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Résumé régimes totalitaires

Genèse et affirmation durant l'entre-deux-guerres  des régimes totalitaires (soviétique, fasciste, nazi)

La Première Guerre mondiale marque la défaite définitive de l'Ancien Régime socio-économique et politique au Centre et à l'Est de l'Europe. Elle consacre dans une certaine mesure le succès de la démocratie libérale à travers les principaux vainqueurs de la guerre (France, RU). Mais dans le même temps se développe aussi la critique de ce système au nom de ses méfaits (individualisme, absence de sens). Elle est particulièrement prononcée au sortir de la guerre à la fois en raison des conséquences de la guerre (brutalisation) et des difficultés socio-économiques, politiques et diplomatiques que rencontrent certains pays. Cela favorise l'affirmation de nouvelles idéologies et de formes d'organisation nouvelles qui contestent cette démocratie.

Le cas de l'URSS

Le marxisme est à la base une doctrine de rupture radicale, théorisée par Karl Marx notamment dans le Manifeste du Parti communiste (1848). La tradition russe de radicalité l'accueille avec faveur et accentue cette dimension après 1903 et la formation du parti bolchevik ou communiste. Son organisation militaire explique le succès des communistes en octobre 17 (prise du pouvoir par la force) et leur victoire lors de la guerre civile avec réorganisation totale de la société (communisme de guerre qui supprime temporairement la propriété privée). À la fin de la guerre civile, les communistes réintroduisent temporairement des formes de propriété privée, pour sauver le pays de la famine, c'est la NEP (Nouvelle Politique Economique qui permet la privatisation des terres). Sur le plan politique, la dictature du parti communiste se maintient et même s'accentue, avec la mainmise de Staline qui succède à Lénine après la mort de ce dernier en 1924. Une nouvelle phase de radicalisation débute en 1928 avec la collectivisation des terres et le lancement d'une économie planifiée (plans quinquennaux) qui développe la production industrielle (notamment dans la sidérurgie et l'armement) mais au prix de l'exploitation très dure des paysans et d'environ 6 millions de morts lors de la famine en Ukraine en 1931-1933. Le régime devient de plus en plus répressif, notamment au moment de la Grande Terreur (1936-1938) où environ 3 millions de personnes sont envoyés dans les camps de concentration du goulag, et environ 700 000 fusillés, dont les accusés des 3 grands procès de Moscou, parmi lesquels Boukharine et Zinoviev. Plus personne n'ose s'opposer à Staline dans le pays.

Le cas de l'Italie fasciste

La victoire de l'Italie lors de la Guerre mondiale ne lui a pas permis d'obtenir les terres irrédentes qu'elle convoitait, et le pays s'enfonce dans une crise sociale à partir de 1919, alors que se développe l'agitation communiste. C'est dans ce climat de quasi guerre civile que se crée en mars 1919 le parti fasciste, qui rejette tout autant le communisme que la démocratie, prône un nationalisme exalté et multiplie les violences contre les socialistes et les communistes. Ses idées séduisent une partie croissante de la population et il compte 300 000 membres en 1921. C'est cependant insuffisant pour arriver au pouvoir par la voie légale. Mussolini organise donc un coup de force, la marche sur Rome, au terme de laquelle il est nommé premier ministre, le 30 octobre 22. Il gouverne d'abord avec le soutien d'une partie de la droite, puis, suite à l' Affaire Matteoti en 1924, il met en place un  régime dictatorial qui débouche sur les  « lois fascistissimes » de 1926. Elles instaurent le parti unique, la censure de la presse et créent une police politique (OVRA) qui s'en prend fortement à toute tentative d'opposition. Dans le même temps, Mussolini cherche à développer l'Italie par une politique de grands travaux, à encadrer la jeunesse au sein des jeunesses fascistes, et se lance avec un succès mitigé dans une politique d'expansion (guerre victorieuse mais difficile qui permet d'annexer l'Ethiopie en 1935-36).

Le cas de l'Allemagne nazie

La situation sociale de l'Allemagne est proche de celle de l'Italie dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale. C'est dans ce contexte que se forme le parti national-socialiste allemand ou parti nazi en 1920. Adolf Hitler en prend très rapidement la tête. Il tente d'abord de prendre le pouvoir par la force, mais échoue en 1923. Par la suite, il tente d'accéder au pouvoir de façon démocratique. Il faut attendre la crise de 1929 pour que le parti fasse une percée électorale. Il devient le premier parti allemand aux élections de 1932, et Hitler devient chancelier, le 30 janvier 1933. Profitant de l'incendie du Reichstag (27 février), il instaure un climat de terreur, ouvre les premiers camps de concentration, met en place un système de parti unique, le 14 juillet 1933. Après la mort du président Hindenburgh le 2 août 1934, Hitler prend le titre de Führer, relance l'économie allemande par l'investissement massif dans l'armement notamment, et commence une politique expansionniste.

Les régimes totalitaires présente des caractéristiques communes, la population est sans arrêt mobilisée contre l'ennemi intérieur, qui peuvent être les adversaires politiques, les catégories de population suspectes (croyants et certaines minorités en Urss, juifs en Allemagne). La répression à leur encontre est féroce (camps de concentration, exécutions, intimidations diverses par la force) : elle s'accompagne d'une propagande omniprésente qui vise notamment à mobiliser la population, et notamment les jeunes (jeunesses communistes, jeunesses hitlériennes). Ces régimes ont également une vocation expansionniste, soit afin d'étendre leur territoire (nationalisme allemand et italien), soit afin de propager la révolution communiste (URSS).

Durant la guerre, ils évoluent de façons très diverses : alors que le régime fasciste se décompose en Italie, qui éprouve des difficultés militaires et économiques dès les débuts de la guerre, le régime nazi se radicalise, comme en témoigne la politique antisémite qui passe progressivement de mesures de discriminations (lois de Nuremberg, 1935) à la volonté d'exterminer tous les juifs (« solution finale » décidée en 1942). Côté soviétique, le régime s'assouplit temporairement pour faire face à ses difficultés, comme en témoignent l'alliance avec les démocraties et la dissolution de la IIIe Internationale en mai 1943.

 


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Chap 2 : guerre et totalitarismes, résumé leçon 1

Leçon 1.1 : La Première Guerre mondiale, l'entrée dans le XXe siècle

Alors que l'Europe est partagée entre des alliances militaires concurrentes, l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand le 28 juin 1914 met le feu aux poudres. Les pays de la Triple Entente (France, Royaume-Uni, Russie) rentrent en guerre au mois d'août contre les Empires Centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie, bientôt rejoints par l'Empire Ottoman) dont s'est séparé le dernier membre de la Triple Alliance, l'Italie, qui reste neutre avant de rejoindre les Alliés (la Triple Entente) l'année suivante. C'est le début d'un long conflit de plus de 4 ans, où, après une courte période de guerre de mouvement succède à partir de la fin de l'année 1914 une longue guerre de position ou guerre des tranchées. Cette guerre oppose essentiellement des puissances européennes, même si le reste du monde s'y trouve impliquée par la colonisation. C'est seulement en 1918 que la situation se débloque. La défaite de la Russie à l'Est (paix de Brest-Litovsk en mars 1918) est plus que compensé par l'entrée en guerre des États-Unis depuis avril 1917. Elle permet aux troupes alliées de prendre l'offensive en juillet 1918, contraignant les Empires Centraux à l'armistice,11 novembre 1918, puis à signer le traité de paix de Versailles le 28 juin 1919.

Comment l'expérience de la Première Guerre a transformé les individus et les sociétés européennes ?

I)                   Une guerre totale qui affecte l'ensemble de la population

L'ensemble de la population européenne a été affectée par l'expérience de la guerre :

-       Sur le front, les combattants font l'expérience de la guerre moderne, avec des armes plus meurtrières (artillerie, gaz asphyxiants à partir de 1915, tanks à partir de 1916, aviation dont les dégâts sont encore limités) en dépit des progrès de la médecine qui permettent de sauver certains individus, même si les mutilations et les séquelles sont innombrables (« gueules cassées »)

-       A l'arrière, la population civile connaît des conditions de vie plus difficile, avec la raréfaction des produits de consommation, notamment alimentaires, d'où l'instauration du rationnement (mis en place en France en 1917). Il est particulièrement sévère dans une Allemagne affectée par le blocus maritime.

Cette expérience de la guerre est marquée par la forte place du deuil, dont les effets se font sentir très longtemps : 10 M d'individus tués, à 90% des combattants, dont 1,4 M pour la seule France. Cela se traduit dans notre pays par un nombre élevé de veuves de guerre (environ 600 000) et d'orphelins (près d'1 M). Les conséquences de la guerre se font aussi sentir par un nombre élevé de mutilés (plus d'un million d'invalides permanents)

II)                Les répercussions sociales de cette expérience

L'expérience de la guerre entraîne une remise en cause des hiérarchies sociales traditionnelles. Tout d'abord, elle favorise la naissance de nouvelles solidarités entre anciens combattants issus de toutes les classes sociales, qui pèsent lourdement dans l'après-guerre. Elles tentent de faire reconnaître leurs sacrifices et prônent davantage d'égalité et de solidarité dans la société. Les hiérarchies traditionnelles ont par ailleurs été remises en cause. C'est la véritable « fin de l'Ancien Régime » (Arno Mayer) avec l'effondrement de la noblesse, touchée à la fois par les pertes au combat, la diminution de sa fortune et la disparition de son mode de vie, et la remise en cause des Églises établies (qui ont souvent cautionné la boucherie). La bourgeoisie rentière traditionnelle est aussi touchée par l'inflation, même si émerge une nouvelle bourgeoisie d'entrepreneurs.

Les femmes, qui ont souvent pu exercer des métiers plus qualifiés et acquérir plus d'autonomie durant la guerre, cherchent à préserver leurs acquis, avec un succès variable, et obtiennent dans de nombreux pays des droits politiques (droit de vote au RU en 1918, en Allemagne et aux EU en 1919) mais pas en France.

Cette remise en cause s'est traduit par de nombreux mouvements de contestation sociale, entamée dès l'année 1917, et qui se prolongent dans l'après-guerre (grèves en France en 1919 notamment). Elles débouchent sur un certain nombre de mesures sociales allant dans le sens de l'égalité (loi des 8 heures en France en 1919).

III)             Les répercussions politiques de la guerre

La contestation des hiérarchies sociales traditionnelles est en partie responsable de la chute des régimes monarchiques en Europe : fin du tsarisme en Russie en 1917, de l'Empire d'Autriche-Hongrie qui se disloque en 1918, et de l'Empire Allemand en novembre 1918, à la veille de l'armistice. De nouvelles Républiques se mettent en place dans la majeure partie de l'Europe Centrale et Orientale, même si elles glissent parfois très rapidement vers des régimes autoritaires. C'est notamment le cas en Allemagne de la République de Weimar dont la constitution est adoptée le 31 juillet 1919.

De nouvelles forces émergent au sortir de la guerre. À l'extrême-gauche, c'est le cas du communisme qui se distingue du socialisme avec lequel il était jusque-là confondu. Il prend le pouvoir en Russie lors de la « Révolution » d'Octobre 1917, et le conserve à l'issue d'une guerre civile de 4 ans. Sous l'impulsion de Lénine se crée alors la IIIe Internationale, ou Internationale Communiste (1919), à l'origine de la création de partis communistes dans le reste du monde. En France, il se crée lors du Congrès de Tours, en décembre 1920. Ces partis communistes tentent de prendre le pouvoir par la force, mais, en dépit de nombreuses tentatives, notamment en Allemagne et en Hongrie où Bela Kun dirige 4 mois le pays en 1919, échouent partout.

Une nouvelle extrême-droite, très nationaliste, xénophobe et généralement antisémite, caractéristiques traditionnelles, mais aussi hostile à la bourgeoisie, au capitalisme, à l'Église, et adepte de certaines formes de protections sociales, caractéristiques nouvelles qui se sont affirmées avec la guerre, émerge. Son modèle est le fascisme italien qui se constitue en 1919 autour de l'ancien socialiste Mussolini, et bientôt le parti national-socialiste allemand (nazi) qui s'organise autour de son chef charismatique autrichien, Adolf Hitler.


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Sujet devoir n°1

Sujet : Le Royaume-Uni, centre d’une économie-monde au XIXe siècle

Consigne : après avoir présenté les deux documents, vous montrerez en vous aidant des textes et de vos connaissances le rôle que joue le Royaume-Uni dans l’essor technologique et industriel du XIXe siècle, les transformations économiques et sociales qu’il connaît, puis la place qu’il occupe dans le monde durant cette période

Texte 1 :

« La reine Victoria est morte [le 21 janvier 1901]. Devant cette tombe, autour de laquelle pleurent aujourd'hui la famille royale et toute la nation anglaise, aucun homme civilisé, à quelque pays qu’il appartienne, ne pourra se défendre de ce double sentiment : un profond respect à l’égard de la souveraine qui disparaît chargée d’années ; puis, un regret égal de la voir ravie à l’affection de ses peuples. […] Il appartiendra à l’histoire de déterminer d’une manière précise et définitive la part qui revient à la reine Victoria dans les progrès accomplis par la Grande-Bretagne durant son long règne de plus de soixante-trois ans, le plus long de l’histoire d’Angleterre. Ce que nous pouvons constater, c’est que ces progrès, de même que les transformations qui les ont accompagnés, ont été si considérables qu’on ne reconnaît plus l’Angleterre de 1837 dans l’empire britannique d’aujourd'hui.

Au point de vue extérieur et colonial, cet empire a pris une extension démesurée, et quelque chose comme 150 millions de sujets sont venus s’ajouter à la population que comptait le royaume et ses dépendances à l’avènement de la reine ; d’autre part, tandis que la politique d’expansion était presque discréditée en 1837, elle a pris de nos jours, sous le nom d’impérialisme, une intensité qui commence à inquiéter ses partisans eux-mêmes. À l’intérieur, les changements accomplis n’ont pas été moins profonds. Le libre échange [et le libéralisme], substitué aux vieilles doctrines protectionnistes, transformait l’Angleterre d’un État agricole en un État industriel et commercial, et relevait la condition économique des populations. »

Alcide Ebray, « La reine Victoria », Journal des débats politiques et littéraires, 24 janvier 1901

Texte 2 :

« Enfin s’ouvrit pour Victoria la série des apothéoses qui ont marqué la fin de son règne : les deux jubilés de 1887 et de 1897 sont encore dans toutes les mémoires.

La reine est allée à la mort par une suite de triomphes auxquels l’empire britannique et le monde entier ont concouru. Ce fut une part de sa fortune que de finir un siècle comme le soleil les beaux jours, dans un émerveillement de splendeur et de gloire. Jamais plus haute et plus rare destinée n’échut à aucun souverain que la destinée de cette petite bourgeoise bouffie qui trouvait encore le moyen d’être majestueuse. Elle a gouverné la nation dont les destins dominent le dix-neuvième siècle : grande nation et grande reine. Elle a vécu et régné plus longtemps qu’aucun souverain, sauf Louis XIV. Sous son règne s’est développé un empire qui a les mers pour ceinture et s’étend sur toute la surface du monde. Ses enfants et ses petits-enfants peuple les trônes de la terre. Il n’est point de prince sur la terre qui ne lui ait fait hommage en quelque façon. Jamais, depuis que le monde est monde, aucun siècle n’a vu de transformations aussi profondes dans la condition de l’humanité que celui pendant lequel elle a régné. Ses yeux ont vu le télégraphe, la première machine à vapeur, le premier timbre-poste, le premier steamer. Elle a donc assisté, souveraine, aux merveilleuse et multiples révolutions de la science pendant le dix-neuvième siècle. Or elle était précisément reine du pays qui, le premier, les réalisa pratiquement ou les fit passer du domaine de l’expérience dans celui de l’existence. De sorte qu’un un certain sens cette femme, dont le génie était intérieur à son cœur, a pourtant représenté l’âme profonde de son époque. Voilà pourquoi il y aura peut-être un siècle de Victoria. »

Abel Chevalley, Le Temps, 24 janvier 1901



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Résumé chapitre 1

Croissance et mondialisation de 1850 à nos jours

La croissance économique mondiale a été très faible depuis l'origine de l'humanité. Elle s'accélère sensiblement à partir de la fin du XVIIIe siècle, et atteint des sommets de 1850 à nos jours.

Cette forte croissance résulte d'abord de la Révolution industrielle, entamée au Royaume-Uni dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, qui s'étend progressivement au cours du siècle suivant au reste de l'Europe, à l'Amérique du Nord et au Japon, puis touche diversement durant le XXe siècle le reste de la planète. Le point de départ en est la mise au point de la machine à vapeur par James Watt en 1769. L'énergie mécanique qu'elle fournit sert à faire tourner de nombreuses machines, dans l'industrie textile notamment, et propulse de nouveaux moyens de transport (1ère locomotive en 1804). De nombreuses innovations techniques voient alors le jour. Le progrès s'accélère à partir des années 1880 avec l'utilisation de nouvelles sources d'énergie : le pétrole et l'électricité. On parle alors de 2e révolution industrielle qui révolutionne notamment les communications (téléphone avec Graham Bell en 1876) et les transports (aviation, les frères Wright en 1903 ; automobile, etc.). Vers 1960, une nouvelle mutation s'opère, on parle de 3e révolution industrielle, avec la généralisation des télécommunications, facilitée par les satellites (Spoutnik, 1957), et l'essor de l'informatique (1er ordinateur en 1945), ces deux éléments se confondent de plus en plus avec l'essor d'internet (1er navigateur grand public en 1993).

Sous l'effet de ce progrès technique, les méthodes de production sont bouleversées, notamment depuis l'apparition de l'organisation scientifique du travail ou taylorisme qui s'étend à partir des dernières années du XIXe siècle. On produit davantage, à des prix moindres car la productivité des travailleurs augmente fortement depuis cette date.

Les salaires également, en raison de l'essor du fordisme (=taylorisme avec des salaires élevés – pour l'époque – pour les ouvriers). Cela stimule la naissance de la consommation de masse dès la fin du XIXe siècle, avec l'apparition des grands magasins, puis de la société de consommation (on achète beaucoup de biens pour son confort personnel, pour ses loisirs, et on les remplace régulièrement) dont l'emblème est le supermarché (apparition aux États-Unis dans les années 1920, en France en 1958). Cette consommation accrue est stimulée par la publicité qui se développe fortement depuis 1850.

La croissance repose également sur la diffusion d'un nouveau modèle d'organisation économique, le libéralisme, initialement théorisé par Adam Smith (La richesse des nations, 1776). Selon lui, il faut donner toute liberté aux acteurs privés, dont l'intérêt égoïste profite finalement au bien-être de tous. Le libéralisme a certes été tempéré depuis la fin du XIXe siècle par un interventionnisme accru de l'État, qui débouche sur plus de protection sociale, avec notamment la naissance dans les pays occidentaux de l'État-Providence après la Seconde Guerre mondiale (cf. Sécurité Sociale en France, 1945). Il est vrai que les classes populaires ont parfois souffert du libéralisme, d'où l'essor d'une vigoureuse critique notamment de la part de Karl Marx (1818-1883) et du mouvement communiste qu'il a fondé. Depuis la fin des années 70 (élection de Thatcher au RU en 1979, de Reagan aux EU) en 1980), le libéralisme a cependant repris plus d'influence dans le monde entier, on parle souvent de néo-libéralisme.

Le libéralisme se traduit notamment par la succession de phases de forte croissance, auxquelles succèdent des périodes de crise. Les crises les plus marquées ont lieu de 1873 à 1896, de 1929 à la Seconde Guerre mondiale, de 1973 aux années 1980. La dernière, entamée en 2008, se poursuite à l'heure actuelle.

Le libéralisme et les mutations technologiques ont des conséquences variables selon les territoires. Dans l'ensemble, les villes (où se concentrent les emplois et les lieux de consommation) bénéficient de ces mutations plus que les campagnes, les grandes villes plus que les petites villes, les régions littorales bénéficient de la multiplication du commerce à grande distance (phénomène actuelle de littoralisation, dû notamment à la concentration des activités industrielles à proximité des grands ports maritimes), enfin des relations centre-périphérie s'instaurent entre l'espace-moteur de la mondialisation et le reste du monde.

De 1850 à la Première Guerre mondiale, c'est le Royaume-Uni et plus précisément la ville de Londres qui dirige la mondialisation. Il occupe notamment ce rôle grâce à la force sa monnaie, la livre sterling, à l'importance de ses activités financières et à sa domination industrielle. L'économie-monde britannique dispose d'un immense Empire, mais n'a pas à l'époque les moyens militaires d'agir contre les autres grandes puissances.

De la Première Guerre mondiale à la fin du XXe siècle, ce sont les États-Unis qui exercent une influence dominante et sont au cœur de l'économie-monde. New York devient la principale place boursière, et le dollar la monnaie internationale après la conférence de Bretton Woods (1944). Les États-Unis sont alors et de loin la première puissance économique et industrielle mondiale (50% du PIB mondial en 1945).

Depuis le début du XXIe siècle, l'hégémonie américaine est contestée, aussi bien par la concurrence de ses rivaux économiques traditionnelles, les autres pays développés (Europe et Japon) que par la montée en puissance des pays émergents, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et parmi eux surtout la Chine, qui a même dépassé les États-Unis par sa production industrielle. L'économie-monde est devenue multi-polaire.


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Le commentaire de document

L'analyse de document en histoire

L'étude des documents, et donc leur analyse, est à la base du travail de l'historien. C'est pourquoi cette épreuve se rencontre depuis le collège, et vous accompagnera tout au long de vos études supérieures, pour peu que vous fassiez de l'histoire-géographie. C'est l'une des épreuves du bac.

Précision, déroulement du bac en HG :

-      Durée de l'examen : 3 h

-      2 épreuves à faire durant ce temps, l'une en histoire, l'autre en géographie :

·          Une composition (épreuve majeure, notée sur 12 pts) à laquelle vous consacrez environ 2 h. Vous aurez le choix entre deux sujets différents qui seront tous les 2 choisis soit en histoire, soit en géo

·         Une épreuve mineure, dans l'autre matière (8 pts). Là, vous n'avez qu'un seul sujet. Si c'est en histoire, il s'agit d'un commentaire de document, si c'est en géo, il s'agit d'un travail autour d'une carte (réalisation d'un croquis ou commentaire d'une carte)

-      La gestion du temps vous appartiendra. Cependant, il est conseillé de consacrer environ 2 h à la composition, et 45 mn à 1 h à l'épreuve mineure.

Cette année, les commentaires de document en classe dureront 1 heure.

Présentation du sujet

Le sujet de l'épreuve mineure comporte trois éléments :

-      Le titre/sujet

Il doit orienter votre lecture du document, qui doit permettre de faire le point sur la thématique indiquée. Le sujet est un aspect d'un chapitre vu en cours. Ainsi, on peut proposer dans le chapitre les régimes totalitaires un sujet sur « La politique nazie d'extermination » par exemple

-      La Consigne

Elle se présente :

·         parfois sous la forme de questions multiples qui proposent une forme de plan (sujet bac S 2015) : « Comment le document montre-t-il l'évolution de la place de la Chine dans les relations internationales depuis les années 1960 et comment explique-t-il les changements de la politique chinoise qui sont à l'origine de cette évolution à partir de la fin des années 1970 ? En quoi la place de la Chine dans le monde après 1984 confirme-t-elle l'appréciation de ces deux journalistes ? »).

§  Parfois sous la forme d'une simple indication de lecture du ou des documents. Pour en revenir au sujet indiqué ci-dessus, cela pourrait être par exemple : « Montrez que le document rend compte des différents types de violence déployés par le régime nazi »

-      Le(s) document(s)

Il peut arriver que 2 documents soient à commenter simultanément, et généralement à confronter, dans le cadre de cette épreuve. Mais c'est un cas de figure rare si l'on se fie aux Annales, et qui ne change pas grand-chose à la méthode.

Considérations générales

Le commentaire de document forme un tout.

Vous devez répondre précisément à la consigne tout en suivant l'orientation générale donnée par le titre.

Votre texte doit avoir une cohérence d'ensemble (évitez les redites, par exemple), être structuré, avec une brève introduction/présentation du document, 3 ou 4 paragraphes consacrés aux idées les plus importantes, et une courte conclusion faisant le lien entre le document, et le thème indiqué.

Pour cela, utilisez un brouillon.

Présentation de votre copie

Au total, on attend d'une bonne copie 1 page ½, voire 2 pages [cependant, on ne sanctionne pas un élève du simple fait qu'il écrit trop]. Pensez donc à être synthétique. 9 élève sur 10 gagneraient à être plus concis !

-      Paragraphe introductif

Il présente le document ou les documents en les reliant au titre. Il précise, dans un ordre qui peut varier :

- sa nature (photo, graphique, etc.). Vous porterez notamment attention à la nature officielle (rapport, intervention d'un homme d'État en fonction) ou non du document, à son caractère public (article de journal, intervention télévisée, extraits de chanson, etc.) ou non, au fait de savoir s'il s'agit d'une source première (réalisée à l'époque évoquée par le document) ou secondaire (l'œuvre d'un historien, comme une carte historique).

- son titre (éventuellement l'œuvre dont il est extrait) et sa source ; commentez ces éléments s'ils sont significatifs (le sens d'un article de journal peut-s'éclairer par l'engagement politique de la revue qui le publie)

- sa date. Elle doit vous conduire à évoquer le contexte, c'est-à-dire les éléments permettant de comprendre les éléments évoqués par le texte (si vous avez un récit d'un combattant allemand à Verdun en 1916, il faut impérativement rappeler brièvement le déclenchement de la Première Guerre mondiale (pourquoi des combats autrement ?), les camps en présence (contre qui se bat cet Allemand), ainsi que les étapes du conflit (comment en est-on venu à une guerre de position industrielle ?)

- l'auteur. Donnez des indications biographiques éclairant la portée de son texte ou de son œuvre (est-il doté d'une fonction officielle, laquelle, d'un prestige particulier…), ses intentions… s'il s'agit d'un personnage connu. Sinon, essayez d'identifier tous les éléments que vous pouvez repérer dans le texte ou le paratexte (notes, etc.)

- Un résumé très bref (1 ou 2 phrases) du contenu, en le reliant au sujet

- 2, 3 ou 4 paragraphes d'analyse du document

- l'analyse de l'intérêt du document présente de façon critique les principaux thèmes abordés. Chacun des thèmes fait l'objet d'un paragraphe distinct.

Evitez de recopier le texte ou de le paraphraser, c'est-à-dire mal répéter avec vos propres mots ce que dit le texte.

-      Un court paragraphe de conclusion

Il doit montrer l'intérêt du document par rapport au sujet donné.

 


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