INSERT command denied to user 'extads_blog'@'10.0.65.123' for table 'log'UPDATE command denied to user 'extads_blog'@'10.0.65.123' for table 'log' le coin de la plume André CAUNE - Peintre de la Nature

A l'âge de mes premières  tentatives en matière de peinture, peu  avant mon admission à l' Ecole des Beaux Arts de Toulon, le père de mon ami d'enfance, grand admirateur de Corot, et qui avait le triple mérite d'être à la fois marbrier, sculpteur et peintre de talent, me disait souvent:
« André, contente-toi de singer la Nature… et tu verras… »
Depuis, j'en arrive à la conclusion que, si seuls les « créateurs » méritent le qualificatif « d'artistes »,  il n'est pas pour autant déshonorant  d'être un « artisan » honnête.

Si le désir est grand, pour beaucoup d'artistes, de témoigner de leur Temps, d'en souligner les grandes transformations et autres évènements qui le marquèrent, on ne peut que les en féliciter. Ils ont le mérite d'illustrer notre Histoire, voire même de l'éclairer.
Par contre, doit-on, dans l'expression de son art, s'éloigner à tout prix de ce qui suscite l'émotion dès le premier regard : la simple beauté d'une œuvre , ce qui touche l'âme sans le secours indispensable de l'intellect ?

Il en est ainsi du spectacle en général, dans son actualité: faire parfois n'importe quoi à fin d'innovation, quitte à trahir l'histoire et le lieu ,et en oubliant la frustration du regard devant l'absence d'un décor approprié  à l'action. Forcer les gens à réfléchir… Très bien!…Mais quid du spectacle en lui-même, de ce  qui le  rend attractif aux yeux du simple mortel ?

La Nature, à elle seule, n'est-elle pas un spectacle qui n'a pas nécessairement besoin d'être corrigé, quelle que soit la griffe de l'artiste, quand on sait que derrière l'artiste se cache souvent l'homme de cœur et de raison qui, à l'instar du poète et de l'humanitaire, interpelle cette société de l'Argent d'où émerge l'Homme-prédateur. On en a l'exemple avec la disparition programmée des espèces, faune et flore comprises. Alors, témoigner, à travers l'Art contemporain, de la volonté de se soustraire à toutes les contraintes de l'Académisme, signifie-t-il pour autant qu'il faille se complaire dans l'expression de la vulgarité mise au service de l'inculture ?

Mon regard, comme mes intentions sont, je l'avoue, des plus modestes, consistant avant  tout à ne pas trahir l'émotion que j'éprouve moi-même au contact de la Nature et devant le spectacle qu'elle offre à nos yeux, que ce soit au travers d'un bouquet d'humbles fleurs assorti de quelques fruits, d'un beau paysage - il en existe encore aujourd'hui - ou devant les formes harmonieuses d'un corps féminin.

Doit-on, pour être compris aujourd'hui, céder à la tentation d'évoluer dans « l'air du Temps » ?
L' Art, à l'instar du Temps, de l'Espace et de l'Harmonie Universelle, comme de l'Amour, ne peut-il se vouloir seulement « Intemporel » ?  Qu'est-ce que le Temps sinon la multiplication à l'Infini « d'instants présents » dont l'être sensible peut se satisfaire à  l'instant  même dans et par la simple contemplation ?

La Beauté, l'Harmonie, le Calme dont notre être intime a tant besoin en ces temps troublés, ne peuvent -ils s'inscrire dans cet instant présent, là où - le temps d'un  rêve -

« …tout n'est qu' Ordre et Beauté,

       Luxe, Calme  et Volupté »  ?


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