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De la Révolution de 1789 à la deuxième République

 
DE LA REVOLUTION DE 1789 
A LA 
DEUXIEME REPUBLIQUE

La Révolution tranquille du peuple des campagnes du Berry
 

En Berry, la joie populaire révolutionnaire ne se traduit par aucun acte de pillage et de mise à sac de château ou de biens seigneuriaux.
Les paysans du Berry
s'armèrent lorsqu'une rumeur - qui se propagea dans toute la France entre le 20 juin et le 1er août - vint leur dire que des brigands étaient envoyés pour affamer le peuple et lui retirer l'espoir de liberté.
Lorsqu'on sut que rien de cela n'était vrai, le peuple, qui pour se défendre s'était armé et organisé en Comité de défense, refusa de rendre les armes.
Certains, échauffés par l'importance que leur donne le port des armes allèrent chercher des noises à certains nobliaux qui dans le passé les avaient fortement déconsidérés et humiliés.
Après cette grosse frayeur, la joie revint en Berry lorsque fut connue « l'abolition des privilèges féodaux » du 4 août et la proclamation des droits de l'homme et du citoyen du 26 de ce même mois.
Le 2 novembre 1789 les biens de l'église furent confisqués et déclarés  biens nationaux.
Le 22 décembre 1789, l'Assemblée Nationale Constituante  décréta l'effacement des baillages, des sièges particuliers, des généralités et de leurs élections.
Elle les remplaça par les départements et les communes.
La France fut ainsi divisée en 83 départements qui chacun se divisa en districts eux mêmes divisés en cantons rassemblant plusieurs communes.
Le Berry 
fut alors divisé en deux départements, le Cher à l'Est et l'Indre à l'Ouest.

En cette période qui voyait naître un nouveau système de gouvernance, le marquisat de Castelnau des terres de Plou était géré en toute propriété par l'héritière du marquis Charles Joseph de Bussy, sa nièce Charlotte Catherine Sophie de Bussy Folleville.

 

 *****

* La lignée des
« Patissier de Bussy – Folleville » marquis de Castelnau de 1742 à 1827
 
*

* « Charlotte Catherine Sophie de Bussy de Folleville » marquise de Castelnau des terres de Plou 

Charlotte Catherine Sophie de Bussy de Folleville hérite de tous les biens de son oncle précité en 1785.
Elle est la fille de « Bouchard de Bussy », frère de Charles Joseph de Bussy » et de « Agnès Lecomte ».
Elle épousa le 15 novembre 1742 « Antoine Charles Gabriel marquis de Folleville » né en 1749. Cet homme est Chevalier de saint Louis et colonel d'infanterie dans les armées du roi (Louis XV puis Louis XVI).
De cette union naissent plusieurs enfants que nous n'avons pas tous identifiés, il y a :

      - « Charlotte Sophie », née en 1771, et qui meurt 5 ans plus tard, le 4octobre 1776.

      - Un garçon dont on ne connaît pas le nom, qui semble être l'aîné des garçons, et qui est né le

        15 décembre 1778.

      - Un autre garçon dont on ne connaît pas ni le nom, ni la date de naissance.

      - « Adèle Clémentine » née vers le 8 novembre 1780 qui meurt 4 jours plus tard, soit le 11 novembre 1780.

      - « Adélaïde Françoise Gabrielle » née le 27 juin 1782 et qui sera plus tard, l'épouse de François Félix de Musnier de la Converserie, général d'empire, Chevalier de saint Louis et de la couronne de fer et mère de Amélie Charlotte Julie Musnier de Folleville qui héritera  de sa grand-mère du marquisat de Castelnau.


Charlotte Catherine Sophie de Bussy  de Folleville fut une maîtresse femme qui ne laissa à personne, pas même son mari, le soin de s'occuper de la gestion des biens que lui avait laissé son oncle.
Ce fut ainsi, que dès 1784, au regard de ses forêts qui produisaient déjà du charbon de bois et des nombreuses extractions de minerais de fer sur ses terres, elle eut le projet d'établir en son moulin de Rosières en bordure du Cher, un haut fourneau afin d'y produire de la fonte.
Ce projet souleva bon nombre de contestations fondées et non fondées. Les plus virulentes vinrent des nobles des alentours qui, jusqu'à lors seuls donneurs d'ouvrage, imposaient le prix de la main d'œuvre. Un tel projet remettaient entre autre, en cause leur monopole d'employabilité puisqu'il permettrait à un journalier d'abandonner le travail de la terre pour celui de la fonderie et ainsi ne plus être subordonné à leur autorité seigneuriale. En plus, l'éventuel attrait que pourrait exercer cette fonderie sur la main d'œuvre locale, rendrait, par raréfaction, plus difficile le recrutement des journaliers pour les travaux des champs.
Elle dut donc renoncer à ce projet qui verra le jour 70 ans plus tard sur l'initiative du mari de sa petite fille Monsieur de Boissy. (1)
Le mari de Charlotte Catherine Sophie de Bussy, le marquis de Folleville, sera député de la noblesse aux Etats Généraux. Royaliste forcené, il n'acceptera pas de voir le peuple prendre le pouvoir lors de la révolution de 1789. Activement rechercher par les soldats de la République pour subversion, risquant sa tête, il devra s'expatrier en Espagne.
Charlotte Catherine Sophie de Bussy demanda alors le divorce et elle l'obtient.
En faisant cela, le gouvernement de la République lui restitua son droit de propriété sur le marquisat de Castelnau qui avait fait l'objet d'une confiscation et qui était devenue Bien National.
En 1827 elle cédera le marquisat de Castelnau à sa petite fille « Amélie Musnier de Folleville ».

 

Charlotte Catherine Sophie de Bussy fut donc Dame de Breuilhamenon et marquise de Castelnau de 1785 à 1827.

C
ette femme aura traversé l'époque mouvementée de la Révolution de 1789, puis elle aura vécu la naissance de la République qui, il faut bien l'avouer, ne perturba pas gravement le déroulement de la vie paysanne qui régnait sur les terres de Plou.
Les récits des événements parisiens mettaient un temps fou à arriver en Champagne berrichonne et quand ils y arrivaient, ils avaient souvent pris la forme de rumeurs.
Ce fut le cas de celle qui raconta que les aristocrates avaient soldé et envoyé des brigands pour affamer le peuple et qui se répandit fin juillet 1789.
Cela déclencha des échauffourées à Issoudun (2) 
et à Bourges (3).
Les paysans qui s'étaient alors armés, firent flotter un souffle de liberté dans les esprits, que les contraintes des réalités quotidiennes se chargèrent d'apaiser assez rapidement
(4).

Evénements de cette époque sur les terres de Plou 

Les faits les plus marquants pour les habitants de la paroisse de Plou et du marquisat de Castelnau à cette époque, furent les créations des communes et des départements.
Le découpage de la France en départements fut effectif pour le Berry, le 2 février 1790.
Il situa la commune de Plou dans le département du Cher, alors qu'elle avait toujours dépendu du bailliage d'Issoudun qui lui, était majoritairement situé dans le département de l'Indre.
Cet événement coupa la population de Plou de ses racines historiques et mis en œuvre le début d'un processus d'oubli de la mémoire collective des terres de Plou
(5).[]
Le 21 septembre 1792, l'abolition de la royauté fut proclamée. La Première République permit la création de la Commune de Plou qui devint une réalité administrative en 1793. Son étendue territoriale correspond, en grande majorité, à celle de la paroisse.

Le premier Maire de Plou "Monsieur Sébastien Pinoteau" eut bien du mal à imposer son autorité républicaine face à celle de l'ex marquise devenue la citoyenne Charlotte Catherine Sophie de Bussy qui possédait foncièrement presque l'ensemble des terres de la commune et de celles des alentours.
D'ailleurs, bon nombre de documents attestent qu'aucune décision municipale n'était prise sans l'assentiment du Château.
Les premiers magistrats municipaux républicains de Plou, appelés « Agent Municipal » furent élus en Thermidor de l'An II de la République (Juillet 1784) pour un mandat de 2 ans avec la possibilité de rééligibilité par les citoyens actifs de Plou qui payaient l'impôt égal ou supérieur à 3 journées de travail.
Pour être candidat à ces premières élections municipales, il fallait payer un impôt au moins égal à 10 journées de travail.
Le 5 fructidor de l'An III de la République, furent instituées les Municipalités Cantonales.
Plou dut alors élire un Agent municipale qui siégera à la municipalité cantonale comme représentant de sa commune. Il sera sous la seule autorité du Président de la Municipalité Cantonale. Cette Municipalité Cantonale désignera pour la commune de Plou un Officier Municipal garant de l'application des dispositions de la Constitution.

Ainsi :  

En juillet 1784 (Thermidor de l'An II) Monsieur « Sébastien Pinoteau » fut élu premier Agent Municipale de la commune de Plou.

En août 1785 (fructidor de l'An III), Monsieur « Etienne Blin » fut élu Agent Municipal et Agent à la Municipalité cantonale.

En l'An IV (1796) l'appellation d'Agent Municipal fut remplacée par celle de Maire.

Ainsi :

De 1796 à 1799, Monsieur « Charles Valle », régisseur du château de Castelnau fut élu Maire de Plou.

 

*****

 Le Premier Empire

 

***

Contexte socio-politique et économique de cette époque de 1797 à 1870
 
Après le « tout interdit » de la Terreur menée par Robespierre, la politique économique du Directoire  basée sur le libéralisme des marchés, fut un cinglant échec.
Ce fiasco engendra trois coups d'état :

Le premier le 4 septembre 1797 mené par les Jacobins.

Le second le 11 mai 1798 à l'initiative des Modérés.

Enfin le troisième le 9 septembre 1799 conduit par le général Napoléon Bonaparte qui prendra le pouvoir et s'imposera comme le maître du pays en devenant premier Consul.

Tous en ce pays étaient fatigués d'un gouvernement qui attachait plus d'importance à l'influence des courants politiques qu'au bien être du peuple.
Car malgré le progrès des libertés collectives et individuelles qui nourrissaient les esprits, les « ventres berrichons » étaient plus souvent vides que pleins, et la misère était grande chez les petites gens.
Aussi lorsque Bonaparte se mit au travail et organisa l'administration, les finances, le judiciaire et l'universitaire, bon nombre des gens, qui aspiraient à l'ordre et à la stabilité, furent satisfaits.
Et quand  le Concordat, en 1801, jeta les bases de la paix religieuse, tous applaudirent.

Bonaparte,
qui venait de se faire nommé Consul à vie, remania le découpage de la nation en départements qui avaient été créés par l'Assemblée Constituante, en 1789.
Il nomma des « préfets » et « sous-préfets » dans chaque département.

Ainsi le département du Cher n'eut plus que 3 districts, « Bourges », Sancerre », et « Saint Amand » et 29 cantons.
Le département de L'Indre »
eut lui, 4 districts, « Châteauroux », « Issoudun », « Le Blanc » et « La Châtre » et 23 cantons.
 
Evénements de cette époque sur les terres de Plou
 

A partir du 13 décembre 1799, Les Maires des communes ne furent plus élus. Ils furent choisis par l'Autorité Centrale.
Ainsi :

- Le premier Maire choisi de Plou fut « François Delevaique », il assumera, sous le Directoire et le premier Empire, 4 mandats de 6 ans, de fin 1823 à 1847 (6).

Il était aussi régisseur du marquisat de Castelnau.
A partir de janvier 1801, Il administra seul la commune, les conseillers étaient consultés que lorsque le Maire le jugeait utile.
A partir de 1800, la commune de Plou et le marquisat de Castelnau de la citoyenne de Bussy, retrouvaient peu à peu leur naturel paisible où se succédaient semailles, fauchaisons, fenaisons, moissons, battages aux fléaux, et vendanges. On entendait de nouveau les chants de femmes et des hommes qui accompagnent tous ces travaux campagnards. (7)
Des charretées de grains cheminaient de nouveau sur ses chemins vers les moulins sur la rivière Cher, « Moulin neuf » et « Moulin de la Madeleine » ou vers ceux sur la rivière Arnon de Migny et de Saint Georges.
Les bêtes pâturaient paisiblement « l'pelliau » (herbage) d'entre les « bouch'tures » (haies) qui, de-ci de-là, suivent « les traques » (sentiers).

Des convois transportaient le minerai de fer extrait des bois de Font Moreau vers le haut fourneau de Mareuil sur Arnon suivant un chemin ombragé par les noyers qui le bordaient.

Quand les terres de Plou 
hivernaient, son activité rurale se transportait dans les bois des trois usages de Breuilhamenon, du Souchet et du Grosbois.
On y coupait les baliveaux nécessaires à la cheminée, qui fumait, l'été pour chauffer la marmite, et l'hiver pour chauffer son monde.

Les charbonnières accueillaient les meules de charbonnettes savamment érigées et qui allaient fumer jusqu'au début du printemps. Autour d'elles étaient disposées les « loges » (cabanes demi enterrées) au toit de « fenette » (herbe sèche) qui abritent les « charbonneux » (charbonniers).

Mis à part un tremblement de terre qui eut lieu en 1803 (8), les six années qui suivirent jusqu'en 1810, furent bonnes. Les récoltes de céréales et les vendanges furent abondantes et de qualité.
Malheureusement ces années de cocagne furent suivies de trois ans de misère où tout vient à manquer, 1811 – 1812 - 1813
Il faut ajouter à ce malheur naturel, celui qui découlait directement de l'ambition démesurée de l'empereur  Napoléon premier.
Cette ambition dévora peu à peu la considération qu'il avait pu avoir pour le peuple. Il ne voyait en lui rien d'autre que le renouvellement des moyens humains et financiers nécessaires à ses rêves de conquêtes.
Ainsi la Champagne du bas Berry vit passer périodiquement de 1808 à 1813 les troupes de l'Empereur qui se dirigeaient vers l'Espagne. Les réquisitions des denrées alimentaires et autres qui furent alors opérées par cette armée sur ce territoire, relevèrent plus du pillage que de la contribution.
Et là encore, le peuple de cette partie du Berry paya le prix fort.
Les conquêtes napoléoniennes pesaient sur l'économie du Berry. Les impôts étaient lourds et ceux qui ne pouvaient pas payer, se voyaient mis, dans leur foyer, en pension gratuite des soldats ou des fonctionnaires jusqu'à ce que le fisc ait estimé que l'impôt dû était ainsi honoré. Ces pensionnaires obligatoires sont appelés « les Garnisaires ». Les morts furent en si grand nombre sur les champs de bataille de l'Empereur, que le renouvellement des troupes nécessitait que tous les jeunes gens - à partir de 18 ans - soient appelés aux armées.
En Berry et ailleurs bon nombre d'entre eux se cachèrent dans les campagnes et les forêts pour ne pas servir de chair à canon.
En 1814, l'exaspération populaire est telle, que lorsque l'Empereur, le 6 avril à  Fontainebleau renonce définitivement au pouvoir, tout le monde semble soulagé.

 

 *****

Les Deux Restaurations
 

 ***

Le second Maire de Plou nommé, fut « Victor Pinoteau ». Il assumera un peu plus de 4 mandats de 6 ans de 1823 à 1855. Comme son prédécesseur, il administra seul la commune.

Le troisième Maire de Plou nommé, fut « Jean Gasta ». Il assumera un mandat de 6 ans de 1855 à 1870, avec les mêmes prérogatives que son prédécesseur.

 

*****

* La lignée des « Patissier de Bussy – Folleville - Musnier » marquis de Castelnau de 1827 à 1836
 
***

* « Amélie Charlotte Julie Musnier de Folleville » marquise de Castelnau des terres de Plou
Amélie Charlotte Julie Musnier de Folleville  succède donc par héritage, en 1827, à sa grand-mère Charlotte Catherine Sophie de Bussy – Folleville précitée, à la tête du maquisat de Castelnau..
Elle naquit le 16 septembre 1803  (9)

Elle est la fille de Adélaïde Françoise Gabrielle de Folleville elle même fille de Charlotte Catherine Sophie de Bussy épouse Folleville et de François Félix de Musnier comte de la Converserie précités.

Elle épousa le 8 février 1823 « Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy » né le 5 mai 1765, décédé le 26 septembre 1866.

De cette union naissent deux enfants :

                        - « Julie de Folleville »

- « Octavie Etiennette Catherine Adèle Rouillé de    Boissy » qui naquit le 22 mars1824.

En cette époque, Amélie Musnier de Folleville venait avec ses enfants chaque printemps au château de Castelnau.
Dès que l'été arrivait son mari le marquis de Boissy, venait la rejoindre ainsi que des invités coutumiers comme  le baron et baronne de Lagny  et leurs enfants ; le général vicomte  Paultre de Lamotte qui avait eu le marquis de Boissy sous ses ordres lorsqu'il commandait à la formation de la maison du roi (Louis XVIII) ; Monsieur et Madame Brouglou amis des maîtres de maison.
Alors, le château vivait au rythme des visiteurs comme le  marquis d'Enjorrand ; le comte de Lapparint, préfet du Cher, fils de Monsieur Cauchon ministre de la police sous le directoire ; Monseigneur Guillaume Aubin de Villéle archevêque de Bourges presque toujours accompagné de l'abbé Morgen chanoine de sa cathédrale.
A ces visites il faut y ajouter celles des voisins des alentours du marquisat de Castelnau (ils pouvaient d'une distance de 20 à 35 Km, comme Monsieur de Troned ; la duchesse de Rivière avec sa fille Adrienne et ses deux fils ; Le comte de Montbrun receveur général de Bourges.
Chaque dimanche après l'office, la table du château accueillait le curé de Plou l'abbé Blaudeau et son aide l'abbé Debal (10).
Pour que le lecteur ait une petite idée de ce qu'était à cette époque le château de Castelnau des terres de Plou, il nous semble indispensable de retranscrire ici le témoignage d'un jeune homme de 19 ans qui fut l'instituteur ou le précepteur des enfants du couple de Folleville-de Boissy. Il s'appelait Henri Prat, et nous sommes dans les années 1830.

 

« Je partis le 31 Mai 1833, dans un coupé des messageries Laffite Caillard; et je mis une nuit et un jour à faire le trajet de Paris à Bourges. Et après quelques heures de repos et de sommeil, une voiture particulière me fit franchir les six lieux qui me séparaient encore de Castelnau.

Je verrai, tant que j'aurai la possession de ma pensée, ce vieux manoir carré, avec ces quatre grosses tours, ces fossés, ces deux ponts, sa cour intérieure, sa vaste esplanade, sa longue grille, ses larges avenues plantées d'ormes et son grand parc, dessiné à la française au milieu de bois druidiques. Castelnau venait d'un arrière grand oncle de Madame de Boissy qui avait joué un rôle considérable aux Indes au temps de Monsieur Duplex et dont le nom (Marquis de Bussy) a une véritable importance historique.

 Les grands appartements du Château conservaient le caractère de son époque et contenaient des restes de sa magnificence. Un portrait du Marquis en habit de cour, avec un fond d'une splendide architecture, les portraits de deux de ses frères, tués l'un à Rancour, l'autre à (Lacofitte) (11), une belle copie de la Lida de Titien et de très précieuses porcelaines de () et de vieux Sèvres, décoraient la grande galerie qui servait de salon.

La salle à manger avait été jadis une chambre de parade où subsistait encore le dais en vieille tapisserie. Deux bibliothèques étaient à gauche de la galerie mais il fallait monter quelques marches pour y arriver. L'une de ces pièces servaient de salles d'étude à mon élève; la seconde était aussi élégamment meublée qu'un salon de grand style et donnait, par l'une de ses portes, sur un corridor qui menait à des appartements d'amis.

L'installation particulière de Monsieur, de Madame et de Mademoiselle de Boissy, située au rez de chaussé, y communiquait par un escalier de pierre, étroit mais curieux. J'étais logé du côté du parc et à côté de la chapelle, dans une excellente chambre avec un beau cabinet de toilette; et le vieux Charles qui me servait, exécutait de fort bon cœur la consigne de ne me laisser manquer de rien. Je toussai beaucoup dans les derniers mois de ma saison active et l'on avait fait venir de je ne sais où, une ânesse dont je pris le lait quelques semaines sans effet bien marqué ».

 

Amélie Musnier de Folleville décédera le 17 juillet 1836 (12) laissant le marquisat de Castelnau à son époux Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy.

 

Amélie Musnier de Folleville de Boissy  aura été marquise de Castelnau de 1827 à 1836.

 

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La Monarchie de Juillet
 
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Evénements de cette époque sur les terres de Plou
 

Durant la présence d'Amélie Musnier de Folleville de Boissy à la gouvernance du marquisat de Castelnau, se fut Monsieur François Delevaique qui, comme nous l'avons vu, fut nommé Maire par le préfet du Cher, et qui administra la commune de Plou.
Ce Monsieur était aussi le régisseur du château et du marquisat de Castelnau.
Il avait épousé une demoiselle « Françoise Rosalie Laval » fille de Marie Catherine Polcoete l'ancienne femme de chambre de la marquise Charlotte Catherine Sophie de Bussy et de Jean Laval dit « Saint Jean » garde général du marquisat du temps du marquis Charles Joseph de Bussy.

En 1828, la forêt attribuée en propriété aux sections de Breuilhamenon ; du Bouchet – Grosbois et du Souchet, faute de justificatifs de propriété, sont soumis au Régime Forestier et deviennent propriété de la commune.

 

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La Deuxième République
 
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* La lignée des « Patissier de Bussy – Folleville – Musnier - Boissy » marquis de Castelnau de 1836 à 1857
 
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« Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy » marquis de Castelnau des terres de Plou 

Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy (13) naquit le 5 mai 1798.
Il fut le mari d'Amélie Musnier de Folleville précitée, dont il hérite le marquisat de Castelnau.
Il est le fils de « Hilaire Rouille du Coudray, marquis de Boissy » et de « Catherine d'Aligre ».
Il se maria le 8 février 1823 avec Amélie Musnier de Folleville précitée.
De cette union naîtra deux filles :

Julie de Folleville

Octavie Etiennette Catherine Adèle Rouillé de Boissy qui naquit le 22 mars 1824.


Veuf le 17 juillet 1836, il se remarie le 15 décembre 1847 avec « Thérèse Françoise Olympe Caspera-Gamba » très connue pour sa liaison tumultueuse et tapageuse avec Lord Byron.
Le marquisat de Castelnau permet à cet homme de justifier d'une résidence afin de devenir Conseiller général du Cher.
Il fut nommé paire de France le 7 novembre 1839 par le roi Louis Philippe.
Ce l'Empereur Napoléon III, qui le fait Sénateur le 4 mars 1853.
Il construisit et exploita, sur les bords du Cher, la première forge qui fut à l'origine des fonderies de Rosières.
Cet homme avait une personnalité ambiguë. C'était incontestablement un brillant orateur, qui prenait sans cesse à contre pied les débats parlementaires quelque en fussent les origines.
Sa notoriété venant de la fortune familiale qu'il avait héritée et ne dépendant de personne, il ne défendait que ses idées personnelles. Il n'eut pas d'idéal politique, et n'appartint à aucun parti.
Indépendant politiquement, et presque toujours incontrôlable, il était fortement apostrophé et contesté par ses collègues paires de France.
Chaque fois qu'il prenait la parole dans de grandes envolées lyriques, il irritait l'assistance et ravisait la presse toujours à l'affût de ses boutades malicieuses. (14)
Il décédera le 26 septembre 1866, laissant le marquisat de Castelnau à sa fille Octavie Etiennette Catherine Adèle Rouillé de Boissy.

 

Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy  aura été marquis de Castelnau de 1836 à 1848.

 

Evénements de cette époque sur les terres de Plou 

 

Durant la présence d'Hilaire Etienne Octave Rouillé de Boissy à la gouvernance du marquisat de Castelnau, se fut toujours Victor Pinoteau qui fut nommé Maire par le préfet du Cher, qui administra la commune de Plou.

 

A Suivre : « Deuxième Empire et Troisième République »

 

 

Notes de Références 

(1)

www.Gene-Champagne-berrichonne.com/dossiers/dossiers.php?val=45_les+usines+rosieres+lunery+1)

(2) GUIGNARD. (Romain.). : « Issoudun des origines à 1895 », éditions Arts 1995, Issoudun, 172 pages.

(3) JONLEUX. (Henri.). : « Bourges et la Révolution française », 1895, Bourges.

(4) BRUNEAU. (M.). : « Les Débuts de la Révolution dans les départements du Cher et de l'Indre », 1902, Paris.

(5) DEVAILLY. (Guy.). : « Histoire du Berry », édition Privat, 1980, Toulouse, 335 pages.

(6) ARCHIVES DEPARTEMENTALES DE BOURGES – MAIRIE DE PLOU. : « Liste des Maires de Plou de la Révolution de 1789 à aujourd'hui ».

(7) ARCHIVES DEPARTEMENTALES DE BOURGES – FONDS DE CASTELNAU – 34 F 12 (1).

(8) JOULIN. (Edouard.). REDON. (André.). TORTRAT. (Abel.). : « LE BERRY ». Edition du Bastion, 1913 – 1999.

(9)<!--[endif]--> MERLIN. (Philippe Antoine.). : « Répertoire universel et raisonné de jurisprudence » Edition: 5. Publié par Garnery, 1828

(10) PRAT. (Henri.). 1er cahier de 1814 à 1869, consultable sur :
http://www.philippemorize.com/frontoffice/index.asp?id=737

(11) Henri Prat se trompe-t-il peut être lorsqu'il attribue deux frères à Charles Joseph de Bussy. En réalité, Il eut trois frères le premier fut Joseph Clément Marie qui fut tué à Rancour, le second fut François qui ne vécu que 10 jours. Le Troisième fut Bouchard qui fut le père de Charlotte Catherine de Bussy qui hérita de Castelnau des  terres de Plou  et qui fut tué à la bataille de Hastembect en juillet 1757 à l'âge de 32 ans.

(12) PILLET. (Antoine.). FAUCHILLE. (Paul.). : « Revue générale de droit international public: droit des gens-histoire diplomatique-droit pénal-droit fiscal-droit administratif » Publié par A. Pedone., 1917

(13) ROUILLE de BOISSY (Hilaire Etienne Octave.). : « Mémoires du marquis de Boissy, 1798-1866 » Publié par E. Dentu, 1870

(14) HOEFER. (Jean Chrétien Ferdinand.). DIDOT (Firmin.). : « Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours: avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter » Publié par Firmin Didot frères, fils et cie, 1855


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