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La préhistoire




Sommaire

*Au Néolithique

*Au Chalcolithique ou âge du cuivre: L'invasion des Celtes

*A l'âge du fer : Emergence de la Gaule et installation des nations gauloises


*Au Néolithique

Première présence humaine
C'est à la période du néolithique moyen, vers moins 6 700 ans, qu'apparaît sur ces terres de Plou, la première présence humaine.
Cette présence est attestée par l'existence d'une pierre dressée appelée « la grosse pierre » qui existait encore en 1905 (1) mais qui semble aujourd'hui perdue.
Toutefois, l'existence de cette pierre dressée semble être confirmée par celle encore visible de l'allée couverte de Villeneuve sur Cher qui s'appelle « table ou pierre de la roche » et qui se situe dans les bois, à gauche de la route de Saint Florent sur Cher (2).

« Table ou pierre de la roche » Gravure de Georges Garense

Qui est cet « homme de Plou » du néolithique ?
Cet « homme de Plou » est d'origines métissées par des ancêtres venant d'Europe centrale et d'Europe du Nord, des Balkans et de la vallée du Danube.
Il enterre ses morts d'abord dans une sépulture individuelle monumentale (pierre dressée de Plou qui atteste sa présence sur le lieu), ou, quand la communauté est plus importante, dans une sépulture collective (allée couverte de Villeneuve sur Cher) (3). Qui peut être aussi monumentale comme l'attestent « les deux tumulus de Prunay » sur la commune de Morthomiers, à gauche sur la route qui joint Villeneuve à la Chapelle Saint Ursin. (4), (5).
La pierre dressée de Plou dite « la grosse pierre » étant perdue, et n'ayant aucun témoignage écrit ou verbal sur l'endroit où elle se situait, il est malheureusement bien difficile de déterminer, sur les terres de Plou, les lieux où cet homme du néolithique évoluait, sauf si on procède à partir des renseignements que nous fournit l'archéologie pour cette période.
L'archéologie nous apprend qu'en général, l'homme du néolithique, recherchait la proximité d'un cours d'eau pour implanter son habitat et aux bords duquel il est plus facile défricher la terre, même si plus tard il s'est installé sur les hauteurs.La forêt ne devait pas être très loin car elle était nécessaire à la construction et au chauffage de son habitat (6).
Lorsqu'on applique ces généralités aux terres de Plou, on se retrouve alors sur le parcours du seul cours d'eau aujourd'hui intermittent, mais qui jadis devait couler à tenir.
Ce ru part du milieu de la pente entre le Souchet et l'église de Plou, en longeant la route départementale 114 après avoir coupé la route qui mène de l'église aux « Cocuas ».
Puis il passe derrière l'ancien presbytère transformé aujourd'hui en gîte d'étape. Il coupe la route départementale D 169, afin de longer un temps le GR 41, avant de bifurquer en direction de Poisieux.
Il traverse la départementale D 18 reliant Chârost  à Lazenay  pour rejoindre « les Réaux » d'ou il descend le coteau pour se jeter dans la rivière Arnon.

Photo satellite (7)
Ce serait donc dans cette cuvette que forme la vallée de ce ru, qu'il faudrait imaginer le lieu de la première implantation humaine sur les terres de Plou.

* Au chalcolithique ou âge du cuivre : L'Invasion des Celtes

La vague migratoire des « Galls »
C'est pendant la période du chalcolithique (de 2 200 à 1 800 ans), vers 1 300 av J.C., qu'une nouvelle vague migratoire déferle sur tout un territoire qui va de la Garonne au Sud, à la Seine au Nord. Puis s'étend de l'Atlantique à l'Ouest, au Rhin et aux Alpes à l'Est (8).
Ce territoire que Strabon (9) appelle la « Celtie » qui englobe les terres de Plou et les hommes qui y vivent, se voit envahi par des hommes de race Indo-européenne d'ethnie celtique qui viennent d'Asie occidentale. Ce sont les « Galls ».
Ces hommes sont de culture céramique et métallurgique dite « des Champs d'Urnes ». Ce nom provient du fait qu'ils n'enterrent plus les corps de leurs morts mais les incinèrent et en déposent les cendres dans des urnes qu'ils enterrent dans un champ, ou qu'ils déposent dans des cavités naturelles ou artificielles.
On trouve la présence de telles pratiques sur la rive gauche de l'Arnon, entre Saint-Ambroix et Saugy (Saugy s'appelait avant 1885, « Dames Saintes »), sur « les terres d'Arneuse », qui se sont appelées plus tard au Moyen-Âge « les terres d'Arnayze », puis qui sont devenues aujourd'hui « les terres de Renaize » (10)
En s'installant et en se mêlant à la population déjà sur place, ces migrants vont nommer cette étendue de terre « Galatie », nom venant de la propre appellation du peuple qu'ils forment les « Gomerites » lui-même nommé ainsi par extension du nom de celui qui s'en déclarait le roi « Gomer-Gal » ou « Gallus ». (11), (12).

Incidence de cette migration sur « l'homme de Plou »
L'arrivée de ces nouveaux occupants et l'établissement de ce royaume de « Galatie » ne vont pas changer beaucoup l'homme de Plou, dans sa façon de se vêtir et de s'alimenter. Par contre, l'influence de ces nouveaux venus va bouleverser ses habitudes et son mode de vie.
Elle va lui faire préférer implanter, toujours à proximité de l'eau et de la forêt, son habitat sur un endroit plus élevé en l'entourant de palissades (13).
Elle va lui faire connaître la roue pleine, le chariot et l'attelage.
Enfin, et c'est capital, elle va lui apporter les techniques d'une rudimentaire métallurgie qui vont lui permettre d'utiliser le cuivre dans la confection de bon nombre de ses objets usuels (bijoux aiguilles, poinçons etc.) et surtout dans la fabrication de ses armes. (Lame de couteau, pointes de flèches et de lances, etc.).
C'est donc vers 1300 ans av. J.C. que l'homme de Plou et toutes les populations originelles dites « Gomerites » habitant l'espace territorial appelé aujourd'hui le « Berry », mélangées aux « Galls », vont ainsi fonder une nouvelle nation connue sous le nom de « Bituriges ».

* A l'âge du Bronze : Naissance des peuples gaulois

La vague migratoire des « Kimris » ; évolution de la nomination « Gomerite » en « Gaulois »
L'âge du Bronze se déroule de 1 800 à 750 ans av. J.C. Vers la première moitié du 7ème siècle av J.C., cette période voit arriver sur le royaume de « Galatie », donc sur les terres de Plou une autre migration des Celtes, celle du peuple des « Kimris ».
La résistance des nations « Galls » ou « Gomerites », parmi lesquelles se trouve celle des « Bituriges », déjà implantées depuis plus de 6 siècles, va contenir ces envahisseurs au nord et à l'ouest de la « Galatie ». La pression des conquérants s'accentuant, peu à peu, les « Kimris » vont s'infiltrer puis s'intégrer aux « Galls »
Le territoire que forme la Celtie de Strabon, va peu à peu changer d'appellation pour devenir la « Gaule » qui sera appelé « Galatie » par les Grecs et « Gallia » ou « Galli » par les Romains.
Ainsi, ses habitants « Gomerites » (14) et « Gallo Kimris » (15) vont êtres nommés « Gaulois ».
Ces migrations celtes de l'âge du bronze apportent une nouvelle culture à l'homme de Plou. Plusieurs sites environnants attestent que cette culture celtique a bel et bien été présente sur les lieux de son habitat.
A « Civray » d'abord où a été trouvé sous la voie romaine (chaussée de César) un bracelet en fils de bronze plein de forme ovale, orné de stries.
A « Saint Ambroix », ensuite, près de « Peluées » où une habitation souterraine gauloise fut découverte en 1882 par le docteur Pineau et où furent recueillis des fragments de poterie.
A « Prunay » enfin, près de « Morthomiers », où sont découvertes sous un tumulus de pierres sèches, plusieurs sépultures gauloises où les squelettes étaient entourés de moellon délimitant une sorte de cercueil. Avec ces ossements, furent découverts des bracelets et des bagues de bronze. Mieux encore et d'une richesse archéologique inestimable, au centre de ce tumulus, fut découvert un autre squelette de grande dimension ayant près de lui une aiguière de bronze ou « œnochoé » (16) qui fut reconnue comme d'origine étrusque attestant les flux migratoires venant du centre de l'Europe et d'Asie occidentale via le nord de l'Italie qui ont été décrits plus avant dans ce récit.
Ainsi, à l'âge de bronze, entre moins 800 et moins 750 av. J.C., l'homme qui vit sur les terre de Plou, au contact de ces Celtes, devient un Gaulois qui maîtrise la métallurgie des alliages entre de cuivre et l'étain (17). Cet alliage donne un nouveau métal plus résistant qui va lui permettre de remplacer ses outils et ses armes faites de cuivre, par d'autres bien plus résistants, fabriqués en bronze.
Mais les derniers migrants Celtes apportent aussi avec eux la parfaite connaissance des techniques de travail d'un nouveau métal jusqu'à lors inconnu sur les terres de Plou, bien que les minerais dont il est issu y est présent. C'est le fer.
A ce stade de l'évolution des populations qui vont peupler les territoires de ce qui est « la Gaule », donc de la « Bituriges » (le Berry), donc des terres de Plou, il faut faire une distinction entre ce qui est du domaine de la légende et ce qui est du domaine de la réalité historique.
La légende
La légende veut qu'il existe, au cœur de la Gaule un territoire où les habitants étaient appelés les « Bitogiges » (18).
En langue Chaldaïque, ce nom de « Bitogige » signifierait « fils de Noé » (Bit = fils, Ogige = illustre sacrificateur ainsi nommait-on Noé) (19).
Ces Bitogiges auraient vu arriver sur leurs terres, un peuple qui venait de Thessalie (en Grèce) commandé par un certain « Jolcus » du nom de la ville dont-il venait. Ces nouveaux arrivants auraient eu pour idole un mouton qu'ils adoraient en souvenir de la participation de leur chef Jolcus à la recherche des Argonautes de la toison d'or.(20)
Ce Jolcus étant devenu roi, il aurait rassemblé son peuple et celui des Bitogiges sous le nom de « Bitogiges-Jolcus ».
A sa mort, ce serait son fils « Hermain » son successeur, qui aurait établi sa cité en construisant une tour portant son nom, non loin d'une déjà existante appelée « Arainne » (21).
Ainsi serait naît vers 1 000 ans avant J.C. (22), la cité de « Auuoerric » qui en langue cimbrienne signifie « royaume des anciens ».
Cette ville prendra plus tard le nom d' « Avarich » ou « Avaricum » que nous connaissons aujourd'hui sous l'appellation de « Bourges ».
Ce roi « Hermain » aurait eu un fils du nom de « Cubus » qui lui aurait succédé et qui aurait fait appeler son peuple « Bitoriges-Cubi ou cubes ».
A son tour, la succession du roi Cubus aurait été assurée par son fils « Biturix » qui aurait nommé son peuple les « Bituriges-Cubi ou cubes ».
Puis plus tard le roi « Ambigat » descendant de cette lignée de rois, aurait régné sur tout le peuple Biturige dont le rayonnement se serait imposé à toutes les nations gauloises.
La prospérité aurait été alors telle, qu'il aurait fallu que le roi Ambigat incite une partie de ses sujets à aller conquérir d'autres contrées. Il aurait placé à la tête de ces expéditions de plus de 100 000 âmes chacune, ses deux neveux « Sigonèse » et « Bellonèse ».
Le premier aurait colonisé les territoires qui se situent entre le Rhin et Rhône et la rive droite du Danube.
Le second se serait établi dans tout le nord de l'Italie.
L'histoire
La réalité historique issue de diverses recherches archéologiques valide que le premier peuple identifié habitant les terres qui compose aujourd'hui le Berry (donc les terres de Plou) est d'origine néolithique.
Ce peuple aurait bien ses origines d'une part dans les trois migrations de culture lithique venant d'Europe du centre et d'Europe de Nord qui eurent lieu entre 35 000 et 8 000 ans av. J.C. et d'autre part, dans les deux migrations de culture céramiques venant des Balkans et Asie centrale qui eurent lieu entre 7 500 et 6 700 ans av. J.C.
L'autre réalité historique qui ressort des recherches sur les migrations des peuples, valide également que les Celtes « Galls » venant d'Europe centrale ont envahi une première fois le territoire précité vers 1 300 av. J. C.
Certains historiens anciens identifient bien un homme du nom de « Gomer-Gallus » qui serait l'un des sept fils de Noé et qu'ils donnent comme fondateur du peuple des « Gomerites » mais ils n'en apportent pas la preuve irréfutable. (23)
Le seul fait qui semble établi, c'est que Gomer-Gallus était le chef des Celtes Galls qui plus tard, formeront l'une des trois grandes familles qui composeront le peuple gaulois.
Cette même réalité historique retient et valide aussi, le fait que toute la Gaule des Galls, donc les terres de Plou, aurait subi une première invasion des « Kimris » vers 650 av. J.C. Et qu'il serait apparu de cet événement, l'émergence d'un nouveau peuple gaulois celui les « Gallo Kimris ».
De ce fait, la Gaule alors comprend deux peuples distincts, celui de Galls et celui des Gallo-Kimris.
De ces deux peuples, celui des  Galls comprend lui 6 familles : - celle des Helvètes, - celle des Pennines, - celle des Allobroges, - celle des Arvernes, - celle des Séquanes et celle des Edues ou Eduens.
Cette famille des Edues ou Eduenne se compose à son tour de 5 nations distinctes : - celle des Mandubes ou Mandubii (région d'Alésia), celle des Ambarres (région de la Bresse), celle Isombres ou Insubres (région de Forez), celle des Segusiens (région de Forez), et celle des Bituriges (région de Berry). (24)
Si l'histoire connaît Ambigat comme le roi des Bituriges qui régnait vers la fin du sixième siècle av. J. C., sur le territoire que nous appelons aujourd'hui le Berry, donc sur les terres de Plou, et reconnaît qu'il aurait acquis une suprématie sur tous les autres peuples gaulois, elle ne valide pas que Sigonèse et Bellonèse soient ses neveux, ni même qu'il les ait envoyés conquérir d'autres territoires hors de la Gaule.
L'histoire retient que devant la turbulence de ces jeunes guerriers, parmi lesquels se trouvaient les deux fils de sa sœur, qui sans cesse complotaient pour tenter de s'accaparer le pouvoir, le roi Ambigat les incita à aller apaiser leurs ardeurs belliqueuses dans de nouvelles conquêtes. (25)
Quoiqu'il en soit, les réalités retenues par l'histoire convergent pour reconnaître que l'homme de l'âge du Bronze est bien présent sur le territoire où se situent les terres de Plou, et que cet homme est devenu un Gaulois Biturige Cubi ou cubes
Ce Gaulois des terres de Plou et ses successeurs vont vives une longue période de relative stabilité (trois siècles) qui va permettre d'asseoir et de renforcer leurs installations sur les lieux.

* A l'âge du fer : Emergence de la Gaule et installation des nations gauloises

Deuxième vague migratoire « Kimris », celle des « Kimris-Belges »
Lors de la période de l'âge du fer (de 800 à 123 ans av. J.C.), vers 320 av. J.C., soit près de trois siècles après le règne du roi Ambigat, survient une seconde invasion des Celtes Kimris, celle des « Kimris-Belges », en deux vagues successives espacées de deux ans.
Au terme des troubles causés par ces envahisseurs, la Gaule de cette époque comprend pas moins de 62 nations Gauloises qui se répartissaient comme suit : Le peuple des Galls en compte 22, celui des Gallo-Kimris en compte 17 et celui des Kimris Belges en compte 23. (26)
Apports de ces dernières vagues migratoires aux Gaulois Bituriges
Ces dernières migrations celtiques apportent aux Gaulois Bituriges qui vivent sur les terres de Plou, une des techniques métallurgiques la plus importante, celle du travail du fer. D'autant que le sous-sol, de ce que nous appelons aujourd'hui « les bois de Font-Moreau », est riche en minerais.
Les diverses recherches sociologiques et archéologiques permettent d'établir certaines constances et généralités propres à l'habitat gaulois, à son environnement, et aux activités agricoles et industrielles des occupants de cet habitat.
Ces constances et généralités ethnographiques peuvent alors servir de bases à l'esquisse de ce que pouvait être la vie quotidienne des Gaulois implantés sur les terres de Plou.
Bien sûr, l'exercice d'une telle description, ne reposant sur aucunes sources précises attestant l'histoire du lieu, est du domaine de l'hypothèse. Pourtant, comme nous en avons beaucoup d'exemples, lorsqu'il ne reste plus de témoignages archéologiques d'un passé lointain, parce que des événements ou des négligences humaines les ont effacés, il n'est pas répréhensible d'approcher l'histoire d'un lieu et des hommes qui y ont vécu, au travers de traces et de probabilités découlant de certitudes et d'observations existantes en d'autres lieux.

Description de l'environnement et de la vie des Gaulois Bituriges des  terres de Plou
Essayons donc de d'écrire ce qui pouvait être probablement l'environnement et de la vie des Gaulois des terres de Plou vers 300 av. J.C.!
Le Plateau calcaire sur lequel ces terres se situent, devait être presque totalement couvert de forêts (27).
Les constances et généralités ethnographiques indiquent que les « Gaulois Bituriges » aiment installer leurs habitations sur une légère hauteur non loin d'un cours d'eau et près d'une forêt.
Ce lieu ne devait pas être très éloigné de la matière première de leur art de forgeron.
Si on applique ces critères pour sélectionner un lieu sur les terres qui nous intéressent, on doit admettre que l'habitat de nos Gaulois ne devait sans doute pas être très éloigné du lieu qu'avait choisi l'homme de Plou du néolithique et plus tard du chalcolithique, c'est à dire aux alentours proches de l'actuelle église de Plou.

Identification du lieu dit « Les Masures » comme habitat premier des Gaulois Bituriges des terres de Plou
En cherchant quels sont les lieux existants aux alentours de cette zone pouvant répondre à ces critères sélectifs, c'est le lieu-dit « les Masures » qui s'impose tout de suite à cause de sa topologie.
La vue satellite (28) des environs de ce lieu-dit, qui se situe en partie près du cimetière actuel de Plou, montre des différenciations de teintes dues à des traces d'implantations d'anciennes constructions. (29)

Vue satellite (7)


En fait, le nom « les Masures » a été donné à cet endroit lorsque le village primitif gaulois puis ensuite gallo romain, qui se verra appelé « Plou » bien plus tard vers 469, fut abandonné par ses habitants et s'est ruiné après l'an 1000.
Nous verrons plus loin dans cet ouvrage, pourquoi ce village primitif fut abandonné par sa population lorsque s'est élevé, sur motte, le premier château féodal qui assurait une protection contre les pillards.

Aspect vraisemblable du lieu à l'époque gauloise
A l'époque gauloise, on ne peut que supposer que ce lieu-dit les Masures se trouvait au centre d'une clairière résultant du défrichage d'une surface de la forêt afin d'y établir les terres agricoles nécessaires aux besoins de la population biturige.
Partant de cette clairière, on peut aussi supposer l'existence d'un chemin qui menait vers les lieux d'extraction du minerais de fer des bois de Font Moreau, ainsi qu'un autre qui accédait au ru pour y puiser l'eau nécessaire aux besoins journaliers et aux activités de forgeage qui faisaient la réputation de nos ancêtres.

Vue satellite (30) (agrandissement)

Pour le commerce des produits de cette métallurgie, il existait certainement une voix de communication entre la vallée de l'Arnon (Chârost et Saint Ambroix) et la vallée du Cher (Sainte Thorette Villeneuve) rejoignant « Avaricum » (Bourges) en passant par « la Moutière » et Prunay où la présence gauloise dans ces lieux est attestée par le matériel archéologique retrouvé. (31)
Enfin, et pour les mêmes raisons, les étroits liens historiques qui lient les terres de Plou à la ville d' « Issoudun » peuvent faire supposer l'existence d'une voix d'accès à la cité de « Silodur » (Issoudun) créée vers 108 av. J.C., qui coupait l'Arnon à « Migny ».
L'absence de fondations de ces habitats gaulois, ainsi que la nature destructible des matériaux utilisés pour leurs constructions, ne laissent que peu de vestiges. Certaines de ces traces sont plus explicites que d'autres (alignements de pierres, calcination des pierres des foyers, résidus de cendres), à condition que l'environnement et l'endroit n'ait pas fait l'objet de chamboulement. Ce qui n'est pas le cas ici, car le déménagement et l'installation de l'ancien cimetière paroissiale d'autour de l'église, sur le lieu-dit les Masures ont effacés à jamais certaines d'entre-elles.
Pour résumer, ce serait donc entre moins 800 av. J.C. et la fin de la conquête de la Gaule par « César », qu'un village gaulois Bituriges Cubi aurait existé sur les terres de Plou.
Ce village primitif que nous appelons les Masures pour les identifier dans cet ouvrage, ne portaient pas ce nom à cette époque gauloise, ni même celui de Plou.
Cette certitude nous est donnée par l'étude de la linguistique celtique. En effet, les Gaulois Bituriges Cubi ou cubes présents sur le lieu parlaient la langue gauloise qui est une langue « celtique continentale ». Ors, le nominatif de Plou, qui est bien d'origine celtique, appartient lui à la langue des « Celtes Insulaires » qui ne seront présents sur le lieu que 5 siècles plus tard.
Nous ne connaissons donc pas le nom que les Gaulois Bituriges Cubi ou Cubes donnaient à ces terres et à ce village primitif.
Alors comment pouvoir supposer qu'il existait un village gaulois au lieu-dit les Masures avant que son existence soit identifiée et nommée par un nom ?
D'abord parce que l'existence de ce village primitif gaulois assure une continuité logique du peuplement attesté du lieu par l'homme du néolithique, puis du chalcolithique.
Ensuite parce que les traces révélées par les vues satellites laissent plus que supposer des implantations d'habitats à cet endroit.
Enfin parce que la suite de ce travail identifie fortement sur ce lieu une implantation gallo-romaine qui est souvent la suite logique d'une évolution d'implantation gauloise.


Notes de références
 
(1) Ce menhir est inventorié dans le livre collégial d'André Redon, d'Abel Tortay et d'Edouard Joulin : « Le Berry » Edition du Bastion. 1913 – 1999.

(2) Alphonse Louis Marie Buhot de Kersers : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996.

(3) Pierre Marchand et Hedwige Pasquet : « Le Guide de la France préhistorique » Edition Gallimard /Nouveaux Loisirs. Caisse Nationale des Monuments historiques et des sites. Edition du Patrimoine. Paris 1997. 159 pages, . p. 21-39-40.

(4) Même si lors de la fouille, on s'est aperçu qu'ils avaient servi, plus tard, de lieux funéraires aux Gaulois d'abord, puis aux Gallo-romains ensuite, ces deux tumulus sont d'origine néolithique. Ils datent d'entre moins 4 500 et 2 500 ans av. J.C. Ces fouilles ont fait l'objet d'un mémoire inséré dans le IX ème volume de la Société des Antiquaires du Centre.

(5) Alphonse Louis Marie Buhot de Kersers : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. Page 150.

(6) André d'Anna et Xavier Gutherz : « Enceintes, habitats ceinturés et sites perchés du néolithique au bronze ancien ». Editions Société languedocienne de préhistoire. Montpellier, 1989.

(7) Logiciel Google Earth version 4,2 sous Windows xp : recherché Plou/zone supposée de l'habitat néolithique des "terres de Plou"

(8) Diode de Sicile : (v.90av.J.C. – 21 av. J.C.) Historien Grec. Les livres I à V consacrés aux origines de monde, à l'histoire de l'Egypte et de la Chaldée, les livres XI à XX consacrés aux événements de 480 av. J.C. à 302 av. J.C.. in « Histoire de Berry » de Jean Chaumeau seigneur de Lassay. Editions Antoine Gryphius. Lyon. 1566.

(9) Strabon : ce fut un géographe grec qui naquit à Amasée en Cappadoce (actuelle Amasya en Turquie en 58 av. J.-C. Il mourut  entre 21 et 25 ap. J.-C.

(10) Alphonse Louis Marie Buhot de Kersers : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. Page 150.

(11) Jean Lemaire: « Illustrations » . Second chapitre phrigion en ses chroniques.. in « Histoire de Berry » de Jean Chaumeau seigneur de Lassay. Editions Antoine Gryphius. Lyon. 1566.

(12) Gaudenr Merula : « Raison de la monarchie » . Troisième livre. Troisième chapitre. in « Histoire de Berry » de Jean Chaumeau seigneur de Lassay. Editions Antoine Gryphius. Lyon. 1566.

(13) André d'Anna et Xavier Gutherz : « Enceintes, habitats ceinturés et sites perchés du néolithique au bronze ancien ». Editions Société languedocienne de préhistoire. Montpellier, 1989.

(14) Simon Pelloutier : « Histoire des Celtes, et particulièrement des Gaulois et des Germains depuis les tems fabuleux, jusqu'à la prise de Rome par les Gaulois ». [Livres I-II] Publié par I. Beauregard, 1740. 120 pages. p.22.

(15) Amédée Thierry : « Histoire des Gaulois ». Editions Hachette. Paris 1835. 415 pages,.p.10.

(16) L'oenochoé : est un vase d'origine étrusque, d'une taille comprise entre 15 et 50 centimètres en moyenne. Elle servait à puiser l'eau dans un fontaine ou du vin dans un baquet. Sa panse arrondie, son embouchure circulaire ou trilobée et son anse généralement unique lui donnent l'apparence d'une cruche.

(17) Amédée Thierry : « Histoire des Gaulois ». Editions Hachette. Paris 1835. 415 pages.p.48

(18) Félix Pallet : « Nouvelle histoire du Berry ».Publié en, 1783. p. 10.

(19) Bien que citée par Jean Chaumeau en 1566, cette interprétation d'où découle l'origine des racines du Berry n'est pas retenue par Thaumas de la Thaumassière lors de l'écriture de son « Histoire du Berry » en 1689.

(20) Ce serait de cette légende que viendrait l'image du mouton dans les armoiries du Berry et de la ville de Bourges. In « Histoire du Berry » Jean Chaumeau. Edition Gryphius. Lyon 1566. 365 pages, p 5.

(21) Félix Pallet : « Nouvelle histoire du Berry ».Publié en , 1783. p. 2.

(22) Admise par Jean Chaumeau, (op.cit.) la date de l'origine de la ville de Bourges est réfutée par Thaumas de la Thaumassière (op. cit.). Ce dernier s'accord avec le père Labbe dans son « éloge historique de Bourges » pour affirmer que les écrits de Tite Live, livre V, situent l'origine de la ville de Bourges sous le règne de Tarquin roi de Rome, c'est à dire vers moins 648 av. J.C.

(23) Flavius Josephus, Saint Isidore de Séville, Saint Jérôme, Eustache d'Antioche, Joseph Gorionide, donnent tous « Gomer Gallus » comme l'un des sept fils de Noé et comme fondateur du peuple gaulois. Mais la lecture de leurs ouvrages démontre que cette origine est pour l'essentiel extraite d'une certaine mythologie antique qui ne repose pas sur des preuves incontestables.
Toutefois, Louis Pierre Anquetil en 1820 et d'autres auteurs historiens du IXXe. citent les affirmations des Anciens. Il en est de même pour l'Académie des Sciences de Dijon en 1829.

(24) Amédée Thierry : « Histoire des Gaulois ». Editions Hachette. Paris 1835. 415 pages, page 1.

(25) Abel Hugo : « France historique et monumentale: Histoire générale de France depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours ... » Editions H.L. Delloye, 1836 page 13

(26) Abel Hugo : « France historique et monumentale: Histoire générale de France depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours ... » Editions H.L. Delloye, 1836 page 12.

(27) La Charte latine de 1185 entre le seigneur de Chârost et l'abbaye Saint Sulpice de Bourges qui donne connaissance de l'essartage de Champeau à Brouillamnon, atteste du fort boisement des terres de Plou.

(28) Logiciel Google Earth version 4,2 sous Windows xp : recherché Plou/ »les Masures, ancien village primitif supposé des "terres de Plou". Images NASA 2008.

(29) Aucune recherche archéologique n'a été entreprise sur ce lieu-dit avant le transfère de l'ancien cimetière qui était établi autour de l'Eglise à cet endroit encore en 1765. L'implantation du nouveau cimetière au lieu-dit « les Masures » a beaucoup chamboulé le lieu et certainement détruits bon nombre de vestiges. Mais il n'en est pas moins vrai qu'un examen approfondi du lieu pourrait fortement éclairer l'histoire des « terres de Plou ».

(30) Logiciel Google Earth version 4,2 sous Windows xp : recherché Plou/ »les Masures, ancien village primitif supposé des "terres de Plou". Images NASA 2008.
 
(31) Alphonse Louis Marie Buhot de Kersers : « Histoire et Statistique Monumentale du Département du Cher ». Edité en 1885. Réédité par Livre d'Histoire. Paris 1996. page 150.





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