Cyrano de Bergerac I,3 dans l'édition originale

"[Moi, c'est moralement que j'ai mes élégances.]

Je ne m'attife pas ainsi qu'un freluquet,

Mais je suis plus soigné si je suis moins coquet;

Je ne sortirais pas avec, par négligence,

Un affront pas très bien lavé, la conscience

Jaune encore de sommeil dans le coin de son oeil,

Un honneur chiffonné, des scrupules en deuil.

Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise,

Empanaché d'indépendance et de franchise;

Ce n'est pas une taille avantageuse, c'est

Mon âme que je cambre ainsi qu'en un corset,

Et tout couvert d'exploits qu'en rubans je m'attache,

Retroussant mon esprit ainsi qu'une moustache,

Je fais, en traversant les groupes et les ronds,

Sonner les vérités comme des éperons."

 

Respects, M. Rostand.


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