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Les discriminations dans le sport

Doc 1 : Pierre de Coubertin et le sport féminin

1912, Jeux de la Ve Olympiade de Stockholm. Les femmes étaient entrées par la petite porte, et non sans effraction, aux Jeux de Paris (1900), de St-Louis au Missouri (1904), de Londres (1908). Le compte-rendu officiel des Jeux de Stockholm, rédigé en français et indubitablement avec l’aval de Coubertin, porte: «Une olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte». C’est bien là le style et le vocabulaire de Coubertin; le choix des termes n’est pas innocent, même si le mot «femelle» doit être pris dans un sens plus physiologique et moins péjoratif qu’aujourd’hui.

D’ailleurs curieusement, dans la ‘Revue Olympique’ de juillet 1912, à la page 111, le texte, signé par Coubertin de façon indiscutable, est édulcoré dans la forme même s’il reste ferme dans le fond. «Impratique, inintéressante, inesthétique, et nous ne craignons pas de le dire, incorrecte, serait à notre avis, cette demi-olympiade féminine».

C’est l’époque où les mouvements féministes réclament violemment la création de Jeux Olympiques féminins. La correction du gentleman a repris le dessus, mais l’opposition est toujours irréductible.

Remontons le temps!

Bulletin du CIO - 3e année, 1928 (n°11 page 5)

« Quant à la participation des femmes aux Jeux, j’y demeure hostile. C’est contre mon gré qu’elles ont été admises à un nombre grandissant d’épreuves. »

Le Sport Suisse - 4 juillet 1934

Allocution prononcée le 23 juin 1934 dans I’aula de l’Université de Lausanne à l’occasion du 40e anniversaire du rétablissement des Jeux : « Je continue [...] à penser que le contact de I’athlétisme féminin est mauvais et que cet athlétisme devrait être exclu du programme olympique ».

Le Journal - Paris, 27 août 1936,

« Le seul véritable héros olympique, je l‘ai dit, c’est l‘adulte mâle individuel. Par conséquent, ni femmes, ni sports d’équipes. »

La cause est définitivement entendue. Coubertin restera, sa vie durant, l’opposant inconditionnel de la participation des femmes au programme des Jeux Olympiques.

Yves-Pierre Boulongne, Revue Olympique, 2000

Doc 2 : Rio 2016. Trop de testostérone, hanches étroites : ces sportives pas assez "femmes"

 « Concentrons-nous sur la performance d’aujourd’hui, pas sur les médicaments ». C’est l’étonnante réponse que la médaillée de bronze de Rio, Margaret Nyairera Wambi a adressée aux journalistes après sa performance au 800 m femmes, le 20 août 2016. Avec la médaillée d’or sud-africaine Caster Semenya, elles ont refusé de s’étendre sur les questions d’intersexualité. […] C’est que les deux femmes sont au cœur d’un débat mêlant identité sexuelle, hormones, performances physiques et équité. 

Aux Mondiaux de 2009, à Berlin, la coureuse sud-africaine, Caster Semenya, a 18 ans. Elle remporte la médaille d’or en déclassant ses concurrentes sur la finale du 800 mètres. Sa victoire va lui coûter cher… Une voix considérée comme trop grave, des épaules trop larges, un corps trop musclé et une poitrine trop plate, la sportive n’est pas assez féminine pour la presse. Des soupçons sur son identité sexuelle fleurissent. Ses concurrentes ne se privent pas de remarques sexistes, à l’image de l’Italienne Elisa Cusma Piccione qui déclare : « Pour moi, ce n’est pas une femme ». 

 À partir de ce moment, c'est la descente aux enfers pour la sportive. […] Pendant 11 mois, Caster Semenya est privée de compétitions pour « tester sa féminité » par tous les moyens : examens sanguins, chromosomiques, tests gynécologiques. Résultats : la Sud-africaine est intersexuée. Comme entre 0,1 et 0,4% de la population mondiale, ses attributs sexuels ne correspondent pas au sexe que l’on pourrait définir en étudiant sa génétique. Elle est également considérée par la Fédération Internationale d’Athlétisme (I.A.A.F.) comme une « athlète atteinte d’hyperandrogénie ». C’est à dire qu’elle secrète plus d’androgène que la moyenne, ce qui entraîne une hausse de son niveau de testostérone, hormone à l’origine d’une augmentation de la masse musculaire et donc suspectée d’influencer la performance.

Depuis les années 1960, le C.I.O. fait passer aux sportives toutes sortes de tests de féminité. Le Comité prétend ainsi être capable de définir ce qu’est une femme. Sur quels critères peut-il bien statuer ? Les gènes ? Les organes génitaux ? L’éducation ? Ou encore la psychologie ? […] Sa méthodologie ne cesse d’évoluer.

Dans les années 1960, les athlètes ont l’obligation de se soumettre à des tests gynécologiques. […] En 2011, pour un nouvel indice est entré en jeux : le taux de testostérone.

L’I.A.A.F […] décide alors de réglementer la participation aux épreuves des athlètes intersexuées en mai 2011 : interdiction pour les femmes ayant un taux de testostérone supérieur à 10 nanomoles par litre, de participer aux compétitions féminines. Dès lors, les athlètes ont plusieurs « choix » : prendre un traitement, subir une opération ou prouver qu’elles ne retirent aucun bénéfice de leur taux de testostérone supérieur à la moyenne. […] Mais tester le taux de testostérone d’un athlète est considéré par beaucoup de spécialistes de la santé et du sport comme une aberration. D’abord parce que la corrélation entre le taux de testostérone d’un athlète et sa performance n’a jamais été prouvée.

Deuxièmement, définir un taux de testostérone « normal » pour satisfaire un idéal d’équité dans la compétition serait aussi absurde que de déterminer une limite de taille. « La testostérone est une des variantes interindividuelles possibles, parmi beaucoup d’autres. Le morphotype d’Usain Bolt n’a jamais été critiqué et pourtant il l’avantage beaucoup » estime Catherine Louveau. […]  Il faut attendre juillet 2015 pour que la réglementation concernant le taux de testostérone des athlètes soit modifiée, grâce au cas de Dutee Chand. La sprinteuse indienne, offusquée de ne pas avoir été  autorisée à participer aux Jeux du Commonwealth de 2014 en raison de son hyperandrogénie avait saisi le Tribunal Arbitral du Sport (T.A.S.) qui statue en sa faveur en juillet 2015 : le règlement de l’I.A.A.F. sur l’hyperandrogénie est suspendu pour deux ans. Une victoire […] mais le combat n’est pas encore terminé : l’I.I.A.F. présentera dans les prochains mois un nouveau règlement. […] Au delà des textes, c'est aux mentalités qu'il va falloir s'attaquer selon Catherine Louveau: « C’est incroyable, les sportives doivent donner à voir des signes de la féminité dominante. Dans les années 1960-70, beaucoup d’athlètes avaient les cheveux courts pour des raisons pratiques, la plupart des compétitrices ont aujourd’hui des cheveux longs, du maquillage … C’est devenu obligatoire si elles veulent être médiatisées ».

Margot Cherrid, 27 août 2016 à 12 :19, site de TV5 Monde : http://information.tv5monde.com/terriennes/rio-2016-ces-athletes-feminines-qui-ne-rentrent-pas-dans-la-case-femme-124575

Doc 3 : Un marathon interdit aux femmes et oui !!! Le 9 avril était organisé sur le site de Persépolis, le premier marathon en Iran. 158 coureurs ont pris le départ d’une course interdite aux femmes. Après négociations, sur fond de polémique, deux marathoniennes « pionnières » ont finalement pris le départ mais 2 heures avant les hommes.

Une arche gonflable, un bus podium, une sono pour diffuser de la variété iranienne, une longue bordée de drapeaux, il ne manquait rien au départ de ce premier marathon organisé en Iran. Le site de départ était par ailleurs prestigieux et chargé d’histoire, Naqsh-e Rostam, un site archéologique à un jet de caillou de Persépolis. Un lieu chargé d’histoire perse où l’on trouve quatre tombes royales ornées de bas reliefs sculptés dans la roche. Le 9 Avril, au pied de ces nécropoles vieilles de 3000 ans, 158 coureurs hommes venus de 35 pays ont pris le départ de ce marathon baptisé « I run Iran ». Cette épreuve chargée de symbole a été mise sur pied par Sebastiaan Straten, une Hollandaise qui exploite une agence de voyage en Iran depuis 10 ans. Cette organisation témoigne sans nul doute de la volonté de ce pays de s’ouvrir au monde et de donner un nouveau départ à son industrie touristique. Depuis l’annonce de son lancement en fin d’année 2015, ce marathon a fait débat dans l’opinion publique iranien et dans la communauté de la course à pied car les autorités locales souhaitaient interdire la participation des femmes à cette course. Les candidates à ce marathon qui se sont vues refuser leur inscription ont alors alerté l’opinion publique dont notamment Free to Run géré par une avocate canadienne adepte des ultramarathons. Elle milite pour des projets humanitaires dans le Moyen Orient notamment en Palestine, en Afghanistan et au Sud Soudan, des zones de conflit où l’on apprend aux jeunes filles et jeunes femmes à conquérir de l’indépendance grâce au sport. Le slogan de la course a également alimenté la polémique, “Real men run Iran” jugé discriminatoire.

Masha Torabi, une iranienne âgée de 42 ans et vivant à Téhéran a refusé de se joindre à l’appel au boycott. Au contraire, désireuse de courir à tout prix ce marathon, celle-ci s’est engagée dans un bras de fer avec la Fédération d’athlétisme de la République Islamique d’Iran (IRIAAF) pour obtenir le droit de s’inscrire. Au final un compromis a été trouvé avec l’autorisation de courir mais en prenant le départ deux heures avant les hommes. Au petit matin donc, deux heures avant le coup de canon, deux femmes, Masha Torabi portant le tee-shirt « Free to Run » accompagnée d’une autre féminine identifiée comme Elham, ont donc pris le départ de cet événement inaugural. Le temps final importe peu, elles ont terminé en cinq heures environ et ont reçu toutes les deux la médaille officielle de « finisher ». Mais une brèche est ouverte. Le débat a été lancé auprès des autorités religieuses, la porte pourra-t-elle restée ouverte ? Rien n’est certain dans un tel climat de controverse. Quant à la course  « hommes », les coureurs se sont lancés sur un parcours plat en direction du centre industriel de Marydasht pour revenir ensuite sur le site de Persépolis. Sur le parcours, les enfants réquisitionnés agitaient des drapeaux iraniens et brandissaient des pancartes écrites en anglais « Bienvenue à l’Iran » et « l’Iran est le pays le plus sûr du monde ». Farzollah Rustami remporte cette première édition en 2h 46’, drapeau iranien flottant au vent. Cela pourrait lui ouvrir les portes des Jeux Olympiques. Devant les micros, ce marathonien chevronné avait retenu la leçon pour déclarer un message très officiel : « Tous les Iraniens veulent montrer la paix et de l’amitié à tous. Nous sommes des gens pacifiques. Nous ne sommes pas des terroristes. »

Gilles Bertrand, ASJ74, 28/04/2016 : http://www.asj74.org/un-marathon-interdit-aux-femmes-et-oui/

Doc 4 : 42 kilomètres à pied, ça n'use pas que les souliers (article de F. Sacco, juillet 2001)

 « A travail égal, salaire égal », dit la loi fédérale [suisse] sur l'égalité, qui stipule que les hommes et les femmes sont égaux en droit. Ce n'est visiblement pas le cas dans la course à pied où, à nombre de kilomètres égal, les femmes gagnent souvent 30 à 50% de moins que les hommes.

Certains tenteront de rationaliser : « C'est normal, les hommes sont plus rapides » ou : « ils attirent davantage de spectateurs ». […]

Résumé de la politique des primes des épreuves passées sous revue dans la présente enquête

 On trouve les deux extrêmes suivantes :

1)      Les primes sont égales pour les deux sexes et le nombre d'athlètes récompensés est le même dans les deux catégories.

 2)      Les primes sont plus basses pour les femmes et elles sont moins nombreuses que les hommes à être récompensées.

 Entre ces deux extrêmes, il existe des nuances : certaines épreuves accordent l'égalité des primes pour les trois premiers rangs, les montants étant ensuite plus bas pour les femmes ; d'autres attribuent des primes moins élevées pour les femmes mais récompensent le même nombre de personnes dans les deux catégories.

  Les raisons invoquées pour justifier l'inégalité des primes hommes-femmes

 Les 3 arguments les plus fréquent pour justifier que les femmes reçoivent des primes inférieures sont :

-         Les femmes sont moins rapides que les hommes: le record mondial est de 2 :20 :43 chez les femmes (établi en 1999) et de 2 :05 :42 chez les hommes (1999 également).

-         Les femmes sont beaucoup moins nombreuses à participer que les hommes, ce qui signifie que la concurrence est moins forte dans leur catégorie. […]

-         L'inégalité des primes est justifiée par des impératifs économiques (« business is business »)

[…] Les contre-arguments

-         L'idée selon laquelle il est juste que l'homme reçoive davantage parce qu'il court plus vite implique une dépréciation de la femme en raison de son sexe. Les femmes ne possèdent pas le potentiel musculaire des hommes. Si les records masculins et féminins ne sont pas égaux en chiffres absolus, du moins pourrait-on espérer qu'ils soient considérés de valeur équivalente. Or, l'inégalité des primes signifie clairement que la performance masculine a plus de valeur que la performance féminine.

-         Le fait que les femmes soient moins nombreuses que les hommes peut éventuellement justifier la rétribution d'un moins grand nombre d'athlètes dans leur catégorie (les 50 premiers et les 25 premières, par exemple), mais cela ne justifie pas l'inégalité des montants.

-         S'il est « plus facile » pour une femme de bien se classer du fait de la moindre concurrence dans sa catégorie, ceci ne joue que pour les coureuses qui sont très fortes, car il n'est pas plus facile pour une femme de courir en 2 :25 que pour un homme de courir en 2 :10. On peut même soutenir le raisonnement opposé, à savoir qu'il est « plus facile » pour les hommes de niveau amateur de finir classé, car le temps limite pour franchir la ligne d'arrivée ' le plus souvent 5 ou 6 heures ' privilégie nettement les hommes : en effet, s'il est honorable pour une femme de niveau amateur de terminer en 4 heures, ce n'est pas le cas pour un coureur amateur. On pourrait même s'étonner qu'il n'existe pas un temps limite différent pour les hommes et les femmes.

-         Les femmes ont été interdites de courses populaires et de marathon olympique jusqu'à un passé récent (J.O. 1984). Sachant qu'elles ont été interdites de compétition si longtemps, il est cruel de dire, aujourd'hui, qu'elles ne méritent pas les mêmes primes que les hommes parce qu'elles sont moins nombreuses qu'eux.

-         Le dopage aussi est imputable aux enjeux financiers du sport. D'ailleurs, jusqu'en 1983, les États-Unis et le Canada ont refusé de mener des campagnes contre le dopage sous prétexte qu'il s'agissait de « manifestations contraire à l'esprit de libre entreprise ». En fin de compte, les personnes qui utilisent l'argument des règles économiques ne font que dresser un constat d'échec.

 Relevons que l'organisateur du marathon de Lausanne, interrogé sur les raisons pour lesquelles les primes d'arrivée sont inégales entre les deux sexes dans son épreuve, a répondu: 'Il n'y a pas de raisons. C'est un choix. Il y a des marathons qui investissent davantage sur les hommes que sur les femmes, chacun axe sa course selon son choix '. Fait piquant, la promotion du marathon de Lausanne n'est pas assurée par un homme, mais par une femme, la française d'origine russe Irina Kasakova, gagnante à plusieurs reprises : c'est elle qui figure notamment sur l'affiche officielle, les dépliants et le site internet de l'épreuve. […]

Document 5 : Tennis, l’égalité des primes hommes-femmes est-elle injuste ?

Novak Djokovic est un immense champion. Le Serbe, numéro 1 mondial de tennis, vient de remporter, dimanche, le tournoi d’Indian Wells. En finale, il a croqué le colosse canadien (1,96 m pour 90 kg), Milos Raonic, comme il avale ses tartines sans gluten au petit déjeuner(6-2, 6-0). […] Mais « Djoko » n’est pas totalement heureux. […] Depuis le début de sa carrière, il n’est pas loin des 100 millions de dollars empochés sur le circuit, un record qu’il dispute au Suisse Roger Federer. Oui, mais voilà, Novak Djokovic pense qu’il devrait gagner encore plus d’argent. Et cela le turlupine.

 « Les statistiques montrent qu’il y a plus de spectateurs pour les matchs de tennis masculins. Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles nous devrions gagner plus », a-t-il déclaré dimanche alors que sa victoire à Indian Wells lui a tout de même rapporté la bagatelle de 1 028 300 dollars. […] Puis, en artiste du contre-pied, il a affirmé que les « joueuses [s’étaient] battues pour ce qu’elles méritaient et elles l’[avaient] obtenu », tout en ajoutant que l’ATP, l’équivalent masculin de la WTA, « devrait se battre pour [obtenir] plus ». Résumons : l’égalité salariale, c’est bien, mais si les hommes pouvaient gagner encore un peu plus que les femmes, ce serait mieux.

Le sujet du bien-fondé de l’égalité des primes n’est pas nouveau. A l’été 2012, en marge du tournoi de Wimbledon, le Français Gilles Simon avait tenu ce discours : « J’ai le sentiment qu’en ce moment le tennis masculin est plus intéressant que le tennis féminin. Comme dans tout business, on doit être payé en fonction de cela. ». Le joueur évoquait le fait qu’« en Grand Chelem les hommes passent deux fois plus de temps sur les courts que les femmes ». Il est incontestable que, lors des quatre tournois principaux de l’année, les hommes jouent en trois sets gagnants, contre deux pour les femmes. À l’arrivée, le vainqueur masculin a donc souvent plus sué sur les courts pour empocher la même somme. […]

L’argument du tennis masculin qui offrirait un spectacle « plus intéressant » que chez les femmes pourrait également se retourner contre le Serbe. A force de rosser ses adversaires – il en est à 22 victoires pour 1 défaite depuis le début d’année –, « Djoko » n’est-il pas en train de tuer tout suspense, un ingrédient pourtant essentiel du spectacle sportif ?

Le tennis est l’un des sports qui répartissent le mieux l’argent entre les hommes et les femmes. En juin 2015, le magazine Forbes, spécialiste des comparaisons de gros portefeuilles, a classé les sportifs les mieux payés. Les deux seules femmes de ce top 100 mondial (!) étaient des joueuses de tennis. Avec 24,6 millions de dollars de gains annuels, l’Américaine Serena Williams arrivait en 47e position. Mieux, avec 29,7 millions de dollars, la Russe Maria Sharapova – depuis prise par la patrouille pour dopage – occupait le 26e rang.

Mais que Novak Djokovic et Gilles Simon se rassurent, l’égalité parfaite est encore loin. Bien devant Williams et Sharapova, le Suisse Roger Federer figurait ainsi en 5e position de ce classement de Forbes, avec 67 millions de dollars, dont « seulement » 9 millions perçus pour ses résultats sur les courts, car l’essentiel des revenus des stars du tennis proviennent des contrats publicitaires. Or, dans le tennis comme dans les autres sports, les sponsors sont généralement plus généreux avec les hommes qu’avec les femmes.

D’une manière générale, […] les joueuses et les joueurs de l’élite mondiale du tennis n’ont pas de difficultés de revenus, eux dont les gains s’élèvent souvent à sept chiffres à la fin de l’année. […] Si la sortie de Djokovic peut apparaître indécente, ce n’est pas tant à l’égard des femmes que des joueurs et des joueuses qui luttent chaque année, pour ne pas sortir du top 100 ou du top 150 mondial. Car le tennis reste un sport très inégalitaire, où les différences les plus criantes ne sont pas fondées sur le sexe [mais sur le classement]

Yann Bouchez, Le Monde.fr | 21.03.2016 à 16h51


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