolingiens, il faut ajouter à cette liste le "Buticularius" (en latin), ou le "Bouteiller" (en français), il est chargé de l'approvisionnement et de l'élevage des vins servis à la table royale mais aussi ceux bus par tous les gens travaillant ou servant au Palais.
Le Palais Mérovingien est le siège de deux entités l'une administrative et diplomatique, qui se nomme "Scrinia" (en latin) ou "Les Bureaux d'Ecritures" (en français) ; l'autre militaire, appelée "la Garde Militaire des Antrustions".
    Les Bureaux d'Ecritures » réunissent de nombreux "Notarii Cancellarii" (en latin) ou "scribes" (en français), qui sont eux mêmes dirigés par des "Referendarii" (en latin) ou "Référendaires" (en français), auxquels sont confiées des missions politiques et diplomatiques ainsi que des missions militaires.
    La Garde Militaire des Antrustions c'est la garde rapprochée du roi, mais aussi la seule armée de métier du roi qui, lorsqu'il forme une armée pour partir en  guerre, y ajoute "le ban de l'Ost" et "l'arrière ban de l'Ost", c'est à dire les vassaux et les sous vassaux. Les Antrustions sont des guerriers d'élites qui jurent fidélité au roi devant lequel ils se présentent en armes. Lors des temps troubles mérovingiens, cet entourage militaire est la seule parade possible aux multiples tentatives d'assassina dont fait l'objet le roi.
    Sous les Carolingiens, Les Bureaux d'écritures deviennent "la Capella" (en latin) ou "la Chapelle"[81] (en français). C'est l'oratoire du roi qui regroupe tous les clercs attachés à sa personne. « La Chapelle » est dirigée par un clerc qui est aussi le principal conseiller du roi.
    Les Carolingiens ajoutent deux autres institutions à cette organisation du Palais.
        D'abord la "Chancellerie" dont le service se charge d'écrire et de diffuser les actes royaux qui sont de trois ordres les "Capitulaires", les "Diplômes", les "Lettres Royales".
La Chancellerie est dirigée par un "Chancelier" qui inscrit les signes de la validation des actes royaux.
        Puis le "Tribunal Royal" dont la présidence est confiée à un laïc appelé "Comte du Palais". Ce dernier instruit et rédige les actes d'accusation des procès que le roi est amené à faire aux grands seigneurs, aux prélats, aux Comtes et autres hommes libres qui ne respectent pas les intérêts royaux.


V111) - Administration des royautés Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

     Le royaume Franc représente une quantité importante de territoires que le roi doit gérer. Pour cela il met en place une administration locale qui doit être en constante liaison avec le Palais.
    A la tête de cette administration locale se trouve le "Comes" (en latin) ou le "Comte" (en français). Il est le représentant du roi et en a par procuration tous les pouvoirs.
Sa fonction et son autorité s'exerce dans toute sa circonscription soit dans les "Civitas" (en latin) ou "Cités" (en français) qui s'y trouvent implantées, soit sur le "Pagus" (en latin) ou "pays ruraux" (en français).
Il y a 120 circonscriptions dans l'administration Mérovingienne. Le Comte est responsable de l'administration, de la justice, de la levée d'impôts, de la levée des troupes  à la demande du roi ou de sa propre initiative. Toutes ses actions doivent être en accord avec l'évêque élu avec l'approbation du roi.
    Sous les Carolingiens, les fonctions et les prérogative du Comte sont sensiblement les mêmes que sous les Mérovingiens. Le nombre de circonscriptions qui sont alors appelées "Comtés" passent de 120 à 250.
Pour des raisons stratégiques, les Carolingiens regroupent plusieurs Comtés en une seule entité territoriale qu'ils appellent  la "Marche". La Marche est sous l'autorité d'un "Préfet" ou d'un "Duc" ou bien encore d'un "Margrave" qui a presque les pleins pouvoirs du roi. Le Duc Mérovingien quand à lui, exercait un commandement purement militaire dans des territoires non délimités exception faite des duchés de Champagne et de Toulouse.
    Enfin il y a le "Centenarius" (en latin) ou "Centenier" (en français) qui est un guerrier d'élite qui exerce son commandement sur 100 à 120 soldats implantés sur le domaine royal.


1X) - Les finances des royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

     Les rois Mérovingiens ont tous confondu le trésor royal et leurs fortunes personnelles. Ainsi, l'argent passe sans problème de la caisse de l'état  à la cassette du roi, rarement l'inverse.
    Etant dans l'incapacité d'établir un inventaire précis des terres du royaume, l'impôt foncier n'est que très partiellement perçu. Les rois favorisent donc les impôts indirects comme "le tonlieu" (les péages de chemins, de ponts, de gués et de marchés) qui sont complétés par les "impôts régaliens" (monnayage, droit de gîte, amandes découlant de la loi salique etc.).
    Malgré cela, les impôts ne permettent pas aux rois Mérovingiens de financer leur train de vie. Le complément est constitué par le butin que rapportent les guerres (esclaves, tributs, et rançons). Pour cela les rois partent à la guerre tous les ans, d'abord en mars pour les Mérovingiens, puis en Mai pour les Carolingiens.
    Une autre ressource de rentrée d'argent existe bien, c'est celle qui provient de l'exploitation des terres du roi, mais elle est quelque peu amputée au passage par l'Eglise pour rémunérer grassement ses Clercs qui aident aux gestions des domaines implantés sur ces terres royales. En plus, cette ressource diminue aussi chaque fois que le roi donne un territoire pour récompenser ou pour s'attacher les fidélités chancelantes de certains grands personnages qui sont quelquefois plus riches qu'il ne l'est lui-même.
    Si les origines des finances royales restent les mêmes sous les rois Carolingiens, ces derniers s'attachent à mettre en place des contrôles pour cela, ils instituent la fonction de "Missi Dominici" (en latin) ou d'"Envoyé du Maître" (en français) qui est exercée en binôme par le Comte et l'évêque sur le Comté dont ils ont la charge. Ils ont chaque mois de mai à rendre des comptes au roi sur l'état des revenus issus de leurs territoires.


X - La justice dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

     Les rois Mérovingiens utilisent plusieurs codes à caractères ethniques. Souvent ces codes sont des synthèses des lois romaines qui s'appliquaient aux Gallo romains de l'Ouest et du Sud de la Gaule gallo romaine "(bréviaire d'Alaric", "Lex. Romana Burgondionum"). D'autres sont des condensés en latin des Coutumes barbares très imprégnées par le droit romain ("loi Gombette du droit Burgonde", et "Lex. Salica" (en latin) ou "Loi Salique franque" (en français) dont découlent "la loi ripuaire", "la loi des Thuringiens" et "la loi des Francs Chamaves". On trouve aussi le "Pactus Alamannorum" (en latin) ou" le Pacte des Alamans" (en français) et" Lex. Bajuvariocum"  (en latin) ou  "Loi des Bavarois" (en français) qui eux dérivent du droit gothique et canonique.
    Dans chaque cité est établit un tribunal "Malus" (en latin). Il es mixte et gratuit dont les membres sont recrutés parmi les notables locaux "Boni Homines" (en latin).
    Les sentences sont exécutées par le Comte. Elles sont rarement des peines afflictives (prison, châtiments corporels, mort), mais presque toujours des peines d'argent répondant à un barème par exemple : 200 sous pour un meurtre d'un homme ou d'une femme libre, 100 sous pour avoir arraché une main ou un pied, un œil ou un nez, 3 sous pour avoir volé un porcelet etc.
    Au Palais du roi, les peines d'Argent sont triplées. Par ce système, le roi se procure de substantielles ressources tout en assurant une protection efficace, car un tiers de la valeur de la peine, va directement dans la poche du roi.
    C'est la même justice qu'on retrouve sous les rois Carolingiens. Mais là aussi ils instituent le contrôle de l'Envoyé du Maître.


X1) - Economie dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

     Avant les invasions barbares, la Gaule gallo romaine est habitée par plus de 10 millions d'individus. Le nombre d'envahisseurs qui se sont rendus maître des lieux (Francs Burgondes Vandales Wisigoths Alamans et autres Germains) est estimé à 500 000 guerriers. Cette appropriation guerrière des terres et autres biens a provoqué un nombre de morts et d'exilés plus important que le nombre d'envahisseurs précité. Il résulte donc de cette situation un manque de main d'œuvre qui favorise le recourt intensif à l'esclavage d'abord, puis au servage.Malgré cela, de nombreuses terres cultivées – même si elles deviennent propriétés franques- sont laissées à l'abandon. Ce délaissement foncier provoque des disettes et des famines qui augmentent la mortalité qui s'accentue encore lorsque apparaissent les épidémies de peste. Cette mortalité est estimée à environ trois millions d'individus.
    Lorsque les Francs s'installent en Gaule gallo romaine, il ne reste qu'environ sept millions d'habitants y compris les nouveaux installés. Bien que d'origine nomade, les Francs comprennent vite que la seule richesse fiable qu'il y a en Gaule, c'est la terre. Ils s'établissent donc sur des domaines en obligeant les anciens propriétaires ou les anciens maîtres de cultures à travailler pour eux. Ainsi ils s'accaparent tous les petits domaines autour des leurs, et forment ainsi de grosse exploitations souvent de plus de 800 ha et pouvant atteindre 20 000 ha "Villae" (en latin) ou "Villa" (en italien) qui peut être traduit en français en "village".
Ce phénomène d'agrandissement foncier s'identifie uniquement au nord du fleuve Loire, là où le roi a beaucoup d'influence. Au sud de ce fleuve, les propriétés restent plus modestes mais descendent rarement au dessous de 150ha. Il ne faut pas croire que tout le territoire de la Gaule franco gallo romaine est structuré en Villa on y trouve aussi les "Manses de Maître", les "Manses libres" et les "Manses serviles" dont la surface moyenne est d'environ 10 ha.
    Ces grandes propriétés du Nord (villa) essentiellement rurales ou vivent les aristocrates et riches Francs Mérovingiens puis Carolingiens forment des entités économiques fermées qui se suffisent à elles mêmes. Dans ces Villa tout y est cultivé, élevé, fabriqué pour le besoin de la population qui y vit et c'est sur place que tout y est récolté consommé et utilisé. Les surplus sont rarement vendu à l'extérieur, mais souvent mit en réserve en prévision de temps durs.
    Cette organisation rurale, dont découle un énorme besoin de main d'œuvre, provoque une régression de la vie urbaine et certaines villes disparaissent lorsqu'elles ne sont pas le siège d'un évêché ou l'endroit de marché ou de foire et où la vie artisanale et commerciale est dense. Ainsi pour mesurer l'atrophie urbaine provoquée par l'intensification de la vie rurale, il est intéressant de savoir qu'une cité comme Paris n'est entourée qu'à peine de 1,5 Km de murailles et que celle de Reims pourtant grand centre religieux n'est ceinte que par 2,2 Km de rempart
    Les cités où l'Eglise a installé l'un de ses sièges liturgiques sont très peu peuplées d'habitants sédentaires. Elles sont pourtant presque toujours prospères. Cette prospérité provient presque essentiellement du commerce qui découle des besoins liturgiques de l'Eglise. Les offices et processions sont friandes d'huile d'olive pour les luminaires des lieux de culte, de bijoux et travaux d'orfèvrerie pour orner les reliquaires et les calices, de soieries pour les habits des dignitaires de l'Eglise. De ces besoins de produits - qui viennent de méditerranée et d'orient - résulte un commerce tenu par une population de marchands orientaux nomades. C'est le cas dans les cités portuaires des rives de la méditerrané et de la vallée du Rhône.
    C'est à ces époques Mérovingienne, puis Carolingienne, que cette prospérité commerciale -  non seulement ancre profondément dans les mentalités des habitants du Nord de la vallée du fleuve Loire, l'idée d'un Sud regorgeant des richesses et de trésors -  mais aussi établit un fort secteur de négoce qui se développe dans tout le bassin parisien et dans la vallée de la Loire avec comme lieux d'échanges, Tours Orléans Paris (dont un Syrien "Eusèbe" devient l'évêque en 591). Ainsi, le long de la Loire, de la côte Atlantique et de la Garonne se tracent des routes d'échanges commerciaux avec l'Espagne et l'Andalousie au Sud ; avec l'Irlande et la Bretagne celtique au Nord Ouest ; avec l'Angleterre saxonne et la Frise au Nord.
    La Gaule franco gallo romaine Mérovingienne puis Carolingienne exporte déjà des vins bordelais, du sel de Saintonge, de l'huile narbonnaise, du plomb de Melle et des esclaves anglo-saxons. Elle importe de la laine irlandaise, des draps et de l'étain bretons, du cuivre d'Anglesey, des pierres précieuses et des épices orientales.
    Sous les rois Carolingiens, les courants commerciaux restent les mêmes que ceux ouverts par les Mérovingiens. Mais ce commerce Mérovingien ou seule l'Eglise achète (soierie, pierres précieuses, objet d'or et d'argent, épices, ambre et fourrures) va, sous les Carolingiens s'élargir aux grands propriétaires, aux dignitaires laïcs et aux aristocrates Francs. Cet élargissement commercial a pour effet de développer l'artisanat, qui à son tour favorise l'extension des cités au point de leurs redonner l'importance qu'elles avaient avant l'atrophie urbaine Mérovingienne.
    La diffusion des actes écrits des Carolingiens a pour conséquence indirecte de diffuser la lecture et l'écriture, et de ce fait, de mettre en place une administration des plus compétentes. L'écriture devient plus facilement lisible grâce à l'invention de la minuscule "Caroline". La grammaire est aussi inventée. Le parchemin déjà connu des Mérovingiens, devient le seul support d'ouvrages littéraires conséquents.
    L'Eglise Carolingienne s'approprie l'art. Elle fait travailler pour son compte : Enlumineurs, Orfèvres, Parcheminiers, Architectes et Musiciens.
    L'économie Carolingienne reste essentiellement rurale, car même si le commerce augmente et diversifie  les sources de revenu, il ne s'adresse qu'à peu de gens. L'essentiel pour les populations de ces époques, c'est d'abord de se nourrir et la nourriture provient plus que jamais du travail de la terre et des prélèvements dans la nature.


X11 - L'Eglise dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

     Sous les Mérovingiens, l'Eglise de Rome (catholique) revendique être la seule dépositaire de l'héritage des cultures des civilisations dites antiques (perse, grec, romaine). C'est aussi la seule force morale et intellectuelle existante dans toute l'Europe de l'Ouest.
    L'Eglise de la Gaule franco gallo romaine est organisée alors en 12 provinces à la tête desquelles est nommé un évêque. Cette nomination est faite, dans un premier temps, par la papauté avec l'aval du roi. Puis peu à peu, elle devient la prérogative du roi, qui toutefois demande l'approbation du Pape. Enfin elle relève de la seule volonté du roi sans l'approbation papale. Cette Eglise de Gaule s'adapte à la société franque en étant plus permissive et plus tolérante concernant l'application des coutumes que celle de Rome, qui tente, par la mise en place d'un "vicariat" pontifical, de maintenir son autorité. Mais rien n'y fait, et c'est le roi Mérovingien qui seul nomme les évêques en son royaume augmentant ainsi sont influence sur les institutions cléricales. Pour ces nominations, le roi choisit  les évêques du royaume parmi l'aristocratie franco gallo romaine de son proche entourage. Sous la dynastie mérovingienne, l'évêque ainsi nommé, devient l'alter ego du Comte le roi lui donne pour mission de contrôler les actes du Comte afin de limiter les abus de pouvoir que ce dernier serait tenté de commettre. En échange de cette charge royale, l'Eglise de Gaule obtient d'importants privilèges économiques (Donations pieuses, immunités judiciaires, exonérations). Mais la mission royale donnée à l'évêque à d'autres conséquences sur le développement du foncier cultivable et sur l'appropriation par l'Eglise de Gaule de ce foncier.
    Jusqu'à là, l'Eglise avait en charge la spiritualité des populations gallo romaines (évangélisation, baptêmes, mariages, extrêmes onctions) ainsi que la gestion du culte chrétien dans des lieux consacrés (églises, basiliques, cathédrales). Pour cela d'ailleurs, elle avait organisé le territoire gallo romain en diocèses qui à mesure que s'imposait l'autorité du roi sur l'Eglise tombaient sous la domination des grands puis des petits nobles locaux. Bref, l'Eglise avait beaucoup à faire avec ses tâches religieuses et quand les évêques se sont vus autoritairement confiés par le roi la mission laïque de contrôle de gestion, ils se sont déchargés du spirituel en le confiant aux moines. Et pour que cela puisse se faire, ils ont encouragé -  sur des terres que le roi leurs octroyait à cet effet - les fondations de monastères qui à leur tour ont engagé une politique de défrichements au terme desquels s'établissait la vie rurale. Sous une apparence de dépendance royale importante, l'Eglise de Gaule acquit ainsi  par ce transfère interne de tâches spirituelles, un patrimoine foncier considérable et une rayonnante influence sur les populations gallo romaines ; influence latente et tapit qui reste invisible à la dynastie Mérovingienne.
    Cette puissance foncière ecclésiastique sera telle que plus tard, sous les Carolingiens, Charles Martel devra, pour sauver les bases structurelles vassaliques de son pouvoir, se réapproprier, certaines fois par la force, une partie des biens que ses prédécesseurs avaient donnés à l'Eglise.
    Sous les règnes des rois Carolingiens, la soumission de l'Eglise à la royauté n'est qu'une apparence. En réalité, l'Eglise est constamment à l'affût, afin de reconquérir au grand jour, une puissance qu'elle a déjà dans l'ombre. Avec l'arrière pensée de soumettre à son tour la royauté Carolingienne à son autorité.
    C'est bien involontairement que « Charlemagne » qui ne peut en aucun cas être taxé de roi imprévoyant, va introduire le ver dans la pomme. Il le fait inconsciemment d'abord en donnant à l'Eglise de droit de percevoir la "Dîme", donc de prélever les moyens financiers nécessaires pour entreprendre cette reconquête du pouvoir. Il le fait aussi dans cette même inconscience, en nommant des "Archevêques" qui ont en charge, avec les Envoyés du Maître (Missi Dominci) d'inspecter les évêques à qui il a donné mission d'inspecter les Comtes, voire de les contrôler, en matière de politique et d'administration. La filière de reconquête du pouvoir de l'Eglise de Rome est ainsi mise en place !
    Concentrés sur ses tâches d'inspection et de contrôle, ces hauts hommes d'Eglise deviennent de fins politiciens. Des lors, de par sa puissance et son influence sans cesses grandissantes, l'Eglise Carolingienne devient incontournable dans toute décision politique royale, comtale et seigneuriale. Peu à peu elle usurpe à la royauté le rôle de protectrice du royaume ou de l'empire. Puis devient directement interventionniste dans l'administration et la politique de ce même royaume ou empire, lorsque le souverain fait preuve de faiblesse. Cette hégémonie ecclésiastique trouve son apogée au concile de 829 par l'adoption de la théorie de l' "Augustinisme"[82] et dans l'analyse de l'évêque d'Orléans "Jonas"[83] qui s'intitule "dé Institutione Régia". Ces deux événements font de la fonction royale une "servante de Dieu ".
    Ainsi s'explique : la prise du pouvoir pontifical d'"Etienne IV" sans attendre l'accord royal ou impérial en 816 ; ainsi que la confession publique humiliante faite par "Louis le pieux" en 822 ; puis plus tard en 833 l'abdication forcée par l'Eglise de ce même Louis le pieux, puis sa restauration en 844. Les évêques tous puissants proclament la déchéance du roi "Lothaire" en 842 ; puis déclarent publiquement à l'assemblée de Coulaines, après jugement,  la subordination de "Charles le chauve" à l'Eglise. Enfin cette hégémonie est à son paroxysme lorsque l'archevêque de Reims "Hincmar" applique en dehors de tout contrôle pontifical la théorie de l'Augustinisme à l'intérieur du royaume franc qui se résume ainsi " il est de droit divin que le droit naturel de la royauté ai pour vocation celle d'être absorbé par le droit surnaturel de l'Eglise".Tout est dit !


X111) - L'Art dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge

     Les rois et l'aristocratie franque Mérovingienne n'ont pas de rôle incitateur dans l'épanouissement de l'art Mérovingien. Par contre, l'Eglise là encore qui se veut dépositaire du socle artistique gréco romain est une grande inspiratrice et pourvoyeuse de l'expression artistique Mérovingienne.
    Le fondement de l'expression artistique Mérovingienne est donc l'art antique et plus précisément, l'art romain. On retrouve dans l'architecture Mérovingienne l'appareillage harmonieux de la pierre et de la brique et des éléments décoratifs de bâtiments en terre cuite si chère aux romains (le baptistaire de Poitiers réédifié au VII e siècle). Les nombreuses basiliques, baptistaires, monastères et églises construits sous la dynastie Mérovingienne ont une frappante similitude, dans leurs formes, leurs ordonnances et leurs décorations (mosaïques, fresques murales) avec les grands monuments romains.
De ce constat, il serait facile de dire – par ceux qui considère la descendance des barbares comme des être incultes -  que les Mérovingiens n'ont pas d'expression artistique qui leur est propre et que celle qu'ils utilisent est empruntée à l'ex empire romain. Mais ce serait allé un peu vite !
    C'est dans la sculpture des chapiteaux que s'identifie une certaine création purement Mérovingienne qui s'est développée surtout dans le Sud Ouest, aux pieds des Pyrénées. Tous les chapiteaux merveilleux qui ornent les basiliques d'Ile de France, du Centre et de Bourgogne construites à cette époque sont tous sculptés dans le marbre blanc des Pyrénées dans des ateliers se situant non loin des gisements de marbres. C'est encore dans ce marbre blanc des Pyrénées que sont ouvragés les sarcophages dits d'Aquitaine. On dénote dans la sculpture ornementale de ces sarcophages Mérovingiens des inspirations syriennes, orientales et égyptiennes Copte. L'art Copte a influencé fortement le décore du manuscrit qui est à l'origine de l'enluminure. C'est cette activité picturale qui donne vers 800, le "Sacramentaire de Gellone" qui est un fleuron de la Bibliothèque Nationale. Enfin on ne peut parler de l'art Mérovingien sans y inclure l'art du métal et de l'orfèvrerie cloisonnée et la damasquinure qui annonce déjà ce que sera la renaissance Carolingienne.
    L'art Carolingien, en architecture, s'imprègne, quant à lui, fortement du style byzantin (coupole et colonnes) tout en puisant ses formes des monuments romains. Toutefois, il affirme sa propre identité dans l'ajout de contre abside et dans l'élévation de tours et de flèches.
    L'enluminure Carolingienne est aussi très influencée par le style byzantin et paléo chrétien notamment en privilégiant  la représentation dessinée des personnages de face et non de profil. Les couleurs sont vives et contrastées et lumineuses (enluminure = mettre en lumière).
    Les réalisations en ivoire sculpté sont très recherchées pour l'extrême finesse des œuvres. L'orfèvrerie révèle un travail de très grande qualité. Enfin l'école de Tours développe la gravure sur cristal dont la plus remarquable pièce est "Le Cristal de Lothar".
Même si on est emprunt d'une nostalgie et d'une admiration pour les civilisations antiques ; après l'examen des sociétés Mérovingienne et Carolingienne qui vient d'être fait,  il apparaît bien difficile de parler de chaos civilisationnel et de continuer à accuser ces "sociétés barbares" d'avoir semé les bases de la société féodale. On peut certes, être admiratif de l'art et de la culture des Romains qui ont un rayonnement exceptionnel ! Mais peut-on l'être réellement de la société de l'Empire Romain qui par une façade de démocratie, dissimule un pouvoir dès plus totalitaire, dès plus hégémonique et dès plus inégalitaire asservissant des peuples qui n'avaient d'autres torts que ceux d'être moins forts qu'elle et où tout n'est que complots tromperies, fourberie et assassinats.
    Les rois Mérovingiens puis Carolingiens -qui ne sont pourtant pas des anges en matière de brutalité, de cruauté, et d'exploitation et d'asservissement du genre humain - ne sont que des petits garçons au regard des empereurs romains qui se sont succédés, Que sont donc les « Auxiliaires Impériaux », les « conseillers Impériaux », les sénateurs », les « Consuls » et les « Préteurs », les « Questeurs », les « Censeurs » et autres dignitaires romains, si ce ne sont pas des nobles bardés de privilèges et possédant le foncier romain. Bien avant que les invasions germaniques ne surviennent, les bases de ce que sera la féodalité franque sont, de façon larvée, instituées dans la société romaine.
    Les barbares n'ont eu qu'à observer puis  adapter à leur manière un système sociétal déjà présent dans la société romaine. Pour cela, ils n'ont eu qu'a le débarrassé de son enveloppe d'hypocrisie mielleuse que lui donnait une apparente allure de démocratie. Malgré les destructions guerrières, ces mêmes barbares ont profondément admiré l'art et la culture romains et il est indéniable qu'ils s'en sont profondément inspirés dans leurs propres expressions culturelles et artistiques. Que cela plaise ou non, cela rehausse ce que certains appellent la « barbarie germaine » au niveau d'une civilisation.
Car, à bien y regarder, l'Empire d'Occident de Charlemagne à l'apogée de sa grandeur et de son unité,  vaut bien, et même plus que l'Empire romain d'Auguste.
    Ceci dit, il est vrai que les successeurs de « Charlemagne » ne sont pas à la hauteur. Ils replongent, l'empire dans les travers de la désunion. Les comtés symboles de l'organisation de l'empire de Charlemagne deviennent l'image du morcellement de cet empire. L'autorité globale du monarque est effacée au profit de l'autorité locale des comtes, seigneurs avoués, et l'élan donné à la civilisation humaine est immobilisée.
Dans ce chaos, les vassaux s'approprie leur « bénéfice », les serfs leur « tenure » et chacun de quelque condition soit-il, revendique en possession la terre qu'il veut ou celle sur laquelle il est. Le seul arbitrage est celui de la loi du plus fort. Et le pays se trouve alors hérissé de tours entourées de remparts, eux mêmes encerclés de fossés. Protection et puissance voilà ce qui importe. Et quand on a fini de l'établir chez soit, on regarde chez les autres ce qu'il y a à gagner. Et si tel est le cas, on agresse, on s'accapare on détrousse on terrorise. Enfin, quand les rapports de force sont établis mettant chacun à sa place, alors on guette les faiblesses des autres prêts à fondre sur eux à la moindre occasion. C'est  l'avènement et le règne  de la féodalité avec toute l'horreur de sa brutalité créatrice.
    C'est de cette situation de constante instabilité qu'apparaît l'émergence d'une troisième dynastie royale, celle des "Capétiens.


X1V) - Emergence des Robertiens géniteurs de la dynastie Capétienne du Haut Moyen Âge

    Tout commence lorsque le Carolingien "Charles le chauve" Empereur d'Occident investit "Robert le fort" comte d'Anjou et de Blois du haut commandement militaire des comtés d'Angers, de Tours, du Mans, de Chartres et d'Orléans, afin de défendre la "Neustrie" des incursions guerrières et pillardes des "Bretons"[84] et des "Normands"[85].
    Lorsque les Normands tuent Robert à la bataille de Brissarthe [86] en 866, ce dernier laisse deux très jeunes enfants : "Eudes" et "Robert" qui sont tenus à l'écart de sa succession qui revient au second époux de sa veuve, "Hugues l'Abbé"[87].
    A la mort de leur beau père, les deux enfants de Robert le fort recueillent enfin leur héritage. Tous deux acquièrent une grande renommée dans la guerre contre les Normands. Eudes s'illustre lors de la défense de Paris en 885 et 886 et reçoit de l'Empereur Carolingien Charles le gros la souveraineté de toute la "Francia Occidentalis" (en latin) ou "Francie Occidentale" (en français) sur laquelle il règne successivement avec son frère Robert de 888 à 923.
    Eudes devient roi de France et règne de 888 à 898. Puis après le règne du Carolingien "Charles le simple" de 898 à 922, c'est son frère Robert qui occupe le trône de France de 922 à 923 sous le nom de Robert 1er. La puissance et le prestige de cette famille dite des "Robertiens", déjà considérables, sont renforcés par le mariage de la fille de Robert 1er avec "Raoul de Bourgogne" qui devient roi de France à la mort de son beau père de 923 à 936.
    Le fils de Robert 1er, "Hugues le grand" laisse bien volontiers le trône à son beau frère Raoul, car ses titres de Duc de France et de Comte de Paris suffissent à maintenir son influence auprès des grands seigneurs qui lui permettant en cela, de préparer l'avenir de ses deux fils : "Hugues" et "Eudes".
    A la mort du roi Raoul, en 936, Hugues le grand fait élire Roi "Louis IV d'Outre Mer" fils de Charles le simple qui règne jusqu'en 954.
    Puis à la mort de Louis IV d'Outre Mer, Hugues le grand, toujours lui, fait élire roi de France le fils du défunt roi "Lothaire", en échange de l'Aquitaine et la Bourgogne. Lothaire règne jusqu'à sa mort en 986 où son fils "Louis V dit le fainéant" lui succède pour un an.
    Entre temps, la mort de Hugues le grand remet ses deux fils sur le devant de la scène. Eudes le cadet reçoit la Bourgogne, et Hugues, l'aîné, hérite du duché de France.
    Mort dans un accident de cheval en 987, Louis V le fainéant n'a pas d'héritier. Il est le dernier roi de la dynastie des Carolingiens. Hugues duc de France qui porte toujours une cape sur ses épaules est alors élu roi et monte sur le trône de France en 987, sous le nom de "Hugues Capet" fondant ainsi la dynastie des "Capétiens.


XV) - Les royautés franques capétiennes du Haut Moyen Âge

     Soutenu par "Adalbéron", Hugues Capet est sacré à Noyon le 3 juillet 987. Il institut la transmission héréditaire du trône en faisant sacrer son fils "Robert" en décembre de la même année sous le nom de "Robert II le pieux. Il meure en 996.
     Robert II le pieux lui succède à l'age de 24 ans. Il est naît à Orléans en 972 et a fait ses études à Reims sur le préceptorat de "Gerbert d'Aurillac" qui sera le futur pape "Sylvestre II. C'est à la fois, un roi humble et charitable, et un guerrier courageux qui fait face à la rébellion des Grands Seigneurs. Il annexe au domaine royal les comtés de Dreux, de Melun, de Sens et de Bourgogne. Une affaire de répudiation et de remariage avec sa cousine "Berthe de Bourgogne" va lui valoir l'excommunication du pape "Grégoire V". Mais tout rentre dans l'ordre lorsqu'il renonce à cette union. La politique et le courage de ce roi ont permis d'assoire la jeune dynastie Capétienne. Robert II le pieux meurt en 1031. C'est son fils Henri duc de Bourgogne qu'il a eu de sa troisième épouse "Constance d'Arles"qui lui succède sous le nom de "Henri 1er"
    De suite Henri 1er  doit affronter sa mère qui aurait préféré que le trône revienne à son fils cadet "Robert". Cette dernière a l'appui des Grands Seigneur et en particulier celui d'Eudes de Blois. De son côté, Henri 1er peut compter sur l'Empereur germanique "Otton II" et sur "Robert le Magnifique" duc de Normandie qui en échange reçu le Vexin. Pour obtenir la paix, Il doit alors abandonner la Bourgogne à son frère cadet Robert, mais il reste en conflit avec Eudes de Blois.
    Après avoir soutenu son neveu Guillaume le Conquérant duc de Normandie lors de la révolte des barons normands, il se retourne contre lui et envahit la Normandie. Il subit alors deux défaites celle de "Mortemer" en 1054, et celle de "Varaville" en 1058. Il meurt en 1060 laissant une autorité royale très affaiblie.


XV1) – L'origine et la naissance d'un nouvel ordre nobiliaire "La Chevalerie".

     Lors de cette période du « Haut Moyen Âge », progressivement va naître dans la classe nobiliaire un nouvel ordre connu sous le nom de « Chevalerie ».
    En fait, la chevalerie va naître de la convergence puis de la fusion de deux traditions distinctes. L'une a ses origines dans l'antiquité gréco-romaine, l'autre dans les pratiques tribales des peuples de Germanie (ceux communément et souvent péjorativement appelés barbares).
Origines antiques gréco-romaine de ce que sera la Chevalerie médiévale.
    Dans les écrits anciens, les auteurs grecs et surtout athéniens, parlent de l'existence d'un groupe d'hommes qui se font appeler  "hippeis". (Hippeis peut être traduit sans différenciation par "cavalier" ou "chevalier"). Ces hommes sont des guerriers dont la richesse personnelle leur permet d'acquérir puis d'entretenir un cheval de combat. Dans une armée grecque principalement formée de guerriers à pieds (les fameux « hoplites à grande lance, la sarisse dont huit rangées formaient une phalange), ces hippeis formaient ainsi un corps de combattant distinct, "la cavalerie" dont l'efficacité à été mainte fois démontrée lorsqu'il s'agissait de déborder rapidement l'infanterie ennemie sur ses flancs.
    Chez les Romains - dont on connaît l'extrême importance qu'ils attachent eux aussi à l'infanterie (dont unité tactique s'appelle la "manipule") - on trouve un corps d'armée constitué de soldats qui combattent sur des chevaux dont Rome, qui en est propriétaire, en assure aussi l'entretien. Ils sont appelés "equites". Ces hommes contrairement aux autres soldats romains, ont à leur charge leur équipement individuel de guerre. A une époque, Rome interdit aux riches négociants, faisant pourtant partie des notables, d'accéder au Sénat et à la classe nobiliaire, les tenant ainsi écartés de l'élitiste dirigeante. Pour démontrer leur importance et l'influence qui en découle, ces riches négociants se regroupèrent et formèrent un ordre équestre qui pris lui aussi le nom de "equites"  (cavaliers chevaliers) mais qui n'avait plus rien à voir avec le rôle militaire d'origine. Pour entrer dans cet ordre, il fallait au prétendant fournir cheval et équipement et justifier d'une fortune de 400 000 sesterces à la fin du II e siècle avant J.C. Bien que l'action militaire ne fut pas la finalité de leur ordre, ces equites ou chevaliers prirent part aux guerres de conquêtes romaines ou ils occupèrent des grades élevés. Leur influence politique devint considérable et pesa significativement sur le gouvernement de Rome. Lorsque César eut conquit la Gaule, il imposa au peuple gaulois l'organisationnel politique économique et sociale romain dans lequel l'ordre des equites avait une place importante. Bon nombre d'equites furent à la tête de grandes propriétés terriennes gallo-romaines. Il ne fait aussi nul doute que l'ordre romain des « equites » s'ouvrit à la riche aristocratie gauloise, accélérant ainsi le processus d'assimilation de la noblesse indigène aux idéaux de l'occupant.
Origines germaniques de ce que sera Chevalerie médiévale
    Si chez les Grecs et les Romains monter à cheval pour faire la guerre était rare et réservé à une élite, il n'en était pas de même chez les peuples nomades d'origine germanique. Etant de nature nomade, le nourrisson fille ou garçon, "Wisigoth", "Ostrogoth", "Vandale", "Alaman", "Alain", "Burgonde" ou encore "Franc" et "Hun" se retrouvait sur le dos d'un cheval avant même de savoir marcher. Et comme la guerre était l'occupation principale de ces peuples qui se devaient pour vivre conquérir sans cesse de nouveaux territoires, le jeune enfant mâle cavalier se retrouvait tout aussi naturellement avec les armes à la main. Combattre à cheval était donc la posture naturelle des guerriers de ces peuples de Germanie.
    Sevré à l'âge de trois ans, le jeune Germain était confié aux femmes de sa famille jusqu'à l'âge de sept ans. Passé cet âge, il était alors confié jusqu'à son quatorzième anniversaire, pour son éducation presque essentiellement guerrière, à un père adoptif. En général, ce père adoptif n'était autre que le frère aîné de sa mère, donc à son oncle maternel. Cette période se nomme "forsterfaeder" ou "fosterage". Ce temps initiatique guerrier, dans son appellation, porte dans son étymologie même les notions de rudesse et forçage éducatifs auxquels est soumit le futur guerrier germain. Au terme de cette période le jeune germain allait faire ses preuves d'autonomie et de vaillance en voyageant parmi les nombreuses ethnies germaines. Lorsque le poil lui était poussé au menton,  il revenait alors dans sa tribu pour y subir le rite de la première coupe de barbe ou de cheveux et pour y affronter en combat singulier son père adoptif pour que tous puissent voire ses qualités de guerrier.
    Chez certain de ces peuples et en l'occurrence chez les "Francs saliens",  il était de coutume chez leurs chefs, de célébrer en plus, par une cérémonie spécifique, la remise très solennelle des armes à un jeune homme en âge de combattre.
Rôle fédérateur du christianisme  des traditions gréco-romaines et germaniques dont est issue la chevalerie médiévale
    L'arrivée du christianisme aux IV e et V e siècles en Gaule gallo romaine, enveloppa puis imprégna, de ses principes moraux ; - d'un coté, les traditions originelles gréco-romaines de ces riches romains à cheval  equites qui combattaient dans les armées de Rome ; - et de l'autre coté, le rite initiatique  guerrier de ces exceptionnels guerriers et chefs germains dont la survie dépendait de leurs conquêtes.
Emprunts ainsi de la sacralisation chrétienne, ces deux usages "d'hommes à cheval" se confondirent chez les Francs Saliens (qui sont aussi nos ancêtres directs) en une seule pratique cérémoniale d'investiture au titre de "Caballarius".
Evolution du cérémonial d'investiture d'un "Caballarius" vers l'adoubement du "chevalier médiéval".
    Cette pratique cérémoniale de reconnaissance de combattant à cheval s'est perpétuée pendant toute la dynastie mérovingienne puis au début de celle des Carolingiens où le premier témoignage écrit en latin, décrit comment à Rastibonne en Bavière, en 792, Charlemagne, lors de cette cérémonie, ceint son fils Louis le pieux, âgé de quatorze ans, de l'épée guerrière.
Plus tard, Charles  le chauve recevra en septembre 838, pour ses quinze ans, ses armes ceinturon et baudrier ainsi que l'insigne de sa fonction. Puis en 841, le jour de Pâques, ce même Charles recevra de ses émissaires d'Aquitaine, habits et couronne.
    C'est la plus ancienne cérémonie d'"adoubement" qui nous est donnée de connaître avec certitude.
    A partir d'environ 850, le mot latin Caballarius ne désignera plus un homme de guerre à cheval, mais un noble guerrier qui fait partie de la suite d'un grand personnage. Ce mot latin prend alors le sens de "Chevalier".
    Il fallu un siècle et demi d'interventionnisme religieux chrétien pour que l'église romaine adjoigne progressivement à la remise solennelle des armes et des équipements, une cérémonie religieuse ou le serment de servir son roi sera accompagné de celui de servir et d'obéir à  Dieu et à son église. Ces serments fondèrent un code d'honneur qui différencia la juste guerre du brigandage ce qui limita fortement les querelle intestines entre seigneurs et permit entre autre à la fin du X e siècle, de faire de « la paix de Dieu » décrétée par la papauté, une réalité.
    Enfin, au début du XI e siècle, prend forme la "Chevalerie médiévale" qui intègre dans ses valeurs sacramentelles les notions d'honneur, de courage, de droiture, de fidélité, de générosité, d'humilité et de sacrifice de soit. Ainsi, le Chevalier devient le protecteur de la veuve, de l'orphelin, du miséreux et de la pucelle. Il défend le bien et combat le mal dans l'obéissance à son roi, et dans le respect des dogmes chrétiens.
De par ses valeurs, la Chevalerie médiévale est alors une institution si prestigieuse, qu'elle modifiera profondément, en bien, le sens moral d'une certaine  noblesse de cette époque, qui faut bien l'avouer, n'en était que peu pourvue.
    La Chevalerie médiévale, où seuls comptaient le corps et le cœur et non l'esprit, (1) fut si lumineuse à partir du XII e siècle, que même les rois voulurent être fait Chevalier.
Mais, par ce choix du corps et du cœur, délaissant l'esprit, la Chevalerie médiévale fut aussi, dans sa grande majorité, une chevalerie illettrée.


    Ainsi s'efface le "Haut Moyen Âge" pour donner place au "Moyen Âge Triomphant".



Bibliographie de cette première partie 

Ouvrages et documents anciens :

PRISCOS.[88] « Histoire de l'Empire byzantin et d'Attila » écriten 449.

CASSIODORE. Flavius Magnus Aurélius[89] « Institutions » écrit en 550. « Histoire des Goths » écrit en 526. « Variae » écrit en 537.

JORDANES.[90] « De Origine Actibusque Certarum » écrit en 537.

CESAIRE d'Arles.[91] « Sermons » traites du rapprochement entre l'Eglise et les royaumes barbares, écrit en 543.

IDACE.[92] « Chronique » allant de 378 à 469, écrit en 469.

GREGOIRE de Tours.[93] « Histoire des Francs » écrit en 591

AIMON.[94] «  Histoire des Francs des origines à 654 ». Ecrit vers l'an 1000.

AUTEURS anonymes. « Chronique du pseudo frédegaire » (suite de L'histoire des Francs de 584 à 768).

TEXTES anonymes. « Liber historiae Francorum » écrits en 750.           

REGINON de Pûm. [95] « Chronique » période allant jusqu'à 906.

ABBAYE de Saint Bertin.[96] « Annales » documents contemporains à Charlemagne. 820

ABBAYE de Fulda.[97]« Annales » documents écrits sous le règne de Charlemagne. 829.

CHARLEMAGNE. « Annales royales » actes et décrets royaux, 829.

CHARLEMAGNE. « Lettre de convocation au plaid général ». In « Annales Royales ».Période de 741 à 829.

EGINHARD[98] « Annales » documents ecclésiastiques Contemporains à Charlemagne.

ALCUIN.[99] « Correspondances publiques et privées » écrit en 804

THEGAN.[100] « vita ludivici imperatoris » écrit en 840.

HINCMAR.[101] « de ordine Palatii » écrit en 845 «  De una et non trina deitate ferculum salmonis » écrit en 845.

JONAS d'Orléans.[102] « De institutione regia » écrit en 845.

GALL NOTKER (Saint)[103] « Gesta carolmi magni » écrit en 884.


Ouvrages et documents contemporains :

 DUBY. (G.)[104] « La Chevalerie ». Paris. Editions Perrin 1993.
                                     « Le Moyen Âge. Adolescence de la chrétienté occidentale 980 – 1140 ». Genève. Editions Skira. 1995.

 FLORI. (J.)[105] « La Chevalerie ». Luçon. Editions J. P. Grisserot. 1998.

 GANSHOF. (F.L.).[106] « Qu'est ce que la féodalité » traduit du latin.Bruxelles.1944.

 MUSSET. (L.).[107] « Les invasions, les vagues germanique ». Paris. Editions P.U.F.
                                          « Nouvelle Clio ». 1965.

 PIRENNE. (H.).[108]« Mahomet et Charlemagne ». 1937
                                           « Villes au Moyen Âge ». 1927

 ROUCHE. (M.).[109] « Les Rites d'initiation germaniques » in « Theatrum Belli. Com ». Web, septembre 2007.   

                 


Notes de références

[1] MUSSET. (L.). « les invasions, les vagues germanique ». Paris P. U. F. 1999

[2] En 395, à la mort de l'Empereur de Rome Théodose 1er, l'empire de Rome est partagé en deux parties. L'une devient l'Empire d'Occident et revient au cadet de ses deux fils « Honorius » (384-425). L'autre devient l'Empire d'Orient dont hérite son fils aîné « Arcadius » (377-408).

 [3] « Les Barbares » : Pour l'essentiel, ce sont des peuples germains. Les « Jutes », les « Angles », « les Saxons » et les « Frisons » sont établis sur les rives de la Mer du Nord. Les « Francs » et les « Alamans » sont fixés sur le cours inférieur du Rhin. Les « Burgondes » et les « vandales » occupent le cours moyen du Danube. Les « Suèves » et les « Lombards » vivent sur les rives de l'Oder. Les « Goths wisigoths » sont établis entre le Dniepr et le Danube. Les « Goths Ostrogoths » occupent les territoires qui sont entre la Volga et le Dniepr. Enfin, les « Sarmates » et les « Alains »,  qui sont tous deux des peuples Iraniens, nomadisent entre l'Oural et le Don. Ces peuples n'ont ni Etat, ni cité. Leur mode de vie de nomade et leur forte croissance démographique qui les contraignent à la famine, plus, la pression militaire exercée par les « Huns » d'origine Turco- Mongole, les poussent vers les riches terres de l'Empire d'Occident.

[4] Depuis les temps les plus reculés, lorsqu'il ne fut plus de coutume de tuer systématiquement l'ennemi de son clan, l'homme vainqueur trouva un intérêt dans l'asservissement de son ennemi

[5]On se procure des esclaves soit par des incursions ou des conquêtes parmi des peuples ennemis, soit au sein de sa propre société, où certains individus se vendent pour honorer  leurs dettes ou sont asservis en punition de leurs crimes.

[6] Par exemple lorsque en 439 après J. C., sous le règne de l'Empereur « Valentinien III, le roi des « Vandales » « Genséric » conquière « Carthage » et sa province qui est le plus important greniers à blé et à primeurs de Rome. Ainsi il affame du même coup une grande partie de la péninsule Italienne obligeant l'Empire à plier le genou et à se soumettre à ses exigences.

[7] Flavius HONORIUS : né à Constantinople en 384, mort à Ravenne en 423, il est en 395 le premier empereur d'Occident.

[8] STILICON : (vers 360 – 408) :Général de l'armée romaine venant du peuple Vandale, il devient chef de la milice puis régent d'Honorius en 385.

[9] CASSIODORE. Flavius, Magnus, Aurelius. (490-580) : Ecrivain latin, il est l'auteur de « Histoire des Goths » qu'il écrit en 526.

[10] ULFILAS ou Ulfila ou Wulfila (311 – 383) : Apôtre et évêque des peuples Goths, Il prêche un christianisme d'inspiration arienne. Il traduit le nouveau testament en langue gothique.  

[11] CESAIRE d'Arles. (4706543) : Moine et évêque gaulois. Il est l'auteur de « 238 Sermons » qui oeuvrent au rapprochement entre l'Eglise et les royaumes barbares.

[12] PRISCO : Ecrivain grec, il est l'auteur de  « Histoire de l'empire byzantin et d'Attila » qu'il écrit en 449.

 

[13] JORDANES : historien Goth du VI ème siècle auteur de « De origine Actibusque Getarum » qu'il écrit en 537.

[14] Les Francs forment un peuple germanique certainement originaire des territoires riverains de la Mer Baltique. Les Francs se divisent en deux ensembles de tribus  distincts. Il y a les « Francs du Rhin » aussi appelés à tord les Francs Ripuaires qui vivent sur la rive droite du Rhin. Puis il y a les « Francs Saliens » qui eux sont établis sur les rives de l'Ijssel et qui, au IV éme siècle occupent le Brabant.

[15] CLODION le Chevelu (428 – 460) : Chef des Francs Salien, il conquit Cambrai et les territoires de la Belgique seconde jusqu'aux rives de la Somme.

[16] AETIUS ( ? – 454) : Général romain qui est victorieux d'Attila et de ses Huns au « Champs catalauniques » en 451. Sa popularité pousse l'empereur Valentinien III à le faire assassiner.

[17] CHAMPS CATALAUNIQUES : Ce sont des territoires de Champagne nommés aussi « Mauriaci Campi » habités à l'époque par un peuple appelé « Catalauni ».

[18] PRISCOS ( ? - ? ) : Ecrivain Grec. Il est l'auteur de « Histoire de l 'empire byzantin et d'Attila » qu'il écrit vers 449

    JORDANES (VI éme siècle) historien Goths, auteur  « De Origine Actibusque Getarum » qu'il écrit vers 537. 

[19] MEROVEE ( ? – 457) : Roi plus ou moins légendaire des Francs Saliens de 448 à 457, il est allié au général romain Aetius pour battre Attila et ses Huns aux Champs Catalauniques en 451. C'est aussi le fondateur de la première dynastie des rois de France, « Les Mérovingiens ».

[20] CHILDERIC 1er (436 – 481 ou 482) : fils de Mérovée et père de Clovis 1er, roi des Francs Saliens de la région de Tournai de 458 à 481 ou 482.

[21] EGIDIUS ( ? – 464) Lieutenant de Aetius puis général romain il est chef des milices gauloises.

[22] SYAGRIUS Afranius (430 – 486) : Chef gallo romain, fils d'Egidius il est le maître des territoires qui s'étendent entre la Loire et la Somme. Il se fait appeler « Roi des romains. Il est vaincu par Clovis 1er à Soisson en 486.

[23] CLOVIS 1er (vers 465 – 511) : Fils de Childéric 1er, il est roi des Francs Saliens à 16 ans de 481 ou 482 à 511. Vainqueur à Soisson en 486, il dépose le dernier roi romain Syagrius, puis il élimine un à un les autres chefs Francs Saliens. Il épouse Clotilde nièce du roi burgonde en 493. Il soumet les Thuringiens en 491et les Alamans en 496. Il annexe l'Aquitaine, puis se fait baptiser à Reims vers 498. Il franchit la Loire en 507 et bat les Wisigoths d'Alaric II à Vouillé près de Poitiers. Enfin, en 509, il se fait reconnaître roi par les Francs Ripuaires. Il transfère sa capitale de Tournai à Paris et apparaît alors sur les territoires de la Gaule comme le seul roi dépositaire de la romanité. D'un coup, il fonde ce qui sera l'occident chrétien et ce qui sera la nation française.
En réalité, le nom de Clovis ou Chlodowes ou en forme latine, Chlodovecus ou Hludovicus  doit être traduit en français en LOUIS. Clovis 1er aurait donc dû s'appeler Louis 1er.

[24] GREGOIRE de TOURS (538 – 594). « Histoire des Francs »  écrit en 591

 AUTEURS ANONIMES  (700 – 768) « Chronique du pseudo Frédegaire » suite de l'histoire des Francs de 584 à 768, écrit en 768.

 AIMON (970 – 1008) moine à Saint Benoît sur Loire. « Histoire des Francs des origines à 654 » écrit en 654.

[25] THURINGIENS : Nom donné au peuple germanique habitant  la région de Thuringe en Allemagne. La mère de Clovis 1er était une princesse Thuringienne.

[26] CLOTILDE (Sainte Clotilde) : reine des Francs épouse de Clovis 1er, elle est la nièce de Gondebaud roi des Burgondes. Elle contribue à la conversion de son époux au christianisme orthodoxe née à Lyon ou à Vienne en 475, elle s'éteint à Tours en 545.

[27] REMI (Saint Remy) : Evêque de Reims vers 459, il baptise Clovis 1er roi des Francs, puis devient son conseiller.

[28] PEPIN DE LANDEN ou le vieux ou l'ancien (580-640) : Maire du palais d'Austrasie sous Clotaire II et Dagobert 1er. Il est : le père de Bégga, et le grand père de Pépin de Herstal ou le jeune.

[29] BEGGA (sainte) ( ?-684) : Elle est : - La fille de Pépin de Landen. - L'épouse d'Ansegisel. - La mère de Pépin de Herstal.

[30] ANSEGISEL ( ?- ?) : Il est : - Le fils de Arnoul évêque laïc de Metz. - L'époux de Bégga. - Lepère de Pépin Herstal.

[31] ARNOUL (saint) (v 580-v 640) : Il est : - Evêque laïc de Metz. – Le père d'Ansegisel. - Le grand père de Pépin Herstal.

[32] AUSTRASIE : Contrée formée des territoires qui se trouvent au Nord Est de la Gaule. Cette contrée, dont la capitale est Metz, est le royaume mérovingien du roi Sigebert 1er fils de Clotaire 1er et de son épouse la reine Brunehaut.

[33] BRUNEHAUT (Espagne v 543-613) : Elle est : - La reine d'Austrasie. – La fille d'Athanagild roi des Wisigoths. – L'épouse de Sigebert 1er.

[34] SIGEBERT 1er (535-575) : Il est : - Le roi d'Austrasie de 561 à 575. - Le fils de Clotaire 1er. – L'époux de Brunehaut.  

[35] CLOTAIRE II (584-629) : Il est : - Le roi d'Austrasie et de Burgondie (Bourgogne) de 613 à 629. - Le fils de Chilpéric 1er.

[36] DAGOBERT 1er (600-638) Il est roi d'Austrasie en 623, de Burgondie (Bourgogne) en 629, Il soumet en 638 la Gascogne et la Bretagne et s'attache l'Aquitaine. Son nom s'associe à ceux de ses conseillers, Saint Eloi l'orfèvre, saint Ouen le référendaire et Didier le trésorier. Ce fut l'un des plus illustre roi mérovingien.

[37] Pépin de Herstal ou le jeune (635-714) : Il est : - Maire du palais d'Austrasie. -Fils d'Ansegisel et de Bégga.- Petit fils de Pépin de Landen et de Arnoul de Metz. - Père de Charles Martel.

[38] NEUSTRIE : Les territoires qui forment cette contrée se trouvent au Nord et au nord Ouest de la Gaule, de la Loire à la Meuse. Cette contrée, dont les deux capitale sont Soisson et Paris, qui se constitue en  561, lors de la successions de Clotaire 1er fils de Clovis 1er.C'est le royaume du roi Chilpéric fils de Clotaire 1er et de son épouse la reine Frédégonde.

[39] BOUGOGNE ou BURGONDIE : cette contrée est formée par les territoires allant d'ouest en Est de l'actuel Auxerrois à la Suisse et du Nord au Sud de l'actuelle Champagne à la Provence. Cette contrée est le royaume des Burgondes peuple d'origine scandinave qui après avoir essayer avec les Vandales et les Ostrogoths d'envahir la Gaule centrale et de l'Ouest, sont dans un premier temps contenu sur les territoires de l'actuelle Savoie. Dans un second temps, ils vont étendre leur influence sur les vallées du Rhône et de la Saône. Leurs capitales sont Dijon, Langres, Lyon et Die.

[40] THIERRY III ( ?-690) : Il est : - Le roi de Neustrie et de Burgondie (Bourgogne) de 673 à 690 ou 691. - Frère de Clotaire III à qui il succède. - Fils de Clovis II.

[41] ChARLES MARTEL (688-741) : Il est : - Maire du palais d'Austrasie. - Fils de Pépin de Herstal et de sa concubine Alpaïde. - Père de Carloman et de Pépin le bref.

[42] CHILPERIC II (670-721) : Il est : - Le roi de Neustrie de 715 à 721, fils présumé de Childéric II.

[43] THIERRY IV ( ?- 737) : Il est : - Le roi des Francs de 721à 737, le fils de Dagobert III.

[44] CARLOMAN (715-754) : Il est Maire d'Austrasie de 741 à 747, titre et charge qu'il partage avec son frère cadet Pépin le bref. – Le fils aîné de Charles Martel. Il laisse la gouvernance de l'Austrasie à son frère Pépin en 747 pour entrer dans les ordres monastiques à Vienne en France.

[45] PEPIN LE BREF (715-768) : Il est : - Le Maître de la Neustrie, de la Burgondie (Bourgogne) et de la Provence. – Le Maire du palais de l'Austrasie de 741à 751, conjointement avec son frère Carloman jusqu'en 747, date à laquelle ce dernier entre en religion. – Le roi des Francs de 751 à 768. Pépin le bref enlève la Septimanie (Languedoc) aux Maures en 759 et l'Aquitaine au duc Waifre qu'il fait assassiner en 768.

[46]  CHILDERIC III ( ?-754) : Il est – Le roi des Francs de 743 à 751 sous la tutelle de Pépin le bref qui l'écarte définitivement en l'enfermant dans le monastère de Saint Bertin à Sithiu en 751. 

[47] CAROLUS MAGNUS ou Charlemagne (742 ou 747- 814) : Il est : - Le Roi des Francs conjointement avec son frère Carloman de 768 jusqu'en 771, puis seul jusqu'en 814. – Le roi des Lombards de 774 à 814. – L'empereur d'Occident de 800 à 814. Il est le fils de Pépin le bref, et le frère aîné de Carloman.

[48] CARLOMAN (751-771) : Il est : Le roi des Francs conjointement avec son frère Charlemagne de 768 à 771, date de sa mort.

[49] BERTRADE DE LAON appelée aussi Berthe au grand pied. ( ?-783) : Elle est : - L'épouse de Pépin le bref. – La mère de Charlemagne et de Carloman.

[50] HILDEGARDE DE SOUABE (758-783) : Elle est : - Princesse Alamane. – La seconde épouse de Charlemagne en 771. – La mère de Louis le pieux, de Charles le jeune et de Pépin.

[51] LOUIS I LE PREUX (778-840) : Il est : - Empereur d'Occident de 814 à 840. – fils de Charlemagne et de Hildegarde de Souabe. – frère de Charles dit le jeune et de Pépin. – père de Charles dit le chauve, de Lothaire et de Louis dit le germanique.

[52] LOTHAIRE 1er  (795-855) : Il est : Empereur d'Occident de 840 à 855. – Le fils de Louis 1er le preux. – Le frère de Charles le chauve, de Pépin et de Louis le germanique.

[53] LOUIS II LE GERMANIQUE (805-876) : Il est : Le roi des Francs orientaux de 817 à 843. – Le roi de Germanie de 843 à 876. – fils de Louis 1er le pieux. – Le frère de Lothaire 1er, de pépin et de Charles le chauve.

[54] PEPIN (803-838) : Il est : Le roi d'Aquitaine de 817 à 838. – le fils de Louis 1er le pieux. – Le frère de Lothaire, de Louis le germanique et de Charles le chauve.

[55] CHARLES LE CHAUVE (823-877) : Il est : Le roi de France de 848 à 877). – L'empereur d'occident de 875 à 877.- fils de Louis 1er le pieux. – Le frère de Pépin, Lothaire et de Louis le germanique. 

[56] LOTHARINGIE : Ce royaume fut créé spécialement pour Lothaire fils de Louis le pieux lors du traité de Verdun en 843. Ce royaume comprend : Les Pays Bas, l'Alsace, la Lorraine, la Bourgogne, la Provence et au nord de l'Italie, la Lombardie. 

[57] GERMANIE : Ce royaume découle aussi du traité de Verdun. Il comprend les territoires allemands.

[58] AQUITAINE : Ce royaume et celui que Charlemagne avait constitué pour son fils Louis le Pieux. Il comprend les territoires qui se situe entre la Loire et la Garonne, l'Océan Atlantique et le Massif Central.

[59] ROYAUME FRANC OCCIDENTAL : Ce royaume, par ce même traité de Verdun est attribués à Charles le chauve. Il comprend les territoires qui sont à l'Ouest  de la Meuse, de la Saône et des Cévennes.

[60] CHARLES L'ENFANT : il est le fils de Charles le Chauve. Il est le frère de Louis II le bègue.

[61] LOTHARINGIE OCCIDENTALE : Ce territoire peut être assimilé à l'actuelle Lorraine.

[62] LOUIS II LE BEGUE (846-879) : Il est : Le roi de France de 877 à 879. – Le deuxième fils de Charles le chauve et de la reine Ermentrude. – L'époux de la reine Ansgarde et de la reine Adélaïde de Frioul. – Le père de Louis, de Carloman, et, à titre posthume, de Charles le simple.

[63] LOUIS III DE FRANCE (863-882) : Il est : - Le roi de France de 879 à 882, avec son frère Carloman – Le fils de Louis II le bègue et de la reine Ansgarde – Le frère de Carloman. – le demi-frère de Charles le simple.

[64]<!--[endif]--> CARLOMAN ( ?-884) : Il est : - Le roi de France de 879 à 882 avec son frère Louis II de France, puis seul de 882 jusqu'en 884. – Le fils de Louis II le bègue et de la reine Ansgarde. – Le frère de Louis II le Bègue. – Le demi-frère de Charles le simple.

[65]<!--[endif]--> CHARLES III le gros (839-888) : Il est : - Le roi de France de 884 à 887. – Le fils de Louis le germanique. Cousin lointain de Louis III de France, de Carloman et de Charles le simple.

[66] EUDES (860 ou 864 -898) : Il est : - Le roi de France de 888 à 898.- Le fils de Robert le fort comte d'Anjou et de Blois, marquis de Neustrie, fondateur de la lignée des Robertiens.

[67] CHARLES III LE SIMPLE (879-929) : Il est : - Le roi de France de 898 à 923. – Le fils de Louis II le Bègue et de la reine Adélaïde de Frioul. – Le père de Louis IV d'Outre Mer.

[68] ROBERT I (866-923) : Il est : - Le roi de France de 922 à 923. – Second fils de Robert le Fort. De la lignée des Robertien.    

[69] RAOUL DE BOURGOGNE ( ?-936) : Il est : - D'abord duc de Bourgogne de 921 à 923. – Puis roi de France de 923 à 930. – le gendre de Robert 1er. – Grand père du futur roi de France Hugues Capet. - Connu pour être celui qui mit fin aux intrusions Vikings vers 930.

[70] LOUIS IV D'OUTREMER  (921-954) : Il est : - roi de France de 936 à 954. – Le fils de Charles le simple. – le père de Lothaire. – A force de persévérance, il soumettra Hugues le grand qui voulait gouverner le royaume.

[71] LOTHAIRE (941-986) : Il est : - roi de France de 954 à 986. – Le fils de Louis IV d'Outremer. – Père de Louis V. – le jouet de Hugues le grand qui lui impose sa tutelle.

[72] HUGUES LE GRAND (897-956) : Il est : - Duc de France et comte de Paris.- Le fils de Robert 1er. – Petit fils de Robert le fort fondateur de la lignée des Robertiens.

[73] LOUIS V LE FENEANT (967-987) : Il est : - Roi de France de 986 à 987. – Le fils de Lothaire. – Mort sans héritier. Le trône de France revient à Hugues Capet fils de Hugues le grand, qui donne naissance à la dynastie des Capétiens.

[74] Baron : Un baron est à cette époque un  grand seigneur qui dépend directement du roi et qui exerce son droit régalien sur ses terres. Par la suite, cette dénomination de baron désignera un seigneur dont l'importance sera placée juste au dessus de celle du vicomte.

[75] Prince : Un prince, à cette même époque, est de même rang qu'un grand baron. Il se place comme lui juste au dessous du roi. Mais en plus du baron, le prince a la souveraineté de ses terres et agit donc sur ces dernières comme un roi.

[76] Duc : Un duc est un grand seigneur d'abord militaire, mais aussi investit d'importants pouvoirs civils et de justice. Son rang le place comme délégataire directe du roi sur les territoires confiés à sa gestion. Ce titre, attribué d'abord par élections au V e siècle, deviendra héréditaire au VII e siècle, puis sera attribué par le roi sous la dynastie capétienne.

[77] Comte : Un comte est un représentant du roi, donc nommé et investi par lui pour gouverner en son nom un territoire dépendant du royaume. La charge comtale est d'origine romaine (comites qui signifie compagnons). Elle s'est transformée durant les dynasties successives. Constituant le « Conseil du prince » (consistorium) chez les romains, les comtes sont alors sous la totale autorité de l'empereur. Sous les mérovingiens, l'affaiblissement du pouvoir royal va permettre aux comtes d'acquérir une grande indépendance qui certaines fois va leur permettre de revendiquer la possession des territoires qu'ils gèrent. Le roi carolingien Charlemagne y mettra bon ordre et replacera les comtes dans leur rôle de représentativité du pouvoir royal.

[78] Vassal : Être vassal  c'est devoir, en contre partie d'une protection et d'un territoire (fief), à un seigneur plus puissant que soit : -1°) l'obligation d'hommage de soumission et de foi (hommage lige). -2°) l'assistance judiciaire (plaid) et militaire (ost).

[79] Vavassal : Être vavassal, c'est dépendre, en contre partie d'un fief et d'une protection, d'un seigneur lui même vassal d'un plus puissant.

[80] La terre possédée par un homme libre prend en général le nom de d' « alleu » (alodis)

[81] d'où l'origine du nom de la capitale mérovingienne d'Aix la Chapelle.

[82] Augustinisme : doctrine construite par les pensées et réflexions philosophiques, théologiques et spirituelles de Saint Augustin (354-430).
Cette doctrine affirme entre autre, que seul Dieu est maître de la destinée de l'homme et que de ce fait, le libre arbitre humain ne peut prévaloir sur la prédestination divine et qu'il découle de cette vérité spirituelle une prédominance absolue du droit et du pouvoir surnaturels de l'Eglise sur le droit et le pouvoir naturel d'une royauté ou d'un empire.
C'est cette conception de supériorité du sacré sur le temporel qui fera naître l'onction royale imposée par les Papes lors des sacres des souverains.

[83] Jonas : appelé aussi Jonas d'Orléans, il est  né avant 780 on ne connaît pas la date de sa mort. Il naquit et grandit en Aquitaine. Il fut nommé Evêque d'Orléans en 818. Il est présent et orateur lors des réunions des évêques en 820 et 830. C'est en 831 qu'il écrit « dé institutione régia » (le métier du roi) dans lequel il replace l'église au dessus du pouvoir royal

[84] Les Bretons : se sont des celtes d'origine brittonique (venant des îles britanniques) à cette époque leur chef « Nominoë » combat Charles le chauve pour obtenir l'indépendance de la Bretagne. Les raids des guerriers bretons sont alors fréquents.

[85] Les Normands : Ils sont aussi connu sous le nom de « viking ».

[86] Brissarthe : Localité située dans le Maine et Loire, sur la Sarthe. Une terrible bataille y eu lieu en 866. Elle opposait Roberts le fort marquis de Neustrie aux normands. Robert le fort gagna cette bataille mais y perdra la vie.

[87] HUGUES l'ABBE ( ?-885) : Il est le cousin de Charles le chauve. Il possède entre autre l'abbaye de Saint Martin de Tours. Il gouverne le royaume de France de 877 à 884.

[88] PRISCOS ( ?- ?) : écrivain grec. Il est envoyé en ambassade  auprès d'Attila en 448- 449.

[89] CASSIODORE (490-580) : Homme politique et écrivain latin.

[90] JORDANES (VI e siècle) : Historien Goths.

[91] CESAIRE d'Arles (470-543) : Moine puis évêque Gaulois.

[92] IDACE (388-470) : Prélat chroniqueur Espagnol.

[93] GREGOIRE de Tours (538-594) Evêque de Tours

[94] AIMON (970-1008) Moine à l'abbaye de Saint Benoît sur Loire.

[95] REGINON de Pûm ( ?-915) : Chroniqueur Allemand.

[96] ABBAYE de Saint Bertin, ou monastère de Sithiu fondée vers 642, appelée ensuite abbaye de Saint Omer.

[97] ABBAYE de Fulda : Fondée en 744, elle se situe en Allemagne (province de Hesse).

[98] EGINHARD (770-840) : Administrateur royal il est le conseiller de Charlemagne puis de Louis 1er le pieux

[99] ALCUIN (735-804) : Moine anglo-saxon, il est conseiller de Charlemagne. Ce dernier lui confie l'école d'Aix la Chapelle

[100] THEGAN (vers 800 – 849 ou 852) : biographe de Louis 1er le pieux.

[101] HUNCMAR (806-882) : Moine puis archevêque de Reims, il est le conseiller de Charles II le chauve.

[102] JONAS d'Orléans (avant 780-vers 840) : d'origine de l'Aquitaine, il est nommé évêque d'Orléans en 818.

[103] GALL NOTER (saint) (840-912) : D'origine Irlandais, ancien abbé de Banjor, il est moine à saint Gall en Suisse. Il est historien poète et musicologue.

[104] DUBY. Georges (1919-1996) : Historien français spécialiste du Moyen Âge, il est élu à la chair d'histoire du  Collège de France en 1970.

[105] FLORI. Jean : Historien français spécialiste des XI e et XII e siècles, il est docteur d'Etat es lettre et en sciences humaines, directeur de recherche au CNRS.

[106] GANSHOF. (F.L.) : traducteur historien.

[107] MUSSET. Lucien (1922-2004) : Historien français, professeur à l'Université de Caen, il est membre de « l'Académie des Inscription et des belles lettres ».

[108] PIRENNE. Henri (1862-1935 : Historien belge, professeur à l'Université de Gand, il est président de « Union Académique Internationale ».

[109] ROUCHE Michel (1934 -   ) : Historien français, agrégation d'histoire, docteur es lettres, il es professeur à l'université Charles de Gaulle à Lille III,  puis à Paris IV la Sorbonne.


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