Auto-sabordage de l'emploi ?

A lire un article très interressant  qui met l'éclairage sur les inconvénients à long terme de ce statut d' Auto-entrepreneurs.  Attention !! voici les effets secondaires d'une consommation excessive du soi disant 'dopant" de l'emploi ou plus justement du "non-emploi".
A consommer avec modération, sous risque de créer une accoutumance chez l'employeur!

Articles LE MONDE et Yahoo:
Pour Hervé Novelli,...Malgré le poids de l'idéologie et du conformisme "étatistes", il y a en chaque Français un chef d'entreprise qui sommeille, écrit ce libéral dans L'Autoentrepreneur,le livre des Editions du Rocher, Cette conversion tardive serait d'autant plus méritoire qu'elle a lieu "malgré la crise que nous traversons", comme s'en félicitait, en mai, le président de la République.
Malgré la crise ? D'après tous les observateurs, la dégradation du contexte économique et social a joué, au contraire, un rôle majeur dans le succès de la mesure. Choisie à défaut d'autres possibilités, facilitée par l'essor d'Internet, l'autoentreprise apparaît comme une solution provisoire pour traverser des temps difficiles. Les demandeurs d'emploi, allocataires de minima sociaux, ou les personnes sans revenu, représentent près de la moitié des effectifs, selon un sondage réalisé par OpinionWay pour l'Observatoire de l'autoentrepreneur
Les jeunes diplômés qui ne parviennent pas à s'insérer dans le monde du travail, les retraités insatisfaits du montant de leur pension, semblent également être de plus en plus nombreux à tenter leur chance. Ces derniers représentent déjà 17 % des effectifs inscrits dans le dispositif, selon le sondage. Même parmi les salariés à temps plein (29 % des effectifs d'après le sondage), ceux qui optent pour une activité complémentaire ne cherchent pas tous uniquement à respecter le dogme "travailler plus pour gagner plus". Le désir de rentabiliser un hobby, de s'aménager un espace de liberté en devenant son propre patron, peut traduire un mal-être dans l'entreprise traditionnelle. Avec une moyenne de 44 ans, selon le sondage, le régime a particulièrement attiré les classes d'âge touchées par ces frustrations De fait, davantage qu'un moteur d'une révolution en marche, le succès de l'autoentreprise peut être considéré comme un symptôme des bouleversements en cours sur le marché du travail. "La crise ne fait qu'accélérer le mouvement, estime Maria Nowak, présidente de l'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE), qui apprécie qu'un tel dispositif puisse compléter ses initiatives en faveur du microcrédit. Parmi ces tendances lourdes, l'autoentreprise fait émerger un pan de cette économie informelle qui doit représenter aujourd'hui 15 % du PIB. Elle montre que la pluriactivité s'est largement répandue comme une stratégie de survie parmi les populations en difficulté, comme cela s'est toujours passé dans le monde rural." Le succès du régime aura ainsi pour avantage de faire entrer dans la légalité une part non négligeable du travail au noir. Pour la sociologue Anne-Marie Guillemard, "il n'y a rien d'étonnant à ce que l'autoentreprise puisse attirer, faute de mieux, les deux générations qui se retrouvent exclues du marché du travail, les seniors et les jeunes diplômés". "Pour les premiers, poursuit-elle, elle peut atténuer légèrement le gâchis des départs massifs en préretraite imposés par des entreprises qui n'ont pas su tirer profit de la fin de carrière de leur personnel. Pour les seconds, qui ne peuvent se prévaloir ni d'expérience ni de réseau, les tentatives risquent de ne pas aller très loin." Car la crise favorise la naissance mais aussi la perte des petites entreprises. Moins de 50 000 autoentrepreneurs avaient déclaré un chiffre d'affaires en novembre. "Il y a deux évolutions possibles, analyse sur ce point Florence Lefresne, coauteur, avec d'autres chercheurs de l'Institut de recherches économique et sociales, de La France du travail (Editions de l'Atelier). Soit l'engouement a formé une bulle : il y aura autant de destructions que de créations d'autoentreprises, et le dispositif finira par se tarir. Soit le phénomène prend de l'ampleur et finit par mordre plus largement sur le salariat." Pour la socio-économiste, les entreprises pourraient alors être tentées de se séparer de certains employés, sans supporter le coût d'un licenciement, et de les convaincre de continuer à effectuer leurs tâches pour leur propre compte, comme une sorte de filiale individuelle. "Ces créations d'autoentreprises n'auront pas créé de richesse supplémentaire, dit-elle. Elles auront juste rejeté les risques vers le salarié, qui n'aura pas beaucoup gagné en autonomie et devra prendre en charge sa propre protection et sa retraite. Ce serait un degré de plus dans l'émiettement de l'emploi et la remise en cause de la protection sociale." Déjà remontent du terrain les premiers constats qui donnent corps à ces craintes. Ces clercs de notaire, mis en préretraite à cause de la crise immobilière, qui reviennent travailler dans leurs études pour des missions ponctuelles, en tant qu'autoentrepreneurs. Ces petites annonces qui imposent l'affiliation à ce régime pour obtenir le travail proposé. Ces autoentrepreneurs, dans le secteur du bâtiment notamment, soumis à la pression de clients uniques. Si ces dérives et ces effets d'aubaine devaient se généraliser, le régime ressemblerait davantage à l'officialisation d'une nouvelle forme de précarité et de sous-salariat qu'à la "fin de la lutte des classes" prédite par Hervé Novelli.
Jérôme Fenoglio



http://fr.biz.yahoo.com/20012010/395/l-rsquo-auto-entreprise-nbsp-un-nouveau-contrat-de-travail.html

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