Extraits d'Ecritures III

Un peintre m'a dit un jour qu'il ne doutait jamais.

Je l'ai admiré et envié pour cela...

Pour moi, le doute est constant. L'incertitude quotidienne et parfois sœur de désarrois douloureux. La remise en question absolue et nécessaire. Permanente.

Histoire de caractère sans doute et de vue de l'esprit.

Il est 13h00. Mes couleurs me font de l'œil… Il est temps de se remettre au travail. Il est temps de se faire confiance. Quelque chose est possible aujourd'hui.

La peinture n'est pas un jeu. Elle peut être douloureuse. Dangereuse aussi. Et l'on peut s'y perdre… Cependant il est aussi réconfortant de comprendre que ce travail, cette aliénation choisie, peut être un formidable garde-fou. Et que s'y abandonner c'est s'occuper le corps et l'esprit et se débarrasser des idées moroses, des pensées nauséeuses. Des souvenirs pesants.

Chaque œuvre est une nouvelle expérience. Une nouvelle exigence. Une urgence aussi. La maîtrise de la technique se fait pas à pas, petit à petit, à chacun de ces nouveaux enjeux. Mais si la technique n'est pas un art, sans technique il n'y a pas d'art. Equilibre et concept abstrait et fragile. Hasardeux.

La peinture a des exigences : la  rigueur, le travail, l'abnégation. Il lui faut aussi cette petite dimension supplémentaire, ce petit plus presque magique, toujours mystérieux, parfaitement subtil, qu'elle nous offre parfois.

Le créateur est indispensable, une condition sine qua none. Le discours peut être nécessaire, voire intéressant. Mais au bout du compte l'œuvre doit réussir à se dégager des deux. A exiger son émancipation et à vivre pour et en elle-même. (…)

 


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