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Le Grand Siècle

 

LE GRAND SIÈCLE

   La lignée des

« Castelnau-Bochetel »

seigneurs de Breuilhamenon de 1585 à 1647

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* « Jacques I de Castelnau-Bochetel » seigneur de Breuilhamenon de 1585 à 1647

vie privée et personnelle

Jacques I de Castelnau Bochetel, naquit en 1580.
-Il était le fils de Michel de Castelnau-Mauvissière et de Marie Bochetel précités.
- Il avait hérité de son grand père maternel Jacques de Bochetel, de la seigneurie de Breuilhamenon (1) sous la condition de joindre le nom de « Bochetel » à celui de Castelnau.
- Il épousa en 1610 « Charlotte Rouxel de Médavy », et de cette union naissent six enfants:

            - « Henri » né en 1610 qui deviendra baron de Joinville, tué d'un coup de canon, en 1627 au siège de La Rochelle.

            - « François » qui deviendra baron de la Mauvissière, tué en duel à Paris.

            - « Jacques » né en 1620, qui héritera de la seigneurie de Breuilhamenon.

            - « Marie » née en 1622, morte en 1688, qui épousera en première noce « Pierre de Bussières » baron de Comborn, marquis de Chambaret, puis en seconde noce le « Chevalier Philibert de Turin ».

            - « Anne » qui fut abaisse en « l'abbaye de Gomer Fontaine ».

            - « N » morte fille. (2)

En 1585, Jacques I de Castelnau Bochetel se voit léguer par son grand père maternel, Jacques Bochetel, les seigneuries de Breuilhamenon et de Poisieux.
 En 1612 puis en 1620, les terres de Champeau de la paroisse de Plou appartiennent à ce seigneur.

Carrières administrative et diplomatique

Jacques I de Castelnau Bochetel sera Gentilhomme de la chambre du roi, ainsi que capitaine d'une compagnie de chevaux légers.
En 1620 il se verra attribuer par le roi une pension de 4 000 livres.
A la demande du procureur « Jouesme » d'Issoudun, ce fut Jacques I de Castelnau Bochetel qui arma le bataillon formé pour la protection de la reine « Marie de Médicis » lors de sa visite à Issoudun le 17 juin 1622. (3) (4)

Apports de ce seigneur aux terres de Plou

Lui aussi sera attentif au sort des paysans des terres de Plou.
Homme instruit, il fut un fervent partisan des préconisations agricoles que décrivait « Olivier de Serres » (5) dans son ouvrage titré « Théâtre d'Agriculture et Ménage des Champs » qui fut publié pour la première fois en 1610. Il recommandait notamment l'alternance des cultures. Cette pratique d'alternance pouvait permettre, si non d'abandonner la jachère, au moins la limiter pour en récupérer de la surface cultivable supplémentaire sans procéder au défrichage irraisonné.
Mais la tradition paysanne berrichonne était si forte, que malgré des essais, ce seigneur ne put changer durablement les pratiques ancestrales des cultivateurs de sa seigneurie.

Jacques I de Castelnau Bochetel, baron de Joinville et seigneur de Breuilhamenon mourut en 1647, et il fut enterré à Bourges.
Il aura donc été seigneur de Breuilhamenon de 1585 à 1647.

Evénements de cette époque

Après les guerres de religions, le Berry fut agité par une succession d'événements historiques qui divisèrent le peuple berrichon en deux camps.
Ce fut le cas d'abord, en 1589, au temps de la Sainte Ligue où d'un côté il y avait les « Royaux » fidèles au roi, et de l'autre côté se trouvaient les « Ligueurs » opposés au roi car le trouvant trop tolérant avec les Protestants.
Bourges était du parti de la Ligue contre celui du roi, avec à sa tête, « Claude de La Châtre ».
Issoudun était Royaliste contre la Ligue, avec à sa tête « Antoine de la grange Sieur d'Arquien » nommé par le roi gouverneur général du Berry.
Toute la partie de la Champagne berrichonne qui se situe entre Bourges et Issoudun va être ravagée par les raids des troupes de Claude de La Châtre.
Pendant 19 jours, la petite ville de Chârost fut pillé et ses habitants livrés aux exactions des ligueurs qui avaient comme commandant un certain « Capitaine Prosper ».
Malgré la proximité des lieux, le château de la seigneurie de Breuilhamenon des terres de Plou ne fut pas inquiété par les Ligueurs. Il faut dire que Jacques I de Castelnau, qui était du parti du roi, était aussi capitaine d'une brigade de chevaux légers et que se frotter à ce seigneur qui était bien armé, aurait eu pour Prosper et ses Ligueurs un prix fort à payer.
Une période de calme va s'installer en Berry, mais les Berrichons souffrirent toujours non plus des pillages de la soldatesque, mais de ceux légalisés des Maltôtiers ou percepteurs d'impôts.
Des émeutes dues à la trop lourde charge des impôts, allaient éclater à Issoudun en 1637, à Morogues en 1644 et à Bourges en 1640,1655 et 1664.
La même situation se renouvellera quand « Anne d'Autriche » assura la régence durant la minorité du roi Louis XIV.
« Louis II de Bourbon prince de Condé », fils du précédant, dit « le grand Condé », gouverneur général du Berry, prit la tête d'une rébellion contre le pouvoir royal, qui s'appela la Fronde. Il envisagea même dans un premier temps de déposer la reine mère de la régence. Puis, pourquoi pas, de prendre la place du jeune roi.
Après bien des événements, en 1651, le jeune roi qui avait alors que 13 ans entre en Berry le 7 octobre avec une armée de 4 000 hommes pour mettre au pas les partisans du grand Condé.
Le jeune roi Louis fit raser la grosse tour de Bourges le 9 décembre et 10 mois plus tard, la forteresse de Montrond qui protégeait les rebelles.
La Fronde désorganisa la société berrichonne et son économie.
On vit un exode de la population des campagnes vers les villes.
La lourdeur des impôts réclamés par le roi pour financer ses guerres installa la misère chez le petit peuple et chez les petits commerçants.
A ce sombre tableau, il faut y ajouter une forte diminution des récoltes, qui fut causée par des hivers rigoureux, des sécheresses importantes et des inondations dévastatrices.
En 1694, des hommes, des femmes et des enfants du Berry meurent de faim par plusieurs milliers. Les habitants de la paroisse de Plou et de la seigneurie de Breuilhamenon eurent à souffrir de cette misère, d'autant que les seigneurs qui vont s'y succéder, furent plus des grands soldats que des propriétaires terriens.
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 La lignée des « Castelnau »
Seigneur de Breuilhamenon
puis
marquis de Castelnau de 1647 à 1699

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* « Jacques II de Castelnau Bochetel » seigneur de Breuilhamenon de 1647 à 1652 puis marquis de Castelnau de 1652 à 1658

Vie privée et personnelle

Jacques II de Castelnau-Bochetel naquit en 1620.
- Il était le fils de Jacques I de Castelnau Bochetel et de Charlotte Rouxel de Médavy précités.
- Il avait hérité de son père de ses charges et titres de baron de Joinville et seigneur de Breuilhamenon, de Poisieux, de Sainte Lizaigne, de Saint Georges.
- Il épousa le mars 1642 « Marie Girard de L'Espinay », et de cette union naissent trois enfants dont :

            - « Marie Madeleine » né en 1644, morte en » l'abbaye de Gomer Fontaine » en octobre 1656.

            - « Michel » né en 1645 et qui deviendra marquis de Castelnau. Il devint seigneur de Sainte Lizaigne, de Saint Georges.

            - « Marie Charlotte » qui épousera le duc « Antoine Charles de Gramont » pair de France (6)

Ce fut en 1652, à l'âge de 32 ans que Jacques II de Castelnau-Bochetel, seigneur de Breuilhamenon, obtient l'érection de sa seigneurie en marquisat.
Dès lors, la seigneurie de Breuilhamenon devient le « marquisat de Castelnau » (7), et le nom de Bochetel s'éteindra.

A cette date, Jacques II de Castelnau-Bochetel devient « Jacques I, marquis de Castelnau ».

Carrière militaire de Jacques II de Castelnau

 « Jacques II de Castelnau » fut avant tout un grand militaire.
Il commence sa carrière des armes à l'âge de 14 ans lors des campagnes de Hollande.
Après avoir levé un régiment et lui avoir donné son nom, alors qu'il n'était âgé que de 16 ans, il se distinguera en 1636 aux sièges de « Corbie » et de « La Capelle », pendant la guerre que mène de Louis XIII contre les Espagnols.
A La Capelle, après avoir été fait prisonnier lors d'une embuscade où son cheval fut tué sous lui, il fut enfermé dans la citadelle de « Cambrai » d'où il s'évada.
En 1638, au siège de la ville de « Catelet » en Picardie, lors d'un assaut, il fut blessé de deux coups de mousquet.
Puis un an plus tard, ce fut au siège d' « Hesdin » dans le Nord, qu'une mousquetade des Espagnols lui brisa une jambe.
En 1640, il participa au siège d' « Arras », puis en 1641 à celui de « Aire ».
Fait par le roi, maréchal de bataille en 1644, il mena deux actions héroïques lors de la bataille de « Fribourg ». L'une en enlevant avec ses hommes une redoute stratégique, l'autre en maintenant sa position malgré qu'il ait reçu cinq balles de mousquet
En 1645, lors de la bataille de « Nordlingen », il enleva avec ses troupes le village d' »Alterem ». Lors de cette action, où deux chevaux furent tués sous lui, il fut gravement blessé par six coups de mousquet dont l'un lui avait percé l'aine, la vessie et le haut de la cuisse gauche. Il guérit de ses blessures qui avaient été considérées comme mortelles.
Après cette bataille, il sera nommé par le roi (Louis XIV) Maréchal de camp.
On le vit en 1646 au siège de « Mardik » où il fut encore blessé, puis au siège de « Dunkerque ».
Le roi le nomma gouverneur de « Barrée » en 1647, puis gouverneur de « Brest » l'année suivante.
Ce même roi le fera Lieutenant général en 1650, 2 ans après la bataille de « Lens ».
Puis le 9 février 1651, il est fait « Chevalier des Ordres du roi ».
Il servit en Guienne sous les ordres du  maréchal de la Meilleraie, puis au siège de « Rhétel » sous ceux du « maréchal du Plessis » (8).
Ce fut sous les ordres de « Turenne », en 1653 qu'il combat aux sièges de « Sainte Ménéhould » et du « Catelet » où il s'était déjà battu 15 ans auparavant.
Le roi lui donne le commandement général dans le « Hainault » où il mit à mal à plusieurs reprises les troupes espagnoles.
Ce fut lors de l'absence de Turenne que le roi lui confit le commandement de l'armée des Flandres.
Malgré son grade prestigieux, on le vit dans les tranchées du siège de Valencienne et de toutes les attaques à celui de Dunkerque.
Au retour de Turenne, alors qu'il commandait l'aile gauche de l'armée, lors de la bataille des Dunes, il neutralisa avec ses troupes, trois bataillons espagnols après avoir mis en déroute leur cavalerie.
De retour à Dunkerque, avec ses troupes, il enleva aux Espagnols le fort de Léon et y entama des travaux de consolidation pour s'y maintenir.
Ce fut lors d'une inspection de ces travaux le 16 juin 1658, qu'il reçu au coté gauche, au défaut des côtes, une balle de mousquet qui ne ressortit pas.
Jacques II de Castelnau savait que cette blessure deviendrait mortelle si la balle n'était pas rapidement extraite. Il monta donc à cheval pour aller à « Mardik » où peut-être, trouverait-il un chirurgien. Il n'en fut rien. On le transporta alors à « Calais ».
Dans les jours qui suivirent cet événement, le 20 juin exactement, le roi le fit maréchal de France.

Il mourut des suites de sa blessure le 15 juillet 1658, un mois après sa haute nomination au grade de maréchal de France. Il était alors âgé de 38 ans.

Cette haute distinction fut enregistrée au greffe de la Connétabilité à Paris le 12 décembre qui suivit sa mort.
Son corps fut transporté à Bourges où il fut enterré en l'église des Jacobins.

Soldat adulé, homme délaissé

Si durant sa courte vie de militaire, Jacques II de Castelnau connut la gloire et les honneurs, il n'en fut pas de même en ce qui concerne sa vie privée.
Son épouse Marie Gérard de l'Espinay, s'ennuyant sans doute lors des absences de son soldat de mari, le trompa ouvertement.
 D'abord, ce fut avec Louis Mornay marquis de Villarceaux, lui même marié à Madame d'Estache.
Puis en suite, ce fut avec Jérôme Nouveaux  surintendant des Postes, qui était aussi le mari de sa sœur.
Puis enfin, ce fut avec les deux en même temps.
Nous ne citerons là que les aventures extraconjugales de cette Dame qui ont durées assez longtemps pour que la cour en fasse « gorges chaudes » et potins (9).
Marie Gérard de l'Espinay de Castelnau alimentait elle même ces potins de cour en confiant à ses amies, que dans l'action elle le voyait en se disant : « Avec cela il est bien fait ; mais je crois qu'il n'a pas grande vivacité et qu'il n'est bon qu'au métier qu'il fait ». (Il lui avait tout de même fait 3 enfants). Que durant l'action elle se disait : « faut-il que je fasse cocû un si vaillant homme » ou encore « Grand héros, me le pardonnerez-vous ».

Dans ce monde imparfait ou l'héroïsme côtoyait le frivole,  Jacques II de Castelnau  aura été seigneur de Breuilhamenon de 1647 à 1652, puis marquis de Castelnau de 1652 à 1658.

Apports de ce seigneur aux terres de Plou

Ce seigneur s'occupa guère de ses terres de Plou pourtant elles furent secouées, le 14 janvier 1652, par un tremblement de terre (10).
 Puis six ans plus tard, en 1658, ces mêmes lieux furent éprouvés par une longue période hivernale glacière qui interdisait toutes semailles.
Ce phénomène de froid intense sévit les deux années suivantes 1659, 1660, (11) ce qui engendra une famine (12).

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* Michel II de Castelnau marquis de Castelnau de 1658 à 1671

Vie privée

Michel II de Castelnau, naquit en 1645.
- Il est le fils de Jacques II de Castelnau Bochetel et de Marie Girard de L'Espinay  précités.
- Il avait hérite de son père du marquisat de Castelnau.
- Il sera gouverneur de Brest, ainsi que Maître de Camp d'un régiment d'infanterie.
- Il avait épousé « Louise Marie Foucault du Daugnon » fille de Louis comte du Daugnon maréchal de France et de Marie Fourré de Dampierre.
De cette union naissaient trois filles :

            - « Henriette Julie» qui sera la seconde épouse du comte Nicolas Murat, comte de Gilbertez, baron de Conces et de Pleaux, seigneur de Villeneuve et de Brousse, colonel d'un régiment
d'infanterie, veuf de Marie la Tour Murat. Henriette Julie deviendra marquise de Castelnau.

            - « Marie Césarine » qui deviendra chanoinesse à Epinay.

            - « Marie Charlotte » qui deviendra duchesse le 15 mai 1668 de par son mariage avec Antoine IV duc de Gramont. Elle mourra le 29 janvier1694.

Michel de Castelnau mourra à l'âge de 27 ans d'une blessure qu'il reçut lors de l'attaque d'Ameyden le 2 décembre 1671. (13)
Il aura donc été seigneur de Breuilhamenon et marquis de Castelnau de 1658 à 1671.

Evénements de cette époque sur les  terres de Plou

En été 1665, les habitant des terres de Plou parlaient beaucoup du 9 mai de cette même année où on avait procédé à l'inhumation dans l'église de Civray, au pied de l'autel de la vierge, des intestins et autres parties du noble corps du défunt haut et puissant seigneur du Coudray, messire « Charles de Saint Gelais de Lusignan du Puy » (14).
En 1673, le curé de Plou était un nommé Mary Pinguet.

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* Henriette Julie de Castelnau marquise de Castelnau de 1671 à 1699

Vie privée

Henriette Julie de Castelnau naquit en 1670 à Brest dont son père était gouverneur
- Elle était la fille de Michel II de Castelnau et de Louise Foucault du Daugnon précités.
- Elle avait épousé « Nicolas Murat comte de Gilbertez ».

 

Biographie succincte d'Henriette Julie de Castelnau

Henriette Julie de Castelnau naquit à Brest où son père avait un commandement, en 1670
Elle vint à Paris à l'âge de 16 ans pour y épouser le comte Nicolas de Murat.
Elle se présenta alors habillée du costume traditionnel des Bretonnes de Brest dont elle parlait partiellement la langue.
La reine à qui on avait venté l'originalité de l'habit et la beauté de l'habillée voulu qu'elle lui fut présentée ainsi vêtue devant la cour.
L'effet fut des plus enjoués et l'esprit vif et peu timide d'Henriette Julie inspira bon nombre d'artistes à la recherche d'une muse.
Son penchant naturel pour les plaisirs de la vie allait faire commettre à Henriette Julie certains égarements que sa haute naissance ne fit qu'amplifier.
Déjà, Henriette Julie s'adonnait à l'écriture et sa plume, disait-on, était aussi malicieuse que la dame.
Elle fut soupçonnée d'avoir écrit un pamphlet qui se moquait ouvertement du roi Louis XIV et de sa cour.
Sous l'influence de Madame de Maintenon, qui voyait peut-être en elle une future rivale,alors qu'Henriette semblait n'aimer que les femmes, le roi dû exiler Henriette Julie de Castelnau à Loches en Touraine.
Ce fut en cette retraite forcée qu'Henriette Julie devint une grande romancière.
Elle écrivit :
- « Mémoire » de sa vie en 1697 ;
- « Nouveaux contes de Fées » en 1698 ;
- « Le voyage de campagne » en 1699 ;
- « Histoires sublimes et allégoriques » en 1699.
C'est en cette même année 1699, que des difficultés financières lui firent perdre le marquisat de Castelnau qui fut vendu à Claude Forcadel
Elle poursuivit ses écritures et d'autres livres virent le jour :
« Le dialogue des morts » en 1700 ;
« Histoire de la courtisane Rhodope » en 1708 ;
« Histoire galantes des habitants de Loches » en 1709 ;
« Les lutins du château de Kernosy » écrit entre 1710 et 1715.
Elle sera aussi une poétesse et une parolières de chansons de talent dont voici un exemple :

« Faut-il être tout volage,          I   Ce plaisir tant regrettable
Ai-je dit au doux plaisir ?          I   Me répond : Rends grâces aux Dieux ;
Tu fuit, las ! quel dommage       I   S'ils m'avaient fait plus durable,
Dès qu'on a pu te saisir.           I   Ils m'auraient gardé pour eux. »


 

Ce fut en 1715, que duc d'Orléans régent de France du jeune roi Louis XV, sous la recommandation de Madame de Parabère alors sa maîtresse, rappela à la cour Henriette Julie de Castelnau épouse Murat.  (15)
Elle meurt sans laisser d'enfants le 24 septembre 1716 en son château de « la Buzardière » en pays de Maine.

 Henriette Julie de Castelnau aura donc été Dame de Breuilhamenon et marquise de Castelnau de 1672 à 1699.

Ainsi prendra fin la lignée des Bochetel puis des  Castelnau Bochetel, enfin des Castelnau, seigneurs puis marquis des terres de Breuilhamenon puis de Castelnau.
A partir de la fin de cette lignée seigneuriale des Castelnau, le marquisat de Castelnau des terres de Plou va être acheté surtout en qualité de terres de rapports ou pour le titre de noblesse qui y est rattaché.
A part y ramasser suffisamment d'argent pour se constituer une rente confortable, les trois propriétaires qui vont se succéder, seront des « marquis » qui ne laissèrent pas de traces indélébiles dans les cœurs des paysans qui y cultivaient les terres.
Sauf peut-être un qui, nous semble-t-il, avait un affect particulier et assez grand pour ce lieu du Berry, au point d'y enterrer son épouse dans l'église de Poisieux.

Contexte socio-politique de l'époque

Bon nombre de grands bourgeois possédaient une fortune qui pouvait leur permettre de vivre dans l'entourage du roi.
Seulement, à part s'en approcher sporadiquement, ils ne pouvaient pas y être admis de façon permanente car ils ne possédaient pas de titre de noblesse.
Pour s'en prévaloir, une seule solution, il leur fallait être propriétaire d'une terre dont était attaché un tel titre.
Ce qu'ils cherchèrent à faire.
Cette démarche d'accession au pouvoir par la grande bourgeoisie fut en général un échec, car à la cour de France, presque toujours seule la noblesse de naissance était reconnue.
D'autre part, certains nobles de naissance pouvaient séjourner à la cour, mais ils n'avaient pas les revenus suffisants pouvant pérenniser cette présence.
Alors ils recherchèrent le moyen de faire fructifier leur argent afin de se constituer une rente suffisante leur permettant de tenir leur rang à la cour.
Parmi ces moyens il y avait celui de la gestion d'un domaine foncier dont ils croyaient posséder naturellement les compétences requises.
Et là aussi cette démarche d'enrichissement fut globalement un échec, car il y avait belle lurette que la noblesse ne gérait plus directement ses biens. Elle les avait confiés à des « Intendants » ou à des « régisseurs » souvent issus de la bourgeoisie.
Le marquisat de Castelnau devint donc un bien attrayant recherché :
- Par les grands bourgeois pour son titre de noblesse qui y était lié.
- Et par les petits nobles, pour les productions agricoles ou forestières pouvaient leur assurer le niveau de fortune nécessaire à une vie de courtisan.
Pour les uns, ils recherchèrent à acheter un domaine foncier lié à un titre de noblesse.
Souvent, d'ailleurs ce furent les mêmes domaines qui furent en capacité de répondre à la demande du grand bourgeois qui voulait être noble ; et à celle du noble qui voulait être (pour l'argent) un grand bourgeois.
Alors on vit le marquisat de Castelnau changer de mains trois fois en 56 ans, au grès des fortunes qui se faisaient et qui se défaisaient et des titres qui se gagnaient et qui se perdaient.
Car le grand bourgeois regardait le peuple de son domaine avec les yeux de sa nouvelle qualité de noble, et bien souvent en abusait, délaissant ainsi le bien-être des petites gens qui surent bien, dans ce cas, lui rende la vie difficile au point de renoncer.
Car, de son côté, le petit noble regardait les paysans de sa nouvelle terre avec les yeux avides du rapport dépendant de leur productivité, sans se préoccuper de leur condition de vie quotidienne qui pourtant conditionnait l'efficacité et la qualité du travail dont il voulait tirer profit.

Comme nous l'avons vu, ce fut en 1699, qu'Henriette Julie de Castelnau, épouse Murat se vit, pour cause de dettes, (la Dame jouait et perdait beaucoup) dépossédée par ses créanciers de son marquisat de Castelnau.
Ce fut un de ces nobles qui voulait faire fructifier ses pécunes qui se porta acquéreur de ce marquisat.
Il s'agit de « Claude Forcadel » qui allait devenir seigneur de Breuilhamenon des terres de Plou et marquis de Castelnau de 1699 à 1708.

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*La lignée des « Forcadel »
marquis de Castelnau de 1699 à 1708

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Origine des « Forcadel » (16)

La famille Forcadel était originaire d'Ile de France.
En 1631, sous le gouvernement du roi Louis XIII, on trouve un certain « Etienne Forcadel » qui est seigneur de Blaru. Cette seigneurie se situe à 23 km de « Mantes la Jolie » dans « les Yvelines ».
Cet Etienne Forcadel avait épousé « Anne Thullone » et, de cette union, étaient nés trois enfants :
            - l'aîné « François » sera l'héritier de la seigneurie de Blaru,  
            - puis « Ne » qui épousera « Nicolas Millet » procureur à la Cour des comptes,
            - enfin  «Etienne »

L'héritier François Forcadel se marie avec « Catherine Fustel ».
Sept enfants sont issus de cette union :
            - « Euverte » sera Contrôleur de la Maison de Monsieur (frère du roi).Il meurt le 10 novembre 1695.  
            - « Etienne » sera Conseiller et Clerc au parlement. Il meurt en 1688 (17).     
            - « François » sera seigneur de Blaru, secrétaire du roi et Receveur des Saisies Réelles
            - « Ne », elle épousera « Guy Favereux »
            - « Marie » se mariera avec « Pierre Mauduit » seigneur de Saint Simon
            - « Marie Madeleine » épousera « Charles Brule de Lonis » seigneur de la Baudinière.
            - « Claude » deviendra seigneur de Villedieu et de Montisambert. Il sera le futur marquis deCastelnau des terres de Plou (18).

 « François Forcadel mourra en Août 1687 (19).

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« Claude Forcadel » marquis de Castelnau des terres de Plou de 1699 à 1706

Vie privée

Claude Forcadel était le fils cadet de François Forcadel et de Catherine Fustel précités.
Il épouse « Anne Marie Lemercier », dont la sœur « Ne Lemercier » est l'épouse de sont frère François.
De cette union, nous ne savons pas s'il y eut des enfants.

Titres et fonctions

Claude Forcadel était seigneur de Villedieu et seigneur de Montisambert.
En 1689, il était Conseiller à la Cour des Aides et Commissaire aux Saisies Réelles.
Son frère Euverte avait épousé Catherine Tancrède qui était, en plus d'être sous gouvernante des enfants du duc de Chartres, la femme de chambre de la duchesse de Berry. Il semble que ce soit par ce biais que Claude Forcadel eut vent de la vacance de propriétaire du marquisat de Castelnau.
A moins que ce soit de par son état de Commissaire aux Saisies qu'il fut informé des difficultés financières qui obligeaient Henriette Julie de Castelnau  à vendre son marquisat en Berry.
Quoiqu'il en soit, c'est en 1699 que Claude Forcadel achètera le marquisat de Castelnau et deviendra ainsi Marquis de Castelnau.

Claude Forcadel décèdera le 9 septembre 1706 laissant une succession obérée (20).

Après le décès de Claude Forcadel le 9 septembre 1706, la famille du défunt mit deux ans pour régler la succession qui s'était avérée obérée (chargée de dettes). Pour faire face aux créances, les hérités durent, en 1708, vendre le marquisat de Castelnau seigneurie de Breuilhamenon (21).

 Le marquisat sera acheté la même année par « Charles Eléonor Aubry ».

 Claude Forcadel aura donc été seigneur de Breuilhamenon et marquis de Castelnau de 1699 à 1706.


A suivre : « Le Siècle des Lumière »


Notes de Références

(1) Jean Antoine Rouchet, Antoine Perrin, Louis d'Ussieux : « Collection universelle des mémoires particuliers relatifs à l'histoire de France » Edité par s.n. 1788. Page 171.

(2) François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Badier : « Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France, l'explication de leur armes, & l'état des grandes terres du royaume ». Edité par La veuve Duchesne, 1772. Page 22 – 23.

 (3) Romain Guignard : « Issoudun des origines à 1850 » Editions Arts et Loisirs. Issoudun 1995. 172 pages, p 79.

(4) Docteur Gachet : « Les deux petites clefs d'argent de l'Hôtel de Ville d'Yssouldung » in revue mensuelle « Le bas Berry » premier numéro en date du 15 janvier 1875.

(5) Louis Mayeul Chaudon, F.A. Delandine : « Dictionnaire universel, historique, critique, et bibliographique »
Edition: 9. Publié par Mame, 1812

(6) François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Badier : « Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France, l'explication de leur armes, & l'état des grandes terres du royaume ». Edité par La veuve Duchesne, 1772. Pages 22 – 23.

(7) Pour qu'une seigneurie puisse être érigée en comté, marquisat ou duché, il fallait qu'elle eût au moins cinq terres, seigneuries ou paroisses dans ses dépendances.
En ce qui concerne le marquisat de Castelnau, ses dépendances sont : les seigneuries de Breuilhamenon, Poisieux, Saint Georges, Sainte Lizaigne et la paroisse de Plou.

(8) Joseph François Michaud, Louis Gabriel Michaud : « Biographie universelle, ancienne et moderne, ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes » Publié par chez Michaud frères, 1813. p.328.

(9) Tallemant Des Réaux, Louis-Jean-Nicolas Monmerqué, Paulin Paris, Isaac de Laffemas, Madeleine de Scudéry, Denis Sanguin de Saint-Pavin, Gilles Ménage, Gilles Boileau, René Charles Hippolyte Le Prestre Châteaugiron, Jules-Antoine Taschereau : « Les historiettes de Tallemant des Réaux ». Edition: 3. Publié par J. Techener, 1857. Pages 27-28-29.

(10) Grégory Quenet : « Les tremblements de terre aux XVIIe et XVIIIe siècles: la naissance d'un risque » Publié par Editions Champ Vallon, 2005.

(11) « Dictionnaire chronologique et raisonné des découvertes ... en France, de 1789 à 1820 » Publié 1822. p 260.

(12) Guy Devailly : « Histoire du Berry » Edition Privat, Paris 1980. p 190 – 214.

(13) François Alexandre Aubert de la Chenay Desbois : « Dictionnaire de la noblesse ... de France » Edition: 2Publié par le libraire en 1772

(14) ROUSSEAU. (Didier.). « Civray : Noblesse cachée. » article du 24/06/2007. Publié par Généalogie en Champagne berrichonne

(15) Joseph François Michaud, Louis Gabriel Michaud : « Biographie universelle, ancienne et moderne; ou, Histoire, par ordre alphabétique: de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes » Editions Michaud frères, Paris 1821. Pages 419 – 420 – 42

(16) Caraman duc de : « Notes généalogiques pour servir à l'histoire des Fermiers Généraux » 1888. Manuscrit Fr NA 20534 Bibliothèque Nationale de France.

(17) Lettre enregistré le 13-5-1631 à la Cour des Aides (Archives Nationales Z1A 555) .

(18) Sources :

* Abbé A. Baboin : « Recherches Historiques sur les seigneurs de Mélicourt, Bernay », 1904.

* Charpillon : « Dictionnaire Historique de toutes les communes de l'Eure », Paris, 1966.

* duc de Caraman : « Notes généalogiques pour servir à l'histoire des Fermiers généraux », 1888, manuscrit Fr NA 20534 à la BNF.

* Nouveaux hommages rendus à la Chambre de France et à la Chambre des comptes de Paris Série P (XVIIe et XVIIIe siècles), Archives Nationales.

* Christine Faure-Lejeune : « Les secrétaires du Roi de la Grande Chancellerie de France, dictionnaire biographique et généalogique », Edition Sedopols, Paris, 1986.

* Adrien Maquet et Antoine de Dion : « Nobiliaire et Armorial du comté de Montfort l'Amaury, Rambouillet », 1881.

(19) Henri Cochin : « Œuvres complètes de Cochin, avocat au Parlement de Paris ». Publié par L'Editeur, Fantin, 1822.

(20) Archives Nationales Y 13893 (sellés du décès).

(21) Hommage de la terre et marquisat de Castelnau du 13 mars 1708 par les neveux et héritiers de Claude Forcadel, Archives Nationales P21 no 299.
 


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