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Gouvernance, suite et fin

Gouverner la France depuis la Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale a ruiné la France et remis en cause ses institutions politiques, avec l'effondrement de la IIIe République remplacée par le régime de Vichy dirigé par Pétain de 1940 à 1944. À la Libération (entre juin et septembre 44 pour l'essentiel) va se mettre en place une nouvelle forme de gouvernance. Elle vise à reconstruire l'État et le pays dans tous les domaines. Un nouveau régime parlementaire s'instaure, la IVe République. Ce régime se veut plus démocratique que les précédents, avec notamment le droit de vote des femmes accordé en 1944. Mais le système électoral, fondé sur la proportionnelle, se traduit par une forte instabilité ministérielle : un gouvernement dure en moyenne 6 mois, car les majorités sont constituées de coalitions centristes fragiles, qu'on baptise de « troisième force » à partir de 1947, alors que les deux plus puissants partis de France, le Parti communiste à l'extrême gauche et le parti gaulliste (RPF) à droite sont dans l'opposition. Dans le but de redresser la situation économique et de promouvoir l'égalité sociale, une politique économique keynésienne se met en place, avec notamment d'importantes nationalisations en 1944-1946 (notamment l'essentiel du secteur bancaire et la production d'énergie), la mise en place de l'État-providence avec la création de la Sécurité Sociale en octobre 1945 dont le but est de protéger les Français du berceau (allocations familiales) jusqu'à la tombe (retraites). L'activité économique est plus étroitement contrôlée et orientée par l'État, avec la création du Commissariat général au Plan (1946) qui a pour but d'organiser sur le long terme l'activité économique. De nombreux hauts fonctionnaires jouent un rôle dans ce contrôle de l'économie, ils disposent désormais d'une solide formation grâce à la création de l'ENA (Ecole Nationale d'Administration) en 1945. Le redressement économique de la France est un succès, mais le régime reste confronté à de graves crises tout au long des années 50.

En 1958, l'instabilité ministérielle et la guerre d'Algérie favorisent le retour au pouvoir du général de Gaulle. Il fait adopter par référendum (septembre) le passage à la Ve République, un régime présidentiel où le pouvoir exécutif est renforcé, notamment celui détenu par le président de la République, chef des armées doté d'importantes prérogatives et élu au Suffrage universel à partir du référendum de 1962. A partir de cette date, alors que la croissance économique atteint ses sommets durant les années 60, l'État diversifie plus encore ses domaines d'interventions, avec notamment l'aménagement du territoire (création d'un réseau autoroutier, mise en place de la production d'énergie nucléaire à partir de la crise de 73) ou la création d'un ministère de la Culture, dont le premier titulaire est le célèbre écrivain André Malraux. C'est notamment sous l'impulsion de ce ministère que se crée des réalisations majeures, comme le centre Beaubourg-Georges Pompidou pour l'art contemporain à Paris.

A partir de 1983, et après l'échec des deux premières années du premier mandat de François Mitterrand qui a tenté une dernière politique de relance proche de celle pratiquée à la Libération (nationalisations, action volontariste de l'État), les domaines d'intervention de l'État sont cependant remis en cause, alors que la crise économique et les déficits budgétaires amoindrissent ses capacités. Les politiques économiques suivies en France, comme dans l'ensemble du monde occidental, sont d'inspiration globalement libérales et se traduisent par des privatisations (à partir de 1986) et différentes formes de dérégulation. Cela n'empêche pas l'État français, au contraire de ses voisins, de mettre en œuvre une nouvelle diminution du temps de travail (35 heures en 1999) et de nouvelles mesures d'aides sociales pour faire face aux conséquences de la crise, et notamment aider les populations durablement privées d'emplois (mise en place du RMI, revenu minimum d'insertion en 1988, élargi et devenu RSA, revenu de solidarité active, en 2008).


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La gouvernance européenne

Après diverses tentatives de domination du continent européen par la force (Napoléon, Hitler), le projet d'unification européenne est relancé à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la fois pour éviter un nouveau conflit catastrophique, mais aussi pour faire face à la menace soviétique. Ce projet est original, car il est démocratique et veut s'imposer pacifiquement.

Préparée par la Conférence de La Haye de 1948, qui crée un organisme de concertation mais sans pouvoir de décision, le Conseil de l'Europe (1949), le premier projet d'unification économique du continent est proposé par le ministre français des Affaires étrangères, Schuman, en 1950. Ce « plan Schuman » vise d'abord à unir la France et l'Allemagne, mais est aussi accepté par le Benelux et l'Italie. Ce sont donc 6 pays qui s'unissent en 1951 dans la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier), qui s'étend à l'ensemble des activités économiques par la création de la CEE en 1957 (Communauté Economique Européenne). Les droits douaniers entre les pays membres sont progressivement supprimés, une réglementation commune s'impose dans certains domaines, et une Politique Agricole Commune (PAC) est mise en place à partir de 1962. Cette gouvernance rencontre au départ des succès économiques (forte croissance des Trente Glorieuses) et politiques (réconciliation franco-allemande symbolisée par le traité de l'Elysée de 1963). Les pays n'arrivent cependant pas à élargir cette Europe au domaine militaire (échec de la CED, Communauté Européenne de Défense, en 1954). De même, la gouvernance de cette Europe est complexe, d'où une certaine méfiance des citoyens : les décisions sont préparées par la Commission Européenne, entérinée par le conseil des ministres (qui réunit les dirigeants de chacun des pays membres), et leur application est vérifiée par la Cour de justice européenne, qui peut sanctionner les États membres qui ne les appliquent pas. Par ailleurs a été créé un Parlement européen qui siège à Strasbourg, mais n'a dans les premiers temps qu'un rôle symbolique.

À partir des années 70, l'Europe connaît de nombreuses évolutions, notamment sous l'impulsion du « couple franco-allemand » qui en est le principal moteur. L'intégration économique s'accélère, avec notamment la mise en place du marché unique (1986) qui entérine la libre-circulation non seulement des marchandises, mais aussi des capitaux et des hommes et la signature du traité de Maastricht qui prévoit la création d'une monnaie unique pour les pays volontaires (1992). L'euro, mis en place entre 1999 et 2002, en est la conséquence. Par ailleurs, on cherche à donner plus de poids à la démocratie en renforçant le rôle du Parlement européen, qui est élu au Suffrage universel à partir de 1979. Dans le même temps, l'Europe s'élargit à de nouveaux pays, notamment le RU (1973) et les pays d'Europe du sud au cours des années 80. Ceci dit, les difficultés commencent à se faire jour au cours de cette période. Le RU n'est pas un partenaire commode et s'oppose souvent au couple franco-allemand, alors que la crise économique nourrit la montée des partis populistes eurosceptiques.

Ces tendances s'accentuent depuis les années 90. L'Europe continue de s'étendre. Elle intègre la plupart des pays de l'ancienne Europe communiste et comprend ainsi 28 pays en 2013. Mais cela rend la prise de décision de plus en plus compliquée, en dépit de mesures pour étendre les votes à la majorité au lieu de l'unanimité (traité de Lisbonne, 2007). L'Europe est par ailleurs confrontée à de nombreuses difficultés intérieures (crises économiques, notamment celle de 2008) et extérieures (guerre dans les Balkans dans les années 90, guerre en Syrie et crise des réfugiés à l'heure actuelle). L'euroscepticisme continue de s'étendre, et explique la défiance de nombreux Européens qu'attestent divers référendums (rejet par la France d'un projet de constitution européenne en 2005) et les succès électoraux de l'extrême-droite dans de nombreux pays. Le vote du Brexit par les Britanniques en 2016 en est le symbole le plus important, et à l'heure actuelle, l'Europe paraît à la croisée des chemins : soit modifier son fonctionnement et sa gouvernance, soit se diriger vers l'implosion.


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La gouvernance économique mondiale depuis 1944

La gouvernance désigne l'ensemble des mesures, des règles, des organes de décision, qui assurent le bon fonctionnement d'un État, d'une institution ou d'une organisation internationale. Suite à la crise de 1929 et à son rôle dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les États alliés, sous l'impulsion des États-Unis, décident d'organiser à partir de la fin une gouvernance économique mondiale. Elle a pour objectif de préserver la paix par la libéralisation du commerce qui favorise la bonne intelligence entre les nations et de faire reculer la pauvreté, afin d'éviter l'essor des extrémismes (nazisme, mais aussi communisme).

Cette gouvernance économique mondiale s'organise lors de la conférence de Bretton Woods en 1944 sous l'égide des États-Unis et regroupe initialement surtout des pays d'Europe de l'Ouest et le Japon. Elle consacre la suprématie des États-Unis, symbolisée notamment que le dollar est désormais la monnaie internationale de référence (Gold Exchange Standard), la seule convertible en or. Elle s'appuie sur deux institutions dont le siège se situe à Washington : le FMI (Fonds Monétaire International), chargé de veiller à la stabilité des monnaies et la BIRD (Banque Internationale pour la reconstruction et le développement), qui est chargée de prêter de l'argent à plus long terme aux différents pays pour favoriser leur croissance économique. En même temps, des accords visent à abaisser progressivement les tarifs douaniers entre pays participants, il s'agit du GATT, dont les premiers traités sont signés en 1947. Cette gouvernance mondiale s'étend progressivement à certains pays du Sud au cours des années 50 et 60. Elle favorise la prospérité du monde occidental (les Trente Glorieuses) jusqu'au début des années 70, mais est vivement critiquée par de nombreux pays du Sud qui dénoncent les inégalités à l'échelle mondiale.

Au début des années 70, ce système est remis en cause, à la fois en raison du déclin relatif des États-Unis, qui ne peuvent plus assurer la convertibilité de leur monnaie en or à partir de 1971, et en raison du choc pétrolier de 1973 qui entraîne une crise économique mondiale qui marque la fin des Trente Glorieuses. C'est le début d'une tentative de gouvernance mondiale plus collective (création du G7 en 1975, qui réunit les EU, le RU, l'Allemagne, la France, le Canada, l'Italie et le Japon ; première tentative aussi des Européens de s'unir davantage sur le plan monétaire, avec notamment le SME à partir de 1972). Les pays du Sud tentent de leur côté d'instaurer un « Nouvel ordre économique mondial » lors de la Conférence d'Alger en 1973, marqué par une intervention accrue des États, mais sans succès. Au contraire, à partir de la fin des années 70, c'est une politique plus libérale (« néo-libérale ») qui s'impose, surtout après l'élection de Margaret Thatcher au RU (1979) et de Ronald Reagan aux EU (1980). Elle s'étend progressivement à la plus grande partie du monde occidental.

Cette évolution néolibérale est encore accentuée après la fin de la guerre froide. La gouvernance économique mondiale s'étend progressivement au monde entier, à quelques rares exceptions près (Corée du Nord). Elle s'identifie à ce qu'on appelle la mondialisation et est désormais symbolisée par l'OMC, qui prend en 1995 la suite des accords du GATT. Elle se traduit également par la multiplication des zones de libre-échange à l'échelle régionale (Amérique du Nord avec l'ALENA qui se met en place en 1994, Amérique du Sud avec le Mercosur, 1991…). Partout, on privatise massivement et les États dérégulent les marchés. La crise de 2008 a cependant en partie remis en cause cette évolution, tout en favorisant une gouvernance de plus en plus multipolaire, symbolisée par le G20 (qui regroupe les principaux pays occidentaux, mais aussi les grandes puissances du Sud, à commencer par les BRICS). Elle débouche en effet sur un mécontentement croissant envers les élites mondiales, symbolisé par les votes britannique (Brexit) et américain (élection de Trump) de 2016, qui traduisent notamment le refus du libre-échange et de la mondialisation actuelle.


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Résumé chap 1 de géographie

Chapitre : Des cartes pour comprendre le monde

Selon Fernand Joly, « Une carte est une représentation géométrique plane simplifiée et conventionnelle de tout ou partie de la surface terrestre ». La cartographie, c'est-à-dire l'étude des cartes géographiques ou leur réalisation nécessite donc la maîtrise de ces conventions qui constituent un langage. Deux conventions guident la lecture générale de la carte :

-            L'échelle, qui doit être normalement indiquée. On distingue les cartes à petite échelle (comme un planisphère) des cartes à grandes échelle (carte d'une ville par exemple). L'explication géographique nécessite souvent des cartes à différentes échelles

-            L'orientation. Par convention, depuis le Moyen Âge, les cartes sont orientées vers le Nord (sauf exception précisée sur la carte).

Par ailleurs, les figurés, variables d'une carte à l'autre, constituent les éléments-clés du langage cartographique et obéissent à des règles :

-            Les figurés ponctuels (point pour les villes, triangles pour les ressources pétrolières, etc.) servent à localiser précisément des éléments qui apparaissent généralement en plusieurs endroits de la carte

-            Les figurés linéaires (limites des continents, des pays, routes, fleuves, flux d'un pays à l'autre, etc.) servent soit à délimiter des zones, soit à matérialiser des liens qui les unissent

-            Les figurés de surface ou plages de couleur servent à matérialiser une caractéristique de l'espace colorié (ainsi, la densité, le relief, etc.). Certaines couleurs sont obligatoires (vert pour les plaines) et lorsqu'elles indiquent un phénomène d'intensité variable (carte distinguant des pays à forte, moyenne et faible densités), elles doivent respecter un dégradé allant du rouge foncé au jaune clair.

La signification des figurés doit être précisée par la légende, alors qu'une nomenclature hiérarchisée doit indiquer le nom des villes, fleuves, pays, etc. visibles sur la carte.

Si la cartographie constitue un langage, chaque carte constitue un discours, et elle exprime une part de subjectivité, que les auteurs n'expliquent jamais. On peut faire attention aux phénomènes suivants :

-            Le choix des limites sur la carte, comme les frontières (celles d'Israël, alors que ce pays occupe depuis 1967 les territoires palestiniens, ce qui n'est pas reconnu par les autres pays ; l'existence ou non d'un partage de l'île de Chypre en 2, alors que la Turquie occupe le NE de l'île depuis 1974, situation sur le terrain contraire au statut juridique de l'île qui reste unie selon le droit international ; cas plus récent de la Crimée, annexée par la Russie en 2014 mais toujours revendiquée par l'Ukraine).

-            La discrétisation, c'est-à-dire, lorsqu'on a un phénomène d'intensité variable, la façon dont on a délimité les groupes de pays correspondant à une couleur. Elle débouche sur le dévoilement de réalités légèrement différentes (si l'on étudie la densité de la population lilloise, des cartes opérant un choix de discrétisation fondé sur les écarts-types mettront en évidence la forte densité d'un étroit centre urbain, alors que d'autres, utilisant un autre critère, mettront en évidence un long couloir qui part du centre pour se prolonger vers le NE)

-          Le choix du vocabulaire employé dans la légende (qu'appelle-t-on un conflit ?)

Il faut être conscient des choix des auteurs, mais la carte reste indispensable pour comprendre le monde actuel, anticiper l'avenir, et agir.

Pour le bac, vous avez besoin de maîtriser quatre lectures différentes du monde, et donc de comprendre les planisphères qui les précisent :

-            La lecture géopolitique indique les rapports de force entre pays ou territoires. Dans le monde actuel, on distingue un arc de crise qui part du littoral de l'Afrique sahélienne en passant par le Proche et le Moyen-Orient (guerre civile en Syrie depuis 2011) et va jusqu'en Afghanistan (intervention américaine depuis 2001). Le reste du monde, notamment occidental, connaît moins de conflits, mais ils ne sont pas pour autant absents (cf. en Europe la situation en Ukraine, avec un conflit sécessionniste de l'Est russophone appelé aussi guerre du Donbass depuis 2014, les violences ont diminué mais n'ont pas cessé avec les accords de Minsk en 2015). Les conflits dans le monde sont en partie régulés par la puissance américaine et ses alliés de l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord) créée en avril 1949. Ils n'ont jusqu'à maintenant jamais opposés directement entre eux les puissances nucléaires (rôle de la dissuasion) même si les tensions actuelles entre l'Inde et le Pakistan font redouter une guerre entre ces deux pays, qui demeure peu probable. Les autres puissances nucléaires étant les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, à commencer par les EU et la Russie qui disposent de l'armement le plus nombreux, Israël et la Corée du Nord. Les organisations internationales économiques et parfois politiques qui regroupent différents pays ont parfois aussi un rôle dans ces conflits. Les plus importantes sont pour les pays du Nord : l'UE (fondée sous le nom de CEE en 1957) et l'ALENA (Accord de Libre-Echange Nord-Américain), fondée en 1992. Pour les pays du Sud le Mercosur en Amérique latine, fondé en 1991, et l'ASEAN (Association des Nations d'Asie du Sud-Est) créé en 1967.

-            La lecture géoéconomique insiste sur le niveau de développement des pays. On oppose traditionnellement depuis la Seconde Guerre mondiale le Nord développé au Sud en voie de développement. À l'heure actuelle, les choses sont devenues plus complexes. On distingue deux Nords : l'Occident (Europe de l'Ouest, Amérique du Nord, Japon, les 3 pôles les plus riches qui constituent la Triade et enfin Australie/Nlle Zélande) est nettement plus riche que l'Est (Russie et pays voisins). On distingue également plusieurs Suds :

·       les pays émergents qui connaissent une forte croissance grâce au développement de l'industrie (cf. Chine et pays ateliers), des services (cf. Inde et diverses destinations touristiques) ou aux revenus du pétrole (cf. pays du Golfe persique)

·       les pays en situation intermédiaire

·       Les PMA (Pays les Moins Avancés), nombreux en Afrique (cf. Tchad ou Somalie) et au Sud de l'Asie (cf. Bangladesh)

Cette complexité fait que l'idée même d'une limite N/S est parfois remise en cause, comme le prouve l'apparition de la notion de BRICS, qui regroupe un pays du Nord, la Russie, et 4 pays du Sud.

-            La lecture géoculturelle fait apparaître l'existence de grandes civilisations dans le monde actuel, dont l'unité repose notamment sur les traditions religieuses (Occident de tradition catholique et protestante, Est de tradition orthodoxe, Amérique latine de tradition catholique, Moyen-Orient de tradition musulmane, Inde de tradition hindouiste, etc.). Ces civilisations auraient tendance à s'affronter dans le monde actuel selon Samuel Huntington (Le choc des civilisations, 1996). Cette lecture néglige cependant l'atténuation de l'emprise religieuse, notamment en Europe, et ne rend qu'imparfaitement compte des conflits dans le monde actuel, qui sont souvent internes à ces grandes civilisations (cf. affrontements chiites/sunnites).

-            La lecture géoenvironnementale montre l'enjeu que constituent les ressources naturelles comme les matières premières (pétrole, etc.) ou l'eau, dont le contrôle est à l'origine de nombreuses tensions, les problèmes internationaux suscités par les risques naturels (cyclones, séismes, etc.) qui ont tendance à s'accroître en raison du réchauffement climatique qui ne peut être réduit que par une coopération internationale (sommets de Kyoto en 1998, de Copenhague en 2009 et de Paris en 2015)


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Ch 1, Histoire, mémoires GMII

Les mémoires de la Seconde Guerre mondiale

La mémoire s'oppose à l'histoire. Si les deux désignent une représentation du passé, la première traduit un rapport affectif à celui-ci, alors que la deuxième veut en proposer une analyse scientifique.

Au moment de la Libération s'établissent différents types de rapport au passé proche de l'Occupation, du régime de Vichy et de la guerre. Le premier est la joie liée à la fin des souffrances et à la victoire. Elle se manifeste notamment au moment même de la Libération, puis le 8 mai 1945, à l'annonce de la capitulation allemande. L'anniversaire est par la suite célébré tous les ans et est l'occasion de manifestations festives, de même que celui du 6 juin 1944 (débarquement en Normandie). La Libération est également le temps des exigences de justice et de vengeance. Elles débouchent sur l'épuration. Dans le premier temps, les territoires tout juste libérés connaissent une épuration sauvage, conduite notamment par les résistants et par la population. Elle se traduit par un certain nombre d'excès (femmes tondues) et par de nombreuses exécutions sommaires : au total, près de 9 000 personnes trouvent ainsi la mort, suspectées de collaboration avec les Allemands. À partir de l'hiver 1944-1945 débute l'opération officielle, tant au niveau national que dans les départements. Elle touche principalement les responsables de Vichy (Pétain condamné à mort en août 1945, peine commuée en détention à perpétuité, Laval condamné à mort et exécuté en octobre suivant), les intellectuels collaborationnistes (Brasillach condamné à mort et exécuté la même année) et plus rarement les collaborateurs économiques (entreprise Renault nationalisée à titre de sanction). Au total, environ 1000 personnes sont condamnées à mort (un peu moins exécutées) et 100 000 condamnées à des peines diverses. Dès 1947, l'épuration cesse à peu près, et, suite aux lois d'amnistie de 1951 à 1953, la quasi-totalité des détenus sont libérés.

La mémoire de la Seconde Guerre mondiale cesse alors d'occuper le devant de la scène pour un temps. Cette relative amnésie s'accompagne de l'essor du mythe du résistancialisme, selon lequel, à part quelques brebis galeuses qui ont justement été épurées, tous les Français soutenaient la Résistance au moins moralement, même si seuls une partie d'entre eux l'ont soutenu activement. Cette tendance à l'oubli n'est cependant pas le fait de l'ensemble des Français. Des partis politiques exploitent le passé de l'Occupation pour glorifier leur rôle dans la Résistance et espère en tirer une légitimité pour l'avenir. C'est notamment à gauche le cas du Parti Communiste (le « parti des 75 000 fusillés ») ou à droit du parti gaulliste (RPF). Si ce n'est des groupes peu nombreux à l'extrême-droite, en revanche, personne ne se réclame ouvertement de Vichy et de la Collaboration. Au contraire, en raison du discrédit que le régime de Vichy a jeté sur l'ensemble des forces de droite, il est désormais difficile en France de se dire ouvertement de droite.

Un tournant mémoriel intervient au début des années 1970. L'accès à l'âge adulte d'une nouvelle génération contestatrice (mai 68) et qui n'a pas connu la guerre favorise la remise en cause du mythe résistancialiste, alors que l'onde de choc du procès Eichmann (1961) remet progressivement au centre des débats la mémoire du génocide juif, rebaptisé holocauste ou shoah. Ce tournant est incarné par les controverses qui accompagnent la sortie du documentaire Le chagrin et la pitié (1971), celles suscitées par la grâce par le président Pompidou du milicien Paul Touvier (1971-1972) et enfin par la traduction en français du livre de l'historien américain Robert Paxton sur La France de Vichy (1973). Ce dernier montre la marge de manœuvre dont disposait le régime de Vichy par rapport aux autorités allemandes, qui lui a permis de mener une politique autonome, et notamment de prendre de son propre chef des mesures antisémites (statut des juifs d'octobre 1940). Ce tournant mémoriel se traduit par la remise en cause de l'attitude d'une bonne partie de la population française, qui aurait par lâcheté, mesquinerie ou antisémitisme soutenu ou au moins laissé faire non seulement l'occupant, mais aussi les dirigeants d'un régime de Vichy d'extrême-droite. Les polémiques autour de l'attitude des Français se multiplient dès lors, et à la phase d'amnésie partielle succède une phase d'hypermnésie qui se prolonge jusqu'à nos jours.

Au cours de cette période, en s'appuyant sur la notion d'imprescriptibilité des crimes contre l'humanité, de nouvelles procédures judiciaires débouchent sur des procès. Le chef de la gestapo de Lyon, Klaus Barbie, est condamné à perpétuité en 1987, de même que le milicien Paul Touvier en 1994. Quant au haut fonctionnaire Maurice Papon, il est condamné à 10 ans de prison en 1998. Les multiples polémiques autour de la Seconde Guerre mondiale sont également nourries par l'affirmation médiatique depuis la fin des années 70 du négationnisme (affirmation, erronée, selon laquelle il n'y a pas eu de génocide, et contestant notamment le rôle des chambres à gaz) autour de la figure de Robert Faurisson. La Loi Gayssot de juillet 1990 en interdit l'expression. Dans le même temps, la montée en puissance d'un nouveau parti d'extrême-droite à partir de 1984 (le Front National, fondé en 1972) fait ressurgir les souvenirs du fascisme et du nazisme, d'autant que son leader Jean-Marie Le Pen tient des propos pour le moins ambigus sur le régime de Vichy et sur le génocide (un « point de détail » selon lui en 1987). La mémoire de la Seconde Guerre mondiale continue ainsi d'être conflictuelle, en dépit des tentatives pour apaiser le débat, notamment de la part de Jacques Chirac : le 16 juillet 1995 (anniversaire de la rafle du Vél'd'Hiv') il reconnaît la responsabilité de la France dans les exactions antisémites, tout en rappelant que ce n'était qu'une partie des Français, alors que d'autres avaient lutté contre l'Occupant et sauvé des juifs (célébration des Justes en 2007). Alors que les mesures contre l'immigration, notamment lorsque la droite est au pouvoir, sont régulièrement comparées aux mesures prises par Vichy, la mémoire de la Seconde Guerre mondiale reste très présente comme lieu de clivage entre le Bien et le Mal (« religion civique » selon l'historien Enzo Traverso). La droite, et désormais l'extrême-droite depuis que Marine Le Pen a succédé à son père, retournent parfois l'accusation, en accusant leurs adversaires de gauche (radicale) d'être de nouveaux collaborateurs alliés au « fascisme islamique ». Paradoxalement, alors qu'à quelques exceptions marginales près, plus personne ne défend la Collaboration ou Vichy, on accuse volontiers ses adversaires politiques d'en être les héritiers cachés.


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