"Noirlac" histoire d'une abbaye cistercienne


"Atelier Sant Johan" Brouillamnon Plou. Article écrit par R. Johannot en juin 2010, publié sur ce site le 12 décembre 2012.


L'abbaye de Noirlac se situe dans le département du Cher, à 40 km au sud de Bourges  et à environ 3 km au nord-ouest de Saint Amand de Montrond.
De Bourges prendre la N 144 jusqu'à Bruère Allichamps. Puis prendre la D 35 jusqu'à Noirlac.
Coordonnée : 46° 44' 43'' nord
                         2° 27' 40'' Est

Introduction
Il y a peu d'habitants du Berry qui n'ont pas entendus parler de l'abbaye cistercienne de Noirlac.
Ils y en a beaucoup qui l'ont vue, d'autres l'ont visitée.
C'est incontestablement un fleuron du patrimoine religieux du Berry, dont la réputation a dépassé les frontières de sa province pour devenir un centre d'intérêt architectural national voire international où peut se lire une partie de l'histoire religieuse de notre beau pays de France.
Dès qu'on commence la visite de cette abbaye, les yeux sont immédiatement accrochés certes à son architecture générale, mais surtout à tous ces détails sculpturaux qui forment en quelque sorte sa signature identitaire.
Laissons aux spécialistes de l'art religieux le bon soin de nous expliquer à la fois la complexité et à simplicité de cette architecture cistercienne, et nous aider à lire et à comprendre les motivations religieuses qui ont guidé les outils de nos anciens bâtisseurs.
Dans l'écrit qui va suivre, c'est de l'histoire de cette abbaye que nous allons essentiellement parlé. Plus précisément de son histoire replacée dans le contexte géopolitique des époques qu'elle a traversées avant de nous apparaître telle qu'elle est aujourd'hui.

Le Lieu
Imaginons que nous sommes en mi-décembre de l'an 1136.
Un pèlerin a quitté Bourges en empruntant l'ancienne voie romaine[1] qui le mène vers Clermont[2].
A cette époque il n'y a point d'autres chemins ![3]
Le but de son pèlerinage est d'aller visiter les reliques de Saint Julien de Brioude et si le courage le gagne, il pourra pousser plus loin pour aller prier à Notre Dame du Puy.
Pour l'heure, il vient d'entrer, par sa porte nord,  dans la cité fortifiée[4] de Bruère, que nous appelons aujourd'hui, « Bruère Allichamps », et qui est, devenue, un gros village.
Cette petite cité est sous l'obédience de la seigneurie charentonnaise qui comprend alors les fiefs d'Orval, de Bruère, du castel de Saint-Amand, d'Épineuil et de Meillant.
Ses pas arpentent « la rue du milieu » qui le fera traverser la partie fortifiée de cette petite cité, avant de lui faire d'atteindre sa porte sud.
Sorti de Bruère, il retrouvera la voie romaine qui se dirige vers un lieu dit « La Tour[5] », qui n'est autre que l'endroit où s'éleva  la première motte castrale surmontée d'une fortification de bois.
Cette tour qui assura la protection primitive de Bruère, est érigée non loin de la lisière[6] d'une immense forêt que son regard ne pourra cerner complètement.
Cette forêt  appartient au seigneur Ebe de Charenton. Elle descend en forte pente diagonale jusqu'à la rive droite de la rivière Cher.
La voie romaine sur laquelle il marchera alors, pénètrera sous la futée et se dirigera vers une partie de cette forêt appelée « Bois du Four » d'où elle descendra progressivement en diagonale par une longue courbe, vers la plaine de la rivière.
Passez cette courbe la voie formera un chemin plat qui, traversant des terres marécageuses, le mènera à l'entrée de l'abbaye de « Maison-Dieu-sur-Cher » où « Hôtel-Dieu-sur-Cher » ; en latin « Domus dei super carum », ainsi, chacun choisira sa traduction.
Car à cette époque, ce lieu et cette abbaye ne s'appelaient pas « Noirlac ».
Le nominatif apparaitra pour la première fois au 13ème siècle, en 1276, pour désigner une carrière de Pierre.
Puis au 14ème siècle pour nommer l'abbaye de Maison-Dieu-sur-Cher, dans un document daté de l'année 1322.

De l'abbaye de Maison-Dieu-sur-Cher à l'abbaye de Noirlac
D'où vient ce nom de « Noirlac » ?
Seule une légende perpétrée par la tradition de l'abbaye  nous en donne une explication :
Lorsque Ebe de Charenton, sixième du nom, partit en croisade, en 1189, il remit à son fils aîné, qui s'appelait aussi Ebe et qui était le septième du nom, la gouvernance de ses biens et en faisait son successeur en cas où il ne reviendrait pas vivant de Terre Sainte.
L'héritier désigné, Ebe le septième du nom, encore adolescent, se serait noyé dans les eaux mortes[7] et sombres d'un  ancien méandre de la rivière Cher ressemblant à un lac et appartenant à l'abbaye Maison-Dieu- sur Cher.
Si nous cherchons à situer géographiquement ce lieu, il nous faut nous arrêter au ruisseau des « Eaux mortes » qui du d'ailleurs surement prendre ce nominatif à cette époque.
En souvenir de cet accident qui avait marqué les esprits et pour ne pas l'oublier, nous dit la légende, on appela ces lieux le  « Lac noir » puis « Noir-Lac » enfin « Noirlac » et l'abbaye prit ce nom.
Ce n'est là qu'une légende, jolie certes, mais dont la preuve de l'authenticité de l'histoire qu'elle raconte, ne peut pas être apportée par un quelconque document.
Nous savons que ce jeune Ebe, fils d'Ebe de Charenton sixième du nom et de son épouse Guiburge de Bourbon, a vraiment existé.
Nous savons qu'il mourut jeune et soudainement.
Nous savons aussi, que bien qu'il en eut la garde confié par son père, il mourut avant d'être investit du titre de seigneur de Charenton, donc avant que fut connu en Berry, la mort de son père en Terre Sainte avant 1199. [8]
Cette non-investiture seigneuriale nous est attestée par la lecture de l'épitaphe de la pierre tombale de son tombeau, qui ne mentionne pas de titre[9], contrairement à celle de son grand-père Ebe le cinquième du nom qui se situait à proximité.
Ces deux tombeaux ainsi que ceux d'autres membres de la lignée des Charenton furent longtemps visibles dans le chapitre de l'abbaye de Noirlac[10].
Cette non-investiture nous est aussi attestée par le fait que le titre seigneurial passa de son père à sa sœur Mahaud, épouse de Renaud de Montfaucon, qui prit ainsi le titre de Dame de Charenton vers 1199.
Nous ne pouvons ici passer sous silence la pertinente hypothèse de l'historien médiéviste Olivier Trotignon qui s'étonne, sachant que le langage usité dans cette partie du Berry était sous prédominance occitane, que nul n'ait jamais fait le rapprochement entre « Eaux mortes » et «  Aiguemorte » qui ont exactement la même signification.
Dans ce cas, on se doit aussi envisager que le drame de la disparition soudaine du jeune Ebe ait pu avoir lieu à proximité du château d'Aiguemorte qui se trouve sur la rive gauche du Cher, à proximité sud de Châteauneuf sur Cher, à cinq kilomètres à vol d'oiseau de l'abbaye de Maison-Dieu (Noirlac).
Et, qu'au lieu que le jeune Ebe se noie dans les Eaux mortes proches de l'abbaye, il aurait pu également trouver la mort, l'épée à la main, dans une expédition de défense des terres de Charenton qui l'aurait mené au pied du château d'Aiguemorte, dépendant de la seigneurie de Châteauneuf alors sous obédience des seigneurs d'Issoudun et de Déols, grands rivaux des terres de Charenton et de Bourges.
A première vue, on peut croire que rien ne relie entre-elles la légende historique ancienne et l'hypothèse historique contemporaine  tentant à nous expliquer la provenance du nominatif de « Noirlac ».
La première nous disant que ce nominatif viendrait des « Eaux Mortes » de l'abbaye responsables de la noyade Ebe fis du seigneur de Charenton.
La seconde envisageant qu'il puisse venir de « Aiguemorte » lieu de la mort violente de ce même Ebe.
Pourtant, légende et hypothèse s'enchevêtrent, lorsqu'on sait que la nominatif « Aiguemorte » proviendrait lui aussi d'une légende qui raconte que le fils du seigneur du château et des terres des alentours se noya non loin de là et que depuis ce temps ce château et ces terres furent appelées en langue occitane « Aiguemorte » qui signifie en langue française « Eaux Mortes ».

Revenons à notre pèlerin qui se trouve devant l'entrée de l'abbaye de Maison-Dieu-sur-Cher.
Que voit-il ?
Il y a là une grande aire  de construction autour d'une bâtisse existante qui dépend du prieuré dominicain de La Celle se situant à une petite distance à l'Est de Bruère.
Cette maison et ces religieux assurent le gite et le couvert des pèlerins qui empruntent cette ancienne voie romaine depuis au moins 1131[11].
Pour l'heure, en cette fin d'année 1136, l'abbé Robert de Chatillon, qu'on dit être le neveu de Saint Bernard de Clervaux, était arrivé de 27 octobre en cette maison dite de Dieu[12] avec un groupe de moines cisterciens.
L'abbé Robert et ses compagnons ont reçu pour mission de fonder sur ce lieu une abbaye cistercienne.[13]
Cette demande de fondation, faite à Saint Bernard, provient du seigneur Ebe de Charenton et de son épouse Agnès fille d'Archambaud VI de Bourbon[14].
Pour que cette prise de possession du lieu par les Cisterciens ne frustre pas trop le prieuré dominicain de La Celle à qui il appartenait, le seigneur de Charenton lui promet une compensation en dons et rentes du montant des droits qu'il touchait attenant à ce lieu et bâtisses.
La nouvelle communauté cistercienne garda le nom de Maison-Dieu déjà usité par les moines dominicains du prieuré de La Celle.

Nous allons laisser là notre pèlerin  pour qu'il se reposer et se restaurer ! Il est assurément entre de bonnes mains.
Nous allons maintenant, à partir de cette date du 27 octobre 1136, regarder ce qu'a été l'avenir de Maison-Dieu-sur-Cher.

L'abbaye durant le Moyen Âge
* Une charte de 1146 émanant du Pape Eugène III nous confirme qu'à cette date, l'abbaye cistercienne était bien établie.
* Une lettre datée de 1149, de Saint Bernard à destination de l'abbé Suger, alerte ce dernier sur la précarité dans laquelle vit la communauté cistercienne de Maison-Dieu-sur-Cher et lui demande de l'aider, car cette communauté était chère au roi qui était venu en Berry en 1137 et 1145. « Nos frères de la Maison-Dieu, au diocèse de Bourges, manquent de pain, et nous avons entendu dire que la récolte du seigneur le roi est abondante en ce pays et quelle s'y vend à bas prix. Nous vous prions de leur faire donner sur cette récolte ce que votre prudence jugera convenable, car mon seigneur le roi, quand il était dans la contrée, avait coutume de leur faire du bien. »
* En 1150, Ebe de Charenton et son épouse Agnès, tous deux fondateurs de l'abbaye, lui donnèrent, par une charte d'établissement, tous les droits seigneuriaux  qu'ils possédaient sur les terres de fondement de Maison-Dieu-sur-Cher et en plus, lui donnèrent aussi une part de bois, un cours d'eau depuis les moulins de Humbert jusqu'à l'abbaye et des terres à Chalais, Saint-Loup et Fleuret. Cette charte fait aussi état d'un dédommagement versé par l'Abbaye de Maison-Dieu-sur-Cher au prieuré de La Celle en compensation de la perte de revenu découlant des terres données aux Cisterciens.
* Ce fut cette date de 1150, et cette charte, que des historiens[15] reconnurent à tort, comme la date et le document attestant de la fondation de l'abbaye Maison-Dieu-sur-Cher.
* En 1159, Agnès épouse d'Ebe de Charenton, en présence du Primat d'Aquitaine et archevêque de Bourges Pierre de La Châtre, confirma les donations faites par elle et son époux et y promit l'attachement de l'abbaye de Bussière à Maison-Dieu-sur-Cher.
A partir de cette date, les dons seigneuriaux et ceux de particuliers aisés vont contribuer à transformer la condition de l'abbaye, qui va passer graduellement de la pauvreté pour atteindre une grande aisance pour ne pas parler de richesse.
Certains nobles et seigneurs vont prendre ombrage de cette prospérité foncière et mobilière qui enveloppe Maison-Dieu-sur-Cher. A l'exemple d'Etienne de Luis qui brutalisa les convers qui occupaient la grange de Soudain près de Lapan.[16]
* En 1170, contrairement à la règle cistercienne, l'abbaye acceptera un revenu en argent pour l'exploitation par un trier d'une carrière de pierres.
Entre 1195 et 1200, ce sera plus de vingt autres revenus en argent qui seront perçus par l'abbaye.
* En 1175, le troisième Abbé Francon ou Franco, meurt suite à une terrible épidémie qui décimera aussi les moines.
* En 1180, Ebe de Charenton sixième de nom, le fils d'Ebe de Charenton fondateur de l'abbaye et de son épouse Agnès, ajouta de nouvelles donations [17]à celles faites par ses parents.
La même année, à ces nouveaux dons des seigneurs de Charenton, va venir s'adjoindre le don de la forêt de Chevronne fait par le seigneur Dalmaire de Lignières et son épouse Ermengarde.
* En 1189,  Ebe VI de Charenton, fils du seigneur et de la Dame fondateurs de l'abbaye, confirme les dons de ses parents. Il semble qu'a la demande de l'archevêque de Bourges, qui était alors Henri de Sully, ce seigneur fit lui aussi une donation à l'abbaye.
Cette même année, Maison-Dieu-sur-Cher devint copropriétaire du four banal de Châteauneuf sur Cher et reçut, comme promis, la tutelle de l'abbaye de Bussière.
* Durant toute la première moitié du 13ème siècle, les donations en bois, terre, vignes, étangs, moulins et maisons de ville, au profit de l'abbaye de Maison-Dieu- sur-Cher, affluèrent.
On ira jusqu'à compter alors jusqu'à quatorze granges ; dix-sept fermes ; deux cent soixante quinze hectares de forêt  et des près.[18]
* Ce patrimoine ainsi constitué permit à l'abbaye de Maison-Dieu-sur-Cher, durant la seconde moitié  du 13ème siècle, de mettre des fermes en métayages, d'acheter des rentes, des droits banaux et des cens.[19]
* On pense que le jeune Ebe de Charenton se noya en 1226 et que le point d'eau stagnante où arriva le drame pris alors le nom de « Lac-noir » puis de  « Noirlac ».
* En 1276, le nom de « Noirlac » apparaissait ! Il était alors employé pour nommer une carrière de pierres non loin de l'abbaye, qui peut encore être localisée à environ un kilomètre cinq cents au nord ouest.
Si la carrière à bien existée, je ne n'ai pas pu trouver un document qui confirme qu'à cette date elle fut appelée « carrière de Noirlac ».
Les auteurs qui mentionne ce fait, ne donne aucune information permettant de le vérifier. Donc, il faut être prudent.
* En 1277 le chapitre général de l'ordre déposa l'abbé de l'abbaye de Maison-Dieu-sur-Cher.
* C'est en date de 1322, que dans un acte apparu le nom de « Noirlac » pour désigner l'abbaye Maison-Dieu-sur-Cher.
Nous ne reviendrons pas sur le pourquoi et comment ce nom changea, nous l'avons déjà fait.

Evolution des constructions de l'abbaye
A cette date, où en était le chantier de l'abbaye ?
* Les terrassements, dont notre pèlerin pu voir les débuts, avaient été faits en 1136 et 1150.
* Le chœur, les transepts et les deux travées de l'église s'étaient élevés entre 1150 et 1160.
* Entre 1170 et 1190,  ce fut le mur de l'église longeant le cloître qui fut construit, ainsi que la salle des moines et pour finir le dortoir des moines au premier étage à l'Est du cloître. Et le bâtiment des convers à l'Ouest du cloître.
* Au début des années 1200, la construction de l'église touche à sa fin et un porche vient orner sa façade. Ce fut alors que La construction du réfectoire au sud du cloitre était mise en chantier.
* En 1270, les moines commencent à élever les murs des galeries Nord et Ouest du cloître. Ce chantier durera jusqu'en 1280.
* Quand le nom de Noirlac apparu pour nommer l'abbaye, en 1322, il y avait en chantier les galeries sud et Est du cloitre.

L'abbaye durant la Guerre de Cent Ans
* Dans seconde moitié du 14ème siècle, durant la guerre de Cent Ans, entre 1358 et 1360, l'abbaye de Noirlac eut à souffrir des exactions anglaises. Notamment celles de Robert Knolles[20] et de sa troupe de soudards mercenaires qui, à cette époque, se battent pour leur propre compte que pour le butin. Ils pilleront et occuperont l'abbaye, et de là, ils ravageront tout le bas Berry en lui faisant subirent rapines et violences.
* Ce fut suite à cette occupation, surement après le traité de Brétigny en 1360, que l'abbaye de Noirlac demanda à Jean Bourguignon d'y établir une garnison de défense pour la protéger.[21]
* Ce fut aussi entre 1360 et 1400, Que l'abbaye obtiendra, de la seigneurie d'Orval, l'autorisation de se fortifier. Les moines élevèrent alors un donjon, dont l'accès était défendu par un pont-levis placé sur un fossé d'eau qui courait tout le long de la façade de l'église.
* En 1417, pour appuyer sa demande d'inhumation dans l'abbaye, Constance de Saluces,[22] deuxième épouse de Jean II de Sancerre, fit don à Noirlac de plusieurs lots de précieux linge d'ornements d'autel, ainsi que de plusieurs tapisseries d'Arras.
* En 1423, l'abbaye se verra confirmer, de la part de Guillaume d'Albret, seigneur d'Orval,[23]  les droits de fortification, d'élever un donjon et de tenir garnison sous les ordres d'un capitaine.
* Le traité d'Arras en 1435, mit sur les routes du royaume de France tous les mercenaires qui avaient combattu, durant cette Guerre de Cent-Ans, pour le compte des Armagnacs ou des Bourguignons.
Ces désœuvrés formèrent des bandes, pour certaines de plusieurs milliers d'individus qui se mirent à ravager, à piller, à violer et à incendier d'où ils prirent le nom d' « Ecorcheurs ».
Dans le Berry, entre 1435 et 1438, ces Ecorcheurs étaient menés par Rodrigue de Villandrando, ex compagnon de Jehanne la Pucelle Bâtarde d'Orlèans et par le Bâtard de Bourbon. [24]
Tout le Berry, fut mis à feu et à sang par ces brigands à partir de l'été 1435. Les villes du Berry, comme Issoudun et Levroux s'étaient mises en défense ou s'y mettaient.
Au printemps 1437, Villandrando et le Bâtard de Bourbons et leurs sbires, se déployèrent sur le Berry.
En avril ils étaient à La Châtre, puis ils allèrent camper devant Châtillon sur Indre. De là, ils revinrent sur leurs pas avec l'intention de gagner le Bourbonnais. Au passage, ils rançonnèrent Déols puis ils se dirigèrent vers Saint Amand-Montrond dont-ils firent du Château de Montrond, pour un temps leur quartier général
L'abbaye de Noirlac eut plusieurs fois à subir les conséquences des exactions de ces brigands.
Le roi Charles VII, alors en Languedoc, et qui avait à ses côtés Giraud de Goulart, seigneur de Chârost et de Cumont, Bailli de Berry,[25] lui donna mission de regagner le Berry, d'y recruter des troupes parmi la noblesse et la population berrichonnes et de chasser Villandrando et ses Ecorcheurs de la région.
Giraud de Goulard arrivé en Berry recruta une troupe. Mais lors d'uns de ses premiers engagements, où il défendait, à la demande de sa châtelaine Marguerite de Malval, la cité de Sainte Sévère assiégée par Villandrando,  il fut très gravement blessé par un trait d'arbalète ennemi.
Il mourut quelques jours plus tard. On était en 1437.
* A partir de 1428, la vie reprit donc son cours normal en l'abbaye de Noirlac.
Enfin si on peut dire !

Dégradation de la vie monacale à l'abbaye à la fin Moyen Âge, début Renaissance
* Car l'afflux de dons qui eut lieu jusqu'à la fin du 13ème siècle au bénéfice de cette abbaye et les revenus que les moines en tirèrent, firent d'eux des rentiers qui n'avaient plus à œuvrer pour gagner leur pitance. Cette oisiveté avait peu à peu engendrée parmi les membres de la communauté cistercienne de Noirlac, envies, jalousies, mésententes et déviances.
* Cette dégradation des principes moraux de l'ordre en cette abbaye se traduisit par une apostasie latente qui se révéla dans le milieu du 15 ème siècle par le renoncement d'un moine à ses vœux.
* Pire, en 1476, la crise morale qui régnait alors dans toute l'abbaye conduisit un moine à tué un de ses compagnons.
* Ces deux malheureux faits ne semblent pas inquiéter outre mesure le Chapitre Général de l'ordre. Il fallu attendre 1506 pour qu'une première enquête sérieuse, menée par les abbés de Rigny, de Fontmorigny et de Chalivoy soit diligentées. Il en résulta des réprimandes et des punitions pour les moines coupables de ces déviances à l'éthique.
* Il fallut attendre1521, qu'une seconde conduite par l'abbé de Bouras déboucha sur des mesures de reforme de l'abbaye.
* Malgré les reformes, la vacance prolongée d'un abbé à la tête de l'abbaye, dont on connaît mal les raisons, va engager l'application du concordat de Bologne qui avait été signé le 18 août 1516 entre le chancelier Antoine Duprat représentant de François 1er, et le pape Léon X.[26]
* Ainsi, en 1530, l'abbaye de Noirlac eut un abbé commendataire nommé par le roi et non plus élu par les siens.[27]
La vie des moines eut à en souffrir, car la nouvelle gestion attachée à ce régime de « commende » réduisit le revenu de la communauté de Noirlac de deux tiers.[28] On passa donc de l'opulence à la rigueur, sauf pour l'abbé qui lui se vit assuré de toucher des revenus confortables. D'ailleurs, il installa sa résidence au dessus du cellier qui lui-même était dans l'ancien bâtiment des convers.
Désormais, les abbés de Noirlac, nommés par le roi hors de la communauté, se contenteront de régenter les biens de l'abbaye au mieux de leurs intérêts sans se soucier des règles et du bien-être de la vie monastique.

L'abbaye durant les Guerres de Religions
* Le 3 juin 1569, lors de la troisième guerre des religions,  le duc des deux Ponts[29] et son armée de 17 000 Allemands huguenots, traversèrent la Loire à La Charité.
Ils prirent la direction de Limoges où ils devaient rejoindre l'armée de Condé pour aller ravager le Périgord, le Poitou l'Auvergne et le Quercy.
Cette armée huguenote allemande du duc des deux Ponts, traversa donc le Berry dans sa partie nord-est à marche forcée (plus de 25 km par jour). Elle n'avait donc pas le temps de mener de gros combats contre les partisans catholiques fideles au roi.
Elle se contenta de piller les églises qui se trouvaient sur son chemin et quelquefois en incendier une pour l'exemple.
Il est donc inexacte, comme le firent certains chroniqueurs, d'attribuer à cette armée allemande huguenotes, la destruction du porche de l'église et celle du pignon Nord du transept de l'abbaye de Noirlac, ainsi que l'incendie de la partie sud du bâtiment de convers.
Un Terrier[30] datant de 1600 rend cette armée responsable  que des pillages de granges qui  appartenaient à l'abbaye.

L'Abbaye durant la Guerre de la Fronde des Princes
* Par contre, dans la période comprise en 1650 et 1652, lors de la guerre civile de la Fronde des princes, qui opposa le Grand Condé[31] au roi de France[32], l'abbaye de Noirlac eut à subir de la part des deux camps des exactions considérables.
En effet, durant tout le temps du siège du château de Montrond[33], par les troupes royales. Chaque camp pour harceler l'autre, prit et reprit l'abbaye en lui faisant subir des destructions très importantes.
* L'ampleur de ces destructions de bâtiment fit l'objet, en 1654, de la part de l'abbé de cette époque d'un signalement qui confirme que les armées de chaque camp ont démoli une très importante partie de l'abbaye et que ces bâtiments n'ont fait l'objet d'aucune réparation.
Il en résulta que la communauté des moines à Noirlac, fut réduit à 4 membres.

Cohabitation difficile entre l'abbé commendataire et les moines de l'abbaye
* Ce qui restait des bâtiments de l'abbaye, fit l'objet, le 9 avril 1657 d'un partage entre les moines et l'abbé commendataire.
L'abbé reçut les bâtiments des convers, la galerie du cloître Ouest et de la grande cuisine.
Les moines se virent attribuer le cloître, le dortoir, le réfectoire, la chambre des hôtes et les greniers au-dessus des trois autres galeries du cloître.
* En 1666, le Pape Alexandre VII accorde aux moines de Noirlac le droit de modifier leur dortoir et d'y aménager des cellules.
* Un nouveau partage des bâtiments existants de l'abbaye se fit le 10 avril 1692, dont on ne connaît pas la teneur ni la raison.

L'abbaye durant le siècle des Lumières
* Nous avons une description de l'abbaye[34] faite par un moine bénédictin Edmond Martène[35] en 1708 qui peut nous donner une idée de l'état dans lequel elle se trouvait au moment du second partage de 1692.
Voici en quels termes il en parle : « L'abbaye de Noirlac où je fus de Font-morigni a conservé plus de restes de son ancienne splendeur. Les cloîtres, le chapitre, le parloir, le noviciat, le réfectoire, la cuisine, marquent quelque chose de grand. La cheminée de la cuisine est d'une structure singulière. Car elle-est double et s'avance jusqu'au milieu de la cuisine, on médit que monsieur le prince l'ayant vue, ne pouvait cesser de l'admirer. L'église est encore toute entière, les chaires du chœur se ressentent de la simplicité du temps de saint Bernard. Je n'en ai vu que fort peu de semblables. L'abbé de Clairvaux faisant sa visite, en fit retrancher la moitié…. »
* En 1712, l'abbé commendataire se fit aménager ses appartements dans le bâtiment du noviciat qui faisait le retour de celui des moines.
* Au terme de ces travaux, en 1715, un accord est trouvé entre les moines et le prieur pour mettre en œuvre la restauration de Noirlac.
* Un mémoire de 1717, nous apprend que les moines de l'abbaye vivent de façon très précaire et qu'ils prennent leurs repas dans le même endroit où se situent les latrines et qu'au dessus de cet endroit se trouvait l'infirmerie de l'abbaye.
Il y a donc une grande différence entre le confort et l'aisance de la vie de l'abbé, et la précarité et l'indigence de celles des moines.
Il ne fut pas très étonnant que cette différence flagrante de condition ait conduit l'abbé commendataire à se loger hors de l'abbaye plus précisément, à l'hôtel Saint-Vic à Saint-Amand-Montrond, à la grande joie des moines qui retrouvèrent ainsi la jouissance de tous les bâtiments de l'abbaye.
* Un document nous indique que l'abbaye de Noirlac fut secouée par un tremblement de terre en 1723 et que des bâtiments furent endommagés.
* Il semble que cet événement précipita la décision de 1725 d'attribution d'un fond de 12 000 livres pour la restauration de l'abbaye confiée à François Lévy architecte et à Charles Duchet maître d'œuvre.
* On commença donc, en 1725, par supprimer la grande cuisine et remodeler la façade du bâtiment des moines.
* Cette première tranche de travaux semble avoir été terminée en 1726. Il s'en suivit la démolition des bâtiments les plus délabrés.
* Les moines actèrent la fin des travaux le 7 novembre 1730. A cette occasion ils écrivirent : « le projet a été si heureusement exécuté que leur église, les bâtiments des lieux réguliers … ont été pour la plupart plutôt construits à neuf que réparés».
* Les moines firent installer pour leurs usages des chambres plus confortables dans ce qui était leur dortoir en 1740.
* Huit ans après, fut mis en travaux le réaménagement du bâtiment qui se situait entre  l'aile orientale de l'abbaye. Il en fut de même pour le bâtiment des moines et l'agrandissement du réfectoire. Cette même année l'église reçut ses boiseries.
* En 1751, les moines aménagèrent leur ancien dortoir en chambre d'hôte. Un escalier monumental fut alors construit pour y permettre l'accès.
* En 1790, l'église fut sécularisée.

L'Abbaye après la Révolution
* La Révolution allait couper l'élan de redressement de l'abbaye et en 1791, Déclarée Bien national, elle fut vendue à monsieur Aimable Jean Desjobert homme de loi, pour la somme de 15 000 livres.
* L'abbaye fut transformée en atelier de fabrication de porcelaine en 1822, par messieurs de Failly & hull. Pour ce faire, la hauteur de l'église fut coupée en deux parties par la construction d'un plancher. Les fours de cuisson de la porcelaine furent adossés au mur nord du collatéral. Deux grandes ouvertures sont percées dans la galerie sud du cloître et provoquèrent l'écroulement des voutes. Le cloître fut rehaussé pour y établir de grands greniers de séchage et de stockage des porcelaines. Cette fabrique fut rattachée à celles de Foëcy en 1854.
* Entre temps, en 1837, Monsieur Prosper Mérimée, Inspecteur Général des Monuments Historique visita l'abbaye. Il décida de la classer « Monument Historique » en 1860.
* A partir de cette époque, rien ne fut entrepris pour entretenir l'abbaye. Cette situation motiva la lettre en date du 29 juillet 1893, qu'écrivit Monsieur Darcy, au Ministère des Monuments Historiques pour l'alerter de l'état de désuétude générale de l'abbaye.
* Ce classement et cette alerte, sonnèrent le glas pour la fabrication de porcelaine qui s'y faisait. Elle prit fin définitivement en 1886.
* Ce fut alors que l'abbé Jules Pailler, curé de Saint Amand de Montrond entrepris des fouilles dans l'abbaye. Ces fouilles lui firent découvrir en 1893 la sépulture du premier abbé de l'abbaye Robert de Châtillon dans l'armarium (sorte de sacristie où sont rangés les objets et linges de culte, ainsi que les livres de liturgie). Il est vrai qu'en 1163, année de sa mort, la salle capitulaire où reposaient les autres abbés, n'était pas construite.
Le corps de Robert de Châtillon fut retrouvé vêtu d'une robe de bure marron et d'une étole violette et or qui entourait le cou. Il était coiffé d'un capuchon et il était chaussé de sandales. A ses côtés se trouvait une crosse de bois.
* L'abbaye fut vendue à l'abbé Jules Pailler, curé de Saint Amand de Montrond en 1894. Il y installa l'orphelinat agricole et industriel qu'il avait fondé.
* Le nouveau propriétaire de l'abbaye, fit connaître, aux autorités compétentes, son vœu de restauration de l'abbaye. Le Ministère des Monuments Historiques, en 1895, après un rapport de Paul Selmersheim[36], décida alors de s'associer aux travaux de restauration entrepris par l'abbé Jules Pailler.
* Le découragement gagnant, l'abbaye fut vendue de nouveau en 1896, à une communauté de Religieuses « Les Epouses du Sacré-Cœur de Jésus pénitent de Loigny en Eure et Loir.
Mais cette communauté de Religieuses, fondée par Mathilde Marchat[37], sous le nom de sœur Marie Geneviève, était dissidente et elle avait fait l'objet d'une interdiction par l'évêché de Chartes en 1888, et de Rome en 1889. Elle fut dissoute en 1901.
* En 1909 et 1910, les vieux murs de l'abbaye allaient résonner des chants des Petits Chanteurs à la Croix de Bois qui y séjourneront en vacances.

* Puis en 1909, l'abbaye eut la visite d'Etienne Dujardin-Beaumetz[38], sous secrétaire d'Etat aux Beaux Arts. Cet homme fut très affligé par le triste état général de l'abbaye et s'indigna du peu de cas qu'en faisait alors le Ministère des Monuments Historique.
* Le Conseil Général du Cher s'intéressa à l'abbaye et au patrimoine architectural départemental qu'elle représentait. Il décida de l'acheter en 1910, et de relancer le Ministère des Monuments Historiques. Des premiers travaux d'urgence, confiés à Monsieur Roy[39], puis à Monsieur Huignard, furent entrepris pour préserver les bâtiments existants et stopper la dégradation de ceux qui se ruinaient.
* La première guerre mondiale de 1914 – 1918, arrêta la restauration en cours de l'abbaye qui lui avait redonnée un aspect acceptable.
* En 1923, les travaux de restauration de l'abbaye reprirent. Ils furent confiés à Henri Huignard[40], architectes en chef des monuments historiques.
* Mais déjà les prémices de ce qui allait être la seconde guerre mondiale, occasionnèrent un nouvel arrêt des travaux de remise en état de l'abbaye qui va accueillir, de façon précaire, les 162 réfugies républicains espagnols (hommes, femmes et enfants)[41] après la guerre civile d'Espagne, et ça jusqu'en 1940.
* Durant la deuxième guerre mondiale, l'abbaye va servir d'hospice pour les vieillards de Saint Amand de Montrond. Cette occupation durera jusqu'en 1949.
*Les travaux de restauration de l'abbaye de Noirlac, menés par Michel Ranjard architecte des Monuments Historiques, puis par Monsieur Lebouteux, reprirent en 1950 et durèrent jusqu'en 1980.
* La touche finale se fera en 2001, lorsque les jardins firent l'objet d'une réfection sobre et intelligente notamment en créant l'escalier de pierre.

Aujourd'hui, l'abbaye de Noirlac a retrouvé  cette beauté simple et harmonieuse propre au bâti cistercien.
Il est de notre responsabilité de veiller sur elle, car c'est une vieille Dame chère à nos cœurs de berrichon.

 JR.

Notes de Références : 

[1] Voie Romaine Avaricum (Bourges) – Augustonemetum (Clermont Ferrand) : via ;  Levet, Bruère Allichamps, Saint Amand de Montrond Drevant, Ainay le Viel, La Perche, Igny, Urçay, Aumance, La Guerche, La Châtre, Reugny, Sauljat, Châteauvieux,  Montluçon, Neris les Bains, Montaigut en Combrailles, Saint Eloy, Menât, Saint Pardoux, Saint Hilaire la croix, Le Pont, Combronde, Davayat, Clermont.

[2] Clermont : aujourd'hui Clermont Ferrand

[3] La route N74 que nous connaissons aujourd'hui ne sera tracée et aménagée qu'entre 1765 et 1785. Quand à la D35, commencée en 1851, elle rejoindra la N74 qu'en 1881.

[4] Bruère fut fortifiée par les Romains. Ces premières fortifications furent rehaussées à l'époque où Ebe de Charenton autorisa la construction du château fort.

[5] La Tour : Ce fut sur ce lieu, sur la hauteur,  que s'éleva, sous le règne de Charles le Chauve, une tour de bois construite sur motte. Comme beaucoup de ces tours primitives en bois, celle de Bruère fut reconstruite un peu plus tard en pierre. Cette tour, qui gardait le passage de la rivière Cher, a protégé Bruère pendant plus de deux siècles.

[6] Aujourd'hui, le déboisement a repoussé d'environ cinq cents mètre cette lisière forestière.

[7] Eaux mortes : Il faut entendre là eau dormante ou à faible écoulement.

[8] Un acte daté de 1199, émanant de la Supérieure de l'abbaye de Buissière, constate le  décès d'Ebe de Charenton cinquième du nom en Terre Sainte. Ce fut sa sœur Mahaut, épouse de Renaud de Montfaucon qui hérita de la seigneurie de Charenton.

[9] TROTIGNON. (Olivier.). : « La mort du dernier Ebe de Charenton ». Edité du Blog Moyen-âge-Berry. Août 2010.

[10] RAYNAL. (Louis Hector Chaudrude.). : « Histoire du Berry depuis les temps les plus anciens jusqu'en 1789 ». Tome II. Edition Librairie de Vermeil. 1844. page 140.

[11] Cette maison religieuse est répertoriée dans l'ouvrage écrit, fin du livre VIII d'Orderic Vital qui s'intitule « Histoire Ecclésiastique »  qui fut écrit entre 1133 et 1135 et qui relatait des événements antérieurs de deux ou trois ans.

[12] A cette époque, beaucoup de maison religieuse parsemaient les itinéraires de pèlerinages afin d'apporter aide et assistance aux pèlerins. Très souvent elles étaient nommées « maison de Dieu ».

[13] Le père Léopold Januuschek, grand spécialiste de l'ordre des Cisterciens, écrit dans son livre Bibliographia Bernardina (Vienne, 1891), que l'abbaye de Maison-Dieu-sur-Cher fut établie du VI des calendes de novembre 1136, soit le 27 octobre.

[14] CHAZAUD. (A.M.). & FAZY. (Max.). : « Etude sur la chronologie des sires de Bourbon Xe et XIIIe siècles » Imprimerie des Progrès de l'Allier. 1935. 374 pages.

[15]Thaumas de La Thaumassière, Léon Paul Piolin, Raynal, Buhot de Kersers et d'autres.

[16] Grange dite de Noirlac décrite par Buhot de Kersers dans les Statistiques Monumentales du département du Cher.

[17] RAYNAL. (Louis Hector Chaudrude.). : « Histoire du Berry depuis les temps les plus anciens jusqu'en 1789 ». Tome II. Edition Librairie de Vermeil. 1844. page 139.

[18] PLAT. (Jean.). Notaire : « L'abbaye de Noirlac, près Saint-Amand (Cher): son histoire, son architecture. ». Imprimerie. A. Clerc, 1924. 68 pages.

[19] PLAT. (Jean.). Notaire : « L'abbaye de Noirlac, près Saint-Amand (Cher): son histoire, son architecture. ». Imprimerie. A. Clerc, 1924. 68 pages

[20] Robert Knolles : Certains chroniqueurs, surtout anglais, en font un grand soldat ! Moi j'en fais un soudard opportuniste qui ne croyait qu'en son enrichissement personnel sur le dos des populations de France. Ses comportements étaient ceux d'un brigand et d'un voleur sans foi ni loi. Quand il se trouva face à Bertrand du Guesclin, Olivier de Clisson et Jean de Vienne à la bataille de Pontvallain le 4 décembre 1370, on vit fondre, au soleil d'hiver, sa grande vaillance et son grand courage et tourner vivement les talons.

[21] Cercle généalogique du Haut-Berry : « Le Prince Noir en Berry » 1356. Page 46.

[22] Constance de Saluces (di Saluzzo) (1345 - morte entre 1417et 1421, fille de Thomas II de Saluces (1304-15/8/1357) et de Richarde Visconti (1310-1361).

[23] Guillaume d'Albret, seigneur d'Orval tué en 1429.

[24] Jean de Bourbon (1420 † 1496) : Il est le fils de Louis 1er de Bourbon-Vendôme et de l'Anglaise Sibylle Boston. Il fut  seigneur de Préaux, et Bâtard de Bourbon.

[25] Giraud de Goulard Bailli de Berry était seigneur de Chârost de par son alliance avec Huguette de Chârost fille de Marie de Chârost et de Jean Brachet seigneur de Montaigu, de Salagnac et de Rochefort.

[26] Le concordat de Bologne fut en réalité signé à Rome le 18 août 1516, lors du Ve concile du Latran.
Le concordat réglementa les rapports entre l'Église catholique romaine et le roi de France jusqu'en 1790.
Il donna au roi de France un pouvoir sur l'Église dans son royaume dont ne disposait aucun autre souverain catholique.

[27] Dans le régime de la commende, un abbé (ou un prieur) commendataire était un ecclésiastique, ou quelquefois un laïc, qui tenait une abbaye (ou un prieuré) in commendam, c'est-à-dire qui en percevait les revenus et qui, s'il s'agissait d'un ecclésiastique, pouvait aussi exercer une certaine juridiction sans toutefois exercer la moindre autorité sur la discipline intérieure des moines.

[28] Les revenus d'une l'abbaye sous le régime de la « commende » étaient divisés en trois lots,
L'abbé recevait à titre personnel au moins un tiers des revenus de l'abbaye.
La communauté religieuse (les moines) un autre tiers.
Enfin le troisième lot était dévolu au paiement des charges. (Impôts et redevances diverses versés au roi ou à l'Eglise).

[29] Wolfgang de Bavière, duc de Deux-Ponts, 26 septembre 1526 à Zweibrücken, mort le 11 juin 1569 à Nexon, fils de Louis II de Bavière (1502-1532) et Élisabeth de Hesse. Il fut duc palatin des Deux-Ponts de 1532 à 1569, comte palatin de Neubourg et de Sulzbach de 1559 à 1669.

[30] En droit féodal, un terrier est un registre où sont consignés l'étendue et les revenus des terres, les limites et les droits d'un ou de plusieurs fiefs appartenant à un seigneur.

[31] Louis II de Bourbon-Condé dit le Grand Condé : Il naquit à Paris le 8 septembre 1621. Il fut connu d'abord sous le titre de duc d'Enghien, Il porta les titres de prince de Condé, duc de Bourbon, duc d'Enghien, duc de Montmorency, duc de Châteauroux, duc de Bellegarde, duc de Fronsac, gouverneur du Berry, comte de Sancerre (1646-1686), comte de Charolais (à partir de 1684), pair de France, premier prince du sang. Général français pendant la guerre de Trente Ans, il fut l'un des meneurs de la Fronde des princes. Il meurt à Fontainebleau le 11 décembre 1686.

[32] Louis XIV

[33] Le château de Montrond, sur la commune de Saint-Amand-Montrond, a été construit au XIIIe siècle (première trace en 1225) par Renaud de Montfaucon. Il se situait au sommet du Mont Rond (d'où son nom), petite butte séparant le Cher et la Marmande, et au pied de laquelle se développa la ville de Saint-Amand sous Montrond

[34] MARTENE. (Edmond.). et DURAND. (Ursin.). : « Voyage littéraire de deux religieux bénédictin de la Congrégation de Saint Maur ». tome I, Edition Florentin Delaulne. 1717, page 38.

[35] Edmond Martène naquit le 22 décembre 1654, à Saint-Jean-de-Losne, près de Dijon, Il fut historien et liturgiste. En 1708 Martène et un autre bénédictin, Ursin Durand, furent envoyés pour explorer à fond les archives de France à la recherche de matériaux pour une édition révisée de la Gallia Christiana, que comptait réaliser le prieur de Sainte-Marthe. Il mourut le 20 juin 1739, à Saint-Germain-des-Prés, alors près de Paris.

[36] Selmersheim (Paul), inspecteur général des Monuments historiques, membre du Comité d'honneur de la S. F. A. à Paris.

[37] Mathilde Marchat (1830 – 1899). Elle fut excommuniée en 1894 et mourut en 1899.

[38] Etienne Dujardin-Beaumetz : Il fut Sous-secrétaire d'État aux Beaux-arts du 25 janvier 1905 au 14 janvier 1912 dans divers gouvernements (Gouvernement Maurice Rouvier...)

[39] Lucien Roy : Il nait à Nantes le 4 septembre 1850. Il s'installe à Paris en 1871 pour suivre les cours à l'École des Beaux-arts. Elève aux ateliers Bourgerel et Vaudremer, il est diplômé en 1886. Architecte diocésain en 1892, il passe le concours d'architecte en chef des Monuments historiques en 1893. Il est alors chargé des arrondissements d'Étampes et Corbeil, en 1901, de la Haute-Vienne et du Loiret en 1902, du Cher en 1912, du Loir-et-Cher et de Paris en 1915

[40] Henri Huignard : (1891-1950) dans sa biographie officielle fut élève de l'École des Arts Décoratifs et École des Beaux-arts. Il fut aussi l'élève de Génuys, Héraud et Pierre Paquet.
D'abord chargé du Midi (Ardèche, Alpes-du-Sud, Corse), puis du Cher, du Pas-de-Calais, de Soissons, de la Dordogne, du Lot, de la Manche et des Ardennes. En 1941 il est inspecteur général tout en gardant les édifices religieux de Reims.
Il restaure en particulier, Saint-Remi de Reims, l'abbaye de Noirlac, l'église d'Aubigny dans le Cher, l'hôtel des Échevins et l'hôtel Jacques-Cœur de Bourges où il travaille de 1927 à 1938. (Bibl. Mon. Hist. France, 1955, n° 4, p. 189.).

[41] Dès le début de la guerre civile, des réfugiés espagnols trouvent asile dans le Berry. En 1939, les troupes républicaines défaites et leurs familles fuient la répression franquiste, c'est la Retirada.ls franchissent la frontière par dizaines de milliers et sont pris en charge par les autorités françaises qui n'avaient jamais alors été confrontées à un tel afflux de réfugiés. Un mouvement de solidarité s'organise afin de leur venir en aide tandis que l'on ouvre dans l'urgence des centres d'hébergement, dont l'abbaye de Noirlac, dans le Cher.


Bibliographie

Sources écrites

* Archives communales de Saint-Amand-Montrond :
7M1.

* Archives départementales du Cher :
Documents répertoriés sous les références de 8H1à 8H100
Documents dans les séries : B, E, F G Q T

* Archives départementales de l'Indre (abrégé ci-après ADI) :
2B67, doc. 4 : Rapport des travaux à effectuer à Noirlac

 * Archives des Monuments Historiques :
3 dossiers 318 : Travaux, rapport et dossier photographique

 * Archives nationales:
E 853, E 918, E 1073

T 41
J 415 a : procuration de l'abbé de la Maison Dieu sur Cher pour les états généraux

 * Bibliothèque du Patrimoine :
PA OOO96746 81/18 83/1 (1909-1935), 83/2 (1941-1948), 83/3(1951-1952), 83/4 (1954-1955) : travaux sur l'abbaye

* Musée Saint-Vic :
Fonds J. Y. Hugoniot 198

* SRA Centre :
18-038-019 H : Dossier bibliographique
18-038-019 1986 : Rapport de sauvetage et autorisation de sondage
18-038-019 AH 2000 : RFS

 * CRMH :
18038-3 : Dossier de travaux. Projet de création d'un jardin

 Sources graphiques

* Archives départementales du Cher :
Section C dite de Noirlac, E dépôt 888 et 889 : plans cadastraux
B 4298 = E888 : 1812, Plans

* Bibliothèque du Patrimoine :
PA 00096746 : Plans

* Bibliothèque municipale de Bourges :
Catalogue des manuscrits, t. LVIII, n° 455 : relevé du tombeau d'Henry d'Avangour

* CRMH :
18038-3 : Plans et coupes 199

Sources Bibliographiques

AUBERT (M.), L'abbaye cistercienne de Noirlac, Congrès archéologique de France, Bourges, 1931, Paris, 1932.

AUBERT (M., avec la participation de la Marquise de Maillé), L'architecture cistercienne en France, 2 vol., Vanoest, Paris, 1947.

BARBE (H.), L'aménagement des étangs dépendants de Noirlac, XIIIe siècle-XVIIIe siècle, Cahiers d'archéologie et d'histoire du Berry, n° 101, 1990.

BESNARD (A.C.), Rapport d'étude anthropologique du squelette de l'abbaye de Noirlac, Conseil général du Cher, 1992.

BUHOT DE KERSERS (A.), Observation sur l'abbaye de Noirlac, Semaine religieuse du diocèse de Bourges, XIIIe vol., 1871.

BUHOT DE KERSERS (A.), Histoire statistique et monumentale du département du Cher, 6 vol., Res Universis, Paris, 1875-1895, rééd. 1991.

CHEVROT (J.F.), Observations archéologiques sur les premières constructions de l'abbaye de Noirlac, Actes du colloque l'ordre cistercien et le Berry, organisé par les archives départementales du Cher, 15-16 mai 1998, Cahiers d'archéologie et d'histoire du Berry, n° 136, 1998.

CROZET (R.), L'abbaye de Noirlac, synthèse de l'art cistercien en Berry, Tardy, Bourges, 1936.

DIMIER (A.) et PORCHER (J.), L'art cistercien en France, Zodiaque, La Pierre-qui-Vire, 1962.

DURAND-RUEL (D.) et MARTELAERE (E. de), Noirlac : abbaye cistercienne, vitraux de J.P. Raynaud, Ed. Modernes d'Art, Paris, 1977.

FAVIERE (J.), Noirlac, abbaye cistercienne, Desquand et Fils, Bourges, 1958.

GAUCHERY (R.), Les réfections du XVIIe au XVIIIe siècles à l'abbaye de Noirlac, Cahiers d'archéologie et d'histoire du Berry, n° 85, juin 1986.

GIRAULT (J.P.), Les armoiries des abbayes de Noirlac et de Selles : à propos d'un sceau inédit, Mélanges J.Y. Ribault, Cahiers d'archéologie et d'histoire du Berry, Hors série, novembre 1996.

GIRAULT (P.G.), Robert de Châtillon, saint Bernard et les débuts de Noirlac, Actes du colloque l'ordre cistercien et le Berry, organisé par les archives départementales du Cher, 15-16 mai 1998, Cahiers d'archéologie et d'histoire du Berry, n° 136, 1998.

HUGONIOT (J.Y.), L'abbaye de Noirlac et les bâtisseurs cisterciens, Actes du colloque international de glyptographie de Cambrai, 14-16 septembre 1984.

HUGONIOT (J.Y.), Noirlac abbaye cistercienne, Berry, n° 2, 1987.

. HUGONIOT (J.Y.), 100 ans de travaux à l'abbaye de Noirlac (1893-1994), Actes du congrès Anselme Dimier, abbaye de Noirlac, Pupillin, Arbois, 2000.

JANAUSCHEK (L.), Originum cisterciensium, Vienne, 1877, rééd. Bruxelle, 1997.

JULIARD (J.E.), L'approche mystique à la Maison-Dieu, 1987.

KINDER (T.), L'Europe cistercienne, Les formes de la nuit, 2e éd., Zodiaque, La Pierre-qui-Vire, 1999.

LEBOUTEUX (P.), La restauration de l'abbaye de Noirlac, Bulletin d'information du Cher, n° 124, nov. 1975.

MESLE (E.) et JENN (J.M.), L'abbaye de Noirlac, Paris, Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites, Paris, 1980.

PAILLER (J.), Restauration et conservation de l'abbaye de Noirlac près Saint-Amand…, Imp. Saint-Joseph, Saint-Amand-Montrond, 1893.

PIOLIN (dom), Gallia Christiana, t. II, Provincia Bituricensis, 1720, rééd. 1873.

PLAT (J.), L'abbaye de Noirlac, son histoire, son architecture, d'après des documents inédits, Imp. A Clerc, Saint Amand, 1924.

PLAT (J.) et AUBERT (M.), Découvertes des traces des anciens cloîtres de l'abbaye de Noirlac, Cahiers d'archéologie et d'histoire du Berry, n° 85, juin 1986.

RANJARD (M.), L'abbaye de Noirlac, Les Monuments historiques de France, n° 2, 1957.

RIBAULT (J.Y.) et SCHIPHORST (B.T.), Abbaye de Noirlac, Saint-Amand-Montrond, 1986.

RIBAULT (J.Y.), L'abbaye de Noirlac, Conseil Général, Bourges, 1986. 205

RIBAULT (J.Y.), L'abbaye de Noirlac, Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites, Paris, 1989.

RIBAULT (J.Y.), Noirlac et les mines de fer de Nozières au XIIIe siècle, Cahiers d'archéologie et d'histoire du Berry, n° 104, 1990.

RIBAULT (J.Y.), L'abbaye cistercienne de Noirlac et la métallurgie du fer au XIIIe siècle, La lettre de Noirlac, n° 16, 1991.

RIBAULT (J.Y.), Les jardins de l'abbaye de Noirlac, Jardin du Moyen Age, Centre de l'enluminure et de l'image médiévale de l'abbaye de Noirlac, le léopard d'or, Paris, 1995.

THAUMASSIERE (G.T. de la), Histoire du Berry, 5 vol., Bourges, 1689, rééd. 1865.

THOMAS (P.), L'abbaye cistercienne de Noirlac, diplôme d'études supérieures d'histoire, 1949.

VILLEPELET (J.) et RAFFINAT (H.), Une visite de l'abbaye de Noirlac, 1962. 206

 

 

 

 



Derniers commentaires   

Posté le 2017-07-28 21:40:33 par jmaudirac
Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, fondés en 1907 pour promouvoir le renouveau du chant liturgique, sont venus en effet à Noirlac en "colonie de vacances", en 1909/1910, avant de faire de même à Solesmes (alors fermée aux moines, 1905 et même avant obligent...). Une quinzaine de cartes postales en font foi, où les PCCB en aube (nouveauté à l' époque!) posent dans le cloître et autres lieux, présentant très clairement un "certain" état d' abandon manifeste... les PCCB feront à Solesmes de semblables cartes postales, dont les plaques de verres existent encore, depuis 1911 au musée de l' éditeur-photographe (ou l' inverse!). Cela leur assuraient quelques subsides, les disques ou cd n' étant pas encore connus...

Posté le 2015-04-11 17:40:36 par fredisland.net
Merci INFINIMENT pour ce magnifique voyage synthétique depuis les fondations de Noirlac jusqu'à ce jour ....