Charte de 1320, village de Primelles en Berry

 

"Atelier Sant Johan" Brouillamnon Plou. document publié sur ce site le 25 septembre 2010.


Charte sur Primelles de 1320.

 

 

Nous « de Fay », chevalier du roi notre seigneur, bailli de Bourges,

A « Le Retif » sergent de messire le roi, ou au premier autre sergent du roi du bailliage de Bourges, à qui ce mandat sera remis,

salut.

 Dans une Lettre scellée du seau de la prévôté d'Issoudun et, entre autre chose, ayant vu son contenu où il est dit :

Dame « Douce », veuve de du feu « Johan Blondeau de Primelles » qui nous a quitté pour toujours,   fait un Don solennellement à « Étienne Blondeau » son fils présent et recevant en ses mains par grand amour et affection qu'elle avait envers le dit « Étienne », et pour que soit assuré ses nécessités en vêtures et vivres et en toutes autre choses nécessaires comme qu'en elle vivait selon l'état de sa personne. Sauf 10 livres tournois que la dite « Douce » a retenu pour accomplir et pour faire les choses contenues en son testament ou dernières volontés. Lesquels 10 livres en cause seront par le dit « Etienne » payées rendues et distribuées après le décès de la dite « Douce » de la manière que la dite « Douce » aura ordonnée en son dit testament ou en sa dernière volonté.

Tous ses biens, meubles et héritages alors présents et à venir, acquis ou à acquérir de quelques sortes qu'elle les ai acquis ou puisse acquérir à l'avenir de par père ou de par mère ou pour raison de conquête ou d'autres causes qui puissent être, sont les choses données, dont la dite « Douce » se dessaisit et en revêt le dit « Etienne Blondeau » son fils et ses héritiers pour bail et respect des Lettres dictées au dessus (ci-dessus).

En plus, la dite « Douce » veut que le dit « Etienne » et ses fils prennent en leurs possessions et se saisissent de l'administration de tous les biens meubles et héritages qu'elle lui a donnés sans qu'ils en requièrent à nul personne (sans qu'il n'en rende compte à personne) et que le dit « Etienne » et les siens les possèdent et les tiennent en leur garde perpétuelle et qu'ils en fassent et puissent en faire leurs volontés comme promis à la dite « Douce » par stipulations (déclarations) solennelles et par conventions attachées, cessions et quittances des dites choses données et toutes autres choses de la manière décrite dessus (ci-dessus), en les tenant fermement sans corruptions et sans jamais venir contre les promesses, de les livrer, défendre et garantir en jugement et hors jugement par le dit « Etienne », ses fils et à ses héritiers envers et contre tout. Et a se tenir et garder fermement comme l'oblige la dite « Douce » à la juridiction du dit seau, ses biens meubles et non meubles présents et à venir, comme il est plus pleinement  contenu dans ces dites Lettres dictées dessus ( ci-dessus ).

Lequel Don, bail, cession et quittances et toutes autres choses en la manière dont elles sont écrites dessus (ci-dessus) seront exposées à la noble dame « Alaiz de Mareuil, Dame de Saint Palais » et au noble « Pierre » son fils sir de Saint Palais, comme (en qualité de) seigneurs de la dite Dame « Douce » ; pour qu'ils veulent bien octroyer, approuvé et ratifier et consentir comme ( dans les termes ) il est contenu dans les dites Lettres dessus (ci-dessus).

Le dit « Etienne », reçoit les dites choses données par la cause (raison) dite au dessus ( ci-dessus ), qu'il possède et tient jusqu'à sa mort. Lesquelles choses et la possession d'icelles (de ces choses), si il vient à mourir seront avenues et transportées (iront) aux enfants qu'il laissera comme il est de raisons et d'usages et comme de coutumes notoires en notre pays.

D'autre part : Il est donné à entendre aux  honorables hommes et sages, le prieur et le chapitre de Notre Dame de Sales de Bourges que si les dits enfants sont mineur ou de moindre âge, ils seront, par non devis (sans contestations possibles) pour moitié leurs hommes de condition (tuteurs) pour ce qui leurs revient du dit « Etienne leur père qui était homme de condition (tuteur) des dits enfants bourgeois du roi. Ainsi que pour moitié par non devis (sans contestations possibles) de ce qui leurs revient de leur mère bourgeoise du roi.

Ainsi les dits enfants bourgeois du roi, sont et doivent être avec leurs biens et pour la temps qui sont mineurs d'âge, pour la moitié sous bonne garde et la protection de notre seigneur le roi et pour l'autre moitié pour laquelle ils sont hommes de condition ( tuteurs) les dits honorables et leur église sous la garde du roi.

C'est pourquoi nous (le chevalier de Fay bailli de Bourges), à la requête des dits honorables, comme nous le sommes tenu de notre office pour le roi notre seigneur, déclarons les dits enfants et tous leurs biens de la teneur (décrits dans) de ces Lettres, quelque part où ils soient,  mis en bonne garde et protection du roi notre seigneur, jusqu'à tant qu'il soit ordonné autrement.

Nous vous demandons à chacun de vous (sergents du bailliage de Bourges) et commandons que vous fassiez savoir à la dite « Dame » et au dit « Pierre » que les dits enfants et leurs biens sont et les avons mis en bonne garde et protection du roi et que le roi défend à la dite « Dame de Mareuil » et à « Pierre » son fils, seigneur de Saint Palais et à tous autres que vous verrez, que les dits enfants mineurs soient empêcher (privés ou spoliés) de leurs biens par molestement (force) ou dénuement (confiscation ou appropriation), car la dite « Douce » n'a nuls biens car ses biens présents et à venir, elle les a donné au dit « Etienne » et de raison (de par la loi) ne lui appartiennent plus maintenant.

Aux dits enfants, nous leurs faisons savoir que nous avons mis, en la garde et protection du roi, leurs personnes et tous leurs biens meubles et non meubles durant leurs minorités jusqu'à tant qu'il en soit autrement ordonné.

Et nous disons à la dite « Dame de Mareuil » et « Pierre » et ses fils, seigneurs de Primelles ou à d'autre personnes qui tenteraient d'empêcher ou troubleraient la possession des dits enfants, qu'ils seraient amonestés (sermonnés, réprimandes, punis) de ces empêchements par le Roi, et qu'ils ôtent ou fasse ôter ces empêchements et rendre nulle la mise en leurs biens ( restituent ce qu'ils se sont déjà appropriés ).

Si ces empêcheurs veulent alléguer  (dire, exposer, argumenter ou mettre en avant) leurs causes et leurs raisons, qu'ils viennent par devant nous le jour compétent à notre prochaine assise d'Issoudun. Ils pourront alléguer (dire, exposer, argumenter ou mettre en avant) ce qu'ils voudront selon la raison (la loi) et, pendant la dilacion (l'audience ou la tenue de l'assise) faire recréance (restituer) des choses prises comme main souveraine selon la coutume du pays.

Il vous (sergents du bailliage de Bourges) appartient de mettre sous votre garde les dits enfants et de les garder de la force et  les soustraire à l'injure et à l'oppression. Il vous est due obligation de les tenir et les garder en leurs justes possessions et saisines comme il se doit de raison (comme le veut la loi).

De ce fait nous ( le chevalier de Fay bailli de Bourges )   vous ( les sergents du bailliage de Bourges ) donnons pour cela le commandement spécial et à chacun d'entre vous un mandat de commandement sur tous les sujets et autres requérants pour qu'ils vous obéissent et vous entendent diligemment.


 



Fait à Bourges le XIV jour d'août en l'an de grâce mille trois cent vingt.

 

Data vero istitus transcripti anno die jouis post festum beali ludovici.  (daté et écrit en cette année dix jours avant la fête de Saint Louis).


Archives Notre Dame de Sales, I. 19,

Traduite par René JOHANNOT du texte originel publié en annexe du livre « Histoire et Statistique Monumentale du département du Cher » de BUHOT de KERSERS.


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